La taxe foncière : l’impôt qui écrase les propriétaires

Souvent négligée dans le budget d’un achat immobilier, la taxe foncière ne cesse de peser davantage sur les ménages. En 2025, elle atteint jusqu’à trois mensualités de crédit dans certaines villes, grignotant le pouvoir d’achat des propriétaires, en particulier les primo-accédants. Une dérive fiscale que l’essor des prix ne compense plus.

Souvent négligée dans le budget d’un achat immobilier, la taxe foncière ne cesse de peser davantage sur les ménages. En 2025, elle atteint jusqu’à trois mensualités de crédit dans certaines villes, grignotant le pouvoir d’achat des propriétaires, en particulier les primo-accédants. Une dérive fiscale que l’essor des prix ne compense plus.

Une pression fiscale silencieuse mais croissante
C’est un impôt que beaucoup oublient… jusqu’à ce qu’il arrive. La taxe foncière, réglée à l’automne par les propriétaires, connaît une hausse continue depuis plusieurs années. D’après Meilleurtaux, son poids moyen atteint désormais 118 euros par mois pour un appartement de 70 m² en France, contre 113 € en 2023, soit une hausse annuelle de près de 5 %. Ce montant équivaut aujourd’hui à 1,3 mensualité de crédit, contre 1,1 l’année précédente. Et ce ratio grimpe bien plus haut dans certaines villes, avec un record à Saint-Étienne, où la taxe foncière peut représenter jusqu’à 3,1 mensualités de crédit.
 

Ce phénomène s’explique par la revalorisation automatique des bases locatives – l’assiette de calcul de la taxe – attendue à +1,7 % en 2025 selon l’INSEE, mais surtout par les hausses locales votées par les municipalités. À Nice, par exemple, la taxe foncière a bondi de 21 % en un an, ajoutant l’équivalent de 0,2 mensualité à la charge annuelle des propriétaires, déjà confrontés à des mensualités supérieures à 2 000 € pour un 70 m².
 

Les villes les plus chères comme Paris, Lyon ou Aix-en-Provence s’en sortent paradoxalement mieux en proportion : le poids relatif de la taxe foncière y est plus faible, car les mensualités de crédit sont plus élevées. En revanche, dans les villes à bas prix, l’effet de la taxe foncière est démultiplié. Ainsi, à Perpignan, Nîmes, Le Havre ou encore Saint-Étienne, elle pèse mécaniquement plus lourd dans les budgets.

Une charge souvent sous-estimée, surtout pour les primo-accédants
L’impact est particulièrement fort pour les nouveaux acheteurs, qui ne prenaient pas en compte cette charge dans leur budget locatif. « Le poids de cette taxe foncière est un élément clé qu’il faut absolument intégrer dans son budget d’achat, notamment pour les primo-accédants. C’est un saut de charge loin d’être négligeable », avertit Aga Bojarska-Serres, porte-parole de Meilleurtaux. À Nantes, par exemple, une mensualité de crédit estimée à 1 335 € grimpe à 1 484 € une fois la taxe foncière prise en compte, soit un surcoût mensuel de 148 €, parfois négligé lors des simulations de financement.
 

La taxe foncière devient d’autant plus pesante dans un contexte où les prix de l’immobilier reculent légèrement, et les taux d’intérêt baissent (3,25 % en moyenne contre 3,75 % un an plus tôt), réduisant mécaniquement les mensualités. Autrement dit, la baisse du crédit ne compense plus la hausse des impôts locaux. Or, contrairement à la taxe d’habitation – supprimée pour les résidences principales –, la taxe foncière repose uniquement sur les propriétaires et ne cesse d’augmenter, grignotant au passage les gains attendus de la réforme.
 

Selon la méthodologie de l’étude, les calculs ont été réalisés pour un bien de 70 m² (prix au m² MeilleursAgents) financé à 100 % sur 20 ans, en tenant compte du taux moyen consenti dans chaque ville (source : Meilleurtaux, données janvier-juin 2025) et des montants moyens de taxe foncière relevés ou anticipés (évolution 2024/2023, source : UNPI).
 

L’assurance vie atteint des sommets malgré l’incertitude

Portée par un regain d’attractivité face à l’épargne de court terme, l’assurance vie signe une performance record en juin 2025 avec une collecte nette de 5 milliards d’euros. Un retournement spectaculaire nourri par le dynamisme des unités de compte et le retour en grâce des fonds euros.

Portée par un regain d’attractivité face à l’épargne de court terme, l’assurance vie signe une performance record en juin 2025 avec une collecte nette de 5 milliards d’euros. Un retournement spectaculaire nourri par le dynamisme des unités de compte et le retour en grâce des fonds euros.
 

Un semestre flamboyant malgré les incertitudes
Alors que les produits d’épargne de court terme perdent de leur éclat, l’assurance vie a brillé au premier semestre 2025. Avec une collecte nette atteignant 26,6 milliards d’euros entre janvier et juin, elle fait plus que doubler la performance de la même période en 2024 (10,9 milliards). Le mois de juin à lui seul a généré 5 milliards d’euros de collecte nette, soit quatre fois plus que la moyenne mensuelle des dix dernières années (1,25 milliard). Cette dynamique s’explique principalement par les unités de compte (UC), qui concentrent à elles seules 4,7 milliards de collecte en juin, tandis que les fonds euros enregistrent également une modeste collecte positive (+0,3 milliard), une première depuis longtemps.
 

