PER : l’option de réversion, un choix stratégique pour protéger ses proches

Le Plan d’épargne retraite (PER) est un outil phare de préparation de la retraite. Mais peu d’épargnants connaissent l’option de réversion, qui permet de garantir à un proche le versement d’une rente viagère en cas de décès. Ce dispositif, réservé aux sorties en rente, soulève des enjeux financiers et successoraux qu’il est essentiel de comprendre avant de signer.

Le Plan d’épargne retraite (PER) est un outil phare de préparation de la retraite. Mais peu d’épargnants connaissent l’option de réversion, qui permet de garantir à un proche le versement d’une rente viagère en cas de décès. Ce dispositif, réservé aux sorties en rente, soulève des enjeux financiers et successoraux qu’il est essentiel de comprendre avant de signer.

Une protection financière sur mesure
Souscrire un PER, c’est organiser son épargne pour la retraite. Mais au-delà de la simple constitution d’un capital, l’épargnant peut intégrer une dimension protectrice. L’option de réversion consiste à prévoir qu’en cas de décès du titulaire, un bénéficiaire désigné (conjoint, partenaire de PACS, enfant ou toute autre personne) percevra la rente viagère, en totalité ou en partie.
 

Ce mécanisme n’est pas automatique : il doit être choisi lors de la mise en place du contrat ou au moment de la liquidation en rente. Il n’est disponible que si le PER est converti en rente viagère – il ne s’applique donc pas en cas de sortie en capital unique.
 

Les assureurs proposent généralement plusieurs niveaux de réversion, exprimés en pourcentage de la rente initiale : 50 %, 60 %, 100 %, voire 150 %. Ainsi, pour une rente de 1 000 € par mois avec une réversion de 60 %, le bénéficiaire percevra 600 € mensuels jusqu’à son décès. Certaines formules majorées (plus de 100 %) permettent de transmettre une rente supérieure, mais elles réduisent d’autant le montant perçu de son vivant.

Un impact direct sur le montant de la rente
L’option de réversion n’est pas gratuite : elle se traduit par une baisse de la rente initiale, proportionnelle au taux choisi et à l’âge des bénéficiaires. Plus le taux de réversion est élevé et plus l’écart d’âge entre le titulaire et le bénéficiaire est important, plus la rente du vivant du souscripteur sera réduite.
 

Par exemple, pour un homme de 62 ans optant pour une rente viagère avec réversion à 100 % au profit de son épouse de 58 ans, la rente initiale pourra être diminuée de 15 à 20 % par rapport à une rente sans réversion. Cette différence s’explique par la probabilité statistique que la rente soit versée plus longtemps au survivant.
 

L’avantage est néanmoins considérable : le conjoint ou le bénéficiaire désigné bénéficie d’un revenu régulier garanti à vie, sans risque de gestion et indépendamment de l’évolution des marchés financiers. Ce revenu est imposable comme une pension de retraite, mais il échappe aux aléas de la succession classique et peut éviter une baisse brutale du niveau de vie du survivant.
 

Les experts en gestion de patrimoine soulignent que ce choix doit être intégré dans une stratégie globale. L’option de réversion peut être pertinente pour un couple dont les revenus reposent majoritairement sur un seul des deux, mais elle doit être arbitrée en tenant compte du patrimoine global et des autres dispositifs de prévoyance.
 

« Making Europe Great Again » : le retour en force de la value en 2025 ?

Après des années de retard sur Wall Street, les actions européennes ont repris de l’élan en 2025. À la clé, une interrogation centrale pour les investisseurs : assiste-t-on à un vrai changement de régime en faveur des valeurs « value » (banques, industrielles, matériaux, défense), ou seulement à un rebond cyclique ? Les arguments s’accumulent en faveur d’un scénario plus durable, même si les risques restent bien identifiés.

Après des années de retard sur Wall Street, les actions européennes ont repris de l’élan en 2025. À la clé, une interrogation centrale pour les investisseurs : assiste-t-on à un vrai changement de régime en faveur des valeurs « value » (banques, industrielles, matériaux, défense), ou seulement à un rebond cyclique ? Les arguments s’accumulent en faveur d’un scénario plus durable, même si les risques restent bien identifiés.

Un renversement de narration : décote persistante, flux qui reviennent, impulsion politique
Le début de l’année 2025 a pris à revers le consensus. Longtemps pénalisées par une croissance atone, des doutes budgétaires et une visibilité politique limitée, les Bourses européennes ont retrouvé des couleurs et, par séquences, devancé les marchés américains. Ce regain ne sort pas de nulle part : la décote structurelle de l’Europe par rapport aux États-Unis demeure marquée (ratios de valorisation plus bas, rendements du dividende plus élevés), et la normalisation monétaire ouvre un espace de rerating pour les secteurs cycliques.
 

Sur le terrain macro, la réouverture budgétaire ciblée – infrastructures, transition énergétique, dépenses de défense – fait émerger une demande publique susceptible d’irriguer l’économie réelle. L’Allemagne a signalé un changement de cap en matière d’investissement, tandis que l’Union européenne a posé les jalons d’un cadre financier plus offensif sur la sécurité et l’industrie. Par ricochet, cela réactive les chaînes de valeur industrielles et profite mécaniquement aux segments délaissés de la cote.
 

En face, les États-Unis affrontent un environnement plus contrasté : croissance encore robuste mais incertitudes commerciales accrues, déficit fédéral élevé et mesures ponctuelles de relance pouvant nourrir des poches de survalorisation sur certains segments de croissance. Le différentiel de perception joue donc à plein : quand l’exceptionnalisme américain paraît moins évident, l’Europe redevient « investissable » et attire de nouveaux flux.
 

Dans ce contexte, l’analyse proposée par Richard Halle (M&G Investments) met le projecteur sur une classe d’actifs souvent boudée au cours de la décennie précédente : les valeurs « value ». Celles-ci ont pâti de la prime massive accordée aux valeurs de croissance durant l’ère des taux zéro. La remontée des taux, puis leur stabilisation, rebattent les cartes : le coût du capital réévalue le prix des cash-flows lointains et redonne un avantage compétitif aux modèles à bilans solides, dividendes récurrents et valorisations raisonnables.

