Héritage facile : transmettre son patrimoine à ses neveux et nièces.

Lorsqu’il s’agit de transmettre son patrimoine à ses neveux ou nièces, les règles fiscales françaises se révèlent particulièrement sévères. Explications.

Lorsqu’il s’agit de transmettre son patrimoine à ses neveux ou nièces, les règles fiscales françaises se révèlent particulièrement sévères. Explications.

 

Contrairement à la transmission aux enfants, fortement allégée, celle au profit des neveux et nièces est lourdement taxée : après un faible abattement de 7 967 €, le reliquat est imposé à 55 %. Dans ce contexte, une bonne anticipation s’impose pour réduire la facture successorale. Tour d’horizon des principales solutions avec Patrick Prugnaud, ingénieur patrimonial à La Financière d’Uzès.
 

L’assurance-vie : un outil incontournable
L’assurance-vie demeure un des meilleurs outils pour transmettre son patrimoine avec un cadre fiscal avantageux. En versant des primes avant 70 ans, il est possible d’offrir à ses bénéficiaires — y compris ses neveux et nièces — un abattement individuel de 152 500 €. Au-delà de cet abattement, les capitaux transmis ne sont imposés qu’à hauteur de 31,25 %, bien loin des 55 % classiques des successions hors ligne directe.
Attention cependant : pour les primes versées après 70 ans, seule la fraction supérieure à un abattement global de 30 500 € sera soumise aux droits de succession à 55 %. Les gains générés par ces primes échappent à cette taxation et ne subissent que les prélèvements sociaux de 17,2 %, conservant ainsi l’intérêt du dispositif.
 

Les dons pour l’acquisition de la résidence principale
Autre levier d’optimisation : le don d’argent. Avant 80 ans, un donateur peut offrir jusqu’à 31 865 € à un neveu ou une nièce, majeur(e), un abattement renouvelable tous les 15 ans.
 

Depuis 2025, un nouvel abattement de 100 000 € a été instauré pour faciliter l’achat de la résidence principale dans le neuf. Ce dispositif permet au donataire de bénéficier d’un soutien financier significatif pour devenir propriétaire. En outre, il peut recevoir jusqu’à 200 000 € supplémentaires d’autres donateurs, multipliant ainsi les possibilités de financement.
 

La donation de nue-propriété : préparer la transmission en douceur
La donation de nue-propriété constitue une stratégie efficace pour transmettre un patrimoine immobilier ou financier à ses neveux et nièces tout en limitant les droits à payer. En donnant uniquement la nue-propriété d’un bien — qu’il s’agisse d’un appartement ou d’un compte-titres —, le donateur conserve l’usufruit, c’est-à-dire l’usage et les revenus du bien jusqu’à son décès.
 

À l’extinction de l’usufruit, la pleine propriété est automatiquement réunie entre les mains du nu-propriétaire, sans droits supplémentaires. Un avantage non négligeable, d’autant que l’imposition est calculée sur une base réduite lors de la donation.
 

L’acquisition en démembrement : une approche patrimoniale fine
Autre solution, plus sophistiquée : acheter en démembrement avec son neveu ou sa nièce. Le donateur acquiert l’usufruit du bien, tandis que le jeune acquiert la nue-propriété, financée par une donation préalable. Cette mécanique permet, au décès de l’usufruitier, la transmission automatique de la pleine propriété sans droits de succession.
 

Patrick Prugnaud précise que cette stratégie permet également d’échapper à la présomption de propriété pleine et entière de l’article 751 du Code général des impôts (CGI), en prouvant la réalité du démembrement. En outre, lors de l’achat, l’usufruit peut être évalué économiquement plutôt qu’en appliquant le barème fiscal traditionnel de l’article 669 du CGI, optimisant ainsi la répartition de la valeur entre usufruit et nue-propriété.
 

Anticiper reste la clé
Quelle que soit la stratégie retenue, une certitude demeure : l’anticipation est essentielle. Transmettre un patrimoine à ses neveux et nièces sans préparation expose à une fiscalité lourde, amputant de manière significative la valeur finale transmise.
 

