Assurance-vie : la Cour de cassation réaffirme la primauté de la volonté du souscripteur

Dans un arrêt remarqué rendu le 3 avril 2025, la Cour de cassation redonne toute sa force juridique à la volonté exprimée par l’assuré. Même en l’absence d’enregistrement de la clause bénéficiaire modifiée par l’assureur, celle-ci reste pleinement valable si l’intention est clairement démontrée.

Dans un arrêt remarqué rendu le 3 avril 2025, la Cour de cassation redonne toute sa force juridique à la volonté exprimée par l’assuré. Même en l’absence d’enregistrement de la clause bénéficiaire modifiée par l’assureur, celle-ci reste pleinement valable si l’intention est clairement démontrée.

Une affaire révélatrice d’un vide juridique
L’affaire tranchée par la Cour de cassation met en lumière une situation malheureusement fréquente. Un souscripteur avait rédigé un avenant modifiant la clause bénéficiaire de son contrat d’assurance-vie, afin d’en exclure une personne précédemment désignée au profit d’un nouveau bénéficiaire. Problème : cet avenant, bien qu’établi de manière claire, n’avait jamais été formellement enregistré par l’assureur.
 

À son décès, la compagnie d’assurance a versé les capitaux au bénéficiaire initial, faute d’élément probant dans son dossier. Le nouveau bénéficiaire – pourtant clairement désigné dans l’avenant – a alors contesté cette décision en justice.
Les juges du fond ont, dans un premier temps, validé le versement en invoquant la sécurité juridique du contrat et l’absence d’enregistrement officiel. Mais la Cour de cassation a cassé cet arrêt, opérant un retour à une conception plus souple et protectrice de la volonté du souscripteur.

Une décision qui marque un tournant
La haute juridiction rappelle que la désignation bénéficiaire est un acte unilatéral de volonté. Autrement dit, elle produit ses effets dès lors que l’intention de l’assuré est claire, indépendamment de sa réception ou validation par l’assureur. La Cour estime qu’exiger une notification formelle pour valider cette volonté revient à priver l’assuré de sa liberté contractuelle.
 

Cette décision marque un revirement par rapport à une jurisprudence de 2019, qui avait mis l’accent sur la nécessité d’une notification formelle pour garantir la validité d’un changement de clause bénéficiaire. La nouvelle position renoue avec l’esprit originel de l’assurance-vie : un outil souple, au service de la transmission, reposant avant tout sur la volonté personnelle.

Conséquences pratiques pour les assurés
Pour les souscripteurs, cette décision est une bonne nouvelle. Elle signifie que même en cas de perte d’un avenant par l’assureur, ou d’oubli d’enregistrement, la clause modifiée reste valable si elle peut être retrouvée ou prouvée (courrier, acte notarié, copie).
 

Mais cela ne dispense pas d’agir avec prudence. Les experts en gestion de patrimoine recommandent de :
• conserver plusieurs copies de la clause modifiée, en format papier et numérique ;
• envoyer tout avenant par lettre recommandée avec accusé de réception ;
• prévenir le(s) bénéficiaire(s) pour éviter toute contestation ;
• mentionner la clause dans un testament ou un mandat posthume afin de garantir sa cohérence avec la stratégie patrimoniale globale.

Une décision qui conforte l’assurance-vie comme outil de transmission
L’arrêt du 3 avril 2025 renforce la sécurité juridique autour de l’assurance-vie, notamment dans des situations sensibles comme le divorce, les familles recomposées, ou les relations extrafamiliales. Il consacre un principe simple : c’est l’intention de l’assuré qui prévaut, et non la mécanique administrative.
 

Dans un contexte où l’assurance-vie reste le placement préféré des Français – avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours – cette clarification est saluée par les professionnels comme un retour au bon sens juridique, garantissant une meilleure protection des dernières volontés.
 

Sources : Arrêt Cour de cassation n° 142 FS-B, 3 avril 2025 ; analyse Actusite, 28 mai 2025.
 

Argent et familles : équilibre fragile, vigilance constante

La première édition de l’étude « Familles et argent » de la Caisse d’Épargne révèle un tableau contrasté : malgré l’inflation et les contraintes budgétaires, la grande majorité des familles garde le cap. Épargner, même un peu, reste une priorité, tout comme protéger l’avenir des enfants.

La première édition de l’étude « Familles et argent » de la Caisse d’Épargne révèle un tableau contrasté : malgré l’inflation et les contraintes budgétaires, la grande majorité des familles garde le cap. Épargner, même un peu, reste une priorité, tout comme protéger l’avenir des enfants.
 

