Placement immobilier : Les Foncières sous tension

Le secteur des foncières a été l’un des plus affecté par la hausse des taux en 2022. Analyse des experts de Lazard Frères gestion.

Le secteur des foncières a été l’un des plus affecté par la hausse des taux en 2022. Analyse des experts de Lazard Frères gestion.

 

L’indice MSCI EMU IMI Real Estate (indice européen des foncières) a ainsi reculé de 36% l’an dernier, contre un recul de seulement 12% pour l’indice MSCI EMU (moyenne des marchés européens). La volatilité relative du secteur des foncières européennes cotées par rapport à l’indice général s’est accentuée au point de dépasser les seuils historiques atteints lors de la crise financière de 2008/2009, illustrant l’intensité des débats qui animent actuellement les investisseurs vis-à-vis de ce secteur.

La défiance vis-à-vis du secteur est rationnelle. La hausse des taux longs pèse sur la valeur des actifs immobiliers, fragilisant par là même le bilan de nombreuses foncières, tandis que les cash-flows futurs attendus sont obérés par la hausse attendue du coût de la dette. Ce constat est particulièrement vrai pour les foncières résidentielles, dont les loyers ne bénéficient pas d’une indexation contractualisée. Compte tenu de son faible rendement, la classe d’actif résidentielle est probablement la plus exposée à la hausse des taux d’intérêt.

Néanmoins, après un recul boursier si marqué et peu discriminant, les foncières bénéficient désormais d’une décote historique face à leur valeur comptable. Ces titres intègrent déjà des hypothèses de baisse des valeurs d’actifs très conservatrices et un scénario de taux durablement dégradé. Après une telle correction, certaines foncières cotées nous semblent donc avoir retrouvé une importante capacité de création de valeur à moyen terme en se négociant sur des multiples attractifs malgré des structures financières saines. La prudence reste de mise, mais des opportunités apparaissent selon nous sur différents segments de marché, notamment du côté de la logistique, des datacenters, de la santé, du stockage, voire de l’immobilier de bureau.
 

Epargne : Encore un record pour le livret A

Les épargnants ont placé 9,27 milliards d’euros de plus qu’ils n’ont retiré sur les livrets A, ce qui représente le plus haut montant déposé depuis 2009.

La Caisse des dépôts (CDC) a annoncé que le mois dernier, les épargnants ont placé 9,27 milliards d’euros de plus qu’ils n’ont retiré sur les livrets A, ce qui représente le plus haut montant déposé depuis 2009. 

 

Ce chiffre record pour un premier mois de l’année a été stimulé par l’annonce d’un taux à 3%. Les encours cumulés du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ont atteint la somme record de 520,9 milliards d’euros, avec une augmentation nette de 1,95 milliard d’euros pour les LDDS le mois dernier.
 

Le Livret A, plafonné à 22 950 euros, est le placement préféré des Français avec 55 millions de détenteurs. Associé traditionnellement aux étrennes et aux versements de primes, le mois de janvier est généralement propice à la collecte pour les livrets réglementés. Cette tendance s’est intensifiée après l’annonce du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui a augmenté le taux de rémunération des deux livrets, passant de 2% à 3% à partir du 1er février.
 

La concurrence a du mal à suivre, aucun des rendements annoncés cette année par les gestionnaires des fonds euros en assurance-vie n’atteignant la barre des 3%. Les Livrets A et LDDS garantissent la sécurité des dépôts et sont exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux. Gérés par la Caisse des dépôts et les réseaux bancaires, le Livret A est principalement utilisé pour financer le logement social.
 

PEA : Quels taux pour les prélèvements sociaux ?

Après cinq ans de détention, un Plan d’Epargne en Actions (PEA) est exempté d’impôts (et imposé à 12,8% avant cela). Mais quid des prélèvements sociaux ?

Après cinq ans de détention, un Plan d’Epargne en Actions (PEA) est exempté d’impôts (et imposé à 12,8% avant cela). Toutefois, il est important de noter que les prélèvements sociaux s’appliquent au PEA, quel que soit son âge, ce qui rend la situation un peu plus complexe.
 

En effet, le taux des prélèvements sociaux est variable et ne correspond pas toujours au taux actuel de 17,2%. Il existe deux notions à considérer : le taux historique et le taux à date. Le taux historique est le taux en vigueur au moment où un événement se produit (par exemple la constatation d’un gain suite à une cession). Le taux à date est le taux applicable au moment où l’on parle.
 