Entre assurance-vie, dons exonérés, démembrement de propriété et stratégies patrimoniales complexes, plusieurs outils existent pour adoucir la pression fiscale. Mais ils nécessitent d’être mis en place à temps, parfois bien avant la survenance de l’événement successoral.
 

Investir en SCPI : les astuces pour réduire vos impôts

Lorsqu’on détient directement des parts de SCPI, plusieurs types de revenus peuvent être générés : loyers (revenus fonciers), gains financiers issus de la gestion de trésorerie, et éventuelles plus-values lors d’une revente.

Lorsqu’on détient directement des parts de SCPI, plusieurs types de revenus peuvent être générés : loyers (revenus fonciers), gains financiers issus de la gestion de trésorerie, et éventuelles plus-values lors d’une revente.

 

Le marché des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) a fait preuve d’une belle résilience en 2024, affichant une collecte brute de 4,7 milliards d’euros, selon l’ASPIM. Même si ces chiffres restent inférieurs aux années record observées entre 2016 et 2022, les SCPI continuent d’offrir un rendement moyen attractif de 4,72 % brut. Toutefois, ce rendement étant soumis à la fiscalité, la rentabilité nette peut varier sensiblement en fonction de votre situation fiscale et du mode de détention de vos parts.
 

Revenus fonciers : deux régimes d’imposition
Le régime réel :
Obligatoire dès que vos revenus fonciers dépassent 15 000 euros par an, ce régime impose les loyers nets (revenus bruts moins frais de gestion et d’acquisition) selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux à 17,2 %. Au total, les taux d’imposition peuvent varier de 28,2 % (pour les revenus les plus faibles) jusqu’à 62,2 % pour les plus hauts revenus, incluant éventuellement la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus.
Le régime microfoncier :
Ce régime simplifié s’applique aux contribuables percevant moins de 15 000 euros annuels en revenus fonciers, sous conditions précises : vous devez également être propriétaire d’un autre bien immobilier loué nu. Avec ce régime, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 30 % sur vos revenus fonciers bruts, limitant ainsi votre base imposable à 70 % du montant perçu, applicable aussi bien à l’impôt sur le revenu qu’aux prélèvements sociaux.
Attention toutefois, ce régime n’est pas cumulable avec certains dispositifs fiscaux spécifiques (LMNP, Malraux, Censi-Bouvard, etc.).
 

Revenus financiers : flat tax ou barème progressif ?
Les revenus issus des placements financiers réalisés par la SCPI (gestion de trésorerie) sont taxables. Deux options s’offrent au contribuable :
• La flat tax (Prélèvement Forfaitaire Unique) : impose ces revenus à 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux).
• Le barème progressif de l’impôt sur le revenu : en cochant la case 2OP, cette option peut être avantageuse si votre taux marginal d’imposition est faible (0 % ou 11 %).
 

SCPI étrangères : une fiscalité particulière
Certaines SCPI investissent désormais massivement à l’étranger, rendant la fiscalité un peu plus complexe. Grâce aux conventions fiscales internationales, vous évitez une double imposition. Généralement, les impôts payés à l’étranger sont compensés en France par un crédit d’impôt. Concrètement, vous devez remplir les formulaires 2047 et 2042 en précisant les impôts payés hors de France. Cette procédure est courante pour les SCPI investies en Allemagne, par exemple, mais varie selon les accords fiscaux bilatéraux.
 

Plus-values de cession des parts de SCPI
En cas de revente, les plus-values sont taxées à 19 % (impôt sur le revenu) et à 17,2 % (prélèvements sociaux). Des abattements progressifs sont appliqués en fonction de la durée de détention, permettant une exonération totale d’impôt après 22 ans pour l’impôt sur le revenu et après 30 ans pour les prélèvements sociaux.
En cas de moins-value, celle-ci peut être déduite des plus-values réalisées sur des biens de même nature pendant une période de dix ans.
 

