Réouverture de la Chine : quels impacts sur l’Europe ?

Robert Dishner, gérant senior chez Neuberger Berman, nous explique l’impact potentiel sur la croissance européenne de la réouverture de la Chine.

Robert Dishner, gérant senior chez Neuberger Berman, nous explique l’impact potentiel sur la croissance européenne de la réouverture de la Chine.

L’Europe a une économie très axée sur les exportations. Fin 2019, avant la pandémie, les exportations de biens et services de la zone euro représentaient 47,4 % du PIB nominal, contre seulement 11,6 % pour les Etats-Unis. 

 

Entre temps, la Chine est devenue une destination privilégiée des exportations européennes, suggérant que sa réouverture pourrait favoriser la croissance de la région, un facteur à double tranchant.

Environ deux tiers des exportations européennes, inclues dans le PIB, sont des biens. Au cours des 12 mois précédant novembre 2022, 8 % d’entre elles étaient destinées à la Chine et à Hong Kong, contre 15,7 % aux États-Unis. Si l’on compare ces chiffres à ceux de novembre 2002, où la Chine et Hong Kong ne représentaient que 4,2 % et les États-Unis 17,3 %, on constate que les exportations vers la Chine et Hong Kong ont connu une croissance moyenne de seulement 4 % depuis le début de la pandémie, contre 6,3 % au cours des cinq années précédant celle-ci.

Selon l’Association des constructeurs automobiles européens, dans l’UE, 13 millions de personnes étaient employées dans l’industrie automobile en 2020, soit 7 % de la main-d’œuvre. La Chine, quant à elle, était la troisième destination d’exportation de voitures européennes, avec 410 917 unités, derrière le Royaume-Uni et les États-Unis, contre une moyenne de 445 248 au cours des trois années précédant la pandémie.

En outre, l’Organisation mondiale du tourisme de l’ONU estime que les arrivées de touristes internationaux européens en 2022 ont été inférieures de 21 % aux niveaux de 2019, tandis que les dépenses touristiques de la Chine ont diminué de 57 % par rapport à 2019 sur une base mondiale. 

 

Ainsi, le China Outbound Tourism Research Institute a montré que 6,7 millions de Chinois ont visité la France, l’Allemagne et l’Italie combinées au cours de l’année 2019, contre seulement 226 000 au cours des 12 mois précédents septembre 2022. 

La réouverture de la Chine pourrait donc être bénéfique aux secteurs des exportations et du tourisme européens. Du point de vue des taux, si un afflux de dépenses touristiques venait à maintenir l’inflation des services à des niveaux trop élevés, cela pourrait devenir une préoccupation majeure. Non seulement l’inflation des services a ralenti à 4,2 % en janvier (contre 4,4 % en décembre), mais les restaurants et les hôtels connaissent, depuis juillet 2022, une inflation supérieure à 8 %. Cette situation est dans l’ensemble plutôt positive pour l’Europe, mais encore une fois, cela renforce l’idée que les taux directeurs en Europe et ailleurs pourraient rester plus élevés pendant plus longtemps que ce qu’anticipent de nombreux investisseurs.
 

La fiscalité des dons manuels en question

L’absence de spontanéité dans la révélation d’un don manuel lors d’un contrôle fiscal exclut l’option de déclaration différée dans le mois suivant le décès du donateur.

L’absence de spontanéité dans la révélation d’un don manuel lors d’un contrôle fiscal exclut l’option de déclaration différée dans le mois suivant le décès du donateur. 

 

Cette position est partagée à la fois par la jurisprudence de la Cour de cassation et la doctrine administrative. Dans une décision récente, la Cour de cassation a annulé un arrêt de la cour d’appel (Cass. com. 25-1-2023 n° 20-16.700) concernant la révélation de dons manuels lors d’un contrôle fiscal. La cour d’appel avait exonéré le contribuable des droits réclamés, considérant que la révélation était spontanée puisqu’elle avait été faite avant le début de l’examen de la situation fiscale personnelle (ESFP). Cependant, selon la Haute juridiction, la révélation avait été faite lors du premier entretien avec le vérificateur, au cours de l’ESFP, et donc l’option de déclaration différée ne pouvait pas être exercée.

Qui a touché une prime Macron ?

La prime de partage de la valeur, également connue sous le nom de « prime Macron », a été attribuée à 5,5 millions de salariés en 2022.