Value : les poches de potentiel… et la check-list des risques
Trois blocs se dégagent parmi les gagnants potentiels.
1. Défense et sécurité. Le réarmement européen n’est plus une hypothèse mais une trajectoire pluriannuelle. Outre les maîtres d’œuvre, c’est toute une filière industrielle (électronique, logiciels embarqués, matériaux, propulsion, spatial) qui peut bénéficier d’effets multiplicateurs. L’historique de sous-investissement crée un rattrapage de carnet de commandes et de marges.
 

2. Banques et financières. Dans un monde où les taux réels cessent d’être négatifs, les marges d’intermédiation restent mieux orientées. La qualité de capital s’est renforcée depuis la crise financière, la discipline de coûts s’améliore, et la normalisation du coût du risque reste gérable. Le secteur conserve néanmoins une sensibilité à la conjoncture et aux régulations.
 

3. Industrie & matériaux. Si les États accélèrent sur les infrastructures, la transition énergétique et la réindustrialisation, les donneurs d’ordres européens (machines-outils, biens d’équipement, chimie de spécialités, matériaux) se retrouvent en première ligne. Les chaînes d’approvisionnement plus courtes et la sobriété énergétique deviennent des avantages compétitifs pour des acteurs historiquement exportateurs.
 

Pour autant, la thèse value n’est pas un « no-brainer ». Quatre risques clés doivent rester sur le radar :
• Commerce international : la montée des barrières tarifaires perturbe les flux et peut peser sur les exportateurs européens.
• Surcapacités chinoises : sans filet réglementaire crédible, l’afflux de produits à bas coût peut déprimer les prix en Europe, en particulier dans l’automobile électrique, l’acier et certaines chimies.
• Géopolitique et énergie : une remontée brutale des prix de l’énergie rognerait les marges industrielles et la consommation.
• Cycle des taux : une inflation récalcitrante repousserait l’assouplissement monétaire et réduirait la visibilité sur les multiples.
 

Conséquence : la sélection de titres redevient déterminante. L’approche « value piégée » (faible multiple mais baisse structurelle du ROCE, gouvernance fragile, exposition à des marchés en décroissance) doit être évitée. À l’inverse, la value de qualité conjugue : bilans robustes, pricing power démontrable, visibilité sur les carnets, retours aux actionnaires disciplinés (dividendes, rachats opportunistes), et exposition à des thèmes porteurs (défense, transition, automatisation).
 

Sur le plan portefeuille, plusieurs principes de construction s’imposent :
• Combiner des cycliques « haute visibilité » (défense, sous-traitance industrielle sélective) et des financières bien capitalisées, avec un noyau défensif (santé, conso de base) pour amortir les chocs ;
• Diversifier l’exposition géographique au sein de l’Europe (cœurs industriels Allemagne/Italie, poches de croissance en Europe du Nord, valeurs de rendement au Royaume-Uni) ;
• Surveiller les bilans (leviers modérés, maturités de dette lissées) et la discipline d’allocation du capital (CAPEX/OPA/retours actionnaires) ;
• Rester attentif aux catalyseurs : budgets publics votés, trajectoires de commandes, signaux de relance du crédit, calendrier monétaire.
 

Au total, 2025 marque moins un coup d’éclat qu’un rééquilibrage : l’Europe cesse d’être « à la traîne » et les segments value retrouvent une raison d’être dans l’allocation. Si la macro restaure un plancher de visibilité (désinflation, investissements publics, détente graduelle des taux), la micro – marges, productivité, gouvernance – fera l’essentiel de la performance relative. C’est dans cette articulation que se joue, concrètement, la promesse d’un « Making Europe Great Again » boursier.
Source : note de marché et analyse de Richard Halle, gérant actions value européennes, M&G Investments (été 2025).
 

Taxe foncière : l’imposition qui rogne sur le budget des propriétaires

Hausse moyenne, flambées locales et budget immobilier en baisse : dans 70 % des grandes villes étudiées, la taxe foncière pèse désormais au moins l’équivalent d’une mensualité de crédit par an. À Saint-Étienne, elle franchit même le cap de trois mensualités. Un signal d’alerte pour les primo-accédants, qui sous-estiment encore trop souvent ce poste.

Hausse moyenne, flambées locales et budget immobilier en baisse : dans 70 % des grandes villes étudiées, la taxe foncière pèse désormais au moins l’équivalent d’une mensualité de crédit par an. À Saint-Étienne, elle franchit même le cap de trois mensualités. Un signal d’alerte pour les primo-accédants, qui sous-estiment encore trop souvent ce poste.

Un impôt sous pression… et sous-estimé
C’est un impôt récurrent que beaucoup oublient d’intégrer au plan de financement. D’après la dernière étude de Meilleurtaux (32 villes passées au crible), la taxe foncière atteint en moyenne 118 € par mois pour un logement de 70 m², soit environ 1 416 € par an. Rapporté à une acquisition type (financement à 100 % sur 20 ans), cela représente au moins une mensualité de crédit dans 7 villes sur 10. Et le phénomène s’accentue : dans plusieurs agglomérations – Le Havre, Nîmes, Perpignan – la facture grimpe à deux mensualités. Record à Saint-Étienne, où elle dépasse trois mensualités, combinant bond de 18,5 % de la taxe sur un an et baisse de 14 % du budget d’achat estimé par le courtier pour un 70 m².
 

Ce décrochage du ratio « taxe / mensualité » s’explique par un double mouvement. Côté dépenses, la taxe foncière progresse encore dans la plupart des territoires. Côté financement, le budget d’achat recule en moyenne de 4 %, sous l’effet conjugué du repli des taux de crédit et de la correction des prix immobiliers dans certaines villes. Résultat : à impôt quasi constant, la part relative de la taxe augmente mécaniquement dans le budget global d’un propriétaire.
 

