L’espérance de vie en bonne santé progresse encore en France

A 65 ans, les femmes peuvent espérer vivre 11,8 ans sans incapacité, et les hommes 10,2 ans, selon une étude de la Drees.

A 65 ans, les femmes peuvent espérer vivre 11,8 ans sans incapacité, c’est-à-dire sans être limitées dans les activités de la vie quotidienne, et les hommes 10,2 ans, selon une étude de la Drees.
 

En France, « l’espérance de vie à la naissance s’allonge régulièrement, même si elle a été affectée par l’épidémie de Covid-19 et qu’elle n’a pas encore retrouvé sa valeur de 2019, avant l’épidémie », souligne la Direction des études et des statistiques des ministères sociaux. 
 

“Mais ces années supplémentaires de vie ne sont pas toutes nécessairement vécues ”en bonne santé », ajoute la Drees, qui publie donc chaque année un indicateur mesurant l’espérance de vie en bonne santé.  Cette espérance de vie sans incapacité à 65 ans a progressé depuis 2008 d’un an et 9 mois pour les femmes, et d’un an et six mois pour les hommes, détaille la Drees. 
 

En 2021, année la plus récente pour laquelle ces données sont disponibles pour tous les pays européens, la France se situait au quatrième rang de l’Union européenne à 27 pour l’espérance de vie sans incapacité des hommes à 65 ans, avec un niveau au-dessus de la moyenne européenne (+1 an et 10 mois). 
Pour les femmes, la France se situe au troisième rang, là aussi au-dessus de la moyenne européenne (+2 ans et 8 mois). 
 

Comment financer le maintien des personnes agées à domicile ?

D’ici 2050, on estime que 35 % de la population française aura plus de 60 ans. Dans cette perspective, le gouvernement s’engage à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie.

Le vieillissement de la population en France est un défi croissant. D’ici 2050, on estime que 35 % de la population française aura plus de 60 ans. Dans cette perspective, le gouvernement veut favoriser le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie. 

 

Cette initiative implique notamment l’adaptation des logements pour répondre aux besoins spécifiques des personnes concernées, telles que l’installation de rampes, de meubles bas et de barres de douche. Ces ajustements visent à faciliter le quotidien des seniors et à éviter, dans la mesure du possible, une admission en EHPAD.

 

Cependant, l’adaptation d’un logement peut représenter un investissement financier conséquent, en fonction de l’ampleur des travaux nécessaires. Pour soutenir financièrement les personnes âgées dans cette démarche, le gouvernement a introduit une nouvelle aide appelée « MaPrimeAdapt’ ».

 

Le dispositif « Ma vie change, mon logement s’adapte » entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2024, suite à son adoption dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année 2023 en date du 23 décembre 2022. En plus de permettre aux personnes âgées de rester chez elles, MaPrimeAdapt’ a pour objectifs la simplification des démarches nécessaires pour entreprendre des travaux et l’harmonisation des aides dédiées à l’adaptation des logements au vieillissement.

 

Le dispositif MaPrimeAdapt’ offre une contribution financière couvrant de 50 à 70 % du coût des travaux, selon les informations disponibles sur le site Internet de France Rénov’, le service public de la rénovation de l’habitat. Les travaux éligibles incluent le remplacement d’une baignoire par une douche de plain-pied, l’installation d’un monte-escalier électrique, l’élargissement des portes, la pose de mains courantes et l’adaptation des revêtements.

 

Pour bénéficier de MaPrimeAdapt’, certaines conditions doivent être remplies, notamment informer le propriétaire-bailleur pour les locataires du parc privé, avoir 70 ans ou plus (ou 60-69 ans sous condition de GIR), résider en France, et disposer de revenus modestes ou très modestes selon un barème défini. Les personnes ayant un taux d’incapacité supérieur à 50 % ou bénéficiant de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) peuvent également prétendre à cette aide.

 

Pour entamer le processus, les intéressés peuvent contacter un conseiller France Rénov’ pour détailler leur projet. Le conseiller les mettra ensuite en relation avec un Assistant à la Maîtrise d’Ouvrage (AMO) qualifié pour réaliser un diagnostic logement autonomie, déterminer les travaux nécessaires et élaborer un plan de financement. La dernière étape consiste à déposer une demande de subvention en ligne ou par courrier, à réaliser les travaux avec un artisan et enfin, à recevoir la subvention MaPrimeAdapt’.

Les Français puisent toujours dans leur épargne

Les retraits effectués sur les Livrets A et les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ont surpassé les dépôts d’environ 70 millions d’euros.

Les retraits effectués sur les Livrets A et les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ont surpassé les dépôts d’environ 70 millions d’euros, selon les données partagées le 21 décembre par la Caisse des dépôts (CDC). 

 

Contrairement à la tendance habituelle de novembre, qui est généralement une période d’épargne modeste pour les Français, les soldes des Livrets A et LDDS sont restés stables ce mois-ci. 

 

En revanche, les Livrets d’épargne populaire (LEP) ont enregistré une augmentation de 2,8 milliards d’euros, soutenus par un taux de 6% et le relèvement du plafond le mois précédent.

 

Dans le détail, les retraits sur les Livrets A et LDDS ont dépassé les dépôts d’environ 70 millions d’euros, selon les données partagées par la CDC le 21 décembre. L’encours des LEP, une alternative au Livret A destinée aux personnes moins fortunées, a augmenté de 2,8 milliards d’euros, atteignant ainsi un record de 66,6 milliards d’euros.

 

Grâce à un taux de rémunération de 6% net depuis le 1er février (exempt d’impôts et de prélèvements sociaux), ce produit d’épargne réglementée connaît un grand succès cette année, avec près de 18,7 milliards d’euros accumulés depuis janvier. Son attractivité a été renforcée depuis octobre avec le relèvement du plafond de 7 700 euros à 10 000 euros. Les Livrets A et LDDS ont également enregistré une augmentation de 36,9 milliards d’euros depuis le début de l’année, portant l’encours total à 546,6 milliards d’euros.

 

En revanche, le fonds en euros, un produit concurrent garantissant le capital, a connu une baisse significative de plus de 25 milliards d’euros au cours des dix premiers mois de l’année.

 

Avec un taux de 3% net, les Livrets A offrent une rémunération bien supérieure à celle des fonds euros de l’assurance vie, qui avoisine les 1,59% net après frais et prélèvements sociaux, selon les calculs du site d’information sur l’assurance vie Good value for money. Cependant, les assureurs et les banquiers prévoient de relever le défi l’année prochaine. 

Bourse : Un tiers des Français veulent investir en 2024

En 2023, 32 % des personnes interrogées se sont déclarées intéressées par des placements en actions, soit 7 points de plus qu’en 2022.

En 2023, 32 % des personnes interrogées se sont déclarées intéressées par des placements en actions, soit 7 points de plus qu’en 2022.
 

Après une forte baisse constatée en 2022, les épargnants sont plus nombreux en 2023 à envisager d’investir en actions. Ce regain d’intérêt est notamment porté par les moins de 35 ans en 2023 qui déclarent pour 43 % d’entre eux être intéressés. 
 

L’édition 2023 du Baromètre AMF de l’épargne et de l’investissement témoigne d’un intérêt pour l’investissement en Bourse au plus haut depuis 2017, année de lancement du baromètre. Issu d’une enquête menée par l’institut Audirep pour l’AMF en septembre-octobre 2023 auprès d’un échantillon de 2386 personnes représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans, il témoigne d’une progression à la fois de l’intérêt des Français pour les placements en actions et de leur confiance dans ces produits. En 2023, 32 % des personnes interrogées se sont déclarées intéressées par des placements en actions, soit 7 points de plus qu’en 2022, et 28 % ont indiqué avoir confiance dans ce type de produits, contre 21 % en 2022. Interrogés sur le fait de savoir s’ils pourraient envisager de souscrire des placements en actions au cours des 12 prochains mois, 27 % des Français déclarent leurs intentions de vouloir investir.
 

Cette tendance coïncide avec l’amélioration du niveau de confiance exprimée par un certain nombre d’entre eux quant à l’évolution de leur propre situation économique et financière, malgré le contexte inflationniste. Les Français sont désormais 43 % à estimer que les placements en actions seront rentables dans les 5 prochaines années. Ils étaient 37 % l’an passé. Mais elle est aussi portée par l’intérêt des plus jeunes. En effet, 43 % des Français de moins de 35 ans se disent intéressés par des investissements en actions, contre 30 % en 2022. Les jeunes sont également plus nombreux à accepter une petite part de risque et ce, à un niveau record de 48 % soit 10 points de plus qu’en 2022.
 

Dans un autre registre, la perception des Français concernant les principales caractéristiques des livrets d’épargne, de la pierre-papier telle que les SCPI, des actions et des crypto-actifs est également détaillée pour la première fois dans le Baromètre. L’AMF constate que les épargnants distinguent les produits davantage par leur niveau de risque que par le potentiel de rendement ou la liquidité. Les crypto-actifs sont considérés comme risqués par 65 % des Français, suivi par les actions considérées comme risquées par 56 % des sondés, puis les produits de pierre-papier par 34 % des interrogés. Concernant la disponibilité de l’argent investi, 29 % des répondants estiment la pierre-papier liquide, 34 % pour les placements en actions et 33 % pour les crypto-actifs.
 

Au global, la durée moyenne d’immobilisation de leur argent acceptée par les Français passe de 4,2 ans en 2022 à 5,7 ans en 2023. Cette tendance positive est de nouveau portée par les jeunes qui sont 25 % à accepter une durée de conservation supérieure à 10 ans contre 12 % des 35-54 ans.
 

Concernant les arnaques, 15 % des répondants disent avoir déjà été victimes d’une escroquerie sur un placement financier, et parmi eux, 35 % des moins de 35 ans, contre 6 % des 55 ans et plus. « On ne peut qu’être frappé par le nombre de Français qui disent avoir été victimes d’une escroquerie financière : 15 %, et 35% chez les jeunes, c’est considérable ! Je mets particulièrement en garde les plus jeunes contre les informations et offres qui circulent sur les réseaux sociaux, parfois relayées par des influenceurs. Attention aux arnaques ! Un investissement doit être mûrement réfléchi et il faut s’informer en lisant les documents règlementaires et en allant sur notre site web, » a déclaré la présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani.
 

Immobilier : les villes ou il faut encore acheter et les autres

Est-il encore judicieux aujourd’hui d’acheter son logement, malgré des coûts de financement élevés ? Ou la location est-elle finalement plus avantageuse ?

Est-il encore judicieux aujourd’hui d’acheter son logement, malgré des coûts de financement élevés ? La location est-elle finalement plus avantageuse ? 

 

 

Pour les ménages qui disposent des moyens financiers pour acquérir un appartement ou une maison, la question se pose. Y répondre n’a rien d’évident. Car outre le loyer économisé, les coûts de financement et les autres charges liées à la pro- priété, il faudrait aussi savoir comment évolueront les prix de l’immobilier au cours des prochaines années. 

 

Or, pour les potentiels accédants, dont la résidence principale représente souvent une part importante de leur patrimoine, évaluer précisément l’avantage financier de la propriété devient alors un aspect crucial. Afin d’apporter un éclairage nouveau sur cette question, Wüest Partner France, société indépendante de conseil, expertise et services en immobilier d’origine suisse, a cherché à déterminer quelle serait l’évolution des prix nécessaire afin que l’acquisition d’un appartement ou d’une maison soit, aux conditions d’aujourd’hui, plus rentable qu’une location. Résultats : En comparant les coûts liés à la location et à la propriété dans l’ensemble des communes françaises, la location serait plus avantageuse dans les 10 grandes villes de France. Décryptage …

Dans les grandes villes, la balance penche en faveur de la location
 

Dans les 10 plus grandes villes de France, les coûts de la propriété excèdent ceux de la location comme le démontre le tableau ci-dessous. Un propriétaire parisien d’un appartement de 65 m2 déboursera ainsi environ 37 500 euros de frais annuels, soit 7800 de plus qu’un locataire pour le même appartement. La différence est moins prononcée à Lille, Marseille et Strasbourg, où un propriétaire ne paiera qu’environ 2000 euros de plus qu’un locataire.
 