Gabriel Attal, ministre délégué en charge des Comptes publics, a annoncé que la prime de partage de la valeur, également connue sous le nom de « prime Macron », a été attribuée à 5,5 millions de salariés en 2022. 

 

Cette prime a remplacé la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa) depuis juillet 2022 et incite les employeurs à verser une prime à leurs employés. En 2022, elle a été versée pour un montant total de près de 4,4 milliards d’euros, soit une augmentation de 50% par rapport à 2021. En moyenne, les salariés ont touché 789 euros grâce à cette prime. Les petites entreprises ont versé la plus grande partie de la prime de partage de la valeur en 2022, avec 58 % des primes versées dans les TPE et PME. Les entreprises de neuf salariés ou moins ont versé un montant total de 1,04 milliard d’euros à 989 000 salariés, tandis que celles de 10 à 19 salariés ont versé 379 millions d’euros à 429 000 salariés. Gabriel Attal a déclaré que « les profits, ça doit être aussi pour les salariés ». 

 

Cette annonce intervient après un accord conclu récemment entre syndicats et patronat sur le « partage de la valeur », qui sera transcrit dans la loi selon les engagements d’Elisabeth Borne, Première ministre. Ce texte vise à généraliser les dispositifs tels que l’intéressement, la participation et les primes de partage de la valeur à toutes les entreprises de plus de 11 employés.

Pourquoi les placements structurés ont le vent en poupe ?

En cette période trouble où l’inflation impacte le pouvoir d’achat des Français et où les investissements rentables se font rares, les produits structurés pourraient représenter une opportunité méconnue.

En cette période trouble où l’inflation impacte le pouvoir d’achat des Français et où les investissements rentables se font rares, les produits structurés pourraient représenter une opportunité méconnue.

 

Il s’agit de produits financiers dérivés, caractérisés par un sous-jacent divers, une échéance et un mécanisme de remboursement anticipé, ainsi qu’une performance capée et une protection partielle du capital.

 

Les produits structurés permettent donc d’investir sur les marchés financiers tout en protégeant partiellement son capital. En cas de hausse de l’indice de référence, le produit est rappelé et l’investisseur peut récupérer une plus-value. En cas de baisse modérée de l’indice, l’investisseur récupère sa mise de départ sans subir de moins-value. Les produits structurés s’envisagent sur le moyen ou long terme, avec une échéance variant entre 5 et 10 ans. Ils peuvent représenter une opportunité pour les investisseurs cherchant à obtenir un rendement proche ou supérieur au taux d’inflation tout en protégeant leur capital.

Illustration du fonctionnement avec un exemple concret

 

Prenons un produit structuré fictif dont le sous-jacent est l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40. Il peut être souscrit jusqu’au 30 octobre 2022 inclus et a une échéance de 5 ans. Il expire donc le 30 octobre 2027.  Il est conçu avec avec un mécanisme de remboursement anticipé à la date anniversaire de constatation annuelle (30 octobre 2023, 30 octobre 2024, etc.). 
 

Si à ces dates, le CAC 40 affiche un cours supérieur à celui de la constatation initiale (30 octobre 2022), alors le produit est rappelé et l’investisseur reçoit 6 % de plus-value (soit 106 % de la mise de départ). 
 

Si le cours du CAC 40 est inférieur à celui du 30 octobre 2022, le produit  a raté sa cible et continue jusqu’à la prochaine échéance annuelle et le coupon n’est pas distribué mais gardé en mémoire. 

 

Le 30 octobre 2024, si le cours du CAC 40 est supérieur à celui de la constatation initiale l’année suivante, , l’investisseur touche 112 % de la mise de départ (118 % pour l’année 3, 124 % pour l’année 4 et 130 % pour l’année 5).
 

Si le cours du CAC 40 est resté inférieur au cours de constatation initiale durant les 5 ans, le produit continue jusqu’à l’échéance et bénéficie d’une protection partielle du capital en cas de baisse de l’indice. 
 

Par exemple, si à l’échéance l’indice CAC 40 affiche une baisse mesurée, par exemple comprise entre 0 % et 40 %, l’investisseur récupère sa mise de départ et n’a pas de moins-value à déplorer. En revanche, si l’indice CAC 40 enregistre une baisse importante, supérieure à 40 %, l’investisseur subit une perte en capital à la hauteur de la baisse de l’indice.
 

Immobilier : Vers une stabilisation du marché résidentiel américain ?

Une stabilisation du secteur résidentiel confirmerait la solidité de l’activité aux Etats-Unis en ce début d’année. Analyse de Lazard frères gestion.

Une stabilisation du secteur résidentiel confirmerait la solidité de l’activité aux Etats-Unis en ce début d’année. Analyse de Lazard frères gestion.

 

Pour le deuxième mois consécutif, l’indice NAHB de confiance des constructeurs de maisons progresse au-delà des attentes. Après avoir touché un point bas en décembre dernier à 31, il atteint 42 en février. Les mises en chantier ont par ailleurs atteint un pic en avril dernier et ont depuis baissé de 23%. 

 

L’investissement résidentiel avait déjà commencé à s’affaisser entre le premier trimestre 2021 et le premier trimestre 2022 du fait de l’augmentation des délais de construction, mais entre le T2 2022 et le dernier trimestre, il a chuté brutalement de 19%, retranchant 0,9% au PIB. Le marché immobilier américain reste caractérisé par une relative rareté des logements à vendre et plus globalement par un taux de vacance historiquement bas. Si la forte hausse des taux hypothécaires a pu paralyser les acteurs l’année dernière, leur stabilisation semble leur redonner de la visibilité. D’autres facteurs, comme la baisse du prix du bois de construction au plus bas niveau depuis 2020, vont également dans le bon sens.
 

Une stabilisation du secteur résidentiel confirmerait la solidité de l’activité aux États-Unis en ce début d’année, ce qui renforcerait la probabilité que la Fed doive remonter davantage ses taux pour réduire les pressions inflationnistes.
 

L’inflation va-t-elle encore accélérer en mars ?

Le risque d’un « mars rouge » qui verrait l’inflation accélérer au printemps semble faible, selon le cabinet d’étude Asterès.

Le risque d’un « mars rouge » qui verrait l’inflation accélérer au printemps semble faible, selon le cabinet d’étude Asterès.

 

Les négociations entre la grande distribution et les fournisseurs font craindre des hausses de prix à partir du printemps, d’où l’expression « mars rouge » qui signifie une hausse de l’inflation en mars. Ce scénario ne semble pas le plus probable si on en croit les prévisions de l’Insee. De plus, l’alimentation de représente que 16 % de l’Indice des prix à la consommation, limitant l’effet d’une éventuelle accélération de la hausse des prix alimentaires sur l’inflation.

 

– L’inflation sur les produits alimentaires devrait rester élevée au printemps mais pas accélérer d’après l’Insee. L’inflation a atteint 13,2 % en glissement annuel en janvier 2023 (c’est-à-dire par rapport à janvier 2022) sur les produits alimentaires. D’après l’Insee, ce taux resterait globalement stable jusqu’en juin : l’inflation sur les produits alimentaires serait de 13,7 % en février et de 13,4 % en mars.

 

– L’inflation totale baisserait légèrement au printemps. Le terme de « mars rouge » fait référence aux prix dans la grande distribution, qui ne représentent qu’une petite partie des dépenses des Français, principalement dans l’alimentation (les services représentent quant à eux la moitié de l’Indice des prix à la consommation). Ainsi, malgré une inflation qui resterait forte (mais pas croissante) sur l’alimentation, l’inflation baisserait au printemps 2023, notamment du fait d’une moindre inflation sur l’énergie. D’après l’Insee, l’inflation serait de 5,0 % en glissement annuel en juin, après 6,0 % en janvier et février et 5,2 % en mars.
 

Qui veut mettre la main sur le livret A ?

Le Livret A pourrait financer le nucléaire : qu’en pensent les Français ? Réponse de Maxime Chipoy de MoneyVox.

Le Livret A pourrait financer le nucléaire : qu’en pensent les Français ? Réponse de Maxime Chipoy de MoneyVox.

 

Depuis le 1er février 2023, le taux du placement préféré des Français est passé à 3%. Il s’agit de sa troisième revalorisation consécutive, après celles de février 2022 et août 2022, compte tenu de l’inflation. Au travers d’une étude* réalisée par YouGov, MoneyVox a souhaité mettre en exergue les comportements des Français face à l’augmentation du taux ainsi que leur connaissance du Livret A.

 

En parallèle, le gouvernement envisage depuis quelques semaines de financer le nucléaire à partir des sommes déposées sur le Livret A. Qu’en pensent les Français ? Décryptage avec les résultats de l’étude.
Compte tenu de l’inflation, le taux de rémunération du Livret A est passé à 3% en février 2023. Cette hausse du taux pourrait modifier le comportement des Français puisque 45% des Français souhaitent y placer davantage d’argent.
 

Cependant, lorsque l’on demande aux Français comment est utilisé l’argent du Livret A, on observe une méconnaissance puisque 30% d’entre eux n’ont aucune idée de l’usage des sommes déposées sur leur livret. En parallèle, seulement 39% d’entre eux savent que les fonds peuvent être utilisés pour la construction et la réhabilitation de logements sociaux, 20% savent que l’argent peut être placé sur des actifs financiers et 12% ont conscience que l’argent peut servir à faire des prêts pour la construction ou la rénovation d’écoles.
« La connaissance par les Français de l’usage fait de l’argent du Livret A reste très limitée : même le financement des logements sociaux – 1ère de ses missions – n’est connue que de 39% d’entre eux, et essentiellement par les plus âgés. Les autres missions sont quasiment inconnues », déclare Maxime Chipoy, président de MoneyVox.

 

Le financement du nucléaire par le Livret A divise les Français
 

Jusqu’alors, l’argent déposé par les Français sur leur Livret A servait donc à financer le logement social et la politique de la ville des collectivités. Depuis quelques semaines, le gouvernement envisage de flécher une partie des centaines de milliards d’euros que les ménages mettent sur ces comptes pour construire les futurs réacteurs nucléaires.
 

Si 45% des personnes sondées seraient favorables à l’idée de financer le nucléaire (16% totalement favorables et 29% plutôt favorables), 37% sont opposés cette idée (17% plutôt défavorables et 20% totalement défavorables). On observe donc une nette division de l’opinion des Français sur la question du nucléaire.
« Même si la durée des prêts – 40 à 60 ans – permise par la collecte du Livret A colle parfaitement avec le cycle de vie du nucléaire, on voit ici que le financement des centrales par le placement préféré des Français est loin de faire consensus. Le gros tiers des Français opposé à ce financement irait-il jusqu’à boycotter le Livret en cas d’adoption de cette mesure ? », s’interroge Maxime Chipoy.
 

A l’inverse, il est important de noter qu’une large majorité des Français seraient favorables à l’idée que l’argent placé sur le Livret A serve à financer la transition écologique (64% favorables et parmi eux 23% très favorables).
 

Coût de la vie : les vraies différences Paris / Province

Comment le niveau de dépenses des ménages varie-t-il en fonction des territoires ? Et finalement, comment cela affecte-t-il leur niveau d’aisance financière ?

Comment le niveau de dépenses des ménages varie-t-il en fonction des territoires ? Et finalement, comment cela affecte-t-il leur niveau d’aisance financière ?

 

En fonction de l’endroit où ils vivent, les ménages français font face à des prix différents. C’est particulièrement vrai pour le logement. Les ménages de l’hexagone font face à des contraintes et donc à des coûts différents, notamment en termes de déplacement. Comment le niveau de dépenses des ménages varie-t-il en fonction des territoires ? Et finalement, comment cela affecte-t-il leur niveau d’aisance financière ? Éléments de réponses par France Stratégie.
 

France Stratégie analyse tout d’abord la façon dont les dépenses de transport et de logement varient en fonction de la taille de l’agglomération (aire d’attraction des villes) et de la localisation des ménages au sein de cette agglomération (centre versus périphérie). 
 

On observe bien, en moyenne, des écarts de dépenses relativement importants d’une localisation à l’autre. Par exemple, en périphérie des grandes aires urbaines, la dépense cumulée de transport et de logement est 15 % plus élevée que dans les pôles des aires urbaines de taille moyenne. Mais est-ce dû à des différences de prix ? 

A des contraintes spécifiques ? Pas vraiment.
 

Si les dépenses moyennes sont différentes, c’est d’abord parce que les ménages qui vivent dans ces différents territoires sont différents, en particulier en termes de revenu. Pour un ménage d’un niveau de ressources et d’une configuration familiale donnés, le niveau de dépense cumulée de transport et de logement est en fait sensiblement le même quelle que soit la localisation. 
 

Cela ne veut pas dire que les prix sont partout les mêmes. Mais les ménages s’y adaptent. Ils compensent des prix du logement plus élevés par des logements plus petits, arbitrent entre dépenses de logement et dépenses de transport, etc. Finalement, à ressources et configuration familiale données, ils consacrent des montants assez proches, d’un territoire à l’autre, aux dépenses de transport et de logement prises ensemble. Et les écarts en dépenses d’un territoire à l’autre reflètent d’abord des différences de revenus moyens. Seule exception à cette règle : la région parisienne, où, en raison du niveau des loyers et des prix immobiliers, un même ménage aura une dépense cumulée de transport et de logement nettement plus élevée que s’il vivait ailleurs en France.
 

Où donc se situent les ménages les plus à l’aise financièrement et ceux pour lesquels il est le plus difficile de boucler son budget ? Pour répondre à cette question, France Stratégie propose un indicateur d’aisance financière qui tient compte à la fois des ressources des ménages, mais aussi des coûts et contraintes auxquels ils font face : le « reste à dépenser ». Cet indicateur mesure ce qu’il reste à un ménage une fois qu’il a fait face à ses dépenses de transport, de logement, mais aussi d’alimentation.
 

Si c’est en région parisienne que le coût du panier transport-logement-alimentation est, de loin, le plus élevé pour un ménage donné, c’est aussi dans cette région que le niveau moyen des ressources est le plus élevé, et de loin. Aussi, c’est dans l’agglomération parisienne que le « reste à dépenser » moyen des ménages est le plus élevé (environ 1150 euros par mois et par unité de consommation en 2017).  A l’inverse, son montant moyen est faible au centre des zones d’emploi et dans les communes qui en sont éloignées de plus de 30 km (respectivement 880 et 850 euros par mois et par unité de consommation).
 

Mais une partie de la dépense, au moins pour les ménages suffisamment aisés, ne correspond pas forcément à une nécessité. Par exemple, on peut se déplacer au même rythme avec une voiture d’occasion à 5000 euros et une voiture de luxe à 200 000 euros. On propose donc une version plus élaborée du « reste à dépenser » en estimant, pour chaque ménage, ce qu’il lui resterait s’il avait le niveau de dépenses d’un ménage modeste partageant avec lui ses autres caractéristiques (configuration familiale et localisation en particulier). C’est une façon d’isoler, dans les dépenses, ce que l’on peut considérer comme dépendant de son niveau de vie. Avec cette nouvelle version, le reste à dépenser des ménages aisés est plus élevé puisqu’on calcule ce qu’il leur resterait s’ils dépensaient comme des ménages modestes. Et celui des ménages pauvres est au contraire diminué. Mais les conclusions sur les différences géographiques sont inchangées et même renforcées : ce sont d’abord les écarts de ressources qui expliquent les écarts de reste à dépenser d’un territoire à l’autre, avant d’éventuelles différences de besoins ou de coûts.
 

Le mouvement des Gilets jaunes a conduit à émettre l’hypothèse qu’il pouvait manquer à notre politique sociale des instruments spatialisés de redistribution. Aux prix de 2017, il ne coûtait pourtant pas plus cher pour un ménage de résider à la périphérie d’une zone d’emploi plutôt qu’en son centre : dépenses de transport et de logement tendent à se compenser, sauf en région parisienne. Il n’en demeure pas moins que c’est dans les périphéries des zones d’emploi, comme dans leurs centres, qu’on trouve les ménages aux budgets les plus contraints. Non parce qu’ils font face à des coûts plus élevés, mais parce que leurs ressources sont plus faibles. 
 

Défaillances d’entreprises en France : que faut-il espérer ou craindre en 2023 ?

AU Group et EY proposent dans leur nouvelle étude portant sur les prévision de défaillances d’entreprises en 2023.

AU Group et EY proposent dans leur nouvelle étude portant sur les défaillances d’entreprises. Il s’agit d’une analyse qualitative de la situation des entreprises françaises pour l’année 2023, et quantitative en s’appuyant sur les données d’Allianz Trade 2022. 

 

Dans un contexte actuellement tendu (inflation, tensions sociales, incertitudes géopolitiques…), quels sont les entreprises et secteurs en difficulté ? Comment mieux les accompagner ? Comment préserver la trésorerie ? Focus sur les tendances attendues pour 2023.
 

Les experts interrogés dans cette étude s’accordent à dire, qu’hormis quelques défaillances de pointe, ce sont principalement les TPE qui sont en difficulté mais le mouvement s’oriente également vers les PME et ETI. Une accélération des dossiers de restructuration, notamment dans le cadre de procédures amiables sont constatées. Les secteurs le plus touchés sont l’industrie, l’agroalimentaire, l’automobile, le BTP et la tech dans les régions Ile-de-France, Auvergne Rhône Alpes ou Hauts-de-France.   
 

« Dans notre étude publiée l’année dernière, nous constations dès décembre 2021, une remontée des défaillances, marquée par une augmentation des dossiers en prévention et en conciliation. En 2022, ce phénomène s’est confirmé, s’accélérant mois après mois » explique Vivien de Lassée, Directeur Général chez AU Group. 
 

« 2022 aura été une année exceptionnelle sur le plan économique dans la plupart des secteurs d’activités. Il y a eu un rebond extraordinaire pour les entreprises en sortie de Covid, et nous avons connu un afflux de liquidité. Pour autant, une nouvelle hausse des défaillances d’entreprises, principalement des TPE (souvent plus fragiles, récentes et moins capitalisées), s’est accélérée sur le 2ème semestre. Nous avons été très sollicités, notamment dans des secteurs en difficulté comme l’automobile, le textile, l’aéronautique, le ferroviaire, et même le secteur agroalimentaire qui commençait à subir les 1ers effets de la crise que nous connaissons aujourd’hui » poursuit Guillaume Cornu, associé EY, responsable de l’activité Restructuring.

Prospective sur 2023 – Une reprise des défaillances attendue

 

« Beaucoup de paramètres se combinent en 2023 : instabilité géopolitique, inflation, hausse du coût de l’énergie, prix des matières… Dans ce contexte, nous nous attendons à un retour des défaillances à son niveau pré-covid avec à nouveau 40% d’augmentation, soit près de 59 000 défaillances envisagées d’ici fin 2023 » précise Olivier de La Pontais. « Au-delà de la poursuite de la hausse des défaillances qui touche désormais PME et ETI, nous avons constaté une augmentation des dossiers de restructuration des PGE au travers de la médiation du crédit pour les PGE supérieurs à 50K€, mais surtout au travers de procédure de conciliation pour les dossiers plus importants » déclare Guillaume Cornu. 

Dans le domaine des faillites d’entreprises, le retour à la normale va s’accélérer en 2023 
 

En 2022, après deux années de repli, les défaillances d’entreprises ont enregistré une progression forte et quasi généralisée. C’était attendu, avec la fin programmée des mesures d’urgence et des financements massifs des Etats. Cela s’est consolidé avec les effets domino de la guerre en Ukraine, à travers la flambée des prix de l’énergie et des matières premières, et des multiples épisodes de confinements en Chine, notamment sur les chaînes d’approvisionnement.

Le rebond des faillites qui s’est enclenché en 2022 n’est pas terminé. Les réserves accumulées depuis la reprise ont permis d’absorber les chocs sur 2022, au moins en partie, mais cette résilience des entreprises est confrontée à une triple menace pour 2023 : une croissance plus faible, des marges réduites et des conditions de financement qui se détériorent. 

L’année 2023 est un saut dans l’inconnu pour les ETI françaises
 

Portées par le plan « France Relance » et par les mesures de compétitivité prises lors du précédent quinquennat (baisse de la fiscalité de production notamment), les ETI ont atteint en 2021 et au premier trimestre 2022 le plus haut niveau de création d’emplois (+ 50 000 emplois nets) et d’investissements (+42% vs. 2019) depuis 2009. 

À l’été 2022, l’horizon s’est considérablement obscurci, spécialement pour les ETI industrielles qui affrontent leur troisième crise en deux ans. « Face à une crise inédite des coûts de production (inflation des matières premières, des intrants, et explosion des coûts de l’énergie), la résilience des ETI est, une nouvelle fois, sévèrement mise à l’épreuve en 2023 » explique Alexandre Montay Délégué Général du METI. L’année 2023 s’annonce pour nombre d’entre elles comme un véritable saut dans l’inconnu.

Le changement de paradigme se confirme
 

Après une année record en 2021, le marché du capital de risque et du growth equity a ralenti cette année. Selon Franck Sebag Associé, EY « Près de 400 milliards de dollars de valorisations sont partis en fumée en 2022. » 

Avec la remontée des taux d’intérêt, l’inflation galopante et le ralentissement de la croissance économique, les tours de table se sont raréfiés et les valorisations des startups ont été revues à la baisse. En 2023, il faudra faire des choix tout en garantissant un profil de croissance compatible avec l’attente des investisseurs. 

Renforcer les outils de BFR est plus que jamais d’actualité pour les entreprises
 

Dans le contexte de crise sanitaire, les entreprises ont pu recevoir l’appui de l’État au travers des prêts garantis (PGE) mais elles sont aujourd’hui redevables d’une dette. 2022 était l’année du début des remboursements qui ont majoritairement été étalés sur quatre ans avec l’année de franchise supplémentaire. La période d’amortissement de ces prêts aura un impact immédiat sur la trésorerie disponible des sociétés et sur leur capacité d’investissement. Largement démocratisé et prenant une place de plus en plus importante dans le financement du crédit inter-entreprises, l’affacturage s’impose comme une solution pouvant soutenir les trésoreries des sociétés vendant en B2B.
 

Comment les jeunes sont-ils adaptés à la baisse de leur pouvoir d’achat ?

Alors que l’inflation connait un taux record en janvier 2023, comment les jeunes sont-ils adaptés à la baisse de leur pouvoir d’achat ?

En ce début d’année, OpinionWay réalise pour Clearpay, l’un des leaders mondiaux du paiement fractionné en ligne, une étude visant à décrypter les habitudes de consommation des jeunes.

 

Alors que l’inflation connait un taux record en janvier 2023, les jeunes sont-ils toujours au rendez-vous de la Saint-Valentin ? Des vacances d’hiver ? Comment les jeunes sont-ils adaptés à la baisse de leur pouvoir d’achat ? 
Malgré la baisse du pouvoir d’achat des Français et une inflation à 6% en janvier 2023 (vs janvier 2022), les jeunes fêtent toujours la Saint-Valentin : 87% des 15-35 ans font au moins un achat à cette occasion en 2023. Cette donnée atteint même 94% chez les 20-24 ans interrogés. En ce qui concerne le budget du cadeau, les 15-35 ans dépensent en moyenne 81€.
 

Les cadeaux privilégiés sont les vêtements/accessoires de mode (40%) et les bijoux (39%). Sont également cités les produits liés aux loisirs et à la culture (24%), les produits de beauté et cosmétiques (23%) ou encore les produits de décoration/fleurs (19%). On note que la plupart des achats se font en magasin (76%).
 

Si l’on s’intéresse à la Génération Z (15-25 ans), le budget moyen s’élevait à 151€ en 20221, ce chiffre est de 72,50€ en 2023. Le budget Saint-Valentin de la Génération Z a donc diminué de -52% en un an ! Cela pourrait être une répercussion directe de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat des jeunes. En effet, 65% des jeunes estiment que le contexte d’augmentation des prix les a incités à acheter un cadeau moins cher ! 
 

Donnée intéressante, 39% des interrogés déclarent avoir déjà utilisé une solution de paiement fractionné pour leurs achats de Saint Valentin dans le passé. En 2023, 44% des jeunes estiment que l’inflation les incite à acheter leur cadeau via paiement fractionné. De quoi mieux gérer son budget et consommer de manière plus responsable dans une période de pouvoir d’achat contraint. 
 

79% des jeunes interrogés sont d’accord pour dire qu’ils sont inquiets concernant leur pouvoir d’achat dans les mois à venir. À l’âge où une majorité de la population commence à prendre son envol avec un premier appartement ou un premier emploi, ce sont les 20-24 ans se disent les plus inquiets (86%). En première ligne face au problème, les jeunes ont déjà commencé à revoir leurs habitudes de consommation : 

 

74% avouent avoir d’avantage acheté des produits en solde cette année pour compenser la baisse de leur pouvoir d’achat.
 

Parfois prêts ou contraint de renier sur leurs plaisirs personnels, 50% des jeunes ont décidé d’annuler leurs vacances d’hiver en 2023 à cause de la hausse des prix. 69% de ceux qui partiront en vacances déclarent avoir revu à la baisse leur budget.
Avec une situation économique compliquée et qui semble s’inscrire dans la durée, 79% des jeunes ont bien prévu de changer leurs habitudes d’achat à cause de l’augmentation des prix. De ce fait, 56% d’entre eux ont notamment prévu d’utiliser une solution de paiement en plusieurs fois. C’est chez les 20-24 ans (59%) et les 30-35 ans (60%) que cette donnée est la plus forte.