La loi Le Meur : quelles implications pour les locations de courte durée?

Face à l’essor fulgurant des locations meublées de tourisme, le législateur a décidé de renforcer l’encadrement de cette activité avec la loi du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur ». Cette réforme vise à rétablir un équilibre entre l’attractivité touristique et la préservation du parc locatif pour les résidents permanents, tout en offrant aux collectivités locales des outils plus efficaces pour contrôler ces locations. Décryptage des principales mesures.

Face à l’essor fulgurant des locations meublées de tourisme, le législateur a décidé de renforcer l’encadrement de cette activité avec la loi du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur ». Cette réforme vise à rétablir un équilibre entre l’attractivité touristique et la préservation du parc locatif pour les résidents permanents, tout en offrant aux collectivités locales des outils plus efficaces pour contrôler ces locations. Décryptage des principales mesures.
 

Un cadre plus strict pour les loueurs
Désormais, toute mise en location d’un meublé de tourisme, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou non, devra être déclarée et enregistrée en mairie. Une obligation qui uniformise les règles sur l’ensemble du territoire. Par ailleurs, les communes peuvent dorénavant abaisser la durée maximale de location saisonnière de 120 à 90 jours par an, limitant ainsi les abus dans les zones tendues.
 

Autre nouveauté majeure : les logements insalubres ne pourront plus être loués en meublé touristique. Les mairies disposeront du pouvoir de suspendre leur autorisation de location, renforçant ainsi la protection des locataires et l’attractivité des centres-villes.
Enfin, à partir de 2034, tous les meublés de tourisme (à l’exception des résidences principales) devront respecter des critères de performance énergétique classés entre A et D. Une mesure qui s’inscrit dans la politique de transition écologique du logement.
 

De nouvelles règles en copropriété
La loi Le Meur introduit également des changements notables dans les règlements de copropriété. Désormais, ces derniers devront mentionner explicitement si la location en meublé touristique est autorisée ou interdite. Les copropriétaires auront également la possibilité de voter l’interdiction de ce type de location sous certaines conditions, offrant ainsi aux résidences collectives un moyen de préserver leur tranquillité.
De plus, lorsqu’un appartement est destiné à être loué en meublé de tourisme, le syndic devra être informé, et la question pourra être débattue en assemblée générale. Une façon d’éviter les conflits entre copropriétaires et d’assurer une meilleure transparence.
 

Des sanctions renforcées
Afin de dissuader les infractions, les sanctions financières ont été revues à la hausse. Ainsi, la transformation illégale d’un logement en meublé touristique pourra entraîner une amende pouvant atteindre 100 000 €. Une disposition qui vise à endiguer la multiplication des locations non déclarées et à lutter contre la raréfaction des logements destinés aux habitants permanents.
 

Urbanisme et fiscalité : des restrictions supplémentaires
Dans certaines zones urbaines, les locations touristiques de courte durée pourront être purement et simplement interdites au profit des résidences principales. De plus, les actes de vente ou de location devront mentionner explicitement cette restriction, garantissant ainsi aux acheteurs une meilleure visibilité sur l’usage possible des biens.
 

Côté fiscalité, les avantages consentis aux propriétaires sont revus à la baisse. L’abattement fiscal pour les meublés classés et les chambres d’hôtes est réduit à 50 % dans la limite de 77 700 € de revenus locatifs annuels, contre 71 % auparavant jusqu’à 188 700 €. Pour les meublés non classés, l’abattement chute à 30 %, avec un plafond de 15 000 € de revenus locatifs annuels, contre 50 % jusqu’à 77 700 € auparavant. Ces nouveaux taux entreront en vigueur pour les revenus perçus à compter du 1ᵉʳ janvier 2025.
 

Une nouvelle ère pour la location meublée touristique
Avec ces nouvelles dispositions, la loi Le Meur marque un tournant pour les propriétaires et les collectivités locales. En instaurant des règles plus strictes et en renforçant les contrôles, elle vise à mieux encadrer cette activité tout en préservant l’accès au logement pour les résidents. Une réforme qui ne manquera pas de susciter des débats, tant parmi les investisseurs que chez les habitants des zones touristiques.
 

La fascination de l’or pour les investisseurs, une histoire sans fin

Jeudi 30 janvier 2025, l’or a atteint un nouveau sommet historique. À 17h25 (heure de Paris), l’once s’échangeait à 2 793,39 dollars, dépassant ainsi son précédent record de 2 790,10 dollars atteint en octobre 2024.

Jeudi 30 janvier 2025, l’or a atteint un nouveau sommet historique. À 17h25 (heure de Paris), l’once s’échangeait à 2 793,39 dollars, dépassant ainsi son précédent record de 2 790,10 dollars atteint en octobre 2024.
 

Ce rallye haussier illustre le rôle central du métal jaune dans un environnement économique incertain. Plus qu’un simple actif, l’or demeure une valeur refuge prisée par les investisseurs, soucieux de sécuriser leur capital face à la volatilité des marchés.