Détention via une assurance-vie
Pour les SCPI logées dans un contrat d’assurance-vie, la fiscalité ne s’applique qu’au moment du retrait. Les règles spécifiques à l’assurance-vie s’appliquent alors.
SCPI et impôt sur la fortune immobilière (IFI)
Les parts de SCPI, même détenues via une assurance-vie, doivent être déclarées dans le cadre de l’IFI selon la quote-part immobilière de leur valeur au 1er janvier 2025. Le seuil déclencheur est fixé à 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net taxable.
 

Déclaration : importance de l’IFU
Pour remplir correctement votre déclaration de revenus, vous recevrez de la société de gestion un document essentiel : l’imprimé fiscal unique (IFU). Celui-ci récapitule l’ensemble des données nécessaires à votre déclaration fiscale annuelle.
 

Attention : les revenus des SCPI ne figurent pas sur votre déclaration préremplie. Vous êtes personnellement responsable de leur déclaration complète et correcte afin d’éviter tout redressement fiscal.
 

Private Equity : La nouvelle star des contrats d’assurance-vie

Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels et aux grandes fortunes, le private equity s’impose désormais dans les contrats d’assurance-vie accessibles au grand public.

Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels et aux grandes fortunes, le private equity s’impose désormais dans les contrats d’assurance-vie accessibles au grand public. 

 

Cette démocratisation suscite à la fois enthousiasme et prudence : avec des rendements historiques moyens de 13 % par an pour les investisseurs institutionnels selon France Invest, le secteur est attractif, mais les produits destinés aux particuliers sont nettement moins généreux.
 

Rendements contrastés pour les particuliers
Selon une étude conjointe de France Invest et Quantalys, les fonds de private equity proposés en assurance-vie grand public affichent une performance annuelle moyenne de 5,5 %. Les fonds spécifiquement proposés en unités de compte atteignent quant à eux 5,8 %. Toutefois, derrière ces moyennes se cachent d’importantes disparités selon les stratégies d’investissement adoptées.
 

Les fonds dits d’equity direct (participation directe au capital d’entreprises non cotées), représentant 17 % du marché, offrent un rendement moyen limité à 3,6 % par an pour la période allant de 2013 à 2022. À l’opposé, les fonds d’infrastructure, plus performants, affichent une moyenne annuelle de 6,7 %. Les stratégies diversifiées suivent de près, tandis que l’equity indirect, représentant environ 20 % des encours, génère un rendement moyen de 5,9 %. La dette privée, plus prudente, rapporte en moyenne 4,3 % nets par an.
 

Attention à la sélection des fonds
La qualité du gestionnaire a un impact significatif sur la performance des fonds. L’étude montre que les rendements peuvent varier considérablement : les 25 % des fonds les moins performants génèrent seulement 2,8 % par an, tandis que ceux du troisième quartile peuvent atteindre 6,7 %.
Par ailleurs, les rendements annoncés par les gestionnaires, généralement compris entre 6 % et 9 %, restent difficiles à atteindre, même pour les meilleurs produits. Toutefois, le private equity se distingue avantageusement par rapport à d’autres investissements illiquides tels que les SCPI, qui affichent un rendement moyen de 4,5 % selon l’ASPIM.
 

Focus sur les nouveaux fonds « evergreen »
Cette étude exclut cependant les FIP et FCPI, pointés du doigt par l’AMF pour leurs mauvaises performances nettes. Selon l’autorité de régulation, les TRI médians des FIP et FCPI étaient respectivement de -2,4 % et -1,1 %.
En revanche, les fonds dits « evergreen » ou perpétuels, caractérisés par l’absence de date limite de clôture et une meilleure liquidité, émergent avec des rendements prometteurs. Ces véhicules affichent une performance annuelle moyenne de 5,8 %. Représentant désormais deux tiers des encours, ces fonds evergreen séduisent particulièrement les particuliers grâce à leur compatibilité avec les contraintes des enveloppes assurantielles.
 

