La fièvre de l’immobilier international s’empare des Français

Face à un marché immobilier français jugé contraint, une fiscalité étrangère plus douce et une quête de qualité de vie, 20 % des Français envisagent désormais un achat immobilier hors des frontières. L’étude exclusive menée par iadOverseas en juin 2025 révèle une bascule patrimoniale nette et structurée.

Face à un marché immobilier français jugé contraint, une fiscalité étrangère plus douce et une quête de qualité de vie, 20 % des Français envisagent désormais un achat immobilier hors des frontières. L’étude exclusive menée par iadOverseas en juin 2025 révèle une bascule patrimoniale nette et structurée.

 

Une stratégie patrimoniale assumée
L’immobilier international n’est plus l’apanage des retraités expatriés ou des rêveurs de carte postale. Il devient un véritable levier d’optimisation patrimoniale pour une partie croissante des Français. Selon l’étude iadOverseas – Selvitys réalisée en juin 2025, un Français sur cinq (20 %) envisage l’achat d’un bien immobilier à l’étranger, contre 17 % en 2022. Si l’Espagne (32 %), Dubaï (19 %), le Portugal et l’Italie (13 % chacun) dominent le classement, c’est autant pour leur climat que pour leur fiscalité jugée plus favorable (57 %), leurs prix d’entrée plus abordables (53 %) et leur rentabilité plus facilement atteignable (42 %).
 

Cette projection n’est plus fantasme : 45 % des répondants visent une résidence secondaire, 38 % une résidence principale et 17 % un investissement locatif. Les budgets sont posés, les arbitrages clairs : 40 % déclarent vouloir investir entre 200 000 € et 399 999 €, et 7 % visent même au-delà des 600 000 €. Le calendrier est lui aussi structuré : 29 % veulent concrétiser d’ici deux ans, 28 % à horizon 5 ans, et 22 % à plus long terme. Un tiers des intentionnistes scrutent déjà les annonces, 18 % sont en recherche active et 2 % en négociation ou achat.

 

Des profils jeunes, connectés, solvables
Le visage du nouvel investisseur international évolue rapidement. Il est jeune (31 % ont entre 18 et 30 ans, 31 % entre 31 et 45 ans), connecté et financièrement structuré. Les actifs CSP+ (professions libérales, cadres, télétravailleurs) forment la colonne vertébrale du mouvement, représentant 42 % des intentionnistes et 54 % des Français déjà propriétaires à l’étranger. Sans surprise, le télétravail accélère les projets : 46 % des répondants y ont recours, un taux qui grimpe à 62 % chez ceux qui prévoient un achat dans les 12 mois.
 

Les freins existent encore : manque de budget (59 %), complexité administrative (31 %), barrière linguistique (28 %), difficultés de gestion à distance (22 %) ou incertitudes sur le retour sur investissement (21 %). Mais pour les 9 % déjà propriétaires à l’étranger, le bilan est majoritairement positif : 70 % se déclarent satisfaits et 56 % recommandent l’expérience, sous condition d’un bon accompagnement.
 

Banques et assurances : le match de l’expérience client totale

Forrester dévoile un nouvel indice global mesurant à la fois l’expérience vécue par les clients et la perception des marques. Une révolution douce mais stratégique pour le secteur financier.

Forrester dévoile un nouvel indice global mesurant à la fois l’expérience vécue par les clients et la perception des marques. Une révolution douce mais stratégique pour le secteur financier.

Un nouveau baromètre pour mesurer l’engagement
C’est une première : Forrester combine deux dimensions clés — l’expérience client (Customer Experience, CX) et l’expérience de marque (Brand Experience, BX) — dans un seul outil, le Total Experience Index (TXI). L’objectif ? Fournir une mesure intégrée de la façon dont les marques financières (banques, assureurs, sociétés d’investissement) sont perçues et vécues, à la fois par leurs clients et leurs non-clients.
 

Ce nouvel indice couvre 469 marques dans 13 pays, incluant les principales institutions bancaires et assurantielles françaises. Il introduit un prisme élargi de la performance relationnelle : fidélité, clarté des interactions, cohérence omnicanale, image, recommandation… autant de leviers cruciaux dans une économie de plus en plus fondée sur l’expérience.
 