L’avertissement vise en priorité les primo-accédants. « Beaucoup n’ont jamais payé la taxe foncière quand ils étaient locataires et ne l’anticipent pas dans le coût total de détention », rappelle Aga Bojarska-Serres, directrice crédit chez Meilleurtaux. De fait, l’Observatoire des taxes foncières de l’UNPI mesure une hausse d’environ 20 % entre 2018 et 2023. Depuis la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, l’impôt foncier est devenu une ressource centrale des communes et intercommunalités. Il est indexé pour moitié sur l’inflation via la revalorisation des bases, et ajusté pour l’autre moitié par les votes locaux : la dynamique haussière a donc de solides ressorts.

Des écarts territoriaux marqués et une méthode peu lisible
L’étude souligne des disparités. Dans la plupart des villes, la progression annuelle s’échelonne entre +3,5 % et +4,5 %. Deux exceptions concentrent les tensions : Saint-Étienne et Nice, où la taxe bondit de +21,7 %. À l’inverse, les métropoles chères – Paris, Aix-en-Provence, Lyon, Nice, Rennes, Lille – figurent en bas de classement quand on rapporte la taxe à la mensualité de crédit : mathématiquement, des mensualités élevées réduisent le poids relatif d’un impôt forfaitaire. Paris illustre bien ce paradoxe : avec 1 298 € de taxe foncière (pour le 70 m² de référence), soit environ 108 € par mois, la charge ne représente que 0,3 mensualité supplémentaire malgré la hausse récente des prix dans la capitale.
 

Au-delà des montants, la complexité de calcul reste un sujet. La taxe repose sur la valeur locative cadastrale (base) multipliée par les taux votés par la commune et l’intercommunalité. Entre revalorisation nationale des bases, coefficients locaux, abattements éventuels, statut d’occupation et exonérations (âge, handicap, revenus, logements neufs, etc.), les sources d’erreur sont fréquentes. Or, un tiers environ des 33 millions de propriétaires pourrait, selon les cas, bénéficier d’allègements ou d’exonérations partielles. D’où l’intérêt de vérifier son avis d’imposition, de contester en cas d’anomalie manifeste, et de solliciter sa mairie ou le centre des impôts fonciers pour faire mettre à jour la description du bien (surfaces, dépendances, changements d’usage) lorsque celle-ci est obsolète.
 

Pour les acheteurs, l’enjeu est de budgéter correctement. Trois réflexes :
1. Demander au vendeur (ou à l’agent) le montant de taxe foncière des trois dernières années ;
2. Simuler l’impact sur l’effort mensuel (mensualité + taxe/12 + charges récurrentes) ;
3. Introduire une marge de sécurité pour hausses futures (bases revalorisées + éventuelles décisions locales).
Côté financement, les banques intègrent de plus en plus la charge foncière dans le calcul du reste à vivre. Les dossiers tendus peuvent ainsi être ajustés (apport, durée, différé) pour absorber un impôt local plus lourd. Les ménages qui ciblent des villes au top du classement (Saint-Étienne, Nîmes, Le Havre, Perpignan) ont donc intérêt à calibrer leur budget global avec prudence, malgré des prix au mètre carré attractifs.

Ce qu’il faut retenir pour 2025
• Effet de ciseaux : taxe foncière en hausse modérée mais continue d’un côté, mensualités en baisse dans certaines villes de l’autre → poids relatif de l’impôt en hausse.
• Fortes disparités locales : +21,7 % à Saint-Étienne et Nice, ratios élevés dans les villes abordables ; poids relatif plus faible dans les métropoles onéreuses.
• Anticipation indispensable pour les primo-accédants : intégrer la taxe dès l’estimation du budget, vérifier les exonérations possibles et la cohérence de l’avis.
• Gouvernance locale déterminante : au-delà de l’indexation nationale, la décision municipale reste la clé de l’évolution de la taxe à moyen terme.
 

En bref, la taxe foncière n’est plus un détail de ligne mais un poste structurant du coût de détention. Dans un marché où les mensualités redeviennent supportables, c’est désormais l’impôt local qui peut faire basculer un budget. Aux acheteurs d’en faire un critère de sélection à part entière et aux propriétaires de sécuriser leur trajectoire financière en conséquence.
 

Immobilier rural partagé : Guide pour un investissement durable

Envie de verdure, de mètres carrés et de partager les frais : de plus en plus d’amis, de fratries ou de couples d’amis se regroupent pour acquérir une maison à la campagne. L’idée séduit par son bon sens économique… à condition de choisir le bon cadre juridique et d’anticiper la vie à plusieurs. Indivision, SCI, tontine : atouts, limites et précautions à prendre.

Envie de verdure, de mètres carrés et de partager les frais : de plus en plus d’amis, de fratries ou de couples d’amis se regroupent pour acquérir une maison à la campagne. L’idée séduit par son bon sens économique… à condition de choisir le bon cadre juridique et d’anticiper la vie à plusieurs. Indivision, SCI, tontine : atouts, limites et précautions à prendre.

Pourquoi se regrouper séduit autant
Partager l’achat, c’est mécaniquement augmenter son budget (surface, terrain, dépendances) et répartir les coûts fixes (taxe foncière, chauffage, gros travaux, Internet). Le projet peut aller du simple pied-à-terre week-end à une résidence semi-principale avec télétravail, voire à un coliving rural (pièces communes mutualisées, studios privés). 

 

Le rêve, pourtant, peut vite se gripper si l’on n’a pas cadré qui décide, qui paye, qui occupe, qui part. D’où l’importance du choix du cadre juridique et d’un règlement de vie clair.

Indivision : simple à signer, exigeante à vivre
C’est la forme la plus spontanée. Chacun achète une quote-part (50/50, 30/70, etc.) et paie charges et travaux au prorata. Avantages : rapidité, faibles coûts de mise en place, grande souplesse.
 

Mais deux cailloux dans la chaussure :
• La prise de décision : par défaut, les décisions importantes (vente, gros travaux, location) exigent l’unanimité. Un seul désaccord peut bloquer le projet.
• Le droit de sortie : « nul ne peut être contraint de rester dans l’indivision ». Un indivisaire peut vouloir vendre sa part ; les autres doivent alors la racheter ou accepter l’entrée d’un tiers.
 