Si un PEA a été ouvert en 2018 ou plus tard, le taux applicable est le taux à date, peu importe la date à laquelle les gains ont été réalisés. Si un épargnant retire ses fonds en 2023, par exemple, il sera prélevé au taux de 17,2%.
 

Pour les PEA ouverts entre 2013 et 2017, il existe un double régime. Les gains réalisés au cours des cinq premières années sont taxés au taux historique, tandis que les gains ultérieurs sont soumis au taux à date. Ainsi, si un PEA a été ouvert en 2014 et que les seuls gains réalisés ont été de 10 000 euros en 2015 et de 20 000 euros en 2019, les 10 000 euros seront taxés au taux historique en vigueur en 2015 (soit 15,5%), tandis que les 20 000 euros seront soumis au taux à date de 17,2%.
 

Pour les PEA ouverts avant la fin de l’année 2013, le double régime s’applique également. Le taux historique est utilisé pour tous les gains obtenus avant la fin de l’année 2017, tandis que le taux à date s’applique ensuite. Les prélèvements sociaux ont augmenté progressivement depuis leur mise en place en 1996, passant par exemple de 13,5% de début octobre 2011 à fin juin 2012, puis à 15,5% jusqu’à la fin de l’année 2017, pour atteindre le taux actuel de 17,2% depuis 2018.
 

Sobriété énergétique en France : les bons élèves … et les autres

Enedis révèle d’importantes disparités entre le nord et le sud de la France existent en termes d’effort sur la consommation d’électricité.

Les chiffres publiés par Enedis, mercredi 1er mars 2023 révèlent d’importantes disparités entre le nord et le sud de la France existent en termes d’effort sur la consommation d’électricité. 
 

Le gestionnaire d’électricité Enedis vient de publier mercredi 1er mars les chiffres de l’évolution de la consommation électrique des ménages entre le 15 octobre 2022 et le 5 février 2023, par rapport à 2020. Ils révèlent que d’importantes disparités entre le nord et le sud de la France existent en termes d’effort sur la consommation d’électricité. 

Mais attention, elles auraient une explication selon RTE, le gestionnaire du réseau de transport. De nombreux foyers seraient chauffés au gaz dans le Nord de la France et leurs efforts sur le chauffage ne seraient donc pas visibles dans les données fournies par Enedis. Dans le Sud, c’est le chauffage électrique qui primerait. 

A la première place des départements dont la consommation électrique a le plus diminué cet hiver, le Lot. Il enregistre une baisse de 13,87% de la consommation électrique sur les quatre derniers mois, par rapport à 2020. Il est suivi des Landes, avec 13,57% et de l’Aude, avec 12,78%.

D’autres départements ont été bons élèves avec des baisses de plus de 12% : la Gironde, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, le Var ou encore le Vaucluse. Dans la moitié nord, un département fait exception : le Territoire de Belfort, qui a enregistré une baisse de 11,63%, soit la plus importante dans cette partie du pays.

La Loire-Atlantique, la Vendée ou encore la Nièvre ont également baissé leur consommation, de plus de 10%. Paris a été le plus économe en Ile-de-France, avec 9,97% de baisse. Dans les autres départements franciliens, les baisses sont allées de 6,65% en Essonne, à 8,33% dans les Hauts-de-Seine.

Ailleurs en France, les baisses de consommation ont été plus faibles, avec -3,74% dans les Ardennes. Suivent la Moselle, 4,22%, l’Orne, 4,29%, le Pas-de-Calais, 4,44% et la Mayenne, avec 4,97% de baisse. Les chiffres concernant la Corse n’ont pas été dévoilés mais EDF indiquait en janvier 2023 que la consommation électrique avait baissé de 12% entre octobre et décembre 2022.
 

Immobilier : un nouvel outil pour la construction des bâtiments

La profession du bâtiment a récemment dévoilé un nouvel outil de référence dans le domaine de la construction en France.

Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), en collaboration avec l’Agence Qualité Construction (AQC) et le collectif de professionnels de la construction Profeel, a récemment dévoilé un nouvel outil de référence dans le domaine de la construction en France. 
 

La Base de données nationale des bâtiments (BDNB) a pour objectif de recenser de manière exhaustive les spécificités des bâtiments construits sur le territoire national, comprenant plus de 250 informations sur chaque construction résidentielle et non-résidentielle localisée en France métropolitaine et en Corse. Cette base, actualisée régulièrement, a pour ambition de suivre l’évolution du parc immobilier, notamment en matière de rénovations énergétiques, pour se conformer à la législation en vigueur et répondre aux enjeux environnementaux.
 