La collecte brute confirme ce retour en grâce : elle atteint 17,1 milliards d’euros en juin (+18 % sur un an), en raison notamment de taux promotionnels attractifs, parfois supérieurs à 4 %. Sur le semestre, les cotisations brutes frôlent les 100 milliards (97,8 Mds €), en hausse de 5 %, portées à la fois par les supports euros (+3 %) et les UC (+9 %). La part des cotisations en UC se stabilise autour de 38 %, un niveau équivalent à celui de 2024. La baisse du rendement des livrets et dépôts à terme repositionne donc l’assurance vie comme un placement plus compétitif, d’autant que les marchés, malgré leur volatilité, n’ont pas freiné les souscriptions en UC.
 

Prestations en recul, encours au sommet
Autre indicateur clé : le retrait des prestations versées par les assureurs. En juin, elles s’élèvent à 12,1 milliards d’euros (+1 % sur un an), mais sur l’ensemble du semestre, elles chutent de 7 %, à 71,2 milliards. Les sorties diminuent aussi bien sur les fonds euros (-4,2 Mds €) que sur les UC (-1,6 Md €). La raison ? Le reflux de l’appétence pour l’immobilier, qui drainait jusqu’à récemment des rachats massifs d’assurance vie. Le contexte de faible rotation immobilière et de rendements redevenus compétitifs pour les fonds en euros incite les ménages à conserver leurs contrats.
Résultat : l’encours total de l’assurance vie atteint un record historique de 2 052 milliards d’euros fin juin, en hausse de 5 % sur un an. Ce succès reflète aussi la confiance renouvelée des Français envers ce produit : selon le Cercle de l’Épargne, l’assurance vie demeure leur placement préféré, devant l’immobilier locatif et le Livret A. Dans un contexte où le taux d’épargne financière avoisine 10 %, cette réallocation s’inscrit dans une logique patrimoniale de moyen-long terme.
 

Le mouvement pourrait se poursuivre dans les prochains mois. La baisse du taux du Livret A à 1,7 % depuis le 1er août 2025 devrait amplifier le flux vers l’assurance vie. De plus, la fermeture progressive des PEL de plus de 15 ans à partir de 2026 pourrait entraîner un redéploiement naturel de cette épargne vers des contrats plus souples et fiscalement avantageux.

 

Travailler pour soi et non pour l’État depuis le 18 juillet

Avec une pression sociale et fiscale de 54,4 %, les salariés français restent en 2025 les plus ponctionnés d’Europe, selon l’Institut Molinari. Il leur faut attendre le 18 juillet pour disposer librement de leur rémunération, après avoir acquitté impôts et cotisations. Un fardeau qui pèse sur leur pouvoir d’achat, bien plus que dans la majorité des pays européens.

Avec une pression sociale et fiscale de 54,4 %, les salariés français restent en 2025 les plus ponctionnés d’Europe, selon l’Institut Molinari. Il leur faut attendre le 18 juillet pour disposer librement de leur rémunération, après avoir acquitté impôts et cotisations. Un fardeau qui pèse sur leur pouvoir d’achat, bien plus que dans la majorité des pays européens.
 

La France conserve son triste record

C’est devenu une tradition estivale. Chaque année, l’Institut économique Molinari, en partenariat avec EY, publie une étude sur la pression fiscale et sociale réelle subie par le salarié moyen en Europe. En 2025, la France conserve la première place du classement, avec une libération fiscale et sociale fixée au 18 juillet. Autrement dit, le salarié moyen français travaille plus de la moitié de l’année pour financer l’État et la sécurité sociale, avant de percevoir le fruit net de son travail.

 

La charge globale – comprenant cotisations patronales et salariales, impôt sur le revenu et TVA – atteint 54,4 %, en légère hausse (+0,4 point) par rapport à 2024. Ce taux dépasse celui observé en Belgique (54 %) et en Autriche (53,4 %), respectivement deuxième et troisième du classement. À titre de comparaison, la moyenne européenne se situe à 44 %, et dans 23 pays de l’UE, les salariés retrouvent leur liberté fiscale bien avant les Français.

 

Dans l’Hexagone, un salarié moyen coûte 62 282 euros par an à son employeur, mais ne conserve que 28 400 euros nets après charges. La ventilation est sans appel : 56 % des prélèvements sont constitués des cotisations patronales, 30 % des cotisations salariales, 8 % de l’impôt sur le revenu, et 6 % de la TVA. Autrement dit, les cotisations sociales à elles seules (29 158 euros) dépassent le montant du salaire net (28 400 euros), ce qui place la France en tête de l’Union européenne sur ce critère.

 

Ce décalage structurel fait peser une pression importante sur le pouvoir d’achat des actifs. Dans un graphique Datawrapper cité par l’étude, il faut 119 euros de charges et d’impôts en France pour obtenir 100 euros de revenu disponible, contre 117 euros en Belgique, 114 euros en Autriche et seulement 107 en Allemagne. La moyenne européenne s’établit à 80 euros. En d’autres termes, le salarié français doit travailler plus pour obtenir moins.
 