Forrester révèle ainsi que les marques offrant une « expérience totale » exceptionnelle enregistrent jusqu’à 4,1 fois plus de revenus d’enrichissement (cross-selling, fidélisation) dans le secteur de l’investissement, et 2,9 fois plus dans l’automobile. La promesse est claire : mieux traiter ses clients paie — et pas qu’un peu.

Les champions et les challengers de la finance française
En France, le Crédit Mutuel, Revolut et LCL arrivent en tête du palmarès TXI côté banques. Côté assurances auto et habitation, ce sont la MAIF, la Macif et la GMF qui dominent. À l’inverse, Société Générale se classe en queue de peloton, pénalisée par une image de marque dégradée auprès des non-clients.
Ce positionnement ne surprend guère : les établissements mutualistes ou digitaux obtiennent depuis plusieurs années de meilleurs scores sur la qualité perçue du service, l’innovation et la simplicité d’usage. Le CX, longtemps cantonné au parcours client, devient un levier stratégique global, influençant directement la performance financière.
 

Forrester souligne d’ailleurs une stabilité frappante : 90 % des marques voient leur score inchangé par rapport à l’an passé. Seules 7 % ont progressé, et 2 % reculent. En Europe, les banques britanniques et néerlandaises tirent leur épingle du jeu, tandis que la Suède enregistre les performances les plus faibles.
Plus globalement, le rapport montre que la France reste en retard sur le volet marque perçue, notamment par les non-clients — un enjeu crucial dans un marché bancaire mature, où le coût d’acquisition devient un goulet d’étranglement.
« L’expérience totale n’est plus un luxe, c’est un levier stratégique pour croître dans un environnement saturé », résume un analyste de Forrester.

Avec cet indicateur unifié, Forrester pousse les marques financières à repenser l’expérience client comme une chaîne de valeur complète, où chaque point de contact pèse dans la balance économique. Un signal fort dans un secteur qui, plus que jamais, doit allier rentabilité et relation.
 

Sources : Forrester Global Total Experience Index Rankings 2025, CX & BX Reports, blog Forrester Research
 

Investissements bancaires : les opportunités cachées en Europe

Malgré une forte hausse en Bourse en 2025, les banques restent parmi les secteurs les plus faiblement valorisés. Une anomalie qui pourrait cacher des opportunités durables pour les investisseurs.

Malgré une forte hausse en Bourse en 2025, les banques restent parmi les secteurs les plus faiblement valorisés. Une anomalie qui pourrait cacher des opportunités durables pour les investisseurs.

Une performance boursière spectaculaire… mais un multiple timide
À première vue, le secteur bancaire européen a connu un début d’année exceptionnel : l’indice Euro Stoxx Banks a progressé de +39,46 % depuis le 1er janvier 2025 (hors dividendes réinvestis). Un score qui surpasse largement la performance moyenne du marché. Et pourtant, les ratios de valorisation restent étonnamment bas.
Le Price-to-Book moyen (valeur boursière rapportée à l’actif net comptable) des grandes banques européennes flirte à peine avec 1, niveau historiquement faible. Or, avant 2015, ce ratio évoluait en cohérence avec la rentabilité des établissements. Aujourd’hui, cette corrélation semble brisée. Pourquoi ? Parce que les investisseurs restent méfiants vis-à-vis d’un secteur longtemps plombé par les taux négatifs, la réglementation renforcée et les crises de confiance successives.

Des fondamentaux transformés, un potentiel de revalorisation
Pourtant, les fondamentaux du secteur ont profondément changé. Les banques de la zone euro affichent aujourd’hui :
– des coussins de capital plus élevés que jamais,
– des bilans assainis, avec un taux de créances douteuses historiquement bas,
– une gestion prudente de la liquidité,
– et surtout, un retour à une solide rentabilité depuis la normalisation des taux.
 