Pourquoi l’or reste un placement incontournable ?
L’or est l’un des rares actifs ayant traversé les siècles sans perdre son attractivité. Historiquement, il a toujours occupé une place centrale dans les systèmes monétaires et constitue aujourd’hui encore un pilier de la diversification patrimoniale.
 

Sa stabilité sur le long terme en fait un placement recherché, notamment en période de tensions économiques et géopolitiques. Contrairement aux monnaies fiduciaires, qui subissent l’inflation et les politiques monétaires, l’or conserve sa valeur et s’apprécie avec le temps.
 

Un rempart contre l’inflation et l’instabilité des marchés
Alors que les indices boursiers restent soumis à de fortes fluctuations et que l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat, l’or s’impose comme un actif refuge.
Contrairement à des placements traditionnels comme le Livret A, dont les rendements peuvent être inférieurs à l’inflation, l’or offre une protection à long terme. En cas de crise financière, son prix a tendance à grimper, reflétant la recherche de sécurité des investisseurs.
 

Un outil de diversification efficace
Dans un portefeuille d’investissement, l’or joue un rôle stabilisateur. Il évolue souvent à contre-courant des marchés boursiers, permettant de limiter les pertes en cas de turbulences financières.
 

Face à la volatilité des cryptomonnaies, aux incertitudes liées aux politiques monétaires et à l’évolution des taux d’intérêt, posséder de l’or permet de réduire les risques et d’équilibrer son allocation d’actifs.

Une fiscalité avantageuse pour les investisseurs
L’or physique bénéficie d’un cadre fiscal attractif. Contrairement aux autres actifs, il n’est pas soumis à la TVA lors de l’achat et sa simple détention n’entraîne aucune imposition.
 

En cas de revente, les plus-values sont taxées à 36,2 % (19 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), mais cette taxation est dégressive et devient nulle après 22 ans de détention. Ce régime fiscal avantageux en fait un outil d’investissement et de transmission patrimoniale particulièrement prisé.

Un placement liquide et accessible
L’un des grands atouts de l’or est sa liquidité exceptionnelle. Il peut être revendu rapidement à travers le monde, sans être dépendant du système bancaire.
 

Grâce à l’achat de lingots fractionnés ou de pièces, il est possible d’investir avec des budgets variés. Contrairement aux idées reçues, investir dans l’or n’est pas réservé aux grandes fortunes : il est désormais accessible à tous, que ce soit pour préparer un projet à long terme ou se constituer une épargne de précaution.

L’or : une opportunité pour tous les profils d’investisseurs
Que l’on cherche à protéger son épargne, diversifier son patrimoine ou transmettre un capital, l’or demeure un choix stratégique dans un contexte d’incertitude économique. Selon Sandrine Crosse, spécialiste de l’investissement en métaux précieux : « Les motivations pour investir dans l’or varient. Certains le voient comme un moyen de financer un projet futur, tandis que d’autres l’envisagent comme une solution patrimoniale à long terme. Ce qui est certain, c’est que l’or physique reste une valeur flexible et accessible, adaptée à différents objectifs financiers. »

 

Alors que l’once d’or atteint de nouveaux sommets et que les tensions économiques persistent, ce métal précieux confirme son statut de valeur refuge intemporelle, plus que jamais au cœur des stratégies d’investissement.
 

L’immobilier en montagne : Un secteur qui résiste à tout

Après une flambée post-Covid de +28 % entre 2020 et 2023, le marché immobilier des stations de ski françaises montre une étonnante stabilité.

Après une flambée post-Covid de +28 % entre 2020 et 2023, le marché immobilier des stations de ski françaises montre une étonnante stabilité. 

 

Contrairement au reste du territoire, où les prix ont reculé de 2,1 % en un an, ceux des stations de montagne n’ont baissé que de 0,2 % entre novembre 2023 et novembre 2024. Une résistance qui s’explique par un marché porté par des acquéreurs fortunés et une offre foncière de plus en plus limitée.

Pourquoi les stations résistent-elles mieux à la baisse ?
Selon Thomas Arnéodo, de la FNAIM, les résidences secondaires sont le moteur du marché en station, attirant des acheteurs disposant d’un fort pouvoir d’achat et moins dépendants des taux d’intérêt. Par ailleurs, le manque de foncier constructible et les restrictions environnementales limitent l’extension du parc immobilier, soutenant mécaniquement les prix.
Résultat : le prix moyen en station s’élève à 3 781 €/m², bien au-dessus de la moyenne nationale (2 981 €/m²). Les maisons y sont particulièrement chères, atteignant en moyenne 3 359 €/m² contre 2 327 €/m² ailleurs en France.

Des écarts de prix selon les massifs
Mais toutes les stations ne se valent pas. Les Alpes du Nord dominent le marché avec un prix moyen de 4 957 €/m², soit 2 000 € de plus que les Alpes du Sud (2 992 €/m²).
• Le Jura reste plus abordable à 2 651 €/m².
• Les Pyrénées, les Vosges et le Massif central affichent des prix entre 1 500 et 2 300 €/m², soit jusqu’à 2,5 fois moins que dans les Alpes.
Et les écarts continuent de se creuser : alors que les Alpes du Nord restent stables (+0,2 %) et que les Alpes du Sud progressent (+1,2 %), les Pyrénées, les Vosges et le Jura enregistrent des baisses allant jusqu’à -3,4 %.