Bordeaux : ville la moins avantageuse pour la propriété

 

Dans les grandes villes, l’achat d’un logement s’avère rentable seulement si sa valeur augmente suffisamment au fil du temps pour compenser les coûts supplémentaires liés à la propriété. C’est à Bordeaux que l’appréciation annuelle de valeur nécessaire à rentabiliser la propriété est la plus élevée, avec 1,6%. Cela tient d’une part à la cherté de l’appartement (le ratio du prix d’achat sur le loyer annuel est de 22, la valeur la plus élevée après Paris), et d’autre part a une taxe foncière onéreuse : le taux de taxe foncière est de 46.6% à Bordeaux contre 35,6% en moyenne nationale et 14,1% seulement à Paris. À Marseille, une appréciation annuelle de 0,6% suffirait à rendre l’achat avantageux. Malgré une taxe foncière élevée, le prix de l’appartement y est relativement faible (ratio prix/loyer de 17,6), rendant les coûts de la propriété plus accessibles.

Marché en mutation à Paris
 

À Paris, l’attractivité exceptionnelle de la ville a entraîné une flambée des prix immobiliers. Malgré la récente baisse des prix (- 5,3 % sur un an au 3e trimestre 2023), le coût au mètre carré demeure extrêmement élevé (10 400 euros). Cette situation entraîne des coûts de financement considérables, rendant l’achat moins attrayant. Néanmoins, le segment locatif est également très tendu à Paris. La demande est massive et l’offre limitée, une situation exacerbée par l’effet des Jeux Olympiques : de nombreux propriétaires préfèrent louer leurs appartements meublés pour une courte durée à des prix exorbitants pendant les jeux plutôt que de les proposer sur le marché locatif traditionnel. De plus, l’interdiction depuis le 1er janvier 2023 de louer des logements très énergivores (« passoires thermiques ») a encore réduit l’offre de logements locatifs. Entre la baisse amorcée des prix de la propriété et la flambée des loyers, il se peut que la donne change en faveur de la propriété au cours des prochains mois en région parisienne.

Les hausses de valeur requises sont modérées
 

Finalement, il convient de souligner qu’en comparaison historique, les hausses de valeur nécessaires à rendre la propriété rentable dans les grandes villes ne semblent pas démesurées. Paris, Lyon et Marseille ont en effet enregistré une croissance moyenne des prix immobiliers dépassant les 5% an- nuels au cours de 25 dernières années, et ce malgré des épisodes de baisse de prix, comme lors de la crise financière de 2008. Il n’est donc pas irréaliste d’anticiper des hausses de valeur supérieures à 1– 1,5% par an si l’on considère un horizon d’investissement long de 20 ans.

Dans la plupart des départements, la propriété reste avantageuse. Si l’on considère l’ensemble du territoire français, l’image est bien différente de celle des grandes villes. Dans quelque 80 % des communes, les coûts annuels liés à l’acquisition d’un appartement ou d’une maison sont inférieurs à ceux de la location, et ce malgré la forte hausse des taux d’intérêt.
 

Label ISR : Ce que la nouvelle réforme va changer pour l’épargnant

Le label ISR fait l’objet d’une mise à jour, devenant plus rigoureux et orienté vers la durabilité environnementale.

Dans le secteur de l’épargne, le label ISR fait l’objet d’une mise à jour, devenant plus rigoureux et orienté vers la durabilité environnementale. Le nouveau cadre de référence vient d’être dévoilé récemment.

 

L’acronyme ISR, signifiant « Investissement Socialement Responsable », a été instauré en 2016 en France, permettant aux particuliers et aux investisseurs professionnels de choisir des véhicules d’épargne en tenant compte de leur impact social et environnemental. 

 

Initialement attribué aux Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM), le label a été étendu en 2020 aux fonds alternatifs (FIA) incluant les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) et les OPCI (Organismes de Placement Collectif Immobilier).

 

Le label ISR a subi peu de modifications depuis sa création, incitant le ministère de l’Économie à le mettre à jour afin de mieux répondre aux attentes des épargnants. 

Cette évolution le rend plus exigeant, mettant particulièrement l’accent sur la lutte contre le réchauffement climatique. En octobre 2021, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a chargé un comité présidé par Michèle Pappalardo, ancienne présidente de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), de renforcer les ambitions et les exigences du label ISR. 

 

Deux consultations publiques ont été organisées, et en été 2023, le comité a partagé ses recommandations. Désormais, les entreprises dont plus de 5 % de l’activité est liée au charbon ou aux énergies fossiles non conventionnelles, ainsi que celles lançant de nouveaux projets dans le domaine des hydrocarbures, ne sont plus éligibles au label ISR. Des entreprises telles que Total Énergies sont ainsi exclues. En complément, des plans de transition alignés sur l’Accord de Paris seront exigés des entreprises présentant des enjeux climatiques significatifs. Les fonds labellisés seront également soumis à des obligations de résultats. Le nouveau référentiel, publié le 12 décembre, entrera en vigueur le 1er mars prochain, principalement pour les nouveaux fonds labellisés, tandis que les anciens devront se conformer aux nouvelles règles à partir du 1er janvier 2025.

 

Quant aux répercussions sur les épargnants, l’évolution du label ISR devrait toucher environ 45 % des fonds détenant actuellement le label, selon Morningstar.  Cependant, cela n’entraînera pas de changement significatif pour les épargnants, si ce n’est le fait que le label ISR continue à garantir une approche d’investissement plus durable. Les modifications affectent principalement les fonds déjà labellisés, qui pourraient devoir exclure certaines entreprises ne respectant pas les nouveaux critères ou renoncer au label. Michèle Pappalardo tient à souligner que le label ISR reste avant tout généraliste en matière d’investissement responsable, malgré cette évolution vers des critères plus stricts.

Pourquoi les boomers continuent d’épargner autant à la retraite ?

Comment expliquer la transformation des baby-boomers, autrefois perçus comme des consommateurs insouciants, en épargnants assidus ?

La transformation des baby-boomers, autrefois perçus comme des consommateurs insouciants, en épargnants assidus peut s’expliquer par divers facteurs.

 

En France, la croissance économique repose largement sur la consommation. Cependant, l’impact de l’inflation depuis 2021 freine cette dynamique pour de nombreux foyers. 

 

Selon les données récentes de l’Insee, le choc économique a été particulièrement ressenti par les 10 % de ménages les moins aisés, avec une intensité « plus de deux fois supérieure à celle des 10 % les plus riches ». Les bas revenus et les classes moyennes ont ainsi dû réduire leurs dépenses, même sur des besoins essentiels tels que l’alimentation et l’énergie.

 

En revanche, les catégories sociales plus favorisées ont mieux résisté grâce à l’augmentation dynamique des salaires et des revenus provenant de leur patrimoine (dividendes, etc.). La suppression de la taxe d’habitation a également contribué à renforcer leur position financière. Les 20 % de la population la plus aisée affichent ainsi un taux d’épargne élevé, atteignant 28 % du revenu disponible brut, comparé à seulement 3 % pour les plus modestes.

 

Une observation surprenante concerne les membres de la génération des baby-boomers, qui ont longtemps été associés à une culture de consommation durant les Trente Glorieuses. Il apparaît que ces individus, en particulier les plus âgés (nés avant 1953), ont tardivement adopté une approche axée sur l’épargne. Ils parviennent même à économiser en moyenne un quart de leur revenu disponible brut, dépassant ainsi le taux d’épargne moyen des ménages français de l’année précédente (17,5 %).