Un marché en pleine expansion
Cette dynamique s’accélère avec la loi Industrie verte de 2024, imposant aux assurances-vie et aux PER en gestion pilotée d’intégrer une part significative de private equity. Le résultat ne s’est pas fait attendre : la collecte auprès du grand public sur le marché du non coté a augmenté de 29 % en un an, atteignant 2,665 milliards d’euros. Dans le même temps, l’offre s’est enrichie de manière significative, passant de 89 à 117 fonds accessibles aux épargnants particuliers.
 

Cette démocratisation offre de réelles opportunités, mais exige des investisseurs une sélection attentive afin de naviguer efficacement dans un univers complexe où performances et risques coexistent étroitement.
 

PEAC : Comment les Jeunes peuvent Investir dans l’Avenir de la Planète

Conçu dans le cadre de la loi Industrie verte de 2023, le Plan d’Épargne Avenir Climat (PEAC) vient enfin d’arriver sur le marché, proposé pour l’instant exclusivement par le groupe BPCE (Banques Populaires et Caisses d’Épargne).

Conçu dans le cadre de la loi Industrie verte de 2023, le Plan d’Épargne Avenir Climat (PEAC) vient enfin d’arriver sur le marché, proposé pour l’instant exclusivement par le groupe BPCE (Banques Populaires et Caisses d’Épargne). 

 

Ce nouveau produit d’épargne vise à mobiliser l’épargne des jeunes pour financer la transition écologique tout en offrant une alternative plus vertueuse au PER jeune, critiqué pour être principalement une niche fiscale profitable aux parents.
 

Un placement réservé aux jeunes
Le PEAC est ouvert aux jeunes de moins de 21 ans résidant en France. Les parents peuvent y souscrire dès la naissance de l’enfant, et le plafond maximal d’épargne est fixé à 22 950 euros. Cette épargne reste bloquée jusqu’aux 30 ans du bénéficiaire, mais peut être retirée sous certaines conditions dès 18 ans, après une période minimale de détention de cinq ans. Les retraits anticipés partiels ne sont possibles que pour financer des études supérieures, créer une entreprise ou acheter une résidence principale.
 

Fiscalité avantageuse, mais capital non garanti
À l’instar des livrets réglementés (Livret A, LDDS ou LEP), le PEAC bénéficie d’une exonération complète d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux sur les revenus générés. Toutefois, contrairement à ces livrets, le capital n’est pas garanti à 100 % puisque le PEAC fonctionne comme un contrat de capitalisation permettant d’investir dans des actifs financiers labellisés « France Finance verte » ou ISR (Investissement Socialement Responsable).
Ce choix de placement implique un risque de perte en capital et une liquidité moindre par rapport aux livrets d’épargne traditionnels. À cela s’ajoutent des frais de gestion liés aux produits financiers sélectionnés.
 

Deux modes de gestion proposés
Le PEAC peut être géré de deux façons distinctes :
• Gestion pilotée : l’épargne est initialement répartie entre l’unité de compte Ecofi Agir pour le climat et le Fonds en Euros BPCE Vie, avec un profil au choix (« prudent » ou « équilibré »). Cette allocation évolue progressivement à mesure que le bénéficiaire se rapproche de ses 30 ans, réduisant le niveau de risque à l’approche de l’échéance.
• Gestion libre : le titulaire choisit librement ses placements parmi quatre supports d’investissement durable, dont Ecofi Agir pour le climat, Mirova Global Green Bond Fund, Dorval European Climate Initiative et Mirova Europe Environmental Equity.
 

Un positionnement hybride complexe
Le PEAC se situe ainsi à mi-chemin entre l’assurance-vie (par sa forme) et les livrets réglementés (par sa fiscalité). Ce positionnement original a suscité des hésitations parmi les distributeurs, qui craignaient une complexité excessive dans sa présentation aux clients. De plus, une certaine confusion avait émergé suite à l’annonce initiale du ministre Bruno Le Maire sur une possible garantie du capital à hauteur de 99 %, finalement abandonnée.
 