Le patrimoine bâti en France métropolitaine représente 38 millions de logements et près d’un milliard de mètres carrés de locaux tertiaires. Cet outil de référence permettra aux acteurs du secteur de saisir les enjeux techniques et économiques des territoires et de chaque bâtiment, en élaborant les meilleures stratégies de rénovation possibles pour les années à venir.
Pour constituer une cartographie fiable et exhaustive, la CSTB a croisé les données issues de trente bases appartenant à des organismes publics, permettant de générer des valeurs pour les données manquantes par algorithme, et de simuler les performances énergétiques par des modèles physiques, fournissant ainsi une vision globale inédite des spécificités et des performances de chaque bâtiment. La BDNB renseigne notamment sur la morphologie du bâti, son histoire administrative, ses équipements techniques, ou encore son mode de chauffage.
 

L’accès aux données de la BDNB est établi en accord avec les différents exploitants des bases de données et se conforme au Règlement général sur la protection des données (RGPD). Il existe actuellement trois niveaux d’accès : la BDNB open, regroupant toutes les données publiques, en accès libre depuis le portail data.gouv.fr ; la BDNB ayants-droits, conditionnée aux exigences de diffusion fixées par les propriétaires de certaines données ; enfin, la BDNB expert, dont la consultation est restreinte aux travaux de recherche et d’expertise entrepris en collaboration avec le CSTB.
 

Immobilier : Quels taux pour vos crédits en mars 2023 ?

Les taux des crédits dépassent 3 % pour trois quarts des emprunteurs sur 25 ans. Ils peuvent même aller jusqu’à 3,50 %.

Les taux des crédits dépassent 3 % pour trois quarts des emprunteurs sur 25 ans. Ils peuvent même aller jusqu’à 3,50 %. 
 

14e mois consécutif de hausse pour les taux des prêts immobiliers, qui s’établissaient en moyenne à 2,82 % en février, selon le point de conjoncture mensuel de l’Observatoire Crédit Logement / CSA. Tous marchés confondus, les taux moyens des prêts à taux fixe s’échelonnent entre 2,62 % pour les prêts sur 15 ans, 2,83 % pour les prêts sur 20 ans et 2,96 % pour ceux sur 25 ans. L’Observatoire indique que les taux dépassent 3 % pour trois quarts des emprunteurs sur 25 ans. Ils peuvent même aller jusqu’à 3,50 %. Pour les prêts sur 20 ans, la barre des 3 % est franchie pour la moitié des emprunteurs.
 

Les seuils de l’usure applicables à compter du 1er mars sont fixés.
 

Pour une période de 6 mois, les seuils de l’usure sont exceptionnellement actualisés chaque mois. Ils restent néanmoins calculés sur la base des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit au cours des trois derniers mois. Les seuils de l’usure applicables à compter du 1er mars 2023 viennent d’être publiés au Journal officiel. Prêts immobilier à taux fixe d’une durée inférieure à 10 ans : 3,67 %. Prêts immobilier à taux fixe d’une durée comprise entre 10 ans et moins de 20 ans : 3,87 %. Prêts immobilier à taux fixe d’une durée de 20 ans et plus : 4 %. Prêt immobilier à taux variable : 3,79 %. Prêt relais : 4,11 %. Prêt à la consommation d’un montant inférieur à 3 000 € : 20,57 %. Prêt à la consommation d’un montant compris entre 3 000 € et 6 000 € : 10,60 %. Prêt à la consommation d’un montant supérieur à 6 000 € : 6,15 %. 
 

Faux billets : comment les reconnaître ?

Avec 376 000 faux billets retirés de la circulation, 2022 se place parmi les années ayant enregistré le volume de contrefaçons le plus faible depuis l’instauration de la monnaie unique.

La Banque Centrale Européenne a communiqué les chiffres relatifs à la contrefaçon de billets en euros dans la zone Euro pour l’année 2022. Avec 376 000 faux billets retirés de la circulation, cette année se place, comme l’année 2021, parmi les années ayant enregistré le volume de contrefaçons le plus faible depuis l’instauration de la monnaie unique.

 

 

Cependant, l’augmentation de 8,4% par rapport à 2021 peut être attribuée à la levée des restrictions liées à la Covid-19, mais elle représente toutefois seulement une contrefaçon supplémentaire pour chaque million de billets en circulation. Au total, avec seulement 13 contrefaçons pour chaque million de billets en circulation, les billets en euros utilisés dans la vie quotidienne des Français sont parmi les devises les plus protégées dans le monde.