 

La génération suivante de baby-boomers, née entre 1955 et 1963 et actuellement âgée de 60 à 69 ans, affiche également un taux d’épargne notable de 18 %, comparé à seulement 8 % pour les moins de trente ans. Cette tendance remet en question la théorie du « cycle de vie » de Franco Modigliani, qui suggère une désépargne une fois à la retraite. De manière surprenante, les plus âgés optent pour des placements plus risqués que les jeunes, probablement en raison de la disparition des incertitudes liées aux revenus annuels.

 

La transformation des baby-boomers, autrefois perçus comme des consommateurs insouciants, en épargnants assidus peut s’expliquer par divers facteurs. Les pensions plus élevées, l’absence de charges liées aux enfants et la propriété fréquente de leur résidence principale offrent une marge confortable pour l’épargne. Les motivations incluent la tradition d’épargne en France, la constitution d’une réserve pour faire face aux dépenses liées à la dépendance, ainsi que le désir de transmettre un patrimoine aux générations futures. Cette évolution s’aligne avec le constat que la France est devenue une société où l’héritage représente 60 % du patrimoine total, comparé à 35 % au début des années 1970. Les agriculteurs et les indépendants à la retraite se distinguent en tant que catégories économiques affichant les taux d’épargne les plus élevés, atteignant respectivement 35 % et 31 %.

La fin de l’eldorado fiscal pour les Français au Portugal

Initialement instaurée en 2009 pour les étrangers résidant au moins la moitié de l’année au Portugal, l’exonération fiscale pour les nouveaux arrivants est terminée.

Initialement instaurée en 2009 pour les étrangers résidant au moins la moitié de l’année au Portugal, l’exonération fiscale totale jusqu’en 2020, puis réduite à un taux d’imposition de 10 % pour les nouveaux arrivants, aurait attiré plus de 10 000 personnes, principalement des retraités français, britanniques et italiens.

 

Ils se sont installés en grande partie autour de Lisbonne et dans les stations balnéaires de l’Algarve, au sud du pays, et qui ont largement contribué à la reprise du marché immobilier.

 

Mais les temps ont changé. La crise de 2008 est oubliée. Désormais c’est la pénurie de logement et la flambée des prix qui menacent le Portugal. Entre 2012 et 2021, les coûts liés au logement ont augmenté de 78 % au Portugal, par rapport à une hausse de 35 % dans l’ensemble de l’Union européenne, selon une étude de la Fondation portugaise Francisco Manuel dos Santos.
 

Au deuxième trimestre de 2023, le loyer médian a encore augmenté de 11 % en glissement annuel, selon des données officielles publiées la semaine dernière. L’arrivée d’investisseurs étrangers a créé un déséquilibre sur le marché en creusant l’écart entre les salaires et les prix des logements, tandis qu’environ un quart de la population active portugaise gagne le salaire minimum mensuel de 886 euros, a commenté Agustin Cocola-Gant, chercheur à l’Institut de géographie et d’aménagement du territoire de l’Université de Lisbonne.

 

Pour corriger le tir, le Premier ministre Antonio Costa a annoncé la fin de la formule permettant aux résidents étrangers d’être très peu taxés sur les revenus perçus dans leurs pays d’origine. Cela en est donc fini de l’eldorado portuguais pour les retraités français.
 

Ou passer sa retraite à l’abri du Fisc ?
 

Pour les retraités français soucieux de trouver un nouveau paradis fiscal, direction la Tunisie e le Maroc, son régime fiscal avantageux et des prix de l’immobilier qui défient toute concurrence. 
 

Comme au Maroc, les retraités domiciliés en Tunisie bénéficient d’un abattement de 40% sur le montant brut de leur pension, plus une réduction de 80% sur l’impôt dû à condition de transférer les montants sur un compte tunisien, ou de les déclarer à l’importation. Comme pour le Maroc, pas de système de parts, ce qui avantage les personnes seules. Malgré tout, la facture peut s’avérer plus salée qu’en France pour les petits revenus car le barème de l’impôt grimpe plus vite. Coté logement, comptez autour de 1 000 euros le m2, dans les cités balnéaires.
 

A quelques encablures, le très hospitalier et francophone Sénégal présente un coût de la vie avantageux par rapport à l’Europe : il est par exemple possible d’embaucher du personnel de maison pour 90 euros par mois. 
 