L’altitude, un critère déterminant
Dans un même massif, plus on monte, plus les prix grimpent. La raréfaction de la neige à basse altitude renforce cette tendance.
• Dans les Alpes du Sud, les stations situées à moins de 1 500 m affichent un prix moyen de 2 315 €/m², contre 2 999 €/m² au-dessus de 2 000 m.
• Même phénomène dans les Pyrénées : 1 620 €/m² sous 1 250 m, contre 2 616 €/m² au-delà de 1 750 m.
• Dans le Jura, les prix passent de 2 073 €/m² en dessous de 900 m à 2 788 €/m² au-dessus de 1 100 m.
Les stations de haute altitude restent une valeur refuge pour les investisseurs, malgré une vacance locative estivale plus marquée. En hiver, leur taux de remplissage garantit un rendement brut pouvant atteindre 6 % par an.

Les stations les plus chères : le trio alpin en tête
Dans les Alpes du Nord, dopées par leur proximité avec la Suisse et l’Italie, trois stations se détachent :
1. Val d’Isère (1 850 m) : 15 605 €/m²
2. Courchevel : 12 785 €/m²
3. Méribel : 12 336 €/m²
À l’opposé, Les Bottières, à 1 300 m, plafonne à 2 739 €/m².

Les stations de basse altitude : une mutation nécessaire
Le réchauffement climatique fragilise les stations de moyenne altitude, certaines ayant déjà fermé (Grand Puy, Alpe du Grand Serre, Notre-Dame-du-Pré).
Mais tout n’est pas perdu : celles qui misent sur un modèle de « station-village » s’en sortent mieux. Aussois (1 490 m) en est l’exemple parfait : en développant des activités toute l’année, elle a vu ses prix grimper de +24,1 % en quatre ans, atteignant 3 913 €/m².
Moralité ? Si les stations de ski veulent rester attractives, elles doivent désormais séduire bien au-delà de l’hiver.
 

Logements vacants et résidences secondaires : vers une nouvelle régulation ?

Un nouveau texte pourrait bouleverser le droit de propriété en France. Une proposition de loi (PPL) vise à limiter l’essor des logements inoccupés et des résidences secondaires dans les zones tendues. Objectif affiché : libérer du foncier pour les habitants permanents et lutter contre l’explosion des prix immobiliers.

Un nouveau texte pourrait bouleverser le droit de propriété en France. Une proposition de loi (PPL) vise à limiter l’essor des logements inoccupés et des résidences secondaires dans les zones tendues. Objectif affiché : libérer du foncier pour les habitants permanents et lutter contre l’explosion des prix immobiliers.
 

Taxer plus lourdement les logements vacants
Les auteurs de la PPL dénoncent l’augmentation du nombre de logements inoccupés dans les grandes métropoles et les zones touristiques. À Paris, 7 000 logements deviennent vacants chaque année, asséchant l’offre locative et contribuant à la perte de 8 000 résidences principales par an.
Pour inverser la tendance, le texte prévoit de tripler les taxes sur les résidences secondaires et les logements vacants. Aujourd’hui jugées trop faibles, ces taxes n’auraient eu aucun effet dissuasif. Désormais, les maires pourraient relever ces prélèvements sans être contraints d’augmenter simultanément la taxe foncière, un frein actuel à leur action.
 

Restreindre l’achat de résidences secondaires
Autre mesure radicale : interdire aux propriétaires de posséder une résidence secondaire dans la même commune que leur résidence principale. Seules les nouvelles acquisitions seraient concernées, et les maires des zones tendues pourraient s’opposer à l’achat de nouvelles résidences secondaires.
L’idée s’inspire de la législation suisse, où certaines communes limitent strictement le nombre de résidences secondaires pour préserver le marché local. À Paris, certains arrondissements comme le 7ᵉ et le 8ᵉ affichent déjà des taux de résidences secondaires supérieurs à 35 %.
 

Le texte propose aussi de donner aux collectivités la possibilité d’inscrire dans leur Plan Local d’Urbanisme (PLU) des restrictions sur la transformation de résidences principales en résidences secondaires, une option inexistante aujourd’hui dans le droit français.
 

Encourager la rénovation des logements vacants
Un autre levier de lutte contre la vacance concerne la rénovation énergétique. De nombreux logements restent inoccupés faute d’être aux normes. Le projet de loi propose donc d’augmenter le budget des aides à la rénovation, notamment celles de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
 

Aujourd’hui, les plafonds de travaux éligibles sont limités à 25 000 euros, alors que la mise aux normes des logements énergivores (étiquettes F et G) peut facilement dépasser 50 000 euros. La PPL suggère de financer cette revalorisation en augmentant les droits de mutation sur les biens les plus chers :
• +1 % au-delà de 8 000 €/m²
• +3 % au-delà de 10 000 €/m²
• +6 % au-delà de 12 000 €/m²
Les recettes ainsi générées alimenteraient les caisses de l’Anah pour financer la rénovation des logements vétustes.
 