La parade ? Faire établir par le notaire une convention d’indivision (souvent pour 5 ans, renouvelable) qui fixe :
• les règles de vote (majorités qualifiées pour certains actes),
• les droits d’usage (calendrier de vacances, pièces communes/privatives),
• la répartition des charges (quotité fixe + compteur réel si possible),
• une clause de préemption et une méthode de valorisation en cas de sortie (expertise, décote si nécessaire),
• l’ouverture d’un compte commun et un fonds de travaux alimenté régulièrement.
À prévoir aussi : une assurance adaptée (PNO si nécessaire, responsabilité croisée) et un inventaire des équipements communs.

SCI : professionnaliser le projet pour préserver l’amitié
La Société Civile Immobilière transforme le groupe d’acheteurs en associés d’une entité qui détient le bien. Tout est écrit dans les statuts : modalités de vote, nomination d’un gérant, règles d’entrée et de sortie, agrément des nouveaux venus, répartition des charges, usage des lieux.
 

Les plus :
• Un cadre de décision plus fluide qu’en indivision (majorités définies à l’avance).
• Une sortie plus lisible via la cession de parts (avec clause d’agrément).
• La transmission facilitée (donation progressive de parts aux enfants, décote éventuelle des parts selon la structure).
• La dissociation du bien du patrimoine personnel (effet d’écran civil, non une garantie absolue).
Les moins :
• Des frais de création et de fonctionnement (rédaction des statuts, annonces, greffe ; parfois comptabilité).
• Une fiscalité à piloter : IR par défaut (remontée des revenus fonciers chez les associés) ou option IS (qui change la donne sur amortissements, plus-values, etc.) – à étudier avec un professionnel selon les objectifs.
• La cession de parts supporte des droits d’enregistrement (5 %) et demande un acheteur ; la valeur peut faire l’objet d’une décote (illiquidité, minorité), utile pour transmettre… mais à connaître lorsqu’on veut sortir.
En pratique, la SCI convient aux groupes qui veulent durer, qui acceptent une gouvernance formalisée et qui voient le bien comme un actif à gérer plus qu’un simple refuge.

Tontine : radicale sur la transmission, rigide au quotidien
La clause de tontine (pacte d’accroissement) prévoit qu’au décès de l’un des coacquéreurs, sa part revient automatiquement aux survivants : à terme, le dernier vivant devient seul propriétaire. C’est efficace pour éviter l’indivision avec les héritiers d’un coacquéreur et simplifier la transmission entre amis… mais la médaille a son revers :
• C’est irrévocable sans l’accord de tous.
• Aucun cadre de gestion n’est prévu (contrairement à la SCI).
• Pour des personnes sans lien familial, l’administration peut appliquer une fiscalité élevée en cas de décès (risque de requalification).
La tontine est donc une option extrême, adaptée à des configurations bien particulières et à manier avec conseil notarial.

Vivre (bien) à plusieurs : l’ingénierie du quotidien
Au-delà du droit, la logistique fait la réussite :
• Règlement d’usage : calendrier de présence (vacances, ponts), règles d’invitation, gestion animaux, bruit, ménage.
• Espaces : privilégier un bien divisible (entrées séparées, salles de bains, compteurs), créer des lots privatifs si possible, définir clairement les parties communes (jardin, buanderie, atelier).
• Budget : un compte commun pour charges récurrentes, une cagnotte travaux pour le moyen terme ; seuils de décision (ex. <500 € gérant/mandataire ; au-delà vote).
• Médiation : prévoir une procédure en cas de désaccord (réunion, médiateur, expertise).
• Sortie : clause de préemption interne, délai pour trouver un repreneur, formule de valorisation (expertise unique ou contradictoire).
Petit plus : consigner tout cela dans un document signé (convention d’indivision, statuts SCI + règlement intérieur). C’est ce qui protège l’amitié quand la plomberie, elle, décide de ne plus être d’accord.

La check-list avant d’acheter
1. Choisir le cadre (indivision avec convention, SCI si projet long, tontine si objectif de transmission très spécifique).
2. Passer chez le notaire avant de signer : il adaptera le montage à vos situations familiales et patrimoniales (PACS, enfants, régimes matrimoniaux).
3. Budgéter tout : prix + frais d’acquisition, travaux, meubles, taxe foncière, assurances, entretien annuel.
4. Organiser la gouvernance : règles de vote, pouvoirs du gérant/mandataire, calendrier d’usage, compte commun, fonds travaux.
5. Encadrer la sortie : droit de préemption, valorisation, délais, agrément.

L’indivision convient aux projets simples et courts bien encadrés par une convention ; la SCI s’impose pour les projets durables et structurés ; la tontine reste un outil de niche. Dans les trois cas, un cadrage écrit, un budget réaliste et un dialogue régulier font la différence entre une maison de campagne partagée… et une galère commune.
 

L’assurance-vie luxembourgeoise : mythe ou réalité ?

Entre incertitudes économiques et rappel de la loi Sapin II, de plus en plus d’épargnants s’interrogent : un contrat d’assurance-vie luxembourgeois protège-t-il mieux mon patrimoine qu’un contrat français ? La réponse tient en quelques atouts solides… et plusieurs conditions à bien mesurer.

Entre incertitudes économiques et rappel de la loi Sapin II, de plus en plus d’épargnants s’interrogent : un contrat d’assurance-vie luxembourgeois protège-t-il mieux mon patrimoine qu’un contrat français ? La réponse tient en quelques atouts solides… et plusieurs conditions à bien mesurer.

Pourquoi l’option luxembourgeoise revient sur le devant de la scène
Depuis l’inscription dans la loi Sapin II de la possibilité, en cas de risque systémique, de geler temporairement certains mouvements sur les contrats d’assurance-vie français (décision du HCSF, sur proposition de la Banque de France, pour trois mois renouvelables), une partie des épargnants cherche à diversifier le risque d’assureur et de juridiction. Dans ce contexte, l’assurance-vie au Luxembourg s’impose souvent comme un plan B crédible : elle n’offre pas la promesse d’un monde sans risque, mais propose un cadre de protection des avoirs unique en Europe.