Une implication financière quasi unanime
L’étude, réalisée en mai 2025, met en lumière une implication massive des familles dans la gestion du budget domestique. 93 % des répondants déclarent suivre leurs dépenses de manière active, que ce soit via une application, un tableau Excel ou simplement en consultant leur solde bancaire régulièrement. Ce suivi est perçu comme un moyen d’éviter les découverts, mais aussi de planifier les projets familiaux.
 

Fait notable : 74 % des foyers parviennent à épargner plusieurs fois par an, même si les montants restent modestes. Ce chiffre est d’autant plus significatif qu’il s’inscrit dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et de prix élevés sur l’alimentation, l’énergie ou encore les fournitures scolaires.
 

Des aspirations simples, mais des angoisses bien réelles
Lorsqu’on leur demande ce qu’ils attendent de la vie, les familles placent des valeurs fondamentales en tête : être heureux en couple (65 %), élever des enfants (51 %), assurer leur sécurité financière (48 %). Derrière ces réponses se cachent des inquiétudes plus concrètes. 72 % des parents redoutent avant tout de ne pas pouvoir financer les études de leurs enfants.
 

Cette crainte dépasse largement celle de ne pas pouvoir partir en vacances ou acheter un bien immobilier. L’éducation reste perçue comme le premier levier d’émancipation, et les familles cherchent à s’assurer qu’elles pourront l’offrir, quelles que soient leurs ressources.
 

Trois leviers pour tenir le budget
Pour composer avec des revenus parfois insuffisants, les familles ont développé des réflexes d’ajustement. En tête, la consommation d’occasion, pratiquée par 67 % des répondants : vêtements, meubles, matériel scolaire ou informatique sont souvent achetés via des plateformes de seconde main. Ensuite, le paiement fractionné (50 %), qui permet d’échelonner les dépenses, notamment les grosses factures (électroménager, énergie, rentrée scolaire). Enfin, le recours à l’épargne existante (63 %) : les familles puisent dans leurs réserves, même limitées, pour éviter de s’endetter.
 

Les familles monoparentales sont particulièrement concernées. Bien que 61 % déclarent avoir du mal à boucler leurs fins de mois, 63 % parviennent malgré tout à épargner, souvent de petites sommes (<100 €/mois), preuve d’un effort remarquable de discipline financière. L’autonomie financière est d’ailleurs citée comme une priorité par 62 % des personnes interrogées dans cette situation.
 

L’étude plaide aussi pour un renforcement de la pédagogie financière dès le plus jeune âge. Éduquer les enfants à l’épargne, aux dépenses, aux notions de crédit ou de projet à moyen terme pourrait améliorer durablement la résilience financière des foyers.
 

La résilience par la rigueur
Dans un monde marqué par l’incertitude économique, les familles françaises font preuve d’un sens aigu de l’organisation budgétaire. Elles arbitrent, reportent, réduisent, mais continuent de placer l’avenir au cœur de leurs priorités. Leur message aux institutions financières est clair : elles attendent des outils simples, adaptés, sécurisants, et un accompagnement bienveillant.
 

Sources : Étude « Familles et argent », Caisse d’Épargne, mai 2025 (Actusite, 28 mai 2025).
 

Les Français et l’épargne : quête de clarté, de souplesse… et d’horizons lointains

L’épargne reste une priorité pour de nombreux Français, notamment les plus jeunes. Mais face à une offre jugée trop chère et trop complexe, ils expriment un besoin croissant de simplicité, de transparence et d’ouverture à l’international. Une attente à laquelle les acteurs traditionnels doivent désormais répondre.

L’épargne reste une priorité pour de nombreux Français, notamment les plus jeunes. Mais face à une offre jugée trop chère et trop complexe, ils expriment un besoin croissant de simplicité, de transparence et d’ouverture à l’international. Une attente à laquelle les acteurs traditionnels doivent désormais répondre.
 

L’épargne, toujours une priorité… mais mal comprise
L’étude menée par OpinionWay pour le groupe Advenis en mai 2025 dresse un portrait nuancé des pratiques d’épargne en France. Un tiers des Français épargne avant tout pour sa retraite, un chiffre en hausse, signe d’une prise de conscience face à l’incertitude des régimes publics. L’épargne de précaution, pour faire face à des imprévus, reste en tête des motivations (cités par 78 % des sondés), devant l’achat immobilier ou le financement des études des enfants.
 

Mais malgré cet attachement fort à l’épargne, une part significative des Français se dit insatisfaite de l’offre actuelle. Un sur trois affirme ne pas comprendre les produits proposés. Ce chiffre grimpe à 45 % chez les moins de 35 ans, qui dénoncent des produits jugés trop techniques, peu transparents et mal adaptés à leurs moyens.