Une proposition explosive pour le droit de propriété
Si ce projet vise à répondre à une crise du logement qui s’aggrave dans les zones tendues, il risque aussi d’alimenter un vif débat juridique. La limitation de l’achat de résidences secondaires et la hausse de la fiscalité pourraient être contestées sur le terrain du droit de propriété, un principe protégé par la Constitution.
En l’état, cette proposition de loi devra convaincre au-delà de la seule majorité municipale parisienne. Son adoption nécessitera un large consensus parlementaire et pourrait être soumise à l’examen du Conseil constitutionnel. Une bataille politique et juridique se profile donc autour de ce texte qui pourrait profondément remodeler le marché immobilier français.
 

Réforme des retraites en 2025 : Quels impacts pour vous ?

Chaque début d’année apporte son lot de nouveautés en matière de retraite. Et 2025 ne fera pas exception. Alors que la réforme de 2023 est encore fraîche, le gouvernement relance le débat.

Chaque début d’année apporte son lot de nouveautés en matière de retraite. Et 2025 ne fera pas exception. Alors que la réforme de 2023 est encore fraîche, le gouvernement relance le débat. Nous décryptons les principaux changements à surveiller.
 

Vers un retour en arrière sur l’âge de départ ?
C’est le dossier brûlant du début d’année. Le Premier ministre François Bayrou a annoncé un conclave de trois mois entre partenaires sociaux pour réexaminer la réforme des retraites de 2023. Un éventuel retour sur le report de l’âge légal est sur la table, mais il pose de nombreuses questions :
• Les compensations accordées en 2023 (comme la retraite progressive assouplie) seront-elles maintenues ?
• La réforme Touraine, qui accélère l’allongement de la durée de cotisation, sera-t-elle impactée ?
• Quel impact pour les différentes générations concernées ?
• Enfin, combien coûterait cette révision et combien de temps pour la mettre en place ?
 

Les discussions s’annoncent tendues. Si un compromis est trouvé d’ici mai, une nouvelle réforme pourrait être adoptée dès l’automne.
 

L’emploi des seniors, toujours un casse-tête
Autre enjeu majeur : l’emploi des seniors. Avec une population active vieillissante, le gouvernement cherche des solutions pour inciter les entreprises à garder leurs salariés plus longtemps.
 

Deux dispositifs pourraient refaire surface :
• Le CDI senior, un contrat de travail spécifiquement conçu pour les plus de 55 ans.
• L’index senior, une obligation pour les entreprises de publier des indicateurs sur l’emploi des plus de 55 ans.
De plus, la réforme de l’assurance chômage, initiée sous le gouvernement Attal, pourrait être relancée, impactant directement les fins de carrière.
 

Retraite progressive : vers un nouvel assouplissement
Bonne nouvelle pour ceux qui veulent lever le pied avant la retraite définitive : le dispositif de retraite progressive, déjà assoupli en 2023, pourrait devenir encore plus accessible.
Un accord signé en novembre dernier prévoit d’abaisser l’âge d’accès de 62 à 60 ans. Reste à savoir si les partenaires sociaux entérineront cette mesure. Si oui, un décret devra préciser les modalités d’application.
 

Les évolutions paramétriques au 1er janvier 2025
Comme chaque année, certains paramètres sont revus :
• Revalorisation des pensions : pour suivre l’inflation, les pensions augmentent, mais les premiers paiements revalorisés n’interviendront qu’en février pour certaines caisses.
• Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) : il est relevé de 1,6% et atteint 47 100 € (soit 3 925 € par mois). Il sert notamment à calculer le plafond de déduction des versements sur un Plan Épargne Retraite (PER).
• Validation des trimestres : le revenu minimum pour valider un trimestre retraite suit l’évolution du SMIC et passe à 1 782 € bruts, soit 7 128 € bruts pour une année complète (4 trimestres).
 

2025 s’annonce donc comme une année charnière pour la retraite en France. Entre réajustements réglementaires et incertitudes politiques, les futurs retraités ont tout intérêt à rester attentifs aux évolutions à venir.
 

Le non coté : un choix d’investissement gagnant pour les petits épargnants.

L’attrait du non coté pour les investisseurs particuliers s’est renforcé ces dernières années, porté par des promesses de rendements attractifs.

L’attrait du non coté pour les investisseurs particuliers s’est renforcé ces dernières années, porté par des promesses de rendements attractifs. 

 

Autrefois réservé aux institutionnels, ce marché a progressivement été ouvert au grand public. Mais ces espoirs ont-ils été récompensés ? Une récente étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) livre une analyse détaillée des performances des fonds français d’actifs non cotés destinés aux particuliers.

 

Un marché aux multiples facettes

Le non coté englobe divers types d’investissements : participation au capital de sociétés non cotées (private equity), infrastructures (transport, énergie, santé) ou encore dette privée. 

Parmi les véhicules d’investissement les plus répandus, on retrouve les Fonds Communs de Placement à Risques (FCPR), qui ont une durée de vie moyenne de dix ans. Certains, qualifiés de « fiscaux », offrent des avantages comme une réduction d’impôt de 18 %, en contrepartie d’un engagement de conservation sur le long terme. Les Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) et les Fonds Communs de Placement dans l’Innovation (FCPI) s’inscrivent dans cette catégorie en investissant respectivement dans des PME régionales et des entreprises innovantes.

 

Une autre variante a émergé récemment : les FCPR « evergreen », sans durée de vie définie, qui permettent une souscription et un rachat plus flexibles. À côté de ces fonds, on trouve également les Fonds Professionnels Spécialisés (FPS) et les Fonds Professionnels de Capital-Investissement (FPCI), généralement accessibles aux investisseurs avertis moyennant un ticket d’entrée élevé, souvent de 100 000 euros. Enfin, certains fonds d’investissement alternatifs (FIA) sont intégrés aux contrats d’assurance-vie, renforçant ainsi la présence du non coté dans les stratégies d’épargne à long terme.

 

Des performances en dents de scie

L’AMF a analysé la rentabilité des fonds non cotés jusqu’à fin 2023, mettant en lumière une hétérogénéité marquée des performances. Globalement, celles-ci restent inférieures aux rendements historiques observés chez les investisseurs institutionnels. L’étude met en garde contre l’illusion d’un alignement des performances entre ces deux catégories d’investisseurs.

 

Le rendement des FIP et FCPI s’avère particulièrement faible, avec des taux de -2,4 % et -1,1 % respectivement. Cependant, ces chiffres ne tiennent pas compte des avantages fiscaux associés. Les FCPR « classiques » affichent un rendement moyen de 2,4 %, mais lorsqu’ils investissent via des fonds professionnels, la performance grimpe à 7,5 %, voire 10,6 % en tenant compte du poids des plus gros fonds. Deux FCPR d’une même société de gestion ont même enregistré des rendements exceptionnels de 24 % et 25 %.

 

Les FCPR « evergreen » affichent un rendement de 5 %, mais leur jeunesse (trois ans d’existence) invite à la prudence. Quant aux autres FIA, leur performance reste modeste, à 0,3 %. L’étude souligne également que la liquidation des actifs peut prendre plus de temps que prévu, pesant ainsi sur les rendements.

 

Comment se compare le non coté aux marchés boursiers ?

En comparant les rendements annuels sur cinq et dix ans, l’AMF met en évidence un avantage net pour les actions cotées. Sur cinq ans, les fonds actions accessibles aux particuliers ont affiché une rentabilité de 5,2 %, contre 2 % pour les FCPR fermés. Le CAC 40, dividendes réinvestis, atteint quant à lui 12,9 % sur la même période, soulignant la performance supérieure des marchés cotés.

 

Les FPS et FPCI, malgré leur barrière à l’entrée élevée, se démarquent par des rendements intéressants, atteignant 7,5 % et 6,4 % en médiane. Toutefois, leur performance varie selon la méthode de libération du capital : les fonds avec appels progressifs réalisent de meilleurs résultats (7,5 % et 6,4 %) par rapport à ceux libérant le capital en une seule fois (2,7 % et 4,4 %).

 

L’impact des frais sur la rentabilité

Les frais de gestion et autres coûts associés à ces fonds sont un facteur clé à prendre en compte. L’AMF relève une forte disparité selon les catégories. Les FIP affichent les frais les plus élevés, avec une médiane de 2,8 %, oscillant entre -6,3 % et 7 %. Les FCPI se situent dans une fourchette de 3 à 4 %. Les FCPR, qu’ils soient evergreen ou non, présentent des frais allant de 1,75 % à 3 %.

 

Les FPS et FPCI à capital libéré progressivement, qui figurent parmi les plus performants, ont les frais les plus bas, autour de 1,7 %. En revanche, certains FIA en assurance-vie et FPS affichant les frais les plus élevés sont également ceux qui enregistrent les rendements les plus faibles.

 

Un placement à manier avec discernement

Si le non coté continue d’attirer les particuliers, son accès démocratisé ne garantit pas des performances systématiquement attractives. La prudence est de mise, notamment en raison de la faible liquidité et de la grande variabilité des rendements. L’étude de l’AMF met en évidence que, sauf cas exceptionnels, les fonds cotés restent globalement plus performants. Pour ceux qui souhaitent diversifier leur portefeuille, il est donc essentiel d’analyser chaque fonds en détail, en tenant compte des frais et de l’horizon d’investissement avant de se lancer.

 

L’épargne salariale : un outil de fidélisation efficace

Les dispositifs d’épargne salariale s’imposent comme une réponse efficace pour renforcer l’engagement collectif et stimuler la performance.

Face à des défis croissants en matière d’attractivité et de rétention des talents, les dispositifs d’épargne salariale s’imposent comme une réponse efficace pour renforcer l’engagement collectif et stimuler la performance.
 

« En ce début d’année, les entreprises, notamment les PME, ont tout intérêt à s’approprier ces dispositifs pour inscrire leurs collaborateurs dans un cercle vertueux d’engagement et de réussite collective. Ces mesures ne se limitent pas à une simple optimisation fiscale : elles permettent de fidéliser les talents existants, d’attirer de nouvelles recrues et de renforcer la marque employeur. C’est une opportunité stratégique pour positionner l’entreprise comme un acteur attractif et innovant sur le marché de l’emploi », explique Philippe Delerive, associé et Directeur Gestion du risque et Assurances au sein du groupe Exponens.
 

Les principaux dispositifs d’épargne salariale à la disposition des entreprises
L’intéressement : une incitation flexible et stratégique
Basé sur des critères de performance définis par l’entreprise, l’intéressement est un levier efficace pour aligner les objectifs individuels et collectifs avec la vision stratégique de l’entreprise. Ce dispositif favorise non seulement la motivation des salariés, mais il bénéficie également d’une exonération de charges sociales, rendant l’opération avantageuse pour l’employeur et les collaborateurs.
 

La participation : un partage équitable des bénéfices
Obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, la participation repose sur un mécanisme de redistribution des bénéfices. Bien que sa lisibilité en cours d’année puisse poser problème, elle constitue un moyen structuré d’impliquer financièrement les salariés dans les succès de l’entreprise.
 

La Prime de Partage de la Valeur : un outil simple et immédiat
Facile à mettre en place, la Prime de Partage de la Valeur (PPV) permet de récompenser les efforts fournis par les collaborateurs sur une période donnée. Toutefois, cette prime est soumise à fiscalité, sauf si elle est intégrée à un plan d’épargne entreprise, ce qui permet d’optimiser son impact.
 

L’abondement au plan d’épargne entreprise : une épargne boostée par l’employeur
Les entreprises peuvent encourager l’épargne de leurs salariés en abondant les sommes investies dans un Plan d’Épargne Entreprise (PEE). Ce dispositif est particulièrement avantageux sur le plan fiscal et renforce le sentiment d’appartenance des collaborateurs tout en les incitant à se projeter dans l’avenir.
 

Une solution sur mesure pour les PME
Pour les entreprises de 11 à 50 salariés, l’épargne salariale n’est pas qu’un simple avantage financier : c’est un véritable outil de motivation et de fidélisation. En intégrant des dispositifs adaptés, les PME peuvent améliorer leur attractivité, renforcer la culture d’entreprise et favoriser la montée en compétences des équipes.
 

Un atout stratégique pour un engagement durable
En adoptant une politique d’épargne salariale bien pensée, les entreprises créent un environnement de travail plus attractif, engagé et performant. 2025 pourrait être l’année où votre entreprise capitalise sur l’épargne salariale pour fidéliser ses talents et mobiliser ses équipes au service d’une réussite collective.
 

PEA en 2025 : Une opportunité d’épargne à saisir

Si les marchés boursiers ont connu une année contrastée, l’attrait pour le PEA ne faiblit pas. Mais pourquoi ouvrir un PEA en 2025 et quels en sont les atouts ?

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) séduit de plus en plus d’investisseurs français. En 2023, près de 440 000 nouveaux PEA ont été ouverts en France, portant leur nombre total à près de 7 millions, selon les données de la Banque de France et de France Transactions. Si les marchés boursiers ont connu une année contrastée, l’attrait pour ce dispositif d’investissement ne faiblit pas. Mais pourquoi ouvrir un PEA en 2025 et quels en sont les atouts ?
 

Le PEA, un produit d’investissement aux multiples avantages
Créé en 1992, le PEA est un dispositif réglementé qui permet aux épargnants d’investir en actions européennes tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux. Son objectif ? Favoriser l’investissement en Bourse sur le long terme tout en offrant des incitations fiscales aux particuliers. Il existe deux types de PEA :
• Le PEA classique, destiné aux actions européennes et aux fonds éligibles,
• Le PEA-PME, orienté vers le financement des petites et moyennes entreprises.
 

L’un des principaux atouts du PEA réside dans son cadre fiscal attractif. Après cinq ans de détention, les gains générés (plus-values et dividendes) sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) restant dus. Cette fiscalité avantageuse permet d’optimiser la rentabilité des investissements en minimisant la charge fiscale.
 

Un engouement croissant des épargnants français
En 2023, les Français ont intensifié leur engagement en Bourse. Selon l’AMF, 1,3 million de particuliers ont réalisé au moins une transaction boursière en 2023, bien que ce chiffre marque une baisse de 13 % par rapport à 2022. Malgré cette contraction, le PEA continue de séduire, porté par des conditions de marché favorables et une prise de conscience croissante de la nécessité de diversifier son épargne.
 

Quelques chiffres clés au 31 décembre 2023 :
• 6,98 millions de PEA ouverts en France, avec 438 595 nouvelles ouvertures en 2023.
• 78 % des PEA affichent des versements totaux inférieurs à 15 000 €.
• L’encours moyen par PEA atteint 18 659 €, dont 16 306 € en titres et 2 353 € en espèces.
 

Le développement des ETF (fonds indiciels cotés) accessibles via le PEA a également dynamisé son attractivité. En 2024, 247 000 particuliers ont acheté des ETF, soit une augmentation constante depuis cinq trimestres consécutifs. Parmi eux, 57 000 nouveaux investisseurs ont découvert ce type de placement.
 