Le « triangle de sécurité » : la clef de voûte
Au Luxembourg, l’actif des souscripteurs est séparé juridiquement et physiquement des fonds propres de la compagnie d’assurance et déposé auprès d’une banque dépositaire agréée, sous contrôle du régulateur. Ce schéma, connu sous le nom de triangle de sécurité, vise un objectif simple : rendre non saisissables les actifs représentatifs des engagements envers les clients en cas de défaillance de l’assureur.
À cela s’ajoute le « super privilège » : en cas de problème, le souscripteur est créancier de premier rang, avant tous les autres créanciers, y compris publics. Résultat : l’ordonnancement des remboursements vous place tout en haut de la pile.
 

Autre différence marquante : pas de plafond de garantie au Luxembourg. Quand, en France, la garantie de l’organisme ad hoc couvre 100 000 € par assureur et par assuré, le droit luxembourgeois prévoit la restitution intégrale des avoirs représentatifs (sous réserve des pertes de marché), grâce à la ségrégation stricte des actifs.

Des options patrimoniales élargies : sur-mesure et restitution « en nature »
Le marché luxembourgeois se distingue par une architecture financière ouverte et, pour les patrimoines élevés, la possibilité de fonds dédiés / poches sur-mesure au sein du contrat. Un autre point intéresse les familles d’entrepreneurs : depuis une loi d’août 2018, certains contrats permettent la restitution d’actifs en nature (par exemple, parts de sociétés familiales) en cas de dénouement, ce qui peut s’avérer précieux lorsque l’objectif est de préserver une participation plutôt que de la liquider à la hâte.

Neutralité fiscale : un atout surtout… pour les expatriés
Côté fiscalité, l’assurance-vie luxembourgeoise est neutre : c’est la fiscalité du pays de résidence du souscripteur qui s’applique. Pour un résident fiscal français, un contrat luxembourgeois est imposé comme un contrat français (mêmes règles sur rachats/plus-values). En revanche, pour les expatriés, ce principe évite certaines situations de double imposition (notamment un prélèvement à la source français sur un contrat hexagonal), et simplifie les trajectoires internationales.

Ce que l’option luxembourgeoise n’est pas
• Un passe-droit fiscal : résider en France ⇒ même fiscalité qu’un contrat français.
• Un bouclier absolu contre tout gel : le cadre luxembourgeois vise la protection des actifs, mais ne supprime ni le risque de marché, ni les contraintes prudentielles éventuelles.
• Une solution universelle : l’accès, les options de gestion et la vraie plus-value du Luxembourg dépendent beaucoup du niveau d’encours et du profil patrimonial.

Le prix d’entrée : des tickets qui ciblent les patrimoines conséquents
C’est un point décisif : la plupart des assureurs luxembourgeois exigent un minimum de versement d’environ 100 000 € pour l’accès de base, et plutôt 250 000 € pour toutes les options (fonds dédiés, ingénierie financière avancée). Autrement dit, l’assurance-vie au Luxembourg s’adresse d’abord aux ménages disposant d’une épargne financière importante, soucieux de diversifier la contrepartie d’assurance et de bénéficier d’une ingénierie de portefeuille plus fine.

À qui cela s’adresse (vraiment)
• Aux chefs d’entreprise et familles actionnaires : recherche de sécurisation des actifs financiers, besoin de restitution en nature possible, organisation de la transmission.
• Aux expatriés / mobiles internationalement : bénéficier de la neutralité fiscale, éviter certaines retenues à la source, conserver un contrat portable en cas de changements de résidence.
• Aux investisseurs souhaitant diversifier le risque d’assureur/juridiction tout en conservant les atouts civils de l’assurance-vie (bénéficiaires, hors succession selon les cas, souplesse de rachats).

Les points de vigilance avant de signer
1. Frais et gouvernance : structure de frais (entrée/gestion/arbitrages), banque dépositaire, reporting, gouvernance des supports.
2. Gestion du risque : un cadre plus protecteur n’annule pas la volatilité ; vérifiez l’allocation (fonds en euros, UC, poches dédiées) et l’horizon.
3. Intermédiaire : privilégiez des acteurs agréés, rompus au KYC/compliance, capables de fournir conseil et suivi (y compris en cas d’expatriation).
4. Objectifs patrimoniaux : transmission (clause bénéficiaire), protection du conjoint, préparation retraite, diversification internationale : formalisez noir sur blanc.
5. Comparatif honnête : mettez en regard un bon contrat français (frais serrés, architecture large, gestion pilotée, ETF/immobilier papier) ; parfois, il répond déjà à 90 % des besoins.

L’assurance-vie luxembourgeoise n’est ni un gadget marketing, ni une potion magique. Elle propose un cadre de protection juridique (triangle de sécurité + super privilège), une architecture d’investissement vaste, et une neutralité fiscale utile surtout pour les non-résidents français. En face, elle exige un niveau d’encours significatif, une exigence de conformité élevée et un pilotage professionnel.
 

Pour un résident fiscal français, la fiscalité et les bénéfices civils restent comparables à un excellent contrat hexagonal. L’intérêt du Luxembourg se justifie lorsque la taille du patrimoine, la mobilité internationale ou des besoins spécifiques (restitution en nature, fonds dédiés, diversification d’assureur) le requièrent. À condition d’entrer en connaissance de cause, avec un conseil patrimonial qui mettra les chiffres et les risques — pas seulement les arguments — sur la table.
 

PER et été : l’association gagnante pour votre capital retraite.

Moins de pression, plus de lucidité : et si l’été était le meilleur moment pour mettre en place sa stratégie d’épargne retraite ? En pleine saison estivale, les Français peuvent profiter de cette période plus calme pour initier des versements programmés, transférer leurs anciens contrats et optimiser leur fiscalité.

Moins de pression, plus de lucidité : et si l’été était le meilleur moment pour mettre en place sa stratégie d’épargne retraite ? En pleine saison estivale, les Français peuvent profiter de cette période plus calme pour initier des versements programmés, transférer leurs anciens contrats et optimiser leur fiscalité.