 

Cette observation s’inscrit dans une tendance baissière continue de la contrefaçon observée depuis plus de six ans. En effet, la Banque de France et l’Eurosystème travaillent constamment à améliorer la sécurité des billets de banque. La série de billets « Europe », une nouvelle génération mise en circulation entre 2013 et 2019, a contribué à réduire le volume annuel de contrefaçons détectées en circulation de 45,8% entre 2017 et 2022.

Les faux billets en circulation présentent souvent une qualité très médiocre et sont facilement identifiables à l’œil nu. La méthode « Toucher, Regarder, Incliner » permet de détecter la totalité des contrefaçons en circulation sans avoir besoin d’un appareil ou d’un accessoire. La Banque de France propose de nombreuses formations gratuites aux commerçants pour les aider à authentifier les billets et à reconnaître leurs signes de sécurité.

 

Dans ce contexte favorable, le rapport entre le préjudice financier causé par la contrefaçon et le volume total des paiements en espèces est historiquement bas, et les billets de banque continuent de représenter en France l’un des moyens de paiement les plus sûrs et les plus inclusifs offerts au public.

 

Depuis leur introduction en 2002, les billets en euros ont présenté un thème architectural appelé « Époques et styles architecturaux », illustré par des fenêtres, des portails et des ponts. Après vingt ans, il est envisagé de revoir leur apparence pour que les Européens de tous horizons et de tous âges puissent s’identifier davantage. Le Conseil des Gouverneurs de la Banque Centrale Européenne devrait décider d’ici fin 2024 s’il est opportun de lancer une nouvelle gamme, notamment en fonction de l’évolution du risque de contrefaçon sur la gamme actuelle.

Inflation : qui en souffre le plus en France ?

Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la hausse des prix en 2022 a été ressentie différemment en fonction de l’âge et de la taille de l’agglomération de résidence.

Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), publiée mercredi, la hausse des prix en 2022 a été ressentie différemment en fonction de l’âge et de la taille de l’agglomération de résidence. 

 

Les personnes de plus de 65 ans ont été les plus exposées à la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, avec un taux d’inflation supérieur de 0,6 point par rapport à l’inflation moyenne. En revanche, les personnes de 30 à 40 ans ont été moins exposées, avec une inflation inférieure de 0,5 point par rapport à la moyenne, en raison de dépenses alimentaires moins élevées dans leur panier de consommation.

 

Par ailleurs, les économistes ont constaté que plus l’agglomération de résidence était petite, plus la hausse des prix était fortement ressentie. Les ménages en zone rurale ont ainsi connu une hausse des prix supérieure de 1 point à la moyenne, tandis qu’elle était inférieure de 0,8 point en agglomération parisienne. Cette différence s’explique notamment par des dépenses en carburant et en énergie pour le logement plus élevées dans les petites communes.

 

L’étude souligne également que les aides non ciblées, telles que la remise à la pompe ou le bouclier tarifaire, ont considérablement atténué le choc d’inflation pour les ménages. En l’absence de ces dispositifs publics, la perte de pouvoir d’achat moyenne par ménage liée directement au renchérissement des produits énergétiques aurait été de 1 310 euros en 2022, contre 560 euros avec les aides. Enfin, l’hétérogénéité du choc d’inflation subi par les Français montre la difficulté à organiser une politique de compensation fondée exclusivement sur un seul facteur, comme le niveau de revenus par exemple, souligne l’étude.

Les appels de démarchage téléphonique sous contrôle

À partir du 1er mars, les appels de démarchage téléphonique, qui causent tant de désagréments aux Français, seront soumis à de nouvelles réglementations.

À partir du 1er mars, les appels de démarchage téléphonique, qui causent tant de désagréments aux Français, seront soumis à de nouvelles réglementations, en vertu d’un décret de la ministre déléguée aux PME et au Commerce, Olivia Grégoire, publié en octobre 2022.

 

Désormais, il ne sera plus possible de recevoir des appels de ce type les jours fériés et les week-ends. De plus, les heures de démarchage téléphonique seront fortement limitées en semaine, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Cette mesure vise à respecter la vie privée des Français. Dans le cadre de cette réglementation, les démarcheurs téléphoniques ne pourront pas appeler plus de quatre fois la même personne au cours du même mois, que ce soit un professionnel ou une personne agissant pour son compte.
 