Un modèle coûteux mais pas plus performant

Les auteurs de l’étude pointent les failles du modèle français : un niveau de prélèvements record sans garantie d’une meilleure efficacité des services publics. Si la France consacre 31,3 % de son PIB aux prestations sociales – un sommet européen – elle n’arrive qu’en 9e position en dépenses sociales par habitant, derrière des pays comme la Suède, les Pays-Bas ou le Danemark, qui fiscalisent pourtant moins leurs salariés.

 

Le déséquilibre est particulièrement marqué sur les retraites, principal poste de dépenses sociales. En France, 12 100 euros de cotisations retraite sont prélevés par an sur le salarié moyen, essentiellement en répartition. Mais cette contribution élevée n’assure pas une meilleure pension : la France ne se classe qu’au 11e rang en taux de remplacement futur, malgré un taux de cotisation retraite de 28 % du salaire brut, bien supérieur à la moyenne européenne (21 %).

 

À l’inverse, les pays ayant développé la capitalisation collective – comme le Danemark ou les Pays-Bas – offrent un rendement supérieur pour un effort moindre. Les salariés danois, par exemple, perçoivent à la retraite en moyenne 77 % de leur salaire en cotisant seulement 13 % de leur rémunération.

 

Ce sous-développement de la capitalisation retraite en France génère un coût économique majeur : seulement 13 % du PIB était placé dans des produits d’épargne retraite fin 2024, contre 92 % dans l’ensemble de l’OCDE. Cela représente un manque à gagner de 80 à 160 milliards d’euros par an, selon que l’on compare à la moyenne de l’OCDE ou aux champions européens (Danemark, Suède, Pays-Bas). En équivalent individuel, l’Institut Molinari chiffre à 1 700 à 3 400 euros par personne la « taxe implicite » liée à ce retard d’épargne.

 

Enfin, l’étude souligne que plus de fiscalité ne rime pas avec plus de bien-être. La France se classe seulement 21e sur 27 en termes de satisfaction dans la vie, selon les données Eurostat. Comme le résume Cécile Philippe, présidente de l’Institut : « Il n’y a pas de raison que service public rime avec cher et médiocre. »

Sources : Institut économique Molinari, étude “La pression sociale et fiscale réelle sur le salarié moyen dans l’UE en 2025”, EY, Eurostat. L’étude complète et les données sont accessibles ici : institutmolinari.org

Risque cyber : des modèles encore à l’état de brouillon

Explosion des attaques, complexité des impacts, rareté des données fiables… Le risque cyber reste un casse-tête pour les assureurs. Face à l’ampleur des sinistres potentiels, le secteur cherche à affiner ses modèles, encore largement immatures.

Explosion des attaques, complexité des impacts, rareté des données fiables… Le risque cyber reste un casse-tête pour les assureurs. Face à l’ampleur des sinistres potentiels, le secteur cherche à affiner ses modèles, encore largement immatures.

Un risque systémique et évolutif
Le risque cyber n’est plus un épiphénomène : il est devenu systémique. Les attaques par rançongiciel, le vol de données ou les pannes informatiques causées par malveillance affectent des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. En 2023, le coût moyen d’une cyberattaque dépassait les 4,5 millions de dollars dans le monde (source : IBM), et certains sinistres majeurs dépassent désormais les capacités individuelles de souscription.
Problème : la modélisation actuarielle du risque cyber reste lacunaire. À la différence des catastrophes naturelles ou de l’automobile, les données historiques sont rares, les scénarios peu reproductibles, et la nature des attaques en constante évolution. Comment modéliser un risque qui change tous les six mois, souvent masqué par la confidentialité des victimes ?

Une collecte de données encore trop fragmentaire
Le principal défi est l’accès aux données fiables et exploitables. Beaucoup d’entreprises victimes d’attaques ne les déclarent pas (ou très partiellement), ce qui empêche la constitution de bases statistiques robustes. Les assureurs doivent donc travailler avec des jeux de données incomplets, hétérogènes, voire biaisés.
Certaines initiatives émergent, comme l’Observatoire du risque cyber porté par la Fédération France Assureurs ou les travaux conjoints d’acteurs spécialisés (Cybermalveillance.gouv.fr, Anssi, Cnil, startups de cybersécurité…). Mais le partage d’information reste timide, notamment en raison de la crainte de réputation ou du secret industriel.

De nouveaux outils pour des scénarios dynamiques
Pour mieux modéliser le risque, les assureurs explorent des approches nouvelles, mêlant data science, cartographie des interconnexions entre entreprises, et scénarios systémiques. Objectif : construire des modèles de type « what if » capables d’anticiper les effets dominos (ex. : attaque sur un fournisseur SaaS touchant des milliers de clients).
L’enjeu est d’alimenter ces modèles avec des indicateurs de vulnérabilité, comme les pratiques de cybersécurité internes, la fréquence des mises à jour logicielles, ou l’exposition aux tiers. Des entreprises comme Moody’s, Kovrr ou Munich Re développent des risk scores ou des simulateurs basés sur l’IA et les analyses comportementales.
Mais la standardisation manque encore. Faute de taxonomie commune, les assureurs peinent à comparer les expositions ou à agréger les données utiles. Et côté assurés, les questionnaires restent souvent trop déclaratifs pour refléter la réalité du risque.