 

Frais trop élevés, ticket d’entrée dissuasif
La question des frais de gestion revient régulièrement dans les critiques. 57 % des sondés estiment que les frais prélevés sur leurs placements sont excessifs, et beaucoup regrettent le manque de lisibilité des conditions tarifaires. Le problème est accentué pour les jeunes ou les ménages modestes, souvent contraints à investir de faibles montants, mais à qui l’on propose des produits aux frais proportionnellement élevés.
 

À cela s’ajoute le ticket d’entrée encore trop élevé pour de nombreux placements performants : immobilier pierre-papier, assurance-vie bien gérée, portefeuilles diversifiés… autant d’options peu accessibles à ceux qui souhaitent commencer avec quelques centaines d’euros.
 

Une génération tournée vers le digital et l’international
Chez les 18-35 ans, le numérique est une évidence : un sondé sur deux se dit prêt à gérer lui-même son épargne en ligne. Les attentes en matière de souscription simplifiée, de pédagogie intégrée et de pilotage mobile sont désormais des standards. Les outils éducatifs (simulateurs, FAQ, vidéos explicatives) sont jugés aussi importants que le produit lui-même.
 

Autre tendance forte : l’envie de diversification géographique. 41 % des 18-24 ans estiment que l’investissement international est indispensable pour faire fructifier leur épargne. Ils veulent pouvoir accéder aux marchés européens, américains ou asiatiques, en profitant d’un éventail plus large d’opportunités, notamment dans les secteurs innovants.
 

L’épargnant de 2025 : exigeant, informé et impatient
Le message est clair : les Français, et notamment les plus jeunes, ne rejettent pas l’épargne, bien au contraire. Mais ils réclament des produits plus transparents, moins chargés en frais, plus accessibles et surtout plus lisibles. Les acteurs qui sauront conjuguer digital, pédagogie et performance dans une offre cohérente tireront leur épingle du jeu dans les prochaines années.
 

Sources : Étude OpinionWay-Advenis « Les Français et l’épargne », mai 2025 (Actusite, 28 mai 2025).
 

Immobilier de prestige à Paris : un marché haut de gamme en renaissance

Après deux années de correction, le marché parisien du luxe reprend des couleurs. Au premier trimestre 2025, les ventes de biens haut de gamme explosent. Entre stabilisation des taux, retour des acheteurs internationaux et rareté persistante, le segment du prestige montre une étonnante résilience.

Après deux années de correction, le marché parisien du luxe reprend des couleurs. Au premier trimestre 2025, les ventes de biens haut de gamme explosent. Entre stabilisation des taux, retour des acheteurs internationaux et rareté persistante, le segment du prestige montre une étonnante résilience.
 

Un regain d’activité porté par une demande solvable
Le baromètre Paris Prestige T1 2025 est formel : le haut de gamme redécolle. Les contacts acheteurs ont bondi de +92 % par rapport au premier trimestre 2024, et les promesses de vente enregistrées progressent de +56 %. Ce rebond intervient après deux années marquées par une baisse sensible des prix (-10 à -15 % sur les segments les plus chers) et une forte prudence des acquéreurs, inquiétés par la hausse des taux et l’instabilité économique.
 

Mais depuis début 2025, le contexte s’éclaircit. Les taux d’intérêt cessent de grimper, les acheteurs reviennent, et l’image de Paris comme valeur refuge patrimoniale se renforce. Les Jeux olympiques approchants contribuent également à raviver l’attrait de la capitale sur la scène internationale.
 

Une géographie très ciblée
La reprise ne concerne pas tous les quartiers de manière homogène. Ce sont les arrondissements historiquement les plus recherchés – 5ᵉ, 6ᵉ, 7ᵉ, 8ᵉ et 16ᵉ – qui concentrent l’essentiel de la demande. Dans le 7ᵉ arrondissement, par exemple, 43 % des transactions sont désormais réalisées par des acquéreurs non-résidents. Cette clientèle internationale, majoritairement venue des États-Unis, du Moyen-Orient ou d’Asie, est attirée par des biens rares, souvent d’exception, avec vue dégagée, prestations haut de gamme et cachet architectural.
 

Le prix au mètre carré peut dépasser les 30 000 € dans certains cas, notamment pour des appartements avec terrasse ou vue sur la Seine ou les monuments emblématiques. Ces acheteurs ne sont pas sensibles aux taux, car ils mobilisent souvent des fonds propres ou des financements étrangers plus avantageux.
 

Une offre limitée mais mieux ajustée
Du côté de l’offre, le marché évolue également. Après une période de décalage entre les attentes des vendeurs et la réalité du marché, les propriétaires ont revu leurs ambitions à la baisse, ce qui a permis une reprise des transactions. Les professionnels du secteur notent une amélioration de la fluidité du marché, avec des biens mieux positionnés et des délais de vente réduits.
 