Un outil de diversification et de performance à moindre coût
Le PEA offre une large palette d’investissements, allant des actions françaises et européennes aux ETF, SICAV et fonds éligibles. Si son périmètre géographique est limité à l’Europe, de nombreux ETF permettent d’accéder aux marchés américains ou asiatiques tout en restant dans l’enveloppe fiscale du PEA. « En investissant régulièrement sur le long terme, le PEA permet de lisser les risques liés à la volatilité des marchés. C’est un atout pour les investisseurs débutants. » souligne Andrea Tueni, Responsable des activités marchés de Saxo Banque.
 

« Le PEA est un excellent outil pour débuter en Bourse, grâce à ses avantages fiscaux et son potentiel de rendement. Il permet d’accéder aux marchés actions tout en bénéficiant d’une exonération d’impôt après cinq ans. » ajoute Fabien Keryell, Directeur Général de Saxo Banque.
 

Les limites à prendre en compte avant d’ouvrir un PEA
Si le PEA présente de nombreux avantages, quelques contraintes subsistent :
• Un plafond d’investissement : 150 000 € pour le PEA classique, et 225 000 € pour le PEA-PME (cumulés avec le PEA classique).
• Une restriction géographique : seules les actions européennes et certains fonds éligibles peuvent y être logés.
• Un engagement à long terme : tout retrait avant 5 ans entraîne la clôture du PEA, sauf exceptions (licenciement, invalidité, retraite anticipée).
 

Pourquoi ouvrir un PEA en 2025 ?
Avec un environnement économique en mutation et des marchés financiers toujours dynamiques, 2025 pourrait être une année propice pour ouvrir un PEA. Le contexte d’inflation maîtrisée, la diversification des offres et la montée en puissance des ETF en font un outil incontournable pour les investisseurs souhaitant optimiser leur épargne sur le long terme.
 

Le PEA demeure donc un levier efficace pour dynamiser son épargne et tirer profit des marchés actions, tout en bénéficiant d’une fiscalité optimisée après cinq ans. Une résolution à envisager sérieusement en ce début d’année 2025 !
 

Le choc Trump sur les marchés financiers internationaux

Depuis son investiture il y a quelques jours, Donald Trump multiplie la signature de décrets exécutifs. Parmi ses priorités, la fermeture des frontières, la sécurité ainsi que l’économie américaine, dans son objectif de “Make America Great Again”.

Depuis son investiture il y a quelques jours, Donald Trump multiplie la signature de décrets exécutifs. Parmi ses priorités, la fermeture des frontières, la sécurité ainsi que l’économie américaine, dans son objectif de “Make America Great Again”.

La liste des premières décisions de Trump est conséquente, allant de l’immigration au fonctionnement de l’État, en passant par la politique internationale et les affaires intérieures. Cela représente 60, voire 100 décrets, ce qui laisse présager un début de présidence intense. Lors de sa première élection, les réformes adoptées n’avaient pas produit les résultats économiques escomptés. En sera-t-il autrement cette fois-ci ?

Le dollar et les cryptomonnaies

“Dans un premier temps, Donald Trump veut mener la popularisation des cryptomonnaies aux États-Unis. De nouvelles autorités à la SEC et à la CFTC, ainsi qu’un remaniement des vice-présidents de la Fed pourraient conduire à l’approbation ultérieure du bitcoin en tant que réserve de facto. Le Memecoin $TRUMP a notamment atteint une capitalisation d’environ 15 milliards de dollars à un moment donné, et les entreprises affiliées à Trump devraient détenir 80 % de l’offre de la cryptomonnaie” explique Antoine Andreani, Head of Research à XTB France. 

Le dollar américain quant à lui, a gagné près de 6% depuis l’élection et n’a actuellement aucun rival sur le marché global des devises. Les politiques de Trump peuvent affecter le dollar, mais il est peu probable que les décrets à venir affectent la monnaie la plus importante au monde. 

Réductions d’impôts massives et imposition des revenus étrangers

Le président Trump souhaite non seulement prolonger la loi sur la réduction des impôts et l’emploi (Tax Cut and Jobs Act), qui a abaissé les impôts directs et augmenté les crédits d’impôt, mais il cherche également à obtenir de nouvelles réductions. 

Bien qu’il n’y ait pas de plans spécifiques pour les impôts des particuliers, Trump prévoit de continuer à réduire l’impôt sur le revenu des personnes physiques. En 2017, ce dernier a ramené de 35 % à 21 % l’impôt mondial sur les bénéfices des sociétés, atteignant ainsi un niveau record. Donald Trump souhaite dorénavant l’abaisser à 15 %.

Trump souhaite également créer un bureau chargé de collecter les impôts sur les bénéfices des entreprises américaines détenus à l’étranger. Ces mesures doivent toutefois être approuvées par le Congrès. Néanmoins, l’annonce et les promesses elles-mêmes pourraient avoir un impact positif sur les investisseurs de Wall Street, tout comme en 2017. Bien que le projet de loi sur la réduction des impôts aux États-Unis n’ait été dévoilé qu’en novembre, l’indice S&P 500 a gagné 14 % entre janvier et novembre 2017. Puis, de la signature du projet de loi à la fin du mois de janvier, juste avant que Wall Street ne s’effondre, le S&P 500 a gagné 10 % supplémentaires.