Coté fiscalité, vous bénéficiez d’une décote de 80% sur l’assiette des pensions de retraite d’origine étrangère. Le retraité est donc imposé sur 20% de ses pensions. Attention cependant, pour bénéficier de cet avantage, il faut transférer les montants dans une banque ayant son siège au Sénégal.
Enfin pour les plus téméraires, la Malaisie offre une exonération totale d’impôts sur les pensions de retraite du privé avec le statut « Malaysia My Second Home » ou « MM2H », pendant 10 ans renouvelables. Les pensions du public restent imposables en France.
 

2022, une année historique pour le partage des profits des entreprises

La dixième édition du « Baromètre de Partage des Profits » révèle une distribution exceptionnelle de primes et une croissance des dividendes.

La dixième édition du « Baromètre de Partage des Profits » au sein du SBF120 révèle une distribution exceptionnelle de primes, une augmentation moyenne des primes et une croissance des dividendes. Ces résultats laissent entrevoir le développement continu de ces primes en 2023 et 2024.

Les entreprises du SBF120 ont attribué des primes de partage des profits d’une valeur de 5,9 milliards d’euros en 2022. Que ce soit sous forme de participation, d’intéressement ou d’abondement PEE/PER(E)CO, ce montant record représente une augmentation de 20% par rapport à 2021.

Pour Mirela Stoeva, la directrice des études chez Eres, les entreprises du SBF120 ont réussi à s’adapter au contexte économique post-COVID-19 en générant des revenus suffisants pour redistribuer massivement les profits à leurs salariés.

 

Bien que les dispositifs de partage de la valeur progressent dans les grandes entreprises, des disparités importantes subsistent en fonction de la taille des entreprises.

 

En moyenne, 52,8% des salariés français ont accès à un dispositif de partage de la valeur, mais ce chiffre atteint 88,5% dans les entreprises de plus de 1 000 personnes et moins de 20% dans celles de moins de 50 salariés.

 

Croissance des Dividendes en 2022

 

Les dividendes versés aux actionnaires salariés français en 2022 atteignent près de 980 millions d’euros, également un montant record. Les entreprises du SBF120 ont distribué 84,1 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires, enregistrant une augmentation de 17,4% par rapport à 2021. Soixante-neuf pour cent (69%) des entreprises ont augmenté le montant des dividendes distribués en 2022, concernant l’exercice 2021, tandis que 12% ont maintenu ce montant.

 

Prime Moyenne de Partage des Profits

La prime moyenne de partage des profits dans le SBF120 s’élève à 5 496 euros par salarié en 2022, marquant une forte augmentation depuis la reprise post-COVID. Cependant, des disparités significatives persistent entre les entreprises, avec 23% versant des primes inférieures à 1 000 euros par salarié et 13% versant des primes supérieures à 10 000 euros par salarié. En 2022, la prime record atteint 29 857 euros par salarié. Les secteurs varient également, le secteur du luxe se distinguant par des primes supérieures.

Soixante-huit pour cent (68%) des entreprises du SBF120 intègrent des critères RSE dans le déclenchement de leur intéressement, avec des priorités telles que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation durable des matières et l’économie d’énergie.

 

Après les records de 2022, l’année 2023 s’annonce comme une année charnière pour le partage des profits. Trois facteurs principaux contribuent à cette tendance : la loi « Partage de la Valeur », la réforme des retraites et l’inflation. La Loi Partage de la Valeur offre une opportunité de démocratiser l’attribution des primes à l’ensemble des salariés français. La réforme des retraites renforce le rôle des entreprises dans la construction de l’épargne retraite, avec le Plan Épargne Retraite (PER) se démocratisant aux côtés des primes de partage des profits. Augmenter ces primes pourrait également être une solution contre l’inflation et la perte de pouvoir d’achat des Français, répondant aux attentes des organisations syndicales pour une revalorisation indexée sur l’inflation.

 

Comment les Français perdent 1 720 euros de retraite par an

Le sous-développement de l’épargne retraite en France ferait perdre à chaque salarié et retraité 1 720 euros par an par salarié !

Le sous-développement de l’épargne retraite en France ferait perdre à chaque salarié et retraité 1 720 euros par an par salarié ! Pour quantifier cette perte, le très libéral Institut économique Molinari a fait tourner sa calculette.
 

L’épargne retraite représentait seulement 10 % du PIB en France sur la période 2012-2021. Le manque d’épargne retraite représentait 74 % du PIB en France. En prenant comparant la France avec les 3 pays de l’UE ayant le plus misé sur l’épargne retraite (Danemark, Pays-Bas et Suède), le déficit d’épargne retraite était de 147 % du PIB en France. Soit un manque-à-gagner annuel lié au sous-développement de l’épargne retraite était de 3 410 euros par actif et retraité en France (17 % de la retraite moyenne).  Au global, cela représente 159 milliards d’euros par an en France (6,4 % du PIB chaque année).
 

Résultats, le manque-à-gagner annuel lié au sous-développement de l’épargne retraite est de 80 milliards par an, ce qui représente 1 720 euros par actif et retraité en France. Pour un retraité moyen, ce manque-à-gagner équivaut à 9 % de la pension en France et de 7 % dans l’UE.
Pour arriver à ces conclusions l’institut considère que l’épargne retraite a rapporté en moyenne 4,3 % par an de plus que l’inflation, grâce aux dividendes et plus-values sur la période 2012-2021. 
 

Ce rendement a permis d’autofinancer une partie des retraites sans faire appel aux prélèvements obligatoires, ce qui a amélioré la compétitivité et le pouvoir d’achat des pays ayant une dose significative d’épargne retraite.
 

Et pour enfoncer le clou, les experts de Molinari citent en exemple, les quelques régimes obligatoires collectifs faisant appel à la capitalisation. 
 

L’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (ERAFP) a placé 38 milliards d’euros (à fin 2022) au profit des fonctionnaires. Géré paritairement par les syndicats de fonctionnaires et les représentant des employeurs, il a dégagé un rendement de 3,7 % par an depuis sa création.
La Banque de France a placé 13 milliards d’euros (à fin 2022) au profit de ses personnels et retraités, ce qui lui permet d’autofinancer une part significative des pensions sans faire appel aux contribuables et de restituer périodiquement des excédents significatifs à l’Etat (1,8 milliard d’euros en 2021 et 2022) ;
 

Le Sénat a placé 1,6 milliard d’euros (à fin 2022) au profit de ses personnels, élus et retraités, ce qui lui permet d’autofinancer 55 % des retraites qu’il verse sans faire appel aux contribuables, soit une économie de 13 % de ses dépenses de fonctionnement chaque année ;
Le Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP) a placé 6 milliards d’euros (à fin 2022) au profit des pharmaciens, ce qui lui permet de distribuer des retraites attrayantes en dépit de la pyramide des âges très défavorable de cette profession réglementée.
 

La conclusion de l’étude est donc claire. Le financement quasi exclusif des retraites par la répartition renchérit le coût du travail et comprime les salaires nets (les cotisations retraite représentent 28 % des salaires du privé et 85 % des traitements indiciaires des fonctionnaires d’Etat). Cela pénalise le secteur privé mais aussi le rapport qualité/prix des services publics. Le paiement des cotisations retraite employeur a consommé notamment un tiers des ressources de l’Education nationale en 2022. C’est autant de moyens qui manquent pour mieux rémunérer les personnels.
 

Selon Molinari, si la France avait une capitalisation retraite aussi développée que la moyenne de l’OCDE, elle bénéficierait d’une manne représentant 80 milliards d’euros par an liée aux revenus de l’épargne (dividendes, coupons, plus-values…). Elle pourrait notamment réduire ses déficits publics (127 milliards d’euros en 2022), mieux financer des politiques sociales (dépendance…), la transition climatique (25 à 34 milliards d’euros par an à horizon 2030 selon le rapport Pisany-Ferry) et l’indispensable relance du nucléaire (52 milliards d’euros pour 6 réacteurs EPR).