Vers une mutualisation du savoir cyber ?
Face à cette impasse, plusieurs experts plaident pour une approche mutualisée du risque cyber, à l’image des pools nationaux sur le risque terroriste ou nucléaire. En France, l’idée d’un « cyber pool » a été évoquée par France Assureurs, mais reste encore au stade de réflexion.
En attendant, les réassureurs jouent un rôle clé dans le soutien des capacités, mais réclament eux aussi davantage de transparence sur les données et les scénarios de stress. À défaut de mieux modéliser le risque, certains acteurs préfèrent limiter fortement leur exposition, voire se retirer du marché.

Le risque cyber est aujourd’hui le maillon faible de la chaîne assurantielle : trop volatile, trop opaque, trop asymétrique. Si le secteur veut rester pertinent face à ce péril majeur, il devra inventer de nouvelles méthodes de modélisation, plus collectives, plus transparentes, et plus dynamiques. Faute de quoi, le risque cyber restera inassurable… et non indemnisé.
 

Garantie Accidents de la Vie : l’indispensable secret du monde de l’assurance

Alors que les accidents domestiques font chaque année plus de 20 000 morts en France, la Garantie Accidents de la Vie (GAV) reste l’un des contrats les plus utiles… et les moins souscrits. Mal comprise du grand public, peu visible dans les offres d’assurance, elle souffre d’un déficit d’information et d’une lisibilité encore perfectible.

Alors que les accidents domestiques font chaque année plus de 20 000 morts en France, la Garantie Accidents de la Vie (GAV) reste l’un des contrats les plus utiles… et les moins souscrits. Mal comprise du grand public, peu visible dans les offres d’assurance, elle souffre d’un déficit d’information et d’une lisibilité encore perfectible.

Un contrat conçu pour l’imprévisible
Chute dans un escalier, brûlure en cuisinant, accident de ski ou encore complication médicale grave : les sinistres couverts par la GAV sont nombreux et touchent la sphère privée, là où l’assurance responsabilité civile ou les contrats classiques ne jouent pas. Cette couverture indemnise les victimes même en l’absence de tiers responsable, à condition que les conséquences soient graves (invalidité, préjudice esthétique, décès, etc.).
Créée en 2000, la GAV vise à compléter les trous de la Sécurité sociale, des complémentaires santé ou des assurances classiques. Elle offre une indemnisation forfaitaire ou personnalisée, en fonction du taux de déficit fonctionnel permanent (DFP) constaté après expertise médicale. Certains contrats prévoient également des services d’assistance (aide à domicile, soutien psychologique, etc.).

Des garanties souvent opaques
Malgré son intérêt, la GAV reste mal comprise : selon les professionnels du secteur, de nombreux assurés pensent être couverts par leur multirisque habitation ou leur carte bancaire… alors que ce n’est pas le cas. L’article de l’Argus de l’assurance met en lumière la faible lisibilité des contrats : formules multiples, plafonds d’indemnisation très variables (de 1 à 2 millions d’euros), franchises, seuils de déclenchement (souvent un DFP de 30 %), exclusions parfois floues.
Résultat : même lorsqu’elle est souscrite, la GAV n’est pas toujours efficace, car le contrat est mal adapté aux besoins réels du souscripteur. Certains contrats familiaux couvrent mal les enfants, d’autres oublient des situations fréquentes comme les accidents médicaux ou les agressions.

Un enjeu de pédagogie pour les assureurs
À l’heure où le besoin de protection est croissant, notamment chez les jeunes actifs et les seniors, les assureurs reconnaissent la nécessité de mieux informer le public. Le secteur travaille à rendre les contrats plus lisibles, à développer des simulateurs d’indemnisation, et à clarifier les conditions d’activation.
Des voix s’élèvent également pour repositionner la GAV comme une brique essentielle de la protection sociale complémentaire, à mi-chemin entre la santé, la prévoyance et l’accident. Le développement de packages modulables pourrait aider à mieux cibler les publics concernés (jeunes parents, personnes âgées, sportifs réguliers…).

Une couverture encore trop peu diffusée
Selon les données de la Fédération France Assureurs, moins de 20 % des foyers français sont aujourd’hui couverts par une GAV. Ce faible taux de pénétration contraste avec la fréquence élevée des accidents de la vie courante (plus de 11 millions de blessés par an selon Santé Publique France). Face à des indemnisations souvent faibles ou inexistantes en l’absence de tiers identifié, la GAV peut pourtant représenter une vraie sécurité financière.
Pour les assureurs, l’enjeu est clair : faire évoluer le positionnement de cette garantie, aujourd’hui reléguée dans les offres secondaires, alors qu’elle répond à un besoin croissant de protection contre les aléas du quotidien.