Chez Vaneau, par exemple, 80 mandats actifs à plus de 4 millions d’euros sont actuellement proposés, dont la moitié dans l’ultra-luxe (surfaces de plus de 300 m², domotique, espaces extérieurs). La négociation ne porte plus sur de fortes remises, mais sur les conditions suspensives (obtention de financement, durée de validité des offres…). La rareté structurelle de l’offre permet de maintenir les prix sur ce segment très spécifique.
 

Une dynamique qui devrait se prolonger
Les professionnels s’accordent à dire que la reprise pourrait se poursuivre tout au long de 2025, portée par plusieurs facteurs favorables : retour de la confiance, stabilisation des taux longs (OAT 10 ans), visibilité internationale accrue grâce aux Jeux, et fiscalité encore lisible sur l’immobilier patrimonial. Le seul risque identifié : un durcissement de la fiscalité sur les non-résidents ou un alourdissement de l’IFI, qui pourrait freiner l’investissement étranger.
 

Mais en l’état, l’immobilier de prestige parisien s’impose comme un segment résilient, peu corrélé aux cycles classiques du marché immobilier et toujours aussi attractif pour les grandes fortunes en quête d’actifs tangibles.
 

Sources : Baromètre Vaneau Paris Prestige T1 2025 (Actusite, 28 mai 2025).
 

Finance durable : la transparence, un impératif encore trop négligé

À l’approche de l’entrée en vigueur du règlement SFDR 2.0, une étude de la fintech WeeFin dresse un bilan contrasté de la finance responsable. Si les engagements de façade se multiplient, la réalité des portefeuilles peine encore à refléter une véritable transition écologique et sociale

À l’approche de l’entrée en vigueur du règlement SFDR 2.0, une étude de la fintech WeeFin dresse un bilan contrasté de la finance responsable. Si les engagements de façade se multiplient, la réalité des portefeuilles peine encore à refléter une véritable transition écologique et sociale.

Un marché ESG en pleine croissance… mais en quête de crédibilité
Depuis cinq ans, les fonds labellisés ESG (Environnement, Social, Gouvernance) ont connu un essor fulgurant, portés par une demande croissante des épargnants et des investisseurs institutionnels. En France, plus de 700 fonds dits « durables » sont commercialisés, représentant plusieurs centaines de milliards d’euros d’encours. La promesse : investir dans des entreprises « vertueuses », qui contribuent positivement à la société et à la planète.
 

Mais dans les faits, la définition du « durable » reste floue. Les réglementations européennes (notamment SFDR, Sustainable Finance Disclosure Regulation) tentent d’y remédier en classant les fonds selon leur niveau d’engagement environnemental : Article 6 (pas d’engagement particulier), Article 8 (prise en compte de critères ESG) et Article 9 (objectif d’investissement durable explicite).

Des exclusions très sélectives
Le Baromètre 2025 de WeeFin, qui analyse les pratiques de plusieurs dizaines de sociétés de gestion, révèle des progrès notables sur certains sujets… et de sérieuses lacunes sur d’autres. Ainsi, 70 % des fonds interrogés excluent désormais les nouveaux projets charbon, un signe que la pression des ONG et des régulateurs commence à produire ses effets.
 

Mais dans le même temps, 74 % des mêmes fonds continuent à investir dans les énergies fossiles traditionnelles (pétrole, gaz), sans se fixer de calendrier de sortie clair. Pire : seuls 11 % des fonds Article 9 respectent déjà les critères renforcés de la future version de la SFDR, qui imposera l’exclusion des producteurs d’électricité fortement carbonés. Autrement dit, même les fonds les plus « verts » ne sont pas encore en conformité avec la réglementation à venir.

Le reporting d’engagement, parent pauvre de la gestion ESG
Autre point de fragilité : la faiblesse du reporting d’engagement actionnarial. En théorie, la gestion ESG ne consiste pas seulement à filtrer les entreprises, mais aussi à dialoguer avec elles, à peser dans les assemblées générales, à voter contre certaines résolutions si nécessaire. Cet « engagement actionnarial » est souvent mis en avant par les sociétés de gestion comme la preuve de leur sérieux.
Mais selon WeeFin, seuls 35 % des fonds publient un rapport détaillé sur leurs actions de vote et d’engagement, ce qui rend très difficile toute évaluation externe. Le reste se contente de déclarations générales sans preuves tangibles. Sans transparence, difficile de croire à une transformation réelle des pratiques des entreprises financées.

La data, clé de voûte d’une finance durable crédible
Pour sortir de cette zone grise, la question de la qualité des données extra-financières devient centrale. Qui mesure quoi ? Selon quelles méthodologies ? Comment comparer deux fonds affichant tous deux un label « vert » mais investissant dans des entreprises très différentes ?
 

WeeFin propose une solution intégrée : une plateforme qui collecte, centralise et historise toutes les données ESG, mesure les indicateurs PAI (impacts négatifs principaux) et permet un suivi automatisé de la trajectoire carbone des portefeuilles. Objectif : armer les gérants pour qu’ils puissent répondre aux exigences de transparence du futur règlement SFDR 2.0, tout en offrant aux clients une vision plus claire de l’impact réel de leur épargne.

Vers une nouvelle norme d’ici 2026
Le message est clair : les temps de l’ESG marketing touchent à leur fin. Pour mériter leur étiquette « durable », les fonds devront démontrer une cohérence réelle entre discours et pratiques, tant dans leurs investissements que dans leur stratégie d’engagement. L’avenir de la finance responsable dépendra de cette rigueur, sous peine de voir la confiance des épargnants s’éroder.
 

Sources : Baromètre de la finance durable 2025, WeeFin (Actusite, 28 mai 2025).
 

Épargne salariale : un pilier qui résiste à l’épreuve de l’inflation

Face à l’érosion du pouvoir d’achat, l’épargne salariale reste un atout pour des millions de salariés. Malgré un ralentissement des versements, les dispositifs tels que le PEE et le PER d’entreprise confirment leur rôle central dans la stratégie de rémunération des entreprises.

Face à l’érosion du pouvoir d’achat, l’épargne salariale reste un atout pour des millions de salariés. Malgré un ralentissement des versements, les dispositifs tels que le PEE et le PER d’entreprise confirment leur rôle central dans la stratégie de rémunération des entreprises.

Une mécanique de partage des profits bien ancrée
L’épargne salariale repose sur deux grands principes : la participation (obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, qui redistribue une partie des bénéfices) et l’intéressement (facultatif, mais exonéré de charges sociales, lié à la performance de l’entreprise). Ces sommes peuvent être versées directement ou placées dans un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ou un PER Collectif.
 

En 2023, près de 8 millions de salariés ont bénéficié d’au moins un de ces dispositifs, pour un montant total de 26,7 milliards d’euros versés, soit une prime moyenne de 3 039 € brut par salarié. Une progression de 4 % sur un an, certes en ralentissement par rapport à 2022 (+8 %), mais qui reste notable dans un contexte d’inflation élevée (4,9 %).

Des écarts persistants entre grandes entreprises et PME
La diffusion de l’épargne salariale reste cependant inégale selon la taille des structures. 90 % des entreprises de plus de 1 000 salariés disposent d’au moins un dispositif, contre seulement 13,7 % des entreprises de moins de 10 salariés. Un écart structurel, dû en partie à la complexité administrative et à la perception d’un coût élevé chez les petits employeurs.
Les disparités sectorielles sont également marquées : les salariés de la finance, de l’assurance et de l’industrie sont mieux couverts (taux de diffusion jusqu’à 80 %), tandis que l’hébergement-restauration reste très en retrait (23,4 %), alors même que ce secteur connaît un fort turnover et de faibles marges.

Le PER d’entreprise monte en puissance
Parmi les grandes évolutions de ces dernières années figure la montée en puissance du PER Collectif, issu de la loi Pacte de 2019. Ce produit d’épargne retraite collectif séduit de plus en plus de salariés comme de dirigeants : 31,5 % des salariés des entreprises de plus de 10 personnes en disposent aujourd’hui.
 

Les raisons de son succès ? D’abord, sa souplesse à la sortie : les sommes peuvent être récupérées sous forme de capital ou de rente au moment de la retraite. Ensuite, sa fiscalité avantageuse : les versements sont déductibles de l’impôt sur le revenu (dans certaines limites), ce qui permet d’optimiser l’effort d’épargne. Enfin, pour les entreprises, il s’agit d’un levier de fidélisation jugé moins engageant qu’une revalorisation salariale pérenne.

Quelle trajectoire pour 2024 et au-delà ?
Dans un environnement économique incertain, les partenaires sociaux anticipent un recentrage sur l’épargne longue. La stabilisation de l’inflation, combinée à la nécessité de mieux préparer la retraite des salariés, pourrait renforcer l’attractivité du PER. Parallèlement, plusieurs dispositifs d’incitation à la généralisation de l’épargne salariale dans les PME sont à l’étude, notamment via une simplification des accords types et un accompagnement renforcé des dirigeants.
 

Pour les salariés, l’épargne salariale reste un outil précieux pour se constituer un capital, financer un projet ou préparer l’avenir, à condition de bien comprendre les règles du jeu : durée de blocage, modalités de sortie, fiscalité… L’enjeu, désormais, est autant pédagogique que financier.
 

Sources : Panorama de l’épargne salariale 2023 DREES (Actusite, 28 mai 2025).
 

Logement étudiant 2025 : le fossé se creuse entre métropoles et petites villes

Dans un contexte de tension généralisée sur le marché locatif, le Baromètre 2025 du logement étudiant dresse un état des lieux préoccupant : les inégalités territoriales s’accentuent, avec des métropoles de plus en plus inaccessibles pour les jeunes et des villes moyennes qui peinent à absorber une demande croissante.

Dans un contexte de tension généralisée sur le marché locatif, le Baromètre 2025 du logement étudiant dresse un état des lieux préoccupant : les inégalités territoriales s’accentuent, avec des métropoles de plus en plus inaccessibles pour les jeunes et des villes moyennes qui peinent à absorber une demande croissante.
 

Le logement reste le premier poste de dépense pour les étudiants, pesant souvent plus de la moitié de leur budget mensuel. Or, selon le Baromètre 2025, qui analyse 47 villes universitaires, l’accès à un toit se transforme progressivement en parcours du combattant dans les grandes agglomérations. Le baromètre s’appuie sur un indicateur synthétique baptisé « Logiscore », calculé à partir de plusieurs critères : le loyer moyen des studios, la tension locative (c’est-à-dire le rapport entre l’offre et la demande), la part de logements sociaux, les aides spécifiques disponibles localement et le taux de suroccupation. Ce score classe les villes de A à D, selon leur capacité à accueillir décemment les étudiants.
 

Les résultats sont sans appel : seules quelques villes obtiennent la note maximale (A), à l’image d’Arras, Besançon ou Limoges, qui conjuguent des loyers modérés – souvent inférieurs à 350 € par mois –, une rotation raisonnable des logements et un parc social mobilisable. À l’opposé, Paris, Lyon, Bordeaux ou encore Nice affichent une note D, avec des loyers avoisinant ou dépassant les 600 €, une tension locative extrême, et une offre publique très insuffisante. Dans ces villes, la location étudiante entre directement en concurrence avec la location touristique et professionnelle, ce qui fait mécaniquement monter les prix.
 

Entre ces deux extrêmes, une « classe moyenne » composée de villes classées B (comme Nancy, Reims ou Pau) ou C (Toulouse, Nantes, Grenoble) offre des compromis acceptables. Mais la dynamique est fragile : dans ces villes, les loyers continuent de grimper (+18 % en dix ans, passant de 383 € mensuels en 2016 à 453 € en 2025), et les résidences universitaires sont souvent saturées.
 

Les raisons de cette tension sont multiples. Premièrement, le déficit chronique de places en résidence Crous reste criant : on compte aujourd’hui seulement six lits pour cent étudiants, obligeant la majorité des boursiers à se tourner vers le parc privé, plus onéreux et rarement pensé pour les besoins spécifiques des jeunes. Ensuite, la baisse des APL étudiants décidée en 2017 a eu un effet dissuasif sur la construction de logements sociaux : les bailleurs, moins incités financièrement, ont ralenti leur production. Enfin, la généralisation des plateformes de location de courte durée (type Airbnb) aggrave la situation dans les centres-villes, en absorbant une part croissante du parc locatif disponible à l’année.
 

Face à ces constats, le rapport formule plusieurs recommandations. Il préconise une relance massive de la construction de résidences étudiantes, via des partenariats public-privé et une revalorisation des aides au logement. Il invite également les collectivités à rééquilibrer la carte universitaire, en soutenant le développement de formations dans des villes moyennes moins tendues. Objectif : désengorger les métropoles et offrir aux jeunes des parcours de qualité dans des territoires plus accueillants.
 

Au-delà du constat, ce baromètre met en lumière une forme de fracture géographique du système universitaire français, où l’accès à l’enseignement supérieur devient inégal en fonction du lieu d’étude. Un phénomène inquiétant pour l’équité des parcours et la mobilité sociale.
 

Sources : Baromètre du logement étudiant 2025 (Actusite, 28 mai 2025).
 

Réduction d’impôts en 2025 : Les travailleurs indépendants ont tout à gagner

Vous êtes travailleur indépendant et vous faites appel aux services d’un expert-comptable ? Vous pouvez encore, sous certaines conditions, bénéficier d’une réduction d’impôts pouvant atteindre 915 euros, mais attention : cet avantage fiscal disparaîtra dès 2026. Retour sur les conditions pour en profiter une dernière fois.

Vous êtes travailleur indépendant et vous faites appel aux services d’un expert-comptable ? Vous pouvez encore, sous certaines conditions, bénéficier d’une réduction d’impôts pouvant atteindre 915 euros, mais attention : cet avantage fiscal disparaîtra dès 2026. Retour sur les conditions pour en profiter une dernière fois.

Qui peut bénéficier de cette réduction d’impôts ?
Cet avantage fiscal concerne :
– Les travailleurs indépendants soumis de plein droit au régime réel d’imposition ou ayant renoncé au régime micro, dans le cadre des BIC (Bénéfices industriels et commerciaux), des BNC (Bénéfices non commerciaux) ou des BA (Bénéfices agricoles).
– Les Loueurs en meublé non-professionnels (LMNP) peuvent également y prétendre.
Pour cela, deux conditions doivent être remplies :
Faire appel à un expert-comptable pour la tenue de la comptabilité.
Adhérer à un Centre de Gestion Agréé (CGA), chargé de contrôler la déclaration de revenus avant sa transmission à l’administration fiscale.
À savoir : cette réduction d’impôts n’est pas un crédit d’impôts. Elle ne profite donc qu’aux professionnels redevables de l’impôt sur le revenu.

Quels frais sont pris en compte ?
Le calcul de cette réduction d’impôts s’appuie sur les dépenses comptables effectuées au cours de l’année. Cela inclut :
– Les honoraires versés à l’expert-comptable.
– Les cotisations au Centre de Gestion Agréé (CGA).
– Les frais de petit matériel de comptabilité (livres de comptes, fournitures spécifiques, etc.).
 

En revanche, les achats de matériel informatique (ordinateurs, imprimantes) ne sont pas éligibles, car considérés comme des immobilisations.
 

Le montant de la réduction correspond à deux tiers des sommes dépensées, dans la limite de 915 euros par an et par activité. Si vous exercez deux activités distinctes relevant de régimes fiscaux différents (par exemple un BA et un BNC), vous pouvez bénéficier de l’avantage fiscal pour chacune d’elles.

Profiter de l’avantage fiscal avant sa disparition
Si vous souhaitez bénéficier de cette réduction d’impôts, 2025 sera votre dernière chance. En effet, la loi de finances pour 2025 a acté la suppression de ce mécanisme fiscal dès l’année prochaine. Lors de la déclaration 2026, portant sur les revenus de 2025, cet avantage ne sera plus disponible.
 

Quel impact pour les indépendants ?
En contrepartie, les frais de tenue de comptabilité ou d’adhésion à un organisme de gestion agréé pourront être déduits du résultat imposable pour ceux relevant d’un régime réel. En outre, l’adhésion à un CGA permet d’éviter une majoration de 25 % du chiffre d’affaires ou des recettes, qui s’applique aux travailleurs indépendants calculant eux-mêmes leur résultat net imposable. Elle réduit également le risque de contrôle fiscal.

Une opportunité à saisir avant 2026
Les professionnels indépendants souhaitant optimiser leur fiscalité ont tout intérêt à profiter de cet avantage pour la déclaration 2025. Avec un plafonnement à 915 euros par an, cette réduction représente un coup de pouce non négligeable pour alléger la facture fiscale avant sa disparition définitive.
 

Rapport parlementaire : quelles perspectives pour l’épargne réglementée ?

Un rapport parlementaire appelle à une réforme en profondeur de l’épargne réglementée en France. L’objectif affiché : plus de clarté, d’efficacité et d’efficience pour protéger le pouvoir d’achat des Français face à l’inflation.

Un rapport parlementaire appelle à une réforme en profondeur de l’épargne réglementée en France. L’objectif affiché : plus de clarté, d’efficacité et d’efficience pour protéger le pouvoir d’achat des Français face à l’inflation.

Un maquis de livrets à simplifier
Selon les auteurs du rapport, le paysage de l’épargne réglementée est devenu un véritable « maquis », avec une multitude de livrets allant du Livret A au livret d’épargne d’entreprise, en passant par le LDDS et le LEP. Cette diversité, bien que large, ne favorise pas toujours les choix les plus judicieux pour les épargnants, notamment les plus modestes.
 

Un exemple frappant : le Livret d’épargne populaire (LEP).
– Mieux rémunéré que le Livret A, le LEP est pourtant sous-utilisé : 40 % des Français éligibles n’en disposent pas, préférant le Livret A moins avantageux.
– Cette situation s’expliquerait par un manque de conseil bancaire approprié. « Les banques ne dirigent pas suffisamment l’épargne des Français les plus modestes vers les meilleurs placements réglementaires, alors qu’elles assument une mission d’intérêt général », souligne François Jolivet.

L’érosion monétaire : un risque sous-estimé
Le rapport pointe également un manque d’information sur l’érosion monétaire qui affecte le Livret A. Jean-Philippe Tanguy déclare : « L’érosion monétaire est certaine, car la formule de calcul de l’intérêt ne protège plus de l’inflation ».
 

Qu’est-ce que l’érosion monétaire ?
– C’est la perte de valeur de l’argent au fil du temps, liée à l’inflation. Même si le capital est préservé en valeur nominale, son pouvoir d’achat diminue.
– Selon le rapport, cette érosion aurait coûté 300 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux Français entre 2020 et 2023.
– Les auteurs du rapport estiment que les banques ne sensibilisent pas suffisamment les épargnants sur ce phénomène. « Des épargnants de bonne foi pensent que leur épargne est protégée alors qu’elle ne l’est qu’en apparence », déclare Jean-Philippe Tanguy.