L’été, le bon moment pour anticiper… ses vieux jours
Si l’on pense volontiers à se détendre en juillet, peu imaginent que cette période peut aussi être celle d’une décision patrimoniale structurante : investir dans sa retraite. « C’est le moment parfait pour enclencher des actions simples, sans stress fiscal ni contrainte de calendrier », explique Grégory Siesse, directeur du développement chez Eres, spécialiste de l’épargne retraite.
 

Selon le baromètre AMF 2024, 53 % des actifs mettent de l’argent de côté en vue de leur retraite, mais seuls 21 % le font de manière régulière. Pourtant, trois leviers simples permettent d’avancer efficacement, et l’été est le bon moment pour les activer :
 

1. Mettre en place des versements programmés : l’effort est lissé dans le temps, la discipline devient automatique. 80 % des épargnants réguliers adoptent cette méthode.
2. Centraliser ses contrats dans un PER : depuis la loi Pacte, il est possible de regrouper PERP, Madelin, article 83… en un Plan d’Épargne Retraite unique, plus souple et fiscalement avantageux.
3. Vérifier son plafond de déductibilité fiscale : beaucoup oublient qu’il est visible sur leur dernière déclaration d’impôts. Mieux vaut s’y pencher en été, que dans la course de novembre.
Contrairement à une idée reçue, le timing des versements compte. Investir dès juillet permet de capter les bonnes performances boursières de fin d’année – un phénomène bien connu des gérants, appelé rallye boursier. En 2024, le MSCI World a progressé de 18,7 %, le S&P 500 de 24,5 %, et l’Euro Stoxx 50 de 11 %. Autant de hausses captables si l’investissement est amorcé avant l’automne.

Combien épargner ? Une méthode simple selon l’âge
Avec une pension moyenne nette de 1 661 € par mois (source : DREES 2025), nombre de Français auront besoin d’un complément pour maintenir leur niveau de vie à la retraite. Pour viser 2 500 € mensuels sur 24 ans, il faudrait générer 880 € nets supplémentaires, soit un capital estimé à 300 000 € à constituer d’ici la fin de carrière.
 

À partir du besoin cible défini, les simulations réalisées par Eres permettent d’estimer l’effort d’épargne mensuel nécessaire selon l’âge auquel on commence à cotiser. Pour une personne qui démarre à 30 ans, il faut compter 280 € par mois en brut, soit environ 196 € après impôt (en supposant une tranche marginale d’imposition à 30 %), sur 34 ans d’épargne. Si l’on attend 40 ans pour s’y mettre, l’effort grimpe à 540 € brut par mois, soit 378 € net, sur une durée de 24 ans. À 50 ans, il faudra verser 1 236 € par mois (brut), ou 865 € net, pendant 14 ans. Enfin, pour un départ à 55 ans, l’effort devient beaucoup plus conséquent, avec 2 205 € mensuels en brut, soit 1 544 € après impôt, à fournir sur 9 années seulement.
 

La faillite bancaire : les Français peu informés sur la protection de leurs dépôts

Seuls 25 % des Français connaissent le plafond d’indemnisation de leurs dépôts bancaires, et moins d’un sur dix sait sous combien de jours il est versé. C’est ce que révèle le dernier baromètre du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR). Une méconnaissance préoccupante à l’heure où la stabilité bancaire n’est plus un acquis absolu.

Seuls 25 % des Français connaissent le plafond d’indemnisation de leurs dépôts bancaires, et moins d’un sur dix sait sous combien de jours il est versé. C’est ce que révèle le dernier baromètre du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR). Une méconnaissance préoccupante à l’heure où la stabilité bancaire n’est plus un acquis absolu.

100 000 euros garantis, mais peu le savent
En cas de faillite bancaire, les dépôts des particuliers sont couverts jusqu’à 100 000 euros par établissement. C’est l’un des piliers de la sécurité financière en Europe. Pourtant, selon le 10e baromètre annuel du FGDR, publié en juillet 2025, seule une personne sur quatre (25 %) connaît ce plafond de garantie. Le chiffre est stable depuis plusieurs années, malgré les efforts de communication des régulateurs.
 

Le FGDR couvre les comptes courants, les comptes à terme, les livrets (hors Livret A, LDDS, LEP qui sont garantis par l’État), mais aussi les plans d’épargne : PEL, CEL, PEA, PER, PEE… L’ensemble de ces produits est protégé dans la limite de 100 000 € par client et par établissement bancaire. Cela signifie que détenir deux comptes dans une même banque ne double pas la garantie.
 

Plus inquiétant encore : seuls 8 % des Français sont capables de citer le délai légal de remboursement, fixé à sept jours ouvrables maximum après la défaillance d’une banque. C’est pourtant un point crucial : en cas de crise, cette indemnisation rapide vise à éviter un phénomène de panique bancaire et à garantir l’accès rapide aux fonds nécessaires au quotidien.
 

Le FGDR, créé en 1999, a justement pour mission de préserver la confiance dans le système bancaire en indemnisant rapidement les déposants. Il mobilise automatiquement les fonds nécessaires et contacte les clients concernés sans démarche de leur part. Le remboursement est généralement réalisé par virement ou lettre-chèque, selon les coordonnées connues.

Une confiance fragile et des lacunes persistantes
Si 66 % des sondés savent que leurs comptes courants sont couverts par la garantie, ils sont moins nombreux à savoir que d’autres produits d’épargne sont également concernés : 60 % pour les PEL et CEL, à peine plus de 50 % pour les PEA et PER. Et surtout, seuls 31 % savent que les PME peuvent aussi être indemnisées, alors que la garantie s’étend bien au-delà des seuls particuliers.
 

Ce déficit de connaissance peut nourrir une défiance latente, notamment chez les jeunes et les publics précaires. Il alimente également des comportements de précaution parfois inutiles, comme la dispersion excessive des dépôts sur plusieurs établissements bancaires ou le retrait massif de liquidités en période d’incertitude.
 

Le FGDR insiste donc sur la nécessité de renforcer la pédagogie financière sur ces sujets. La garantie des dépôts est un outil puissant de protection, mais encore faut-il que les clients bancaires le sachent. À l’heure où les risques systémiques refont surface (volatilité des marchés, taux d’intérêt élevés, tensions géopolitiques), le niveau de confiance dans les institutions financières repose aussi sur la transparence et l’information.
 