Les établissements financiers avaient aussi initialement émis des réserves, considérant que le PEAC faisait doublon avec d’autres produits existants tels que le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) ou les contrats d’assurance-vie ESG. Reste désormais à observer si le lancement par le groupe BPCE encouragera d’autres acteurs du marché à suivre cette voie innovante pour l’épargne des jeunes.
 

Le Pacte Dutreil pour alléger les droits de succession ou de donation

Avec environ 3 000 nouveaux pactes conclus chaque année, principalement via des donations du vivant des entrepreneurs, le Pacte Dutreil reste une référence incontournable pour optimiser la transmission d’entreprises familiales, assurant ainsi leur continuité et leur développement à long terme.

Le Pacte Dutreil, mis en place en 2003 par le ministre Renaud Dutreil, reste aujourd’hui encore une solution prisée par les PME et entreprises intermédiaires pour faciliter leur transmission familiale grâce à des avantages fiscaux significatifs. 

 

Prévu par l’article 787 B du Code général des impôts, ce dispositif permet d’alléger considérablement les droits de succession ou de donation, tout en garantissant la pérennité des entreprises familiales.
 

Quels avantages fiscaux offre le Pacte Dutreil ?
Le principal intérêt du Pacte Dutreil réside dans une exonération partielle de 75 % des droits dus lors de la succession ou de la donation des titres d’une entreprise. Sans ce dispositif, les donations ou successions sont imposées au barème progressif des droits de mutation à titre gratuit (DMTG). Ainsi, par exemple, lors d’une transmission entre parents et enfants, la tranche supérieure de taxation peut atteindre 45 % pour une valeur dépassant 1 805 677 euros. Grâce au Pacte Dutreil, seule une fraction de 25 % de la valeur transmise reste soumise à taxation, permettant ainsi d’éviter les niveaux d’imposition les plus élevés.
 

En complément, une donation effectuée avant l’âge de 70 ans peut bénéficier d’une réduction supplémentaire de 50 %, cumulable avec l’abattement personnel de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans.
 

Quelles sont les conditions à respecter ?
Plusieurs conditions doivent impérativement être remplies pour bénéficier du Pacte Dutreil :
• Activité opérationnelle uniquement : L’entreprise concernée doit exercer une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Les activités civiles comme la gestion immobilière ou financière ne sont pas éligibles, sauf si elles restent minoritaires par rapport à une activité principale éligible.
 

• Engagement de conservation des titres : Deux types d’engagements sont nécessaires :
– Un engagement collectif d’au moins deux ans, signé par les héritiers ou donataires, qui porte sur une fraction minimale du capital (10 % des droits financiers et 20 % des droits de vote pour les sociétés cotées, 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote pour les sociétés non cotées).
– Un engagement individuel de conservation supplémentaire de quatre ans pris par chaque bénéficiaire après la fin de l’engagement collectif initial.
 

Direction de l’entreprise : Une fonction dirigeante doit être exercée par l’un des bénéficiaires ou signataires du pacte au sein de la société pendant toute la durée de l’engagement individuel.
 

Une application large et flexible
Le Pacte Dutreil ne comporte pas de condition territoriale stricte : l’entreprise peut être située hors de France, voire hors de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, à condition qu’elle soit fiscalement imposable en France.
 

Avec environ 3 000 nouveaux pactes conclus chaque année, principalement via des donations du vivant des entrepreneurs, le Pacte Dutreil reste une référence incontournable pour optimiser la transmission d’entreprises familiales, assurant ainsi leur continuité et leur développement à long terme.
 

Qui doit s’acquitter de la taxe d’habitation en location saisonnière ?

La mise en location de biens immobiliers via des plateformes comme Airbnb, Abritel ou PAP Vacances est devenue courante, offrant une source de revenus complémentaire appréciable. Cependant, la question de la taxe d’habitation reste complexe, notamment depuis sa suppression en 2023 pour les résidences principales.

La mise en location de biens immobiliers via des plateformes comme Airbnb, Abritel ou PAP Vacances est devenue courante, offrant une source de revenus complémentaire appréciable. Cependant, la question de la taxe d’habitation reste complexe, notamment depuis sa suppression en 2023 pour les résidences principales.
 