La réponse de la Fédération bancaire française (FBF)
Interrogée sur le sujet, la Fédération bancaire française (FBF) a tenu à défendre le rôle des banques. Selon elle, les établissements veillent à recommander des placements dans l’intérêt des clients : « La France propose une offre unique en matière d’épargne réglementée, avec des produits liquides, garantis, non fiscalisés et à rendement positif, comme le Livret A, le LDDS et le LEP ».
La FBF rappelle également que « le taux d’intérêt moyen sur les dépôts d’épargne en France s’établit à 2,1 %, soit 0,6 point de plus que la moyenne de la zone euro et trois fois plus que celui de l’Allemagne ».

Quelles perspectives pour l’avenir ?
Le rapport parlementaire relance le débat sur l’avenir de l’épargne réglementée. Une réforme pourrait simplifier l’offre, mieux orienter l’épargne populaire et renforcer l’information sur les risques de l’inflation. Les prochains mois pourraient être décisifs, alors que l’inflation continue de grignoter le pouvoir d’achat des épargnants français.
Les députés Tanguy et Jolivet appellent ainsi à une meilleure transparence des banques et à un recentrage des livrets vers les produits les plus performants, afin de protéger au mieux les intérêts des Français.
 

Les placements préférés des Français : succès et échecs

L’assurance vie continue de séduire les Français. Selon une étude de l’Insee publiée le 14 mai, 41,7 % des ménages détenaient un contrat d’assurance vie début 2024.

L’assurance vie continue de séduire les Français. Selon une étude de l’Insee publiée le 14 mai, 41,7 % des ménages détenaient un contrat d’assurance vie début 2024.  « Le taux de détention progresse depuis vingt ans (+15,8 points sur la période) », souligne l’Insee. Cette hausse régulière fait de l’assurance vie le placement ayant le plus augmenté depuis 2004. Seuls les livrets défiscalisés, comme le Livret A ou le LDDS, affichent un taux de détention supérieur, avec 86,5 % des ménages qui en possèdent au moins un.

Pourquoi un tel engouement ?
L’assurance vie doit son succès à plusieurs atouts :
Une fiscalité avantageuse : les gains sont faiblement imposés, surtout au bout de huit ans de détention, avec un abattement annuel pour les retraits.
Une disponibilité des fonds : l’argent reste accessible à tout moment, sans pénalités, permettant de récupérer les sommes investies en cas de besoin.
L’effet cliquet : une fois les intérêts inscrits en compte, ils sont acquis définitivement, même si les marchés baissent.
Une garantie sur le capital : les contrats monosupports en euros offrent une sécurité totale, le capital est préservé.

L’épargne retraite en plein essor
Dans le sillage de l’assurance vie, l’épargne retraite connaît elle aussi un bel essor. Le taux de détention a nettement progressé entre 2021 et 2024 (+2,7 points), principalement grâce au succès du Plan d’Épargne Retraite (PER), un produit lancé en 2019 pour simplifier l’épargne en vue de la retraite.
 

Selon France Assureurs, les cotisations sur le PER assurantiel ont atteint 833 millions d’euros en mars 2025, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente. À cette date, le PER comptabilisait 7,2 millions d’assurés pour un encours total de 97,4 milliards d’euros, avec 78 600 nouveaux adhérents (+14 % sur un an).
 

Pourquoi ce succès ?
• Le PER permet de préparer la retraite tout en bénéficiant d’avantages fiscaux immédiats.
• Il offre une gestion flexible, avec la possibilité de débloquer les fonds dans certains cas (achat de la résidence principale, accidents de la vie).
• Les fonds investis sont diversifiés, permettant une gestion plus dynamique qu’un simple livret.

L’épargne logement en perte de vitesse
À l’inverse, l’épargne logement perd du terrain. En 2024, seulement 27 % des ménages détenaient un PEL ou un CEL, soit une baisse de 13,9 points par rapport à 2004. Cette désaffection s’explique par la baisse continue du rendement des Plans d’Épargne Logement (PEL) ces dernières années, rendant ce placement moins attractif comparé à l’assurance vie et au PER.

Un paysage de l’épargne en mutation
L’évolution de l’épargne des ménages traduit une tendance marquée : la préférence pour des placements flexibles, fiscaux et dynamiques comme l’assurance vie et le PER, au détriment de l’épargne logement. Une dynamique que les experts estiment durable, tant que les incitations fiscales et les garanties de capital resteront en place.
 

Les prochains mois permettront de vérifier si cette tendance se confirme, notamment face aux évolutions des marchés financiers et des politiques fiscales.