Cette lacune pourrait également poser problème en cas de cyberattaque ou de défaillance rapide : savoir que ses fonds sont protégés limite le risque de réaction irrationnelle, comme on l’a observé lors de la faillite de la Silicon Valley Bank en 2023 aux États-Unis. En Europe, la mise en place du système de garantie unique (EDIS) progresse lentement, mais reste encore largement méconnue du grand public.
 

Retraite et impôts : la fin de l’abattement de 10% en vue ?

Le gouvernement Bayrou envisage de remplacer l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite par une déduction forfaitaire de 2 000 € par personne. Derrière cette réforme annoncée comme plus équitable, se cachent des perdants… nombreux.

Le gouvernement Bayrou envisage de remplacer l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite par une déduction forfaitaire de 2 000 € par personne. Derrière cette réforme annoncée comme plus équitable, se cachent des perdants… nombreux.

Une réforme qui inquiète les retraités
Annoncée dans le cadre du plan d’économies de 40 milliards d’euros du gouvernement Bayrou, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions, en vigueur depuis 1978, fait débat. À partir de 2026, cette déduction proportionnelle aux revenus serait remplacée par un abattement forfaitaire de 2 000 euros par retraité, soit potentiellement 4 000 euros pour un couple. Une mesure de « justice sociale », selon le ministre des Finances Éric Lombard, qui défend un recentrage des avantages fiscaux vers les retraités modestes et de classe moyenne.
 

Mais comme souvent en fiscalité, le diable est dans les détails. Aujourd’hui, l’abattement de 10 % est plafonné à 4 399 euros par foyer fiscal. Ainsi, un couple percevant 50 000 euros de pensions pouvait en déduire ce montant maximal. Demain, avec la réforme, cette réduction tomberait à 4 000 euros, soit une perte sèche de 399 euros, sans compter les effets de seuil sur l’impôt dû.
 

Ce changement paraît minime, mais il masque des disparités importantes selon les situations familiales. Un retraité veuf ou seul, percevant par exemple 25 000 euros annuels, bénéficie actuellement d’un abattement de 2 500 euros. Avec la réforme, il ne pourra déduire que 2 000 euros, soit une hausse de 12,5 % de son impôt. Et plus les revenus augmentent, plus l’effet est pénalisant.

Une mesure technique, mais à fort impact politique
Selon les simulations de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE), 40 % des ménages retraités seraient perdants avec ce nouveau dispositif. Environ 10 % en sortiraient gagnants, essentiellement les couples dans lesquels un seul membre est retraité, et 50 % ne seraient pas concernés, car non imposables. L’effet redistributif annoncé serait donc limité, et la mesure se traduirait surtout par 800 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires pour l’État.
 

Un autre point d’interrogation réside dans la situation des retraités ayant une demi-part supplémentaire, comme les veuves d’anciens combattants ou les invalides. Le gouvernement a indiqué que l’abattement serait par part fiscale, mais n’a pas précisé s’il serait proportionnel pour les demi-parts. Pour ces publics, le manque de clarté ajoute à l’inquiétude.
 

Par ailleurs, les retraités percevant des rentes viagères à titre gratuit – par exemple issues d’une donation ou succession – pourraient aussi être impactés, puisque ces revenus entrent dans le calcul global des pensions soumis à l’abattement. Pour certains foyers disposant de patrimoines importants mais de revenus modestes, cela pourrait entraîner une hausse sensible de la fiscalité.
 

Cette réforme, bien que technique, risque donc de devenir hautement politique, d’autant plus que la majorité au Parlement est incertaine. Il n’est pas garanti que la mesure soit adoptée telle quelle dans la loi de finances 2026. En attendant, les retraités doivent anticiper l’impact potentiel sur leur déclaration.
 

Sommets boursiers : quel avenir pour une éventuelle reprise du marché ?

Portés par la tech américaine, les indices mondiaux retrouvent leurs plus hauts niveaux, malgré des incertitudes monétaires et géopolitiques persistantes. Pour Swiss Life Banque Privée, l’heure est à la prudence à court terme, mais la fin d’année pourrait offrir de nouvelles fenêtres d’opportunité.

Portés par la tech américaine, les indices mondiaux retrouvent leurs plus hauts niveaux, malgré des incertitudes monétaires et géopolitiques persistantes. Pour Swiss Life Banque Privée, l’heure est à la prudence à court terme, mais la fin d’année pourrait offrir de nouvelles fenêtres d’opportunité.

Un rebond porté par les valeurs technologiques… et la patience des marchés
Après les soubresauts politiques du printemps, les marchés financiers semblent avoir retrouvé leur aplomb. En juin 2025, les grandes places boursières ont renoué avec une trajectoire haussière, soutenues par des publications d’entreprises solides, en particulier dans le secteur technologique. Le Nasdaq a bondi de 10 %, le S&P 500 de 6 %, illustrant la vigueur persistante des valeurs américaines de croissance. L’Euro Stoxx 50 progresse de 4 %, et le CAC 40 de 2 %, à un rythme plus modéré.
 

Mais derrière cette embellie, plusieurs tensions demeurent. La baisse du dollar, accélérée en juin (-4 %, -13,8 % depuis janvier), réduit d’autant les gains pour les investisseurs européens positionnés sur les marchés US. En parallèle, les obligations redeviennent coûteuses, avec des spreads historiquement faibles, rendant leur performance moins attrayante dans un contexte d’attentisme monétaire.
 

« Les marchés ont intégré une baisse de taux de la Fed dès juillet. Mais cette hypothèse semble de plus en plus optimiste », souligne Serge Pizem, directeur général chez Swiss Life Banque Privée. Résultat : le risque de déception sur les taux est réel, ce qui justifie une position prudente à court terme, selon la banque privée, qui observe également une fragilité sous-jacente en Europe.