Résidence principale : exonération confirmée
Les propriétaires louant ponctuellement leur résidence principale via ces plateformes peuvent être rassurés : ils ne sont pas concernés par la taxe d’habitation. Celle-ci a été définitivement supprimée en 2023 pour ce type de logement.
 

Résidence secondaire : obligation fiscale maintenue
En revanche, la taxe d’habitation demeure applicable aux résidences secondaires meublées, y compris lorsque ces dernières sont proposées à la location saisonnière. Selon l’administration fiscale, cette taxe reste due dès lors que le propriétaire conserve la possibilité d’utiliser personnellement le bien à sa convenance.
 

Biens dédiés exclusivement à la location courte durée
La situation est plus subtile pour les logements destinés exclusivement à la location touristique, sans usage personnel apparent. Un récent cas juridique, rapporté par TF1 Info, met en lumière la complexité du sujet.
 

Fin 2024, un couple propriétaire de trois gîtes mis en location sur des plateformes touristiques avait initialement obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, estimant qu’un taux d’occupation très élevé les empêchait de profiter librement de leurs biens. Mais le Conseil d’État a renversé cette décision en rappelant que les plateformes permettent aux propriétaires de refuser des réservations s’ils souhaitent disposer personnellement des logements. Ainsi, ces propriétaires restent bien soumis à la taxe d’habitation.

Cette décision du Conseil d’État marque une jurisprudence claire : dès lors que les propriétaires gardent une certaine maîtrise sur la disponibilité de leur bien immobilier loué via des plateformes, la taxe d’habitation reste exigible. Les propriétaires concernés doivent donc anticiper cette obligation fiscale pour éviter toute mauvaise surprise.
 

Prime ‘Macron’ : À déclarer ou non aux impôts ?

De nombreux salariés ayant reçu la Prime de Partage de la Valeur (PPV), anciennement appelée « prime Macron », peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu pour leur déclaration de revenus 2024.

De nombreux salariés ayant reçu la Prime de Partage de la Valeur (PPV), anciennement appelée « prime Macron », peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu pour leur déclaration de revenus 2024. Cette exonération, peu connue et parfois oubliée, est toutefois soumise à certaines conditions précises.

L’exonération s’applique aux salariés des entreprises de moins de 50 employés, sous réserve que leur rémunération mensuelle nette soit inférieure à trois fois le SMIC (soit 4 278,90 euros en 2024). Dans ce cas, si la prime perçue est égale ou inférieure à 3 000 euros, elle n’est pas imposable.
 

Toutefois, il faut impérativement signaler cette exonération dans sa déclaration pour ne pas être taxé par erreur. Pour cela, la somme exacte de la PPV doit être inscrite dans la case 1AD, dédiée aux revenus exonérés, et non laissée dans la case pré-remplie 1AJ des salaires nets imposables.
 

Que faire en cas de dépassement du plafond ?
Si la prime versée dépasse le plafond de 3 000 euros, seule la partie excédant cette limite devient imposable. Les salariés concernés doivent alors inscrire la somme de 3 000 euros dans la case 1AD, garantissant ainsi une exonération partielle.
 

Par ailleurs, si l’entreprise a conclu un accord d’intéressement ou de participation volontaire, le plafond d’exonération peut s’élever à 6 000 euros. Les mêmes règles de déclaration s’appliquent alors.
 

Cas des entreprises de plus de 50 salariés
Attention, pour les salariés d’entreprises comptant plus de 50 employés ou ceux dont le salaire mensuel dépasse trois fois le SMIC, la PPV ne bénéficie d’aucune exonération fiscale et doit intégralement figurer dans les revenus imposables.

Pour bénéficier pleinement de cette exonération, il est essentiel de vérifier les critères d’éligibilité et de remplir correctement la déclaration de revenus, notamment en utilisant la case spécifique 1AD. Cette démarche simple mais essentielle permet d’éviter une taxation inutile sur cette prime exceptionnelle.
 