La longue phase de refondation réglementaire est désormais derrière nous. Mieux : les marges nettes d’intérêt, comprimées pendant une décennie, se sont redressées depuis 2022 avec la fin des taux zéro. Résultat : les banques génèrent désormais des cash flows significatifs, ouvrant la voie à un cycle de revalorisation structurelle.
Les analystes, notamment chez Indosuez Wealth Management, estiment que le potentiel de rattrapage reste important, tant en termes de valorisation que de consolidation du secteur. En ligne de mire : une redistribution plus généreuse des bénéfices, via dividendes et rachats d’actions, mais aussi une vague de fusions transfrontalières, rendue possible par une stabilité retrouvée.
« Le marché a trop longtemps sous-estimé la capacité des banques à générer du rendement durable. En 2025, la méfiance laisse place à la reconsidération », souligne un stratégiste d’Indosuez.

Le secteur bancaire n’est peut-être plus le mauvais élève qu’il fut dans les années 2010. Si le chemin reste semé d’incertitudes (cyberrisques, transformation numérique, défis ESG), les investisseurs pourraient bien redécouvrir un actif sous-coté, mais plus robuste qu’il n’y paraît.
 

Source : Indosuez Wealth Management, Euro Stoxx data au 3 juillet 2025
 

Dirigeants sous tension : les défis financiers et la gestion du stress

Une étude VistaPrint dévoile un paradoxe criant : des dirigeants globalement résilients financièrement, mais souvent à bout de souffle psychologiquement. Un enjeu majeur pour l’écosystème entrepreneurial.

Une étude VistaPrint dévoile un paradoxe criant : des dirigeants globalement résilients financièrement, mais souvent à bout de souffle psychologiquement. Un enjeu majeur pour l’écosystème entrepreneurial.

Une trésorerie personnelle et pro sous contrôle, mais fragile
Loin du cliché de l’entrepreneur surendetté, la photographie 2025 dresse un tableau plus nuancé. Selon l’enquête menée par VistaPrint et OnePoll auprès de 1 000 dirigeants français de TPE/PME, 61 % n’ont aucune dette personnelle liée à leur activité. En moyenne, ils disposent de 4,5 mois de dépenses personnelles et 4,6 mois de trésorerie professionnelle : un niveau honorable dans un contexte économique incertain.
 

Cette capacité d’épargne varie cependant fortement selon l’âge et le genre. Les plus de 65 ans affichent en moyenne 5,9 mois de réserve, contre 4,1 mois pour les 35-44 ans, souvent exposés à des charges plus élevées. Les femmes dirigeantes disposent en moyenne de 4,2 mois d’épargne, contre 4,8 mois pour les hommes, et épargnent une part moindre de leurs revenus (7 % contre 9 %).
 

Mais la prudence est de mise : 21 % des sondés n’ont aucune épargne personnelle de secours, et 41 % ne disposent que de deux mois ou moins de trésorerie d’avance pour leur entreprise. Un seuil critique en cas de retournement.

Patrimoine prudent, stress élevé
Côté patrimoine, les dirigeants adoptent des stratégies différenciées. 63 % sont propriétaires de leur résidence principale, l’immobilier restant une valeur refuge. En matière d’investissements financiers, les hommes privilégient la bourse (30 %) et les cryptomonnaies (24 %), tandis que les femmes s’orientent vers des supports plus sécurisés : assurance vie et PER.
 

La préparation à la retraite reste un point faible : 63 % doutent de leurs revenus futurs, et un tiers n’a pas encore de solution dédiée. Pourtant, le PER individuel, adopté par 30 % des dirigeants, séduit de plus en plus, dans une logique de capitalisation long terme.
 

Mais le signal d’alerte le plus fort concerne la santé mentale : 78 % souffrent de burn-out occasionnel ou régulier. La pression est particulièrement forte chez les jeunes (18-24 ans) et les femmes dirigeantes. Malgré cela, un dirigeant sur cinq n’a aucun soutien psychologique ou social. Le recours à des aides professionnelles (coachs, thérapeutes) reste minoritaire (15 %).
 