Souvent oubliée, parfois floue, la Garantie Accidents de la Vie mériterait d’être mieux promue, mieux expliquée et mieux adaptée. Car dans un monde où les risques sont de moins en moins prévisibles, cette couverture pourrait bien devenir une pièce maîtresse de la protection individuelle. Encore faut-il que les Français la comprennent, la comparent, et y souscrivent en connaissance de cause.
 

Réforme 2026 : Un nouveau visage pour les retraites

À partir de 2026, les retraités français ne bénéficieront plus de l’abattement automatique de 10 % sur leurs pensions au titre des frais professionnels. Un nouveau dispositif forfaitaire de 2 000 euros viendra s’y substituer, pour un gain fiscal concentré sur les petites retraites et une ponction accrue sur les plus aisés.

À partir de 2026, les retraités français ne bénéficieront plus de l’abattement automatique de 10 % sur leurs pensions au titre des frais professionnels. Un nouveau dispositif forfaitaire de 2 000 euros viendra s’y substituer, pour un gain fiscal concentré sur les petites retraites et une ponction accrue sur les plus aisés.
 

Une réforme budgétaire et sociale

C’est un changement de paradigme pour les 14,9 millions de ménages retraités. Jusqu’à présent, ces derniers bénéficiaient d’un abattement de 10 % sur leurs pensions au moment de déclarer leurs revenus, dans la limite de 4 123 euros par an. Ce mécanisme, hérité d’une époque où les retraités étaient en minorité, était censé simuler des frais professionnels… que les pensionnés n’ont plus. Jugée obsolète par Bercy, la niche fiscale coûte aujourd’hui près de 5 milliards d’euros par an à l’État.

 

Dès 2026, ce régime sera abrogé au profit d’un abattement forfaitaire unique de 2 000 euros par an, quelle que soit la pension déclarée. L’annonce a été confirmée mardi 16 juillet sur France 2 par le ministre de l’Économie, Éric Lombard : « On va transformer la déduction de 10 % des revenus en une déduction de 2 000 euros pour tout le monde ». Cette mesure figure dans le plan de « désenchevêtrement fiscal » détaillé par le Premier ministre François Bayrou lors de sa conférence de presse, dans le cadre de la préparation du budget 2026. « Les avantages pour frais professionnels ne sont pas justifiés pour l’ensemble des foyers », a-t-il déclaré, en évoquant sa volonté de supprimer les « niches fiscales inutiles ou inefficaces ».

Le gouvernement revendique une approche de justice sociale. L’objectif est triple : alléger la pression fiscale sur les retraités modestes, maintenir le pouvoir d’achat des pensions moyennes, et faire contribuer davantage les retraités les plus aisés. « Nous ferons la différence entre les foyers qui ont besoin d’aide ou dont les revenus méritent qu’on s’y attache, et ceux qui sont au-dessus en termes de capacité », a précisé le chef du gouvernement. Le nouveau dispositif s’inscrit dans une stratégie de redéfinition des allègements fiscaux, avec des critères plus ciblés que le simple pourcentage appliqué à l’ensemble des pensions.
 

Un impact différencié selon les niveaux de pension

Dans le détail, les retraités les plus modestes, situés au bas de l’échelle de l’impôt sur le revenu, verront leur fiscalité baisser. Pour ceux qui percevaient moins de 20 000 euros de pensions par an, le nouvel abattement forfaitaire de 2 000 euros sera plus favorable que l’ancien système proportionnel. En revanche, au-delà de ce seuil, l’effet devient progressivement neutre, puis défavorable.

 

« En compensation, la fiscalité des retraités qui gagnent plus de 20 000 euros par an sera légèrement augmentée », a admis Éric Lombard. Pour un retraité percevant par exemple 35 000 euros de pension annuelle, l’ancien abattement de 10 % représentait 3 500 euros. Le nouveau forfait plafonné à 2 000 euros entraînera une augmentation de la base imposable de 1 500 euros. Cette évolution pourrait être d’autant plus sensible que le gouvernement envisage un gel des pensions en 2026, c’est-à-dire une absence de revalorisation liée à l’inflation.

 

Le caractère uniforme du nouveau forfait permet aussi de simplifier la gestion administrative pour l’administration fiscale. Mais au-delà de la rationalisation technique, l’enjeu est aussi politique et budgétaire. En plafonnant de manière linéaire l’avantage fiscal, le gouvernement récupère une marge de manœuvre budgétaire estimée à plusieurs centaines de millions d’euros, tout en affichant un effort de redistribution.

 

Le débat sur les niches fiscales applicables aux retraités n’est pas nouveau. Déjà en 2023, la Cour des comptes pointait leur coût croissant, dans un contexte de transition démographique et de pression sur les finances publiques. Cette réforme, en rompant avec une logique uniforme au profit d’un ciblage redistributif, pourrait faire figure de précédent dans le traitement fiscal différencié des contribuables en fonction de leurs revenus.

La brèche juridique qui offre une seconde chance aux ex-entrepreneurs

Un cas récent rappelle que le déblocage anticipé d’un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL) est possible après une liquidation judiciaire, même si le plan n’émane pas de la société liquidée. Une interprétation plus souple de la loi Pacte, désormais admise par les teneurs de compte.