Location et vente en ligne : Les impôts à ne pas oublier

De nombreux Français se tournent désormais vers l’économie collaborative – vente d’articles d’occasion, location saisonnière ou de véhicules – pour compléter leurs revenus. Ces gains doivent souvent être déclarés au fisc, même s’ils sont rarement imposables.

De nombreux Français se tournent désormais vers l’économie collaborative – vente d’articles d’occasion, location saisonnière ou de véhicules – pour compléter leurs revenus. Ces gains doivent souvent être déclarés au fisc, même s’ils sont rarement imposables.
 

Si vous vendez régulièrement des objets sur des sites comme Vinted, Leboncoin ou eBay, vous êtes tenu de déclarer ces revenus dès que vous dépassez 2 000 euros de ventes annuelles ou effectuez plus de 30 transactions par an. Les plateformes transmettent d’ailleurs ces informations à l’administration fiscale et vous envoient un récapitulatif annuel avant le 31 janvier.
 

Cependant, seules les ventes dépassant 5 000 euros par an, ou celles réalisées avec profit (prix de vente supérieur au prix d’achat), sont imposables. Les meubles, appareils électroménagers et automobiles restent quant à eux exemptés d’impôt.
 

Locations saisonnières
Concernant les revenus issus de locations saisonnières via des plateformes comme Airbnb, la déclaration est obligatoire dès le premier euro. Toutefois, l’imposition ne débute qu’à partir de 760 euros par an. Une exception existe pour les pièces louées dans votre résidence principale : si celles-ci constituent la résidence principale ou temporaire du locataire et que les tarifs restent modérés, ces revenus ne sont pas imposables.
 

Location de véhicules et covoiturage
Pour ceux louant leur voiture via OuiCar ou Getaround, chaque euro gagné doit être déclaré, mais l’impôt ne s’applique qu’au-delà de 305 euros par an.
 

Les revenus issus du covoiturage, notamment via BlaBlaCar, échappent quant à eux à toute déclaration fiscale, à condition que les sommes perçues ne dépassent pas le partage réel des frais (carburant, péage).
 

Attention aux sanctions
Il est essentiel de déclarer correctement ces revenus issus de l’économie collaborative. Ne pas le faire expose à une majoration fiscale significative : 40 % en cas d’oubli volontaire (« manquement délibéré ») et jusqu’à 80 % si l’administration fiscale démontre une « manœuvre frauduleuse ».
 

Prélèvement à la source individualisé : Quelles nouveautés ?

À partir de septembre 2025, le taux individualisé de prélèvement à la source deviendra la norme pour les couples pacsés ou mariés.

À partir de septembre 2025, le taux individualisé de prélèvement à la source deviendra la norme pour les couples pacsés ou mariés, remplaçant ainsi le taux personnalisé par défaut. Voici concrètement ce que cela change et pourquoi ce nouveau système peut être avantageux, notamment pour les femmes.
 

Taux personnalisé ou taux individualisé : quelle différence ?
Jusqu’ici, le taux personnalisé s’appliquait par défaut aux couples déclarant ensemble leurs revenus. Ce taux unique, calculé sur l’ensemble des revenus du foyer, était identique pour les deux membres du couple, quelle que soit leur rémunération individuelle.
 

Avec le taux individualisé, chaque conjoint dispose d’un taux spécifique, proportionnel à ses propres revenus. Cela signifie que le conjoint avec un salaire moins élevé paiera un prélèvement moindre, tandis que le conjoint mieux rémunéré verra son taux augmenter en conséquence.
 

Exemple concret
Prenons l’exemple d’un couple fictif : Julie, qui gagne 2 000 euros nets mensuels, et Kevin, avec 3 000 euros nets mensuels. En utilisant le taux personnalisé, leur impôt commun de 3 411 euros est prélevé à hauteur de 5,7 % sur chaque salaire : Julie paie donc 114 euros par mois et Kevin 171 euros.
 

Avec le taux individualisé, Julie serait imposée à un taux plus faible (3 % dans cet exemple), soit 60 euros prélevés chaque mois au lieu de 114 euros. Kevin serait imposé à un taux plus élevé (7,5 %), réglant ainsi 225 euros au lieu de 171 euros.
 