« Alors que les entrepreneurs sont les piliers de l’économie, ils font face à une grande vulnérabilité financière et émotionnelle », analyse Sabine Léveiller, VP marketing Europe chez VistaPrint.
 

Source : Enquête VistaPrint x OnePoll, menée du 22 au 28 mai 2025
 

Immobilier français : une embellie inégale

Le marché hexagonal retrouve des couleurs, mais la reprise reste plus lente que chez ses voisins. Entre logistique résiliente et bureaux en mutation, les investisseurs redessinent leurs convictions.

Le marché hexagonal retrouve des couleurs, mais la reprise reste plus lente que chez ses voisins. Entre logistique résiliente et bureaux en mutation, les investisseurs redessinent leurs convictions.
 

Un point d’entrée attractif mais contrasté
Après deux années de crise marquées par la hausse des taux, les professionnels de l’investissement immobilier retrouvent un certain optimisme. Dans son dernier rapport, l’équipe Recherche Europe d’AEW identifie un retour des rendements attractifs pour l’immobilier français « prime » : 8 % par an attendus sur la période 2025-2029 dans le scénario central, et 7 % même en cas de choc macroéconomique.
 

L’immobilier non coté se positionne comme une valeur refuge, moins corrélée aux marchés financiers et moins sensible aux secousses géopolitiques. Les secteurs des bureaux et de la logistique, majoritaires dans les volumes investis, devraient surperformer les autres classes d’actifs. Résultat : malgré un ralentissement de la collecte des véhicules grand public, les institutionnels reviennent en force, profitant d’une correction des prix et d’une offre mieux calibrée.

Un marché français à la traîne de l’Europe
Mais la reprise hexagonale reste plus lente que celle de ses grands voisins européens. Pourquoi ? AEW pointe plusieurs facteurs : un poids historiquement élevé des bureaux dans les volumes investis, une incertitude persistante sur les valeurs d’actifs en périphérie, et une prudence persistante des investisseurs retail. Par ailleurs, les taux de rendement de certains actifs français restent moins compétitifs que ceux observés face à l’OAT 10 ans.
 

L’immobilier logistique, en revanche, tire son épingle du jeu. La France est le deuxième marché logistique européen derrière l’Allemagne. L’appétit des investisseurs reste fort, malgré une conjoncture plus prudente côté utilisateurs. À horizon 2029, AEW prévoit un taux de vacance de 3,6 % en logistique française, soutenu par la modernisation du parc, le développement de l’e-commerce et la relocalisation des chaînes d’approvisionnement.

Les bureaux mutent, Paris résiste
Côté bureaux, le télétravail et le flex office ont réduit la demande de 20 % en Île-de-France depuis 2020. La vacance y culmine à 9 %, avec de fortes disparités : entre 3 % à Paris intra-muros et jusqu’à 20 % en première couronne. Pour autant, la situation n’est pas figée. Le manque de nouveaux projets (peu de livraisons prévues) et la transformation croissante de bureaux obsolètes (en logements ou locaux mixtes) contribuent à résorber progressivement l’excès d’offre.
 

D’ici 2029, le taux de vacance devrait revenir à 7 %, selon AEW, un niveau conforme aux grandes métropoles européennes. L’enjeu : continuer à concentrer l’offre sur des surfaces modernes, durables et bien situées, en phase avec les nouvelles attentes des utilisateurs tertiaires. Paris conserve à ce titre une position stratégique, notamment dans le cadre de la réindustrialisation des métropoles et de la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les emplois de bureau.
 

Sources : AEW, Oxford Economics, CBRE, “IREI.Q Real Estate Managers Guide” 2024
 

Le Private Equity (actifs non cotés) est-il déjà au pied du mur ?

Entre panne de distributions et recomposition du modèle, le capital-investissement traverse une zone de turbulences. Mais le marché secondaire ouvre des pistes de rebond.

Entre panne de distributions et recomposition du modèle, le capital-investissement traverse une zone de turbulences. Mais le marché secondaire ouvre des pistes de rebond.