Une nouvelle ère politique s’annonce-t-elle aux États-Unis ?

Le retour de Donald Trump à la présidence va sans aucun doute marquer le début d’une nouvelle ère dans la politique américaine, qui affectera quasiment tous les aspects de la politique mondiale. Le plan de M. Trump est ambitieux, mais les nombreux éléments de sa stratégie doivent s’imbriquer parfaitement pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé : rétablir la domination des États-Unis dans le monde et le bien-être de ses citoyens.

“M. Trump souhaite jouer franc jeu en matière de politique étrangère, ce qui, en cas d’opposition de la communauté internationale, pourrait avoir des répercussions négatives sur l’économie. Wall Street et les investisseurs considèrent ses politiques avec espoir, en particulier d’un point de vue fiscal ”, conclut Antoine Andreani, Head of Research à XTB France. 

 

Toutefois, il convient de rappeler que de nombreuses décisions devront être approuvées par le Congrès, ce qui, même avec les Républicains au pouvoir, ne sera pas toujours facile ou rapide. Les politiques de Trump comportent de nombreuses incertitudes, mais les marchés, sur la base de son mandat précédent (2017-2021), savent à quoi s’attendre de sa part.

 

 

 

Épargne : le Livret A et le LDDS enregistrent des performances inédites en 2024

L’année 2024 marque un tournant pour les détenteurs de Livrets A et de Livrets de Développement Durable et Solidaire (LDDS), avec un niveau d’intérêts versés jamais atteint.

L’année 2024 marque un tournant pour les détenteurs de Livrets A et de Livrets de Développement Durable et Solidaire (LDDS), avec un niveau d’intérêts versés jamais atteint. 

 

Selon les chiffres récemment publiés par la Caisse des Dépôts, les épargnants ont perçu 16,8 milliards d’euros d’intérêts sur ces deux supports, un montant record qui surpasse largement les 15 milliards d’euros de 2023 et plus du double des 6,5 milliards d’euros versés en 2022.

 

Une année exceptionnelle pour les épargnants français
Cette progression spectaculaire s’explique en grande partie par le maintien d’un taux d’intérêt élevé à 3 %, décidé par l’État en février 2023, et resté inchangé malgré un ralentissement progressif de l’inflation au cours de l’année 2024. En parallèle, les encours des Livrets A et LDDS ont continué de croître, atteignant 603,1 milliards d’euros, soit une hausse de 7 % par rapport à l’année précédente.
 

Toutefois, cette dynamique pourrait connaître un coup d’arrêt en 2025. Dès le 1er février 2025, le taux d’intérêt du Livret A sera revu à la baisse, passant à 2,4 %, une décision qui pourrait influencer les comportements des épargnants et la rentabilité future de ces placements.
 

Le Livret A et le LDDS : des placements sécurisés et défiscalisés
Le Livret A et le LDDS font partie des produits d’épargne dits réglementés, dont les modalités de fonctionnement et de rémunération sont définies par l’État. Leur taux d’intérêt est révisé deux fois par an en fonction de plusieurs critères économiques, dont l’évolution de l’inflation et des taux d’intérêt du marché monétaire.
 

L’un des principaux atouts de ces livrets est leur exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, un avantage fiscal qui les rend particulièrement attractifs pour les ménages français. En contrepartie, les fonds collectés ne restent pas inactifs : ils sont partiellement centralisés auprès de la Caisse des Dépôts et servent au financement d’infrastructures d’intérêt général, notamment le logement social, la transition énergétique et le développement des petites et moyennes entreprises. 

Selon les dernières données de la Banque de France, près de 57 millions de Livrets A étaient ouverts en France fin 2023, faisant de ce produit un placement incontournable pour une majorité de foyers.
 

Pourquoi l’épargne continue-t-elle d’augmenter en France ?
Depuis la crise sanitaire de 2020, les ménages français affichent un comportement d’épargne plus prudent, alimenté par des incertitudes économiques et une anticipation accrue des risques futurs. Le taux d’épargne des ménages français – c’est-à-dire la part du revenu disponible qui n’est pas consommée – s’est établi à 17,9 % au deuxième trimestre 2024, contre 15 % en 2019, avec un pic à 20 % au plus fort de la crise du Covid-19.
 

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance à la sur-épargne :
• Un contexte économique incertain : l’inflation, bien qu’en ralentissement en 2024, reste un sujet de préoccupation pour les ménages, incitant à conserver un matelas de précaution.
• Une inquiétude sur l’avenir des finances publiques : selon une note de la Caisse des Dépôts publiée en novembre 2024, de nombreux épargnants anticipent des réformes fiscales et sociales qui pourraient impacter leur niveau de vie futur.
• Un vieillissement démographique : les ménages plus âgés ont une propension à épargner plus forte, tandis que les jeunes générations, confrontées à un coût de la vie élevé, peinent à accumuler une épargne de précaution.
 

En somme, si les Français continuent de privilégier l’épargne liquide et sécurisée, l’évolution des taux et des politiques publiques en 2025 pourrait redéfinir leurs choix d’investissement et l’attractivité des placements réglementés.