Un cas récent rappelle que le déblocage anticipé d’un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL) est possible après une liquidation judiciaire, même si le plan n’émane pas de la société liquidée. Une interprétation plus souple de la loi Pacte, désormais admise par les teneurs de compte.

Un refus injustifié… puis corrigé
Mme F., ex-salariée du Groupe X, avait quitté l’entreprise pour créer sa propre société, la SAS Y. Après la liquidation judiciaire de cette dernière en novembre 2024, elle sollicite le déblocage anticipé de son épargne salariale, détenue dans un PERCOL ouvert chez le teneur de compte A à l’époque de son emploi chez X. Motif invoqué : « cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire », prévu par l’article L.224-4 du Code monétaire et financier.
 

Refus immédiat de l’établissement A : les sommes épargnées dans le PERCOL du Groupe X ne seraient pas concernées, la liquidation touchant une société distincte (la SAS Y). Pour le teneur de compte, un lien direct entre la société émettrice du plan et la société liquidée est nécessaire.
Mais cette position ne repose sur aucun fondement réglementaire explicite. La loi Pacte, qui a introduit ce motif de déblocage anticipé, ne subordonne en rien l’ouverture du plan à l’entité liquidée. Ce flou juridique a été levé après une médiation : d’autres teneurs de compte — initialement alignés sur la position de A — ont admis leur erreur, reconnu l’interprétation trop restrictive… et procédé au remboursement.
À la suite d’un échange avec leur service juridique, l’établissement A a fini par se ranger à cette lecture plus conforme à l’esprit du texte. Résultat : Mme F. a pu débloquer ses avoirs (3 800 €) et l’opérateur s’est engagé à adapter sa politique à l’avenir.

Une avancée concrète pour les anciens salariés devenus entrepreneurs
Ce dossier met en lumière un cas d’usage peu connu mais important : celui d’un salarié devenu entrepreneur, qui échoue et subit une liquidation judiciaire. Le PERCOL souscrit pendant la vie salariale devient alors une ressource précieuse, souvent le seul capital mobilisable sans attendre la retraite.
 

Or, les textes ne précisent pas que le PERCOL concerné doive émaner de la société liquidée. L’objectif du législateur était clair : aider les indépendants confrontés à une cessation contrainte d’activité à faire face financièrement. Imposer un lien juridique entre l’entreprise liquidée et l’origine du plan reviendrait à restreindre ce droit… et à priver de soutien de nombreux ex-salariés ayant tenté l’entrepreneuriat.
 

Cette jurisprudence informelle pourrait faire école. Trois teneurs de compte ont accepté cette interprétation à la suite de médiations, preuve qu’un consensus émerge. À l’avenir, il revient aux établissements de clarifier leurs conditions d’éligibilité et de former leurs conseillers à ces cas particuliers, qui risquent de se multiplier dans un contexte économique instable.
 

Le PERCOL n’est pas seulement un outil d’épargne retraite : il peut devenir un filet de sécurité utile lors d’un accident de parcours entrepreneurial. À condition de ne pas ajouter d’obstacles juridiques là où la loi n’en prévoit pas.
 

Tarifs douaniers : l’inflation silencieuse mais bien présente

Les hausses de droits de douane décidées par Washington n’ont pas encore enflammé l’inflation. Mais ce calme apparent pourrait n’être qu’un délai technique. Pour Pictet Wealth Management, la facture tarifaire s’annonce plus salée à l’automne, sans remettre en cause la stratégie monétaire de la Fed.

Les hausses de droits de douane décidées par Washington n’ont pas encore enflammé l’inflation. Mais ce calme apparent pourrait n’être qu’un délai technique. Pour Pictet Wealth Management, la facture tarifaire s’annonce plus salée à l’automne, sans remettre en cause la stratégie monétaire de la Fed.

Une flambée des prix… en différé
Depuis plusieurs mois, l’administration américaine a accentué sa politique protectionniste, notamment à l’égard des importations chinoises. Les hausses de droits de douane s’enchaînent, mais ne se traduisent pas encore par une envolée visible de l’inflation. L’indice des prix à la consommation (CPI) est resté mesuré en juin 2025, malgré une légère remontée de l’inflation cœur des biens à +2,4 % en rythme annualisé. Un paradoxe ? Pas tout à fait.
 

Selon une note publiée le 15 juillet par Pictet Wealth Management, cette inertie est en réalité un effet retardé. Plusieurs mécanismes amortissent temporairement le choc tarifaire. D’abord, les entreprises ont constitué d’importants stocks à la fin de 2024, anticipant les hausses de droits. Ces stocks – évalués à 1,5 mois de consommation – agissent comme un matelas de protection. Ensuite, une partie des surcoûts a été absorbée par les marges, que ce soit chez les producteurs asiatiques ou les distributeurs américains.
 

Enfin, d’autres segments – notamment l’immobilier et certains services – connaissent une désinflation qui compense statistiquement la pression haussière sur les biens importés. Résultat : les prix globaux restent contenus, mais le nuage s’épaissit à l’horizon.
 

À l’instar du « tariff inflation delayed », ce phénomène a déjà été observé lors des précédentes salves protectionnistes. Les économistes de Cavallo, Llamas et Vazquez ont développé un indicateur montrant la divergence croissante entre les prix des biens touchés par les tarifs douaniers et ceux restés libres de droit. Leur outil permet d’anticiper une transmission progressive de l’effet douanier dans les prix à la consommation dès que les stocks tampon auront été écoulés.