Des fondamentaux macroéconomiques fragiles en Europe, plus solides aux États-Unis
Si la croissance européenne montre quelques signes de reprise, elle demeure fragile. Le cas français inquiète particulièrement : avec un déficit public dépassant 6,4 % du PIB, l’incapacité à réduire la dépense publique alimente le risque d’une perte de confiance des marchés. Un scénario à la grecque n’est pas envisagé, mais les tensions sur les taux longs pourraient peser sur la soutenabilité de la dette à moyen terme. Les entreprises européennes, elles, ne devraient voir leurs profits progresser que de 3 % sur l’année, un rythme modeste comparé à l’enthousiasme des indices.
 

Outre-Atlantique, la situation est nettement plus dynamique. Le marché de l’emploi américain reste solide, avec 147 000 créations de postes en juin et un taux de chômage à 4,1 %. Les entreprises affichent des perspectives robustes, avec des bénéfices attendus en hausse de 9 %, voire 20 % pour les GAFAM et assimilés. Pourtant, cette vigueur empêche toute détente rapide de la politique monétaire. L’inflation, toujours tenace aux États-Unis, est entretenue par des signaux politiques inflationnistes : droits de douane accrus, expulsion des travailleurs sans papiers — autant de mesures défendues par Donald Trump, qui pourraient perturber davantage la ligne de la Fed.
« Il est probable que Trump cherche à évincer Jerome Powell de la présidence de la Fed dès septembre, avant la fin de son mandat prévue en mai 2026 », anticipe Swiss Life. Un tel changement pourrait déboucher sur une politique monétaire plus accommodante à l’horizon 2026, offrant une fenêtre d’investissement à surveiller dès cet automne.

Géopolitique et pétrole : un calme trompeur ?
Autre facteur surveillé par les investisseurs : le risque géopolitique. Les frappes israéliennes et américaines sur l’Iran, survenues en juin, n’ont eu qu’un impact limité sur les cours du pétrole, qui ont brièvement touché 80 dollars le baril avant de retomber. Pourtant, le détroit d’Ormuz — par lequel transite 20 % de la production mondiale — reste une zone hautement sensible.
 

Ce manque de réaction des marchés pétroliers peut s’expliquer par l’anticipation d’une augmentation rapide de la production de la part d’autres États exportateurs. Il révèle aussi un certain aveuglement des marchés, qui misent sur la résilience de l’offre plutôt que sur les scénarios catastrophes.
 

Pour Swiss Life Banque Privée, l’approche à adopter reste celle d’un équilibriste prudent, à l’écoute des cycles mais sans céder à l’exubérance. La gestion patrimoniale doit intégrer cette nouvelle donne : entre les valorisations élevées des actifs risqués, la volatilité obligataire et les incertitudes politiques, la fin d’année pourrait offrir des opportunités, mais nécessitera un pilotage affiné.
 

Rêves d’habitation en France : la géographie du désir immobilier

Le baromètre exclusif Brauman & K révèle une carte de France inédite des recherches immobilières, entre villes moyennes dynamiques, périphéries attractives et reflux des grandes métropoles. Les clics tracent désormais des projets de vie plus raisonnés que statuts.

Le baromètre exclusif Brauman & K révèle une carte de France inédite des recherches immobilières, entre villes moyennes dynamiques, périphéries attractives et reflux des grandes métropoles. Les clics tracent désormais des projets de vie plus raisonnés que statuts.

Les villes moyennes prennent leur revanche
C’est un révélateur sans filtre : chaque mois, le baromètre Brauman & K analyse les intentions d’achat à travers les recherches immobilières en ligne. Et cette année encore, la géographie du désir immobilier se redessine bien loin des clichés. Sur le segment des appartements, ce ne sont pas Paris, Lyon ou Bordeaux qui dominent, mais Lons-le-Saunier (Jura), Vincennes (Val-de-Marne) et Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Avec 750 recherches pour 17 000 habitants, la préfecture jurassienne incarne cette nouvelle France qui séduit par son équilibre entre cadre de vie, accessibilité et valorisation patrimoniale.
 

La première grande métropole à apparaître est Lille, suivie de Rennes, Caen, Brest, Aix-en-Provence et Strasbourg. Pour David Brauman, fondateur du cabinet d’analyse, « la demande n’est plus dictée par la notoriété d’un territoire, mais par une combinaison intime : qualité de vie, potentiel patrimonial et offre immobilière. »
 

Les grandes métropoles, longtemps hégémoniques, sont reléguées au second plan par une aspiration à un mode de vie moins contraint. Dans un contexte d’inflation persistante et de télétravail démocratisé, les acheteurs s’éloignent des centres, au profit de villes à taille humaine, où les prix sont moins dissuasifs et la qualité de vie meilleure.

L’Ouest en majesté, la périphérie en embuscade
Le baromètre révèle aussi une carte des maisons individuelles dominée par l’Ouest français. En tête : Marcq-en-Barœul (métropole lilloise), Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et Marignane (Bouches-du-Rhône), mais ce sont surtout les villes bretonnes et ligériennes qui trustent les premières places : Dinan, Auray, Guidel, Plougastel-Daoulas, Carquefou, Pornic… autant de noms qui traduisent une promesse de stabilité, de douceur de vivre, et d’ancrage durable.
 

Les recherches ne sont pas seulement géographiques, elles sont existentielles. « Les Français n’achètent pas seulement une maison, mais un projet de vie durable », analyse David Brauman. Derrière le clic, l’idée d’un cocon loin du tumulte, où l’on s’imagine vivre, travailler, élever ses enfants — voire télétravailler avec vue sur l’Atlantique.
 

Autre enseignement fort : la montée des périphéries et petites centralités. Les étoiles montantes s’appellent Gradignan, Bruges, Lambersart, Mont-Saint-Aignan, Granville ou Dieppe. Ces communes en bordure de métropoles majeures combinent proximité urbaine, espace, accessibilité et bon sens économique. Elles symbolisent l’émergence d’un « maillage plus subtil », selon Brauman, où l’opposition centre-périphérie ne tient plus.
 

En creux, ce baromètre interroge les acteurs de l’aménagement du territoire : comment répondre à cette aspiration diffuse mais puissante à une nouvelle forme de centralité ? Comment accompagner ce mouvement vers les villes moyennes sans reproduire les erreurs de concentration passées ?