Une classe d’actifs en manque d’exits
Les signaux d’alerte se multiplient dans la presse financière : « Le Private Equity espère la fin de la saison sèche », titrent Les Échos ; « Un piège à capitaux ? », interroge le Financial Times… Le constat est clair : la remontée brutale des taux d’intérêt depuis 2022 grippe la mécanique bien huilée du non coté. Les fonds peinent à céder leurs participations au prix espéré, retardent leurs distributions, et voient leurs investisseurs s’impatienter. Même Yale, l’un des plus prestigieux fonds de dotation universitaires américains, prévoit de céder 30 % de son portefeuille non coté, soit près de 6 milliards de dollars.
 

Selon Bain (rapport Mid-Year 2025), les fonds créés entre 2010 et 2017 n’ont retourné que 60 % de leur capital investi à leurs souscripteurs, contre 80 % attendus en rythme historique. Or les besoins en liquidité des investisseurs institutionnels (fonds de pension, dotations, assurances) ne peuvent être différés indéfiniment.

Le marché secondaire sort de l’ombre
Pour faire face à cette situation, un marché attire l’attention : celui des fonds secondaires. Ces structures rachètent, en cours de vie, des participations dans des fonds existants, souvent à prix décoté. Evercore, dans sa dernière étude sur le marché secondaire 2024, souligne que ce segment a pris une ampleur inédite, avec un doublement des transactions initiées par les gérants eux-mêmes (fonds de continuation) ou par les investisseurs. Malgré certaines critiques liées aux conflits d’intérêts, le marché reste globalement sain. Les décotes y sont devenues la norme, et les acheteurs exigent une discipline stricte sur les valorisations.
D’ailleurs, les performances parlent : l’indice RPEI affiche une performance annualisée de 7 % pour les fonds secondaires sur 2022-2024, contre 3,6 % pour les fonds Buyout classiques, selon Ramify. De quoi repositionner ces stratégies comme une réponse intelligente à la crise de liquidité du secteur.

Moins de levier, plus d’expertise
Au-delà du choc conjoncturel, c’est tout un changement de paradigme qui s’opère dans le Private Equity. Le levier financier, qui représentait jusqu’en 2022 la principale source de création de valeur, voit son efficacité s’émousser. La hausse du coût de la dette et la stagnation des multiples imposent un recentrage stratégique : désormais, seule la croissance organique (du chiffre d’affaires et des marges) peut soutenir la performance des fonds.
 

Selon McKinsey (Global Private Market Report 2025), la part de la valeur ajoutée tirée de la croissance intrinsèque des entreprises dépasse désormais celle générée par les effets d’ingénierie financière. Ce virage oblige les fonds à développer une vraie expertise sectorielle, à accompagner les dirigeants et à renforcer leur capacité d’exécution.
 

Un retour à l’essentiel, en somme, pour une classe d’actifs qui doit réconcilier performance et transparence. La reprise des deals Buyout observée depuis le printemps 2025 pourrait bien marquer le début d’un nouveau cycle — plus lent, mais plus sain.
 

Sources : Bain, McKinsey, Evercore, Ramify
 

Précarité énergétique estivale : l’injustice invisible

Alors que les vagues de chaleur se multiplient, des millions de logements mal isolés deviennent invivables l’été. Faute de normes adaptées, cette précarité thermique demeure largement ignorée par les outils de diagnostic et les politiques publiques.

Alors que les vagues de chaleur se multiplient, des millions de logements mal isolés deviennent invivables l’été. Faute de normes adaptées, cette précarité thermique demeure largement ignorée par les outils de diagnostic et les politiques publiques.
 

La précarité énergétique est souvent pensée comme un problème hivernal. Or, avec le réchauffement climatique, une autre forme d’inconfort s’impose : celle des logements devenus insupportables en été. Selon le dernier rapport de la Fondation pour le Logement, croisé avec les données de Météo France et de l’ADEME, la précarité énergétique estivale pourrait concerner plusieurs millions de foyers dès aujourd’hui — et bien davantage d’ici 2050.
Dans les départements du sud ou exposés à des pics de chaleur récurrents, trois logements sur quatre présentent un confort d’été jugé insuffisant ou médiocre. Or ce phénomène ne fait l’objet d’aucune évaluation réglementaire sérieuse, et reste absent des critères de performance énergétique.
 