Une inflation contenue… mais surveillée
Selon Pictet, le pic d’impact devrait se matérialiser à la rentrée. Déjà, les enquêtes régionales de la New York Fed, de la Richmond Fed ou encore de l’ISM indiquent qu’entre 60 % et 80 % des industriels envisagent d’augmenter leurs tarifs dans les mois à venir. Les secteurs les plus exposés sont connus : mobilier, électroménager, jouets, produits électroniques… autrement dit les importations asiatiques grand public.
 

Mais ce rebond tarifaire ne devrait pas faire dérailler la politique monétaire américaine. Dans son scénario central, Pictet table toujours sur une reprise du cycle de baisse des taux par la Fed à partir d’octobre 2025. L’hypothèse : une croissance molle mais non récessive, et un marché du travail suffisamment résilient pour permettre un atterrissage en douceur. Les baisses de taux s’échelonneraient ensuite jusqu’à mi-2026, pour atteindre une fourchette cible de 3,0 à 3,25 %.
 

Ce scénario s’appuie aussi sur l’analyse de la composante importée de l’inflation. Si la pression tarifaire se diffuse, elle devrait rester contenue dans des proportions acceptables pour la Fed, qui privilégie une approche dynamique de la stabilité des prix. La banque centrale pourrait tolérer une légère réaccélération transitoire de l’inflation tant que le cœur de son mandat – l’emploi et la stabilité financière – reste préservé.
 

Ce diagnostic modéré tranche avec les inquiétudes plus vives de certains acteurs de marché, qui redoutent un regain d’inflation durable. Mais Pictet rappelle que les précédents épisodes tarifaires ont souvent été absorbés sans spirale haussière, à condition que la demande reste maîtrisée. En ce sens, la hausse des droits ne devrait pas remettre en cause la trajectoire baissière des taux.
 

Les holdings et foncières : Les décotes qui tiennent bon face aux marchés

Malgré la solidité de leurs actifs, les holdings et foncières cotées continuent d’afficher de fortes décotes en Bourse. Une anomalie persistante, révélée par Finexsi, qui interroge sur l’efficacité des marchés… et nourrit les stratégies patrimoniales et fiscales.

Malgré la solidité de leurs actifs, les holdings et foncières cotées continuent d’afficher de fortes décotes en Bourse. Une anomalie persistante, révélée par Finexsi, qui interroge sur l’efficacité des marchés… et nourrit les stratégies patrimoniales et fiscales.

Des décotes structurelles toujours ancrées
Sous-valorisées, ignorées ou boudées : les sociétés holdings et foncières cotées en Bourse font l’objet d’un paradoxe persistant. Alors même qu’elles détiennent des actifs tangibles et bien identifiables — portefeuilles d’entreprises, patrimoines immobiliers — leur valorisation sur les marchés reste très en deçà de leur valeur d’actif net réévalué (ANR). Le phénomène est bien documenté et vient d’être quantifié par le cabinet Finexsi : à fin 2024, la décote moyenne des holdings européennes s’établit à 37 %, celle des foncières françaises à 32 %.
 

Pour les holdings, ce niveau marque un sommet quinquennal, bien au-dessus de la moyenne de 29 %. Après un léger répit post-Covid, les décotes se sont creusées depuis fin 2021, sous l’effet du resserrement monétaire et du retour de l’inflation. La défiance des investisseurs vis-à-vis des structures complexes et faiblement liquides persiste, d’autant plus que certaines holdings ne présentent pas de stratégie de création de valeur identifiable.
 

Les foncières, elles, ont connu une légère détente de leur décote en 2024, passant de 40 % à 32 %. Ce reflux s’explique par le début d’un cycle baissier des taux en Europe, qui a redonné un peu d’oxygène au secteur. Mais les niveaux restent historiquement élevés : en moyenne, la décote quinquennale s’établit à 36 %, et certaines foncières commerciales comme Unibail-Rodamco-Westfield ou Covivio subissent des écarts dépassant 60 %, notamment sur des actifs vacants ou peu liquides.

Une décote boursière… et fiscale
Ce « rabais de holding » ou « rabais immobilier » n’est pas qu’une curiosité financière : il a des implications concrètes pour la gestion de patrimoine. Il est officiellement reconnu par l’administration fiscale dans le cadre des donations ou des successions, comme l’un des abattements à appliquer pour tenir compte de la moindre liquidité, du poids des dettes, ou de l’absence de pouvoir de décision pour le détenteur. En clair, un porteur de parts de holding peut faire valoir une décote pour réduire la base imposable de la transmission.
 

L’étude de Finexsi souligne cependant que cette décote ne peut être appliquée de façon uniforme. Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte : la nature des actifs (côtés ou non cotés, liquides ou non), le degré de contrôle du porteur, le niveau de dettes, les frais de gestion, ou encore la stratégie de réinvestissement. À ce titre, deux holdings à la structure similaire peuvent justifier des abattements très différents.
 