Pourquoi ce changement est-il favorable aux femmes ?
Le passage au taux individualisé par défaut est particulièrement avantageux pour les femmes, souvent moins rémunérées dans les couples : selon une étude, 78 % des femmes gagnent moins que leur conjoint. Ce nouveau dispositif permet ainsi une répartition plus équitable de l’impôt au sein des couples.
 

La mesure, issue d’un amendement au projet de loi de finances proposé dès 2024, a été repoussée à septembre 2025 pour des raisons techniques. Ainsi, dès cette date, tous les couples déclarant ensemble seront automatiquement soumis au taux individualisé, sauf s’ils choisissent expressément le taux personnalisé ou le taux neutre, garantissant davantage de confidentialité face à l’employeur.
 

Cette évolution constitue un pas vers une fiscalité plus juste et individualisée, reflétant mieux les revenus réels de chacun au sein du couple.
 

Épargne française : priorité à la sécurité, non à la rentabilité.

Face aux incertitudes économiques, sociales et géopolitiques actuelles, les Français privilégient désormais la prudence dans leurs choix d’épargne plutôt que la rentabilité. Une tendance forte confirmée par le récent baromètre du groupe BPCE sur les comportements financiers des ménages français.

Face aux incertitudes économiques, sociales et géopolitiques actuelles, les Français privilégient désormais la prudence dans leurs choix d’épargne plutôt que la rentabilité. Une tendance forte confirmée par le récent baromètre du groupe BPCE sur les comportements financiers des ménages français.

Selon l’étude BPCE, une majorité de Français (51 %) considèrent que la sécurité de leur épargne est prioritaire, même si cela implique de sacrifier une partie de la performance financière. Cette préférence marque une hausse notable par rapport à l’année précédente, révélant ainsi une inquiétude grandissante face à l’avenir et un besoin accru de protection face à l’imprévisible.
 

Renforcement de l’épargne de précaution
Cette approche prudente se traduit également par un renforcement de l’effort d’épargne. Ainsi, 25 % des Français souhaitent augmenter leurs économies à court terme. Leur motivation principale est claire : près de 40 % déclarent épargner avant tout pour se prémunir contre les périodes difficiles. Vient ensuite l’épargne retraite, devant les loisirs et les projets immobiliers.
 

Retraite : une inquiétude grandissante
La retraite constitue un véritable sujet d’angoisse pour une large majorité des Français : 78 % expriment leur inquiétude, particulièrement les femmes (84 %) et les actifs âgés de plus de 35 ans. Cette inquiétude se reflète concrètement dans une augmentation significative du recours à l’épargne retraite, adoptée par 56 % des actifs (+8 points en un an). Ce phénomène est particulièrement accentué dans les grandes villes et parmi les catégories socio-professionnelles aisées.
 

Capitalisation vs répartition : un débat en évolution
Si le modèle de retraite par répartition reste privilégié, une majorité de Français (53 %) se montrent désormais ouverts à la capitalisation, au moins partiellement. Cette évolution traduit un glissement vers une approche plus individualisée de la préparation de la retraite, où chacun assume davantage de responsabilités vis-à-vis de son avenir financier.
 

Des aspirations pragmatiques et lucides
Les motivations principales pour épargner en vue de la retraite révèlent un désir pragmatique : maintenir un niveau de vie correct (40 %), préserver son indépendance financière (32 %) et se protéger contre les risques de perte d’autonomie. Ces aspirations témoignent à la fois du vieillissement de la population et d’une approche réaliste de la longévité.
 

Attentes fortes envers les assureurs
Dans ce contexte, les Français attendent beaucoup des assureurs. Ils leur confient une mission double : indemniser efficacement lorsqu’un risque survient, et accompagner de manière proactive la gestion des risques liés à la retraite et à la dépendance. Cette attente est d’autant plus forte dans une société où l’avenir est majoritairement perçu avec inquiétude (84 %) plutôt qu’avec optimisme (12 %).