Un DPE inadapté au défi climatique
Le diagnostic de performance énergétique (DPE), utilisé pour classer les logements du A au G, repose encore largement sur la consommation de chauffage. Il néglige totalement les indicateurs de confort d’été : inertie thermique, orientation du logement, exposition au soleil, ventilation naturelle, présence de protections solaires… Autant de paramètres décisifs en période de canicule.
 

Résultat : un logement classé B ou C en hiver peut devenir une véritable fournaise en juillet-août. Cette faille méthodologique entretient un sentiment d’injustice chez les locataires, mais aussi une illusion de qualité thermique chez les propriétaires. Dans les faits, la note DPE est trompeuse dès lors qu’elle ne tient pas compte des effets du réchauffement.
Le problème est d’autant plus critique pour les populations vulnérables : personnes âgées, enfants en bas âge, malades chroniques, souvent confinés dans des appartements mal ventilés, situés en étage élevé, sans climatisation ni protections extérieures.
 

Des solutions existent… mais peinent à s’imposer
Les spécialistes du bâtiment le répètent : les techniques de confort d’été sont connues. Il est possible d’améliorer la situation en combinant isolation par l’extérieur, matériaux à fort déphasage thermique (comme la laine de bois ou la ouate de cellulose), volets extérieurs, brise-soleil orientables, ou encore pompes à chaleur réversibles. Ces aménagements permettent de différer l’entrée de chaleur dans le logement, et donc de lisser les températures intérieures.
 

Mais leur coût élevé, leur manque de visibilité dans les aides publiques et leur complexité technique freinent leur déploiement, notamment dans le parc locatif privé. Par ailleurs, les dispositifs comme MaPrimeRénov’ ou les C2E restent focalisés sur le chauffage et l’isolation hivernale, ignorant la dimension estivale du confort thermique.
 

Une précarité qui ne dit pas son nom
Ce déficit de reconnaissance a des conséquences lourdes. En 2023, plus de 12 000 passages aux urgences ont été recensés lors des épisodes de canicule, selon Santé publique France. Une grande partie de ces hospitalisations concernait des personnes vivant dans des logements surchauffés, mal ventilés, souvent dans des quartiers denses ou des immeubles anciens. Cette injustice invisible est aussi une question de santé publique.
Le logement social et les copropriétés dégradées sont en première ligne. Faute de normes, les bailleurs n’ont aucune obligation légale de traiter le confort d’été. Certains commencent pourtant à intégrer la notion de résilience thermique dans leurs appels d’offres, sous l’impulsion de collectivités locales ou de bailleurs innovants. Mais le mouvement reste marginal à l’échelle nationale.
 

Une réforme urgente du DPE et des aides
Pour les experts, le premier levier consiste à réformer le DPE afin d’y intégrer un indicateur de confort d’été, lisible, opposable, et pris en compte dans les décisions d’achat, de location ou d’aide publique. Sans cela, l’adaptation du parc immobilier au réchauffement climatique restera incomplète, voire contre-productive.
 

À plus long terme, il faudra penser une politique de rénovation thermique globale, qui n’oppose plus hiver et été, mais qui vise un confort thermique toute l’année, adapté aux nouvelles réalités climatiques. Sans cette mutation, les logements mal isolés risquent de devenir des pièges à chaleur, sources de pathologies, de surmortalité… et d’inégalités sociales renforcées.
 

Transmission d’une assurance-vie : les pièges fiscaux à connaître

Un simple retard peut coûter très cher à vos héritiers. L’histoire d’un chèque encaissé trop tard rappelle les règles strictes de l’assurance-vie après 70 ans.

Un simple retard peut coûter très cher à vos héritiers. L’histoire d’un chèque encaissé trop tard rappelle les règles strictes de l’assurance-vie après 70 ans.
 

C’est une décision passée relativement inaperçue, mais qui fait jurisprudence. En 2022, la Cour de cassation a débouté un retraité qui accusait sa banque d’avoir encaissé un chèque sur son assurance-vie après son 70e anniversaire. Ce retard, selon lui, avait privé ses petits-enfants d’un abattement fiscal substantiel. Mais pour la justice, le préjudice n’était pas personnel. Décryptage d’un cas emblématique… et d’un piège fiscal trop peu connu.
 

Avant ou après 70 ans : deux fiscalités très différentes L’assurance-vie est un outil phare de la transmission patrimoniale. Mais elle change radicalement de régime à l’âge de 70 ans. Les versements effectués avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire (article 990 I du Code général des impôts). Au-delà de cette date, cet abattement chute drastiquement : 30 500 euros pour l’ensemble des bénéficiaires, quel que soit leur nombre (article 757 B).
 

Dans le cas jugé, le retraité avait bien rédigé son chèque avant ses 70 ans, mais celui-ci n’a été encaissé par la banque qu’après son anniversaire. Résultat : le versement a été fiscalement considéré comme postérieur à ses 70 ans. Conséquence : les petits-enfants bénéficiaires ont perdu le droit à l’abattement de 152 500 euros chacun.
 

La justice tranche : le préjudice est fiscal, mais pas personnel L’assuré a poursuivi la banque, l’accusant d’avoir retardé l’opération. La Cour de cassation a confirmé que le préjudice n’était pas le sien, mais celui des bénéficiaires. « Le paiement des droits de mutation dus à la suite du décès du souscripteur d’un contrat d’assurance-vie étant à la charge des seuls bénéficiaires, il ne peut en résulter aucun préjudice fiscal pour l’assuré », lit-on dans l’arrêt. Ce dernier a été condamné à verser 2 000 euros de frais de procédure.
 

Une vigilance absolue sur les délais Ce cas souligne l’importance capitale de l’anticipation. Déposer un chèque ne garantit rien si la date de réception effective des fonds (l’encaissement) se fait après le seuil des 70 ans. En pratique, il faut prévoir plusieurs jours ouvrés d’avance, éviter les jours fériés, et préférer un virement immédiat (plus traçable). Un simple contretemps bancaire peut transformer une stratégie patrimoniale optimisée en fiscalement coûteuse.
 

Et pour les bénéficiaires ? Les héritiers peuvent se retrouver avec une note fiscale alourdie, sans possibilité de recours. Le fisc considère la date de versement réelle, pas l’intention du souscripteur. Les montants versés après 70 ans sont réintégrés dans l’assiette successorale dès le seuil de 30 500 euros franchi.
 

L’assurance-vie reste un outil redoutablement efficace de transmission, mais uniquement si elle est maniée avec rigueur. La frontière des 70 ans est une vraie ligne rouge. En matière de succession, chaque jour compte — et chaque minute peut coûter cher.
 

L’ascension du platine : précurseur d’une nouvelle ère industrielle ?

En 2025, le platine sort de l’ombre et attire les projecteurs. Entre tensions d’approvisionnement et nouveaux usages industriels, ce métal méconnu pourrait bien changer de statut.

En 2025, le platine sort de l’ombre et attire les projecteurs. Entre tensions d’approvisionnement et nouveaux usages industriels, ce métal méconnu pourrait bien changer de statut.
 

Avec une hausse de plus de 40 % depuis janvier, le platine réalise l’une des meilleures performances parmi les métaux précieux. Longtemps resté discret, il revient sur le devant de la scène, dopé par un cocktail rare : une offre contrainte, une demande diversifiée, et un regain d’intérêt des investisseurs.
 

Offre comprimée : le talon d’Achille sud-africain L’Afrique du Sud produit près de 70 % du platine mondial. Or, le secteur y fait face à de lourdes difficultés : coupures électriques chroniques, fermetures de sites non rentables, restructurations… Résultat : une production en berne, avec des volumes au plus bas depuis 10 ans.
 

Autre pilier fragilisé : le recyclage. Le platine est en partie issu du retraitement des catalyseurs automobiles. Or ce gisement, appelé « seconde mine », est lui aussi en repli : pénurie de pièces usagées, ralentissement du secteur, baisse de rentabilité. Selon le World Platinum Investment Council (WPIC), le marché est désormais structurellement déficitaire.
 

Une demande industrielle en mutation Traditionnellement utilisé dans les pots catalytiques de véhicules thermiques, le platine connaît une seconde vie grâce à la transition énergétique. Il est un composant clé des électrolyseurs PEM et des piles à combustible à hydrogène. Plus de 50 % des projets mondiaux d’électrolyse d’ici 2030 s’appuient sur cette technologie.
 

Autre débouché en forte croissance : la bijouterie. Avec un or à plus de 3 300 dollars l’once, le platine devient une alternative de luxe plus accessible, notamment en Chine où les ventes ont bondi de 26 % au premier trimestre. Ce repositionnement dans le haut de gamme attire une clientèle nouvelle.
 

Et pour les investisseurs ? Face à la flambée de l’or et au manque de rendement obligataire, le platine attire les investisseurs en quête de diversification. Les ETF spécialisés enregistrent des flux nets positifs. Pour Antoine Fraysse-Soulier (eToro), le métal bénéficie aussi de son image d’actif refuge alternatif, en période de tensions géopolitiques.
 

Mais le pari n’est pas sans risques : le marché reste étroit, la volatilité élevée, et les débouchés industriels liés à l’hydrogène encore dépendants de politiques publiques incitatives. En outre, un ralentissement du secteur automobile ou un rebond inattendu du recyclage pourrait rééquilibrer le marché plus vite que prévu.
 

Le platine semble engagé dans une nouvelle dynamique. Si les tensions sur l’offre persistent et que les usages liés à la transition énergétique se concrétisent, il pourrait s’imposer durablement comme un actif stratégique. Pour les investisseurs, le timing et la gestion du risque resteront essentiels.
 

Millennials et Gen Z : l’innovation dans l’épargne

Autonomes, exigeants et connectés : les jeunes bousculent les modèles de l’épargne patrimoniale.

Autonomes, exigeants et connectés : les jeunes bousculent les modèles de l’épargne patrimoniale.
 

Ils n’ont pas encore 35 ans, mais s’imposent déjà comme les prescripteurs de demain. Plus connectés, plus critiques, plus indépendants : les Millennials et la Gen Z rebattent les cartes de la gestion financière personnelle. Une étude OpinionWay pour Advenis, menée en mars 2025, éclaire leur rapport à l’épargne, fait de lucidité, d’attentes fortes… et d’aspiration à reprendre le contrôle.
 

Des attentes radicalement nouvelles Contrairement aux idées reçues, les jeunes Français n’épargnent pas moins que leurs aînés. Mais ils le font différemment. D’après l’étude, un sur deux se sent capable de gérer son épargne seul en ligne, et un tiers épargne déjà en vue de la retraite. Ce chiffre grimpe même chez les moins de 35 ans, preuve d’une conscience financière précoce — sans doute dopée par l’incertitude ambiante : inflation, précarité de l’emploi, incertitudes sur les retraites…
 

Mais leur jugement sur les produits existants est sévère : 35 % se disent insatisfaits des solutions actuelles, et 25 % les jugent trop complexes ou inadaptées à leurs capacités d’épargne. Ils rejettent les modèles opaques, les frais cachés, l’absence de personnalisation. Et cherchent des alternatives simples, lisibles, pilotables depuis leur smartphone.
 

Entre défiance et pragmatisme L’immobilier reste une valeur refuge… mais 60 % des jeunes le jugent inaccessible. Les SCPI intéressent mais souffrent d’un déficit de notoriété. Les cryptomonnaies ? Perçues comme risquées ou floues. Résultat : la génération Z navigue entre prudence et quête de sens. Elle veut des supports qui allient performance, transparence et impact.
 

Le banquier traditionnel reste consulté, mais n’est plus seul en piste. Chez les jeunes, les proches sont désormais une source de conseil privilégiée (30 %, contre 28 % pour les banques). On échange sur les réseaux, on se forme en ligne, on teste des solutions hybrides. Ce n’est pas le refus de l’épargne traditionnelle : c’est une demande de réinvention.