Par ailleurs, ces décotes sont souvent utilisées comme repère pour évaluer les sociétés non cotées : dans une opération de transmission ou de réorganisation patrimoniale, l’ANR corrigé d’une décote comparable à celle des sociétés cotées peut faire office de base de négociation ou d’estimation fiscale.
 

Dans un environnement d’incertitude économique prolongée, ces données revêtent une importance particulière pour les investisseurs privés, les conseillers en gestion de patrimoine, mais aussi pour les family offices et les experts judiciaires. La valorisation d’une société ne dépend pas seulement de ses comptes… mais aussi du regard que le marché porte — ou ne porte pas — sur elle.
 

Indépendance financière des femmes : encore un combat à mener

Soixante ans après la loi de 1965, qui a enfin permis aux femmes d’ouvrir un compte bancaire et de travailler sans l’autorisation de leur mari, l’autonomie financière reste plus un idéal qu’une réalité. Les droits sont là, mais les écarts patrimoniaux et les obstacles concrets demeurent.

Soixante ans après la loi de 1965, qui a enfin permis aux femmes d’ouvrir un compte bancaire et de travailler sans l’autorisation de leur mari, l’autonomie financière reste plus un idéal qu’une réalité. Les droits sont là, mais les écarts patrimoniaux et les obstacles concrets demeurent.
 

L’égalité des droits ne fait pas l’égalité des moyens

En 2025, les femmes disposent de l’ensemble des leviers juridiques pour gérer leur argent. Pourtant, dans la pratique, l’autonomie financière reste incomplète. En moyenne, elles gagnent 22,2 % de moins que les hommes, détiennent 16,3 % de patrimoine en moins et restent largement minoritaires parmi les investisseurs. Seules 36 % des nouveaux entrants en Bourse sont des femmes, qui se tournent majoritairement vers des placements prudents, donc moins performants à long terme.

 

Avec l’âge, ces disparités se creusent. Les pensions de retraite des femmes sont inférieures de 38 % à celles des hommes, conséquence directe de carrières plus courtes, morcelées, souvent marquées par le temps partiel, des congés parentaux ou un accès limité aux fonctions à haute responsabilité. À cela s’ajoute une forme d’autocensure financière, nourrie par un manque de confiance en soi sur les sujets patrimoniaux.

 

« Nous avons obtenu le droit d’ouvrir un compte, pas celui de maîtriser notre patrimoine. L’autonomie financière réelle reste à conquérir », résume Anne-Laure Frischlander-Jacobson, fondatrice d’Evvest. Pour elle, l’égalité formelle masque encore des leviers économiques inaccessibles à trop de femmes.

 

Mieux informées, mais encore trop peu engagées

Les mentalités évoluent, et les femmes sont aujourd’hui mieux formées sur les sujets financiers. Sur le fonctionnement d’un crédit, 76 % se disent à l’aise (contre 80 % des hommes), et 74 % maîtrisent les bases de l’épargne (vs 79 %). Des chiffres encourageants, mais qui peinent à se traduire en actes.

Sur l’investissement, le fossé reste net : seulement 44 % des femmes se disent compétentes, contre 57 % des hommes. Un écart qui s’explique aussi par un déficit de pratique.

 

« Les femmes s’autoévaluent plus sévèrement, mais elles investissent aussi moins, donc apprennent moins par l’expérience », souligne Isabelle Le Bot, directrice générale de La France Mutualiste.

Conséquence : elles restent sous-équipées. Si les livrets sécurisés (Livret A, LDDS, LEP) restent plébiscités, elles sont moins nombreuses à souscrire une assurance vie (–7 points) ou un PEA (–9 points).

 « En évitant les supports plus dynamiques, elles se privent d’un levier de performance essentiel, ce qui creuse l’écart de patrimoine », alerte Adeline Lemaire, directrice exécutive Fonds de fonds chez Bpifrance.

 

Pour investir, il faut déjà pouvoir mettre de côté

Pourquoi ces freins persistent-ils ? La réponse tient autant à la répartition des revenus qu’à la charge mentale ou aux normes sociales. 

 

Selon l’Insee, le salaire moyen des femmes dans le privé reste inférieur de 22,2 % à celui des hommes. Ce déséquilibre de départ complique l’accès à l’épargne, et encore plus à l’investissement. Or pour prendre des risques, il faut déjà disposer d’une épargne de précaution.

 

Pour progresser, les expertes s’accordent sur trois leviers :

Mieux gagner sa vie.

Cela passe par la négociation salariale, la revalorisation des tarifs pour les indépendantes, et la reconnaissance de la valeur de son travail. « Apprenez à défendre vos prix, vos compétences, vos contributions », encourage Insaff El Hassini.

 

Construire un filet de sécurité.
Mettre de côté l’équivalent de 3 à 6 mois de charges fixes permet de faire face aux imprévus sans entamer ses placements.

 

Se former, à son rythme.

« Pas besoin d’un doctorat en finance pour se lancer. Il faut simplement comprendre les grandes classes d’actifs, les risques, et ses objectifs », rassure Isabelle Le Bot. Livres, podcasts, ateliers ou formations en ligne : les ressources existent, et beaucoup sont pensées pour les femmes.