Cependant, certaines exceptions s’appliquent si le consommateur a préalablement donné son consentement pour recevoir des appels de démarchage. En revanche, si un refus a été clairement exprimé, le démarcheur doit cesser toute tentative de contact avec le consommateur, et ce, pendant une période de soixante jours calendaires révolus à compter du refus.
 

Le non-respect de ces nouvelles modalités sera sanctionné, avec des amendes allant jusqu’à 75 000 euros pour les personnes physiques et jusqu’à 375 000 euros pour les personnes morales.

Assurance chômage : les incidences inattendues sur les carrières

Entrées en vigueur le 1er février dernier, la réforme de l’assurance chômage pourraient avoir des incidences inattendues sur les carrières des Français.

Entrées en vigueur le 1er février dernier, la réforme de l’assurance chômage et les nouvelles règles d’indemnisation qui en découlent, pourraient avoir des incidences inattendues sur les carrières des Français. 

 

 

Alors que le « monde post pandémie » semblait destiné à porter le sceau du changement, entre Big Quit et quête de carrières « qui font sens », quelle est la perception des Français en termes de mobilité professionnelle ? Pour y voir plus clair, 365Talents et l’IFOP ont réalisé une enquête exclusive auprès de 1000 salariés français. Un sondage qui dresse un portrait réaliste des travailleurs, entre rêve de renouveau et pragmatisme économique.  

Une envie de changement partagée par plus de la moitié des salariés français

 

Les Français ont la bougeotte ! C’est le premier constat révélé par l’enquête IFOP x 365Talents : près des trois quarts des salariés interrogés (75%) déclarent ne rester que 5 ans ou moins au sein d’une même entreprise. Ils sont aussi plus de 52% à exprimer une envie de changement dans leur vie professionnelle. Dans un registre plus radical, 43% des salariés français disent envisager de démissionner de leur poste actuel. Ils sont même 44% à envisager un changement de métier ! 
 

Une envie de renouveau encore plus marquée chez les moins de 35 ans : 60% d’entre eux espèrent un changement de vie professionnelle. Si les plus jeunes sont traditionnellement plus mobiles – moins de contraintes familiales, propension plus grande à prendre des risques – il existe également un effet générationnel. Cette tranche d’âge a en effet intégré le caractère potentiellement hybride de leur parcours professionnel, caractérisé par des alternances entre différents métiers, voire différents statuts (salariat, freelancing…). 
 

L’envie de changement séduit également davantage les salariés non-cadres (48% contre 36% des catégories supérieures) et les salariés travaillant dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie (58% contre 44% en moyenne). 

Pourtant ces envies de changement se concrétisent peu : seuls 7% des salariés français déclarent avoir effectivement démissionné récemment, et 9% ont changé de métier ces derniers mois. 
 

Mobilité : du rêve à la réalité 
 

La mobilité semble, en effet, plus facile à espérer qu’à obtenir ! Ainsi, 71% des salariés répondants estiment qu’il est difficile de changer de métier, que ce soit auprès d’un nouvel employeur (52%) ou de leur employeur actuel (60%). 
 

L’étude met également en exergue des disparités importantes : on y apprend ainsi que les moins de 35 ans appréhendent moins la reconversion professionnelle que leurs compatriotes plus âgés (64% contre 74% au global).

 

Par ailleurs, les hommes émettent également moins de réserves (68% craignent de rencontrer des difficultés dans le cadre d’une reconversion professionnelle, contre 75% des femmes). Le statut professionnel, souvent plus fragile, des femmes (carrières hachurées par la maternité, charge familiale, salaires moins élevés) explique volontiers un tel écart. 
 

Une période peu propice aux changements
 

Si la marginalité du passage à l’acte peut notamment s’expliquer culturellement – les Français sont très attachés au salariat, et on moins le gout du risque que leurs homologues anglo-saxons par exemple – ces « immobilités forcées » semblent renforcées par la période actuelle d’incertitudes sur la conjoncture économique et les tensions sur le pouvoir d’achat (inflation). 
 

Il apparaît également très nettement que ce manque de passage à l’acte va être davantage renforcé par les évolutions récentes de l’indemnisation du chômage. En effet, la baisse de la durée maximum d’indemnisation conduit une part importante des salariés à la prudence : 48% des Français disent que la réforme les incite à rester plus longtemps chez leur employeur actuel. Une peur plus prégnante encore chez les salariés sans diplôme (55%). 

 

Le contexte actuel, marqué au fer rouge par la réforme des retraites, pourrait également impacter le choix des salariés à la recherche de nouveaux challenges et de changements dans leurs vies professionnelles.