L’épargne réglementée face à l’épreuve des taux faibles

Le Livret A a enregistré en juillet 2025 une décollecte inédite depuis dix ans, dans un contexte de baisse de son taux de 2,4 % à 1,7 %. Si le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) et le Livret d’Épargne Populaire (LEP) ont mieux résisté, la tendance révèle un redéploiement des liquidités des ménages vers des placements de long terme, à commencer par l’assurance vie et le Plan d’Épargne Retraite.

Le Livret A a enregistré en juillet 2025 une décollecte inédite depuis dix ans, dans un contexte de baisse de son taux de 2,4 % à 1,7 %. Si le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) et le Livret d’Épargne Populaire (LEP) ont mieux résisté, la tendance révèle un redéploiement des liquidités des ménages vers des placements de long terme, à commencer par l’assurance vie et le Plan d’Épargne Retraite.
 

Un été noir pour le Livret A
Avec une décollecte de 70 millions d’euros en juillet 2025, le Livret A rompt une tradition positive : depuis 2020, la collecte du mois de juillet dépassait systématiquement le milliard d’euros. Dix ans en arrière, en 2015, le produit avait connu une décollecte record de 0,97 milliard d’euros à la même période. En comparaison, juillet 2024 affichait une collecte de 1,57 milliard d’euros.
 

Cette contre-performance s’explique directement par l’annonce de la baisse de son taux, passée de 2,4 % à 1,7 % au 1er août 2025, soit une perte de 0,7 point. En cumulé depuis janvier, la collecte nette s’élève à 2,9 milliards d’euros, contre 11,7 milliards un an plus tôt. En termes réels, le rendement reste supérieur à l’inflation (sous la barre de 1 % depuis plusieurs mois), mais les épargnants restent focalisés sur le taux nominal. Résultat : une désaffection croissante, d’autant que la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année sont traditionnellement des périodes de décollecte.
 

Les ménages se tournent désormais vers des placements plus rémunérateurs, en particulier l’assurance vie, dont les fonds en euros bénéficient d’un environnement de taux favorable, et le PER, qui séduit par sa fiscalité.
 

LDDS et LEP : des trajectoires plus contrastées
Contrairement au Livret A, le LDDS affiche une collecte positive en juillet 2025 : 340 millions d’euros, après 280 millions en juin. Ce niveau reste toutefois inférieur à celui de juillet 2024 (590 millions). Le produit joue souvent le rôle de “compte annexe” : les 10 millions de contribuables ayant perçu un remboursement d’impôt en juillet ont contribué à gonfler sa collecte. Depuis janvier, le LDDS affiche un flux net de 3,4 milliards d’euros, contre 5,6 milliards sur la même période en 2024.
 

Le LEP confirme sa position de produit le plus attractif parmi l’épargne réglementée. Son taux, abaissé de 3 % à 2,7 %, reste supérieur d’un point à celui du Livret A. Exonéré d’impôts et de prélèvements sociaux, il a séduit de nombreux ménages modestes : 450 millions d’euros collectés en juillet, après 130 millions en juin, un niveau proche de celui de juillet 2024 (460 millions). Sur l’ensemble de l’année, le LEP reste toutefois en déficit, avec une décollecte nette de 1,97 milliard d’euros depuis janvier, contre une collecte positive de près de 5 milliards sur la même période en 2024.
 

En dépit de leur résilience relative, LDDS et LEP ne parviennent pas à compenser le recul du Livret A, qui pèse lourdement sur l’ensemble de l’épargne réglementée. La tendance pourrait se confirmer à l’automne, renforçant le basculement progressif des ménages vers des produits de long terme.
 

Sources : Caisse des Dépôts, données de collecte Livret A / LDDS / LEP (juillet 2025) ; INSEE (inflation 2025).
 

Taxe de séjour : Guide pratique pