Emploi : ce que cache la baisse du chômage

La rapide hausse du nombre d’emplois constatée depuis 2020 traduit parallèlement une baisse de la productivité du travail.

 

La situation du marché du travail s’est stabilisée en France au quatrième trimestre. Mais la rapide hausse du nombre d’emplois constatée depuis 2020 traduit parallèlement une baisse de la productivité du travail.

 

 

Le taux de chômage a connu une légère baisse de -0,1 point au quatrième trimestre. Le taux d’emploi est quant à lui resté stable.

 

Le taux d’emploi en CDI est à la hausse, ainsi que la proportion de jeunes ni en emploi ni en formation.

 

Le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail a légèrement diminué au troisième trimestre pour s’établir à 7,2 %, soit une baisse de 45 000 chômeurs. Hormis la baisse du chômage du deuxième trimestre 2020, avant tout liée au contexte très spécifique de la crise sanitaire, le taux de chômage se situe sur un plus bas depuis 2008. Le nombre de personnes dans le halo du chômage (qui ne répondent pas exactement à la définition du chômage mais en sont proches) est à l’inverse en légère hausse de 38 000 personnes au quatrième trimestre.

 

Le taux d’emploi des 15-64 ans est stable au quatrième trimestre, à 68,3 %. Il plafonne ainsi à un plus haut historique.
 

Le taux d’emploi en CDI augmente pour sa part de 0,4 point, à 50,5 %.

 

La part des jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation rebondit de 0,9 point au quatrième trimestre pour atteindre 12,5 %. Ce niveau représente néanmoins une nette baisse comparé à un taux de jeunes ni en formation ni en emploi qui était supérieur à 14 % en 2015 et qui avait atteint plus de 15 % en 2020, pendant la crise sanitaire.

 

Le fort rebond de l’emploi au sortir de la crise sanitaire, plus rapide que la hausse du PIB, implique une baisse de la productivité du travail. Cette évolution pourrait s’expliquer par les perturbations induites par la crise sanitaire ou la hausse du nombre d’apprentis, et ne traduit pas nécessairement une tendance durable.

 

À long terme, le pouvoir d’achat de la population évolue de façon parallèle à l’évolution de la productivité dans la mesure où le partage de la valeur ajoutée reste inchangé (ce qui est globalement le cas en France). Le fait que l’emploi ait progressé plus rapidement que le PIB ces dernières années implique une baisse de la productivité de chaque emploi, qui a décliné d’environ 3 % en 4 ans. Cette tendance, si elle s’avérait durable, serait un frein puissant à la progression du pouvoir d’achat des salariés.

 

La baisse de la productivité par salarié peut s’expliquer par les perturbations générées par la crise sanitaire, par la baisse du temps de travail et par la composition de l’emploi. Au quatrième trimestre 2022, le nombre d’heures travaillées par emploi était inférieur de 1 % au niveau de fin 2019, ce qui entraîne une baisse mécanique de la production de chaque emploi. Certains secteurs comme l’aéronautique ou l’automobile ont vu leur activité perturbée mais n’ont pas diminué leur nombre de salariés en anticipation d’un rebond d’activité à venir. En conséquence, la productivité mesurée par salarié a baissé dans ces secteurs. Les changements de postes des salariés (hausse d’environ 20 % des démissions entre 2019 et 2022)1 ont pénalisé la productivité de façon momentanée (avec des salariés qui deviennent en moyenne moins expérimentés), mais la tendance n’est pas mécaniquement durable. 

 

La hausse sensible des contrats d’apprentissage (qui représentaient environ un tiers des créations d’emploi en 2020) peut également entraîner une baisse du niveau d’expérience et donc de la productivité moyenne de l’ensemble des travailleurs, une tendance passagère qui devrait se résorber à mesure que les apprentis gagneront en savoir-faire.

 

(source Asterès)
 

Crédit immobilier : du mieux en fin d’année ?

L’accès au financement immobilier demeurera compliqué pour les emprunteurs au premier semestre 2023. La hausse des taux des prêts immobiliers se poursuit donc pour le 13e mois consécutif.

 

L’accès au financement immobilier demeurera compliqué pour les emprunteurs au premier semestre 2023. La hausse des taux des prêts immobiliers se poursuit donc pour le 13e mois consécutif.

Le taux moyen des crédits immobiliers du secteur concurrentiel, hors assurances et sûretés, s’est établi à 2,59 % en janvier, contre 2,34 % en décembre. La hausse des taux des prêts immobiliers se poursuit donc pour le 13e mois consécutif. Tous marchés confondus, les taux moyens des prêts à taux fixe s’échelonnent entre 2,43 % pour les prêts sur 15 ans, 2,59 % pour les prêts sur 20 ans et 2,74 % pour ceux sur 25 ans. L’Observatoire Crédit Logement / CSA indique que les taux dépassent maintenant les 3 %, pour les emprunteurs les moins bien dotés en apport personnel, notamment sur des prêts à 25 ans.

 

Selon Cafpi, nous allons assister à une hausse d’environ 20 centimes chaque mois jusqu’à une stabilisation autour de 3,5%, voire légèrement plus. Certes, les acheteurs se financeront encore à des taux négatifs au regard de l’inflation, mais ils seront confrontés à une contraction importante et brutale de leur pouvoir d’achat immobilier. Leurs mensualités seront 20% plus élevées que celles qu’ils auraient eues en empruntant, il y a seulement un an, à 1%.

Dans ce contexte haussier, les directives du Haut Conseil de stabilité financière, en vigueur depuis janvier 2022, qui plafonnent le taux d’endettement à 35% et la durée d’emprunt à 25 ans, constitueront un handicap supplémentaire pour les candidats emprunteurs.

 

D’autant que l’offre de crédit va rester sous contrainte, les banques françaises devant rembourser, d’ici juin, un montant très important – 350 milliards d’euros – de refinancements qui leur avaient été accordés par la Banque centrale européenne au début de la pandémie, lors du premier confinement. On peut légitimement s’attendre à ce qu’elles demeurent prudentes sur l’octroi de nouveaux crédits dans les prochaines semaines…tout en cherchant à accélérer la collecte d’épargne.

Si les conditions de marché restent ce qu’elles sont aujourd’hui, notamment en matière d’inflation, l’étau sur les emprunteurs pourrait se desserrer à l’été 2023. Le taux d’usure sera mieux corrélé aux conditions de marché, les coûts de refinancements des banques seront stabilisés – c’est déjà le cas depuis mi-octobre – comme, d’ailleurs, les taux directeurs de la Banque centrale européenne. Le relèvement de 0,5% annoncé par la BCE jeudi 2 février, qui était attendu et avait déjà été intégré par les marchés, sera sans doute l’avant-dernier de ce cycle.

Enfin, les volumes de transactions immobilières devraient connaître une baisse assez marquée, accompagnée d’une modeste correction des prix, de l’ordre de 5%.
 

Relance, gestion, financement, les perspectives des entreprises en 2023

Selon l’étude Cabinet ARC / IFOP : 80% des entreprises interrogées ne prévoient pas de croissance de leur activité au 1er semestre 2023.

 

Selon l’étude Cabinet ARC / IFOP : 80% des entreprises interrogées ne prévoient pas de croissance de leur activité au 1er semestre 2023.

Afin de mettre en lumière l’état d’esprit des entreprises françaises dans le contexte économique et géopolitique actuel et après une année 2022 chaotique, le Cabinet ARC a mené, avec l’IFOP, une étude portant sur la perception par les entreprises françaises de l’avenir économique du pays, le financement des TPE/PME ainsi que sur la problématique des délais de paiement ces trois derniers mois et leur impact sur la gestion de trésorerie.

80% des entreprises interrogées ne prévoient pas de croissance de leur activité au 1er semestre 2023, soit +10 points par rapport à il y a 6 mois, et 13% en anticipent même le recul. Un résultat traduisant une certaine morosité qui se retrouve également dans le degré de confiance des répondants : 65% se sont déclarés pessimistes voire très pessimistes quant à l’évolution du climat économique français au cours des 6 prochains mois, ceci dans un contexte où le coût de l’énergie (30%) et l’inflation (32%) sont les principales difficultés qu’ils rencontrent.

 

33% des entreprises ne pensent pas pouvoir faire face au remboursement cumulé de leurs créances, PGE, investissements et factures. D’autant plus que :

 

– Plus de 7 entreprises sur 10 (73%) ont déclaré que c’est en premier lieu via l’allongement des délais de paiement des fournisseurs que seraient compensés les besoins en trésorerie. D’ailleurs, 22% des sociétés interrogées estiment que les délais de paiement de leurs clients se sont détériorés au cours du dernier trimestre 2022.

Une situation qui était déjà perceptible en septembre dernier : 80% des répondants avaient indiqué que les délais de paiement risquaient de devenir la variable d’ajustement à la crise pour la gestion des trésoreries.

– Pour plus d’1 entreprise sur 2, les banques se désengageront vis-à-vis des TPE/PME qui n’ont pas encore remboursé leur PGE utilisé.

 

48% des sondés pensent que, au regard de la situation économique actuelle, les assureurs-crédit se désengagent vis-à-vis des TPE/PME : un résultat en forte hausse par rapport à septembre 2022 (+12 points),

 

Pour la quasi-totalité des entreprises interrogées (95%), l’arrêt progressif du « quoi qu’il en coûte « , cumulé aux effets des différentes crises (post covid19, Ukraine, hausse du coût des matières premières et de l’énergie), entraînera une augmentation du nombre de dépôts de bilan de leurs clients. Celle-ci sera « importante » voire
« extrêmement importante » pour 39% des sondés.
 

La bonne année des SCPI

Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont connu une année 2022 très positive, offrant des rendements satisfaisants à leurs associés.

Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont connu une année 2022 très positive, offrant des rendements satisfaisants à leurs associés.

 

Selon la plateforme France SCPI, le taux de distribution moyen sur le marché a atteint 4,51%, légèrement supérieur à celui communiqué pour 2021 par l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) et l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim), de 4,45%.

Les SCPI diversifiées dans plusieurs types d’actifs ont surperformé avec un taux de distribution moyen de 5,57%, en progression par rapport à 2021. Les acteurs spécialisés dans la logistique arrivent en deuxième position avec un rendement moyen de 5,45%, bien que légèrement en retrait par rapport à l’année précédente. Selon Paul Bourdois, cofondateur de France SCPI, la demande pour ces actifs augmente, ce qui rend l’acquisition d’actifs plus difficile en raison de la concurrence accrue et des opportunités d’investissement limitées.

Les SCPI investies dans le secteur de l’hôtellerie ont connu une inversion de tendance, affichant un taux de distribution de 5,10% en 2022, après deux années difficiles en raison de la pandémie de Covid-19. 

 

Les SCPI de commerces ont également amélioré leurs performances avec un taux de distribution moyen de 4,81% en 2022, contre 4,38% en 2021. 

 

Les SCPI de santé, de bureaux et investies dans le secteur résidentiel ont maintenu des performances honorables, bien que certains aient connu des évolutions contrastées. Dans l’ensemble, les SCPI ont fait preuve de stabilité en 2022 malgré un contexte économique, social et écologique imprévisible.
 

Bourse : 2023, l’année de la « value » ?

2023 devrait rester favorable aux actions « value » mais gare aux pièges de valeur. Analyse de Arne Krest, gérant DPAM.

Tout comme l’année dernière, 2023 devrait rester favorable aux actions « value » mais gare aux pièges de valeur. Analyse de Arne Krest, gérant DPAM.

En 2022, les actions et obligations ont souffert d’une année marquée par des bouleversements sans précédent. L’inflation a atteint un niveau plus rencontré depuis des décennies. Les banques centrales ont relevé les taux à un rythme effréné. La guerre a exacerbé une crise énergétique déjà profonde et infligé de grandes souffrances en Ukraine. Sur les marchés financiers, après plusieurs années difficiles, le style « value » a fortement surperformé (au lecteur de décider s’il veut ajouter ce constat à la liste des bonnes ou des mauvaises nouvelles de l’an passé). Examinons dans un premier temps quels sont les facteurs qui ont favorisé le style « value » en 2022 et voyons dans un deuxième temps les raisons pour lesquelles ce type de titres pourrait encore délivrer de bonnes performances en 2023.

Début 2022, les écarts de valorisation entre les titres « value » et les titres « growth » étaient similaires à ceux observés durant la bulle Internet, créant ainsi une opportunité de surperformance des actions « value ». Toutefois, il ne suffit pas que l’opportunité existe pour qu’elle se concrétise. Dans ce cas, c’est la hausse des taux qui a servi d’amorce à la surperformance des actions « value ». Cette forte corrélation entre la progression des taux et celle des valeurs « value » ne se vérifie pas systématiquement mais se constate en 2022.

L’année 2022 marque la fin de « l’argent gratuit » et s’est traduite par des mouvements extrêmement volatils et brutaux sur les marchés financiers. De fait, l’environnement inflationniste et la hausse des taux ont provoqué un changement de comportement des investisseurs sur tous les marchés : leur intérêt s’est à nouveau centré sur les valorisations et non plus sur la croissance à n’importe quel prix. La guerre en Ukraine a attisé la crise énergétique latente et a accentué les pressions inflationnistes tout au long de l’année. Au regain d’appétit des investisseurs pour les valeurs « bon marché » est venu s’ajouter la surprise de bénéfices nettement meilleurs que ceux de leurs homologues plus chers. Cet environnement explique les performances exceptionnelles de l’approche « value », en particulier aux Etats-Unis où les titres du secteur de l’énergie ont affiché des performances extraordinaires alors que les titres de croissance les plus chers enregistraient les baisses les plus fortes du marché. 

En ce début 2023, la situation est différente même s’il existe encore plusieurs éléments favorables à l’approche « value ».  Les écarts de valorisation entre les titres « bon marché » et les titres « chers » sont toujours très importants, permettant ainsi de maintenir le potentiel de performance des titres « value ». Par ailleurs, l’attrait de leur valorisation ne se fait pas au détriment de la qualité des fondamentaux qui restent toujours bonne pour la majorité de ces titres – les marges bénéficiaires et les profils d’endettement des titres « value » se sont même légèrement améliorés. 

L’environnement macroéconomique a également changé par rapport à l’année dernière. Le cycle de hausse des taux est nettement plus avancé mais les perspectives sont devenues plus floues. Selon le consensus, la probabilité que la récession puisse être évitée, y compris en Europe, s’est accrue. D’un autre point de vue, la réouverture de la Chine pourrait faire évoluer cette probabilité dans un sens comme dans l’autre : la reprise de l’économie chinoise pourrait stimuler la croissance mondiale mais également entraîner un accroissement de la demande d’énergie et de son prix. 

Si cette phase de montée en puissance de la valeur appartient sûrement déjà au passé, il existe encore de nombreuses opportunités de choix dans ce secteur. Bien évidemment, compte tenu de l’incertitude sur les perspectives économiques et le durcissement des conditions de financement, il sera crucial de sélectionner soigneusement les titres « value » de manière à éviter les valeurs sans perspectives de retournement.  L’approche rigoureuse de l’analyse des valorisations doit être complétée par un examen de la qualité des entreprises, notamment de la qualité de leurs actifs, de leur profil d’endettement, et de la stabilité de leurs marges et la génération de « cashflows ».
 

Comment épargner pour ses enfants ?

Quelles sont les options d’investissement pour les enfants ? Voici une sélection de produits pour épargner tôt, en toute sécurité.

 

Quelles sont les options d’investissement pour les enfants ? Voici une sélection de produits pour épargner tôt, en toute sécurité.
 

Livrets bancaires
Le livret bancaire est souvent la première solution à laquelle les parents pensent pour placer l’épargne de leur enfant. Ils sont faciles à ouvrir, sûrs et totalement liquides, mais ils sont également peu rémunérateurs. Il est important de les considérer comme une tirelire pour épargner, et non pas comme un placement rentable. En raison de l’inflation élevée, l’argent de l’enfant perdrait de sa valeur.
 

Plan d’Épargne Logement (PEL)
Le Plan d’Épargne Logement (PEL) est un type de placement qui permet de financer un projet immobilier à la fin de celui-ci, avec un taux de rémunération fixe. Le PEL est un investissement très sûr avec un capital garanti à 100%, mais son taux de rémunération est également très peu élevé. Il est moins liquide qu’un livret bancaire et soumis à la flat tax.
 

Assurance vie
L’assurance vie est une enveloppe d’investissement qui peut être garantie en fonds euros ou dynamique en unités de compte. Si vous choisissez l’assurance vie en fonds euros, vous ne prenez aucun risque mais avez peu de rendement, alors que si vous optez pour l’assurance vie en unités de compte, c’est-à-dire placée sur des actions en Bourse ou de l’immobilier,  il y a une part de risque en échange d’un rendement plus élevé.
 

Nous préférons l’assurance vie en unités de compte pour les investissements à long terme pour les enfants. Bien qu’elle soit plus risquée qu’un livret bancaire, elle est également plus rémunératrice. Après 8 ans d’ouverture, l’assurance vie en UC bénéficie d’un avantage fiscal, avec un abattement de 4600€ sur les plus-values générées sur le contrat de l’enfant.
 

Votre épargne au service du nucléaire ?

Le gouvernement pourrait puiser dans les ressources du Livret A pour financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires.

Le gouvernement pourrait puiser dans les ressources du Livret A pour financer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires.

 

Cette décision représenterait un changement important car le Livret A a traditionnellement été utilisé pour financer le logement social. Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Épargne, considère cependant cette option comme « sécurisée » pour le financement à long terme du projet. 
 

Il explique que cela simplifierait les choses pour l’opérateur EDF, qui a une dette importante, et bénéficierait de la garantie de l’État. Cependant, cela représenterait une modification significative de l’utilisation des ressources du Livret A, qui sont généralement destinées au logement social. Philippe Crevel affirme que les ressources du Livret A pourraient être utilisées pour financer les nouvelles centrales nucléaires car il n’y a pas suffisamment de projets de construction de logements sociaux pour utiliser la totalité des fonds disponibles.
 

Profession libérale : l’ordonnance qui change tout ?

Une ordonnance vise à améliorer le cadre juridique applicable à l’exercice de professions libérales réglementées en société.

Une ordonnance vise à améliorer le cadre juridique applicable à l’exercice de professions libérales réglementées en société.

L’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées a été présentée en Conseil des ministres le 8 février 2023 et publiée le lendemain au Journal officiel. Elle vise à améliorer le cadre juridique applicable à l’exercice de professions libérales réglementées en société en le simplifiant, en le clarifiant, en le rendant plus lisible et en le sécurisant. Cette ordonnance définit les professions libérales réglementées, harmonise les dispositions les concernant et opère une simplification en convergeant les régimes d’exercice en société existants.

Le texte permet également la simplification de la transmission et de la fin de vie des sociétés civiles professionnelles, offre la possibilité aux personnes morales de devenir associées dans une société en participation de professions libérales et élargit le cadre de l’exercice pluri-professionnel. De plus, l’ordonnance améliore le dispositif des holdings libérales et renforce la protection de l’indépendance des professionnels en augmentant la transparence des structures vis-à-vis des autorités compétentes.
 

Le texte entrera en vigueur le 1er septembre 2024, sur le fondement de l’article 7 de la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l’activité professionnelle indépendante.
 

Un Français sur quatre ne peut pas couvrir ses dépenses

Une étude estime que plus d’un Français sur quatre ne peut pas couvrir ses dépenses essentielles avec son salaire et serait donc « financièrement vulnérable ».

Une étude estime que plus d’un répondant sur quatre ne peut pas couvrir ses dépenses essentielles avec son salaire et serait donc « financièrement vulnérable ». 
 

Alors que la crise économique est sur toutes les lèvres et que le taux d’inflation a atteint les 6% en France fin janvier, Tink, une des principales plateformes d’open banking en Europe, dresse le tableau des réalités financières des Français au travers de sa dernière étude menée avec l’institut de sondage Opinion Way. 
 

La récente étude menée par Tink en collaboration avec Opinion Way semble dépeindre une situation inquiétante pour les Français. À ce jour, on estime que plus d’un répondant sur quatre (27%) ne pourrait pas couvrir ses dépenses essentielles avec son salaire et serait donc « financièrement vulnérable ». Alors, pour faire face, les Français s’organisent et revoient leurs priorités. Alors que presque 6 Français sur 10 estiment devoir faire des choix entre différents produits essentiels (ne pouvant plus tout acheter), deux tiers (64%) déclarent réduire le montant qu’ils mettent de côté afin de privilégier leurs achats essentiels.

 

Au regard de la situation, il n’est alors pas surprenant que les Français soient inquiets quand il s’agit de leurs finances (on estime à 81%, le nombre de Français qui ne se disent pas « sereins » dans la gestion de leur budget au quotidien). Sans surprise, les jeunes sont d’ailleurs les plus touchés. Malgré cette angoisse – et leurs interrogations sur leur capacité à finir le mois – les Français admettent, dans plus d’un tiers des cas, ne pas consulter leurs comptes pour éviter tout stress supplémentaire. Finalement, ces tendances ne sont pas sans influencer la capacité des Français à suivre de près leurs dépenses (environ 29%) et impacte directement leur santé financière. 
 

Alors qu’une bonne partie des Français avoue être préoccupée par la gestion de ses finances, ils ne sont qu’un peu plus de 30% à utiliser les outils de gestion de budget fournis par les banques. Même les générations Y et Z – généralement plus à l’aise avec les outils digitaux, sont estimés à moins d’un sur deux ceux qui y ont recours aujourd’hui (45%). 
 

Que ce soit en écho à un souci de pertinence des outils proposés ou par manque d’information, la quasi-totalité des Français reconnaît que la période actuelle appelle à une surveillance plus forte de leurs finances (86%). Cependant, il semble qu’ils souhaiteraient un peu d’aide.
Selon l’étude, on estime que 61% des Français pensent que les banques disposent des outils nécessaires pour les aider à comprendre l’impact de la crise sur leurs dépenses. D’ailleurs, près d’un interrogé sur deux, juge qu’elles pourraient également les aider à mettre de l’argent de côté (47%). 
 

En ce sens, les services bancaires peuvent évoluer pour aider leurs clients. Pour cela, elles doivent non seulement apporter plus de clarté à leur client grâce à des outils numériques adaptés, mais aussi leur proposer de nouvelles approches liées au paiement. Alors que l’engagement dans des prêts à la consommation peut paraître risqué, il semble que 54%  pensent aujourd’hui que leur banque devrait être à même de leur proposer des alternatives au crédit lorsqu’ils sont à découvert. D’un autre côté, le recours à des solutions alternatives de paiement comme le paiement différé/fractionné ou encore l’utilisation des cartes de crédits semble avoir la faveur des Français et ceux-ci vont même jusqu’à les considérer comme des solutions viables pour les aider à pallier aux difficultés financières qu’ils peuvent rencontrer (49%). 
 

Cryptomonnaies : Surveillance renforcée des acteurs du secteur

Le 9 février 2023, la commission mixte paritaire réunie au Sénat a atteint un accord sur l’encadrement renforcé des acteurs du secteur des cryptoactifs.

Le 9 février 2023, la commission mixte paritaire réunie au Sénat a atteint un accord sur l’encadrement renforcé des acteurs du secteur des cryptoactifs.

 

L’objectif est double : protéger les investisseurs et renforcer la position pionnière de Paris dans la régulation des cryptoactifs.
 

La commission mixte paritaire a approuvé l’approche du Sénat, qui, sur la proposition d’Hervé Maurey, rapporteur de la commission des finances, avait adopté un renforcement de l’encadrement des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). L’Assemblée nationale a également soutenu ce travail en visant à améliorer la protection des investisseurs.
 

L’accord obtenu a considérablement amélioré le dispositif, notamment pour faire face au risque cyber, qui est particulièrement élevé dans le secteur des cryptoactifs. Les prestataires qui souhaitent s’enregistrer devront désormais disposer d’un système informatique sécurisé et résilient, ce qui se rapproche de l’agrément souhaité initialement par le Sénat. C’est un progrès majeur étant donné que près de 4 milliards de dollars de cryptoactifs auraient été volés en 2022.
 

La commission mixte paritaire a également retenu la proposition d’Hervé Maurey de rendre l’enregistrement renforcé opérationnel dès le 1er janvier 2024. Tous les acteurs sont d’accord sur cet objectif. Cela signifie que, compte tenu des six mois accordés à l’Autorité des marchés financiers pour examiner les demandes d’enregistrement, il ne sera plus possible de déposer de dossier d’enregistrement « simple » après le 1er juillet 2023. Le calendrier retenu à l’Assemblée nationale, qui prévoyait un délai de dépôt des dossiers au 31 décembre 2023, ne garantissait pas que tous les nouveaux entrants disposent d’un enregistrement renforcé au 1er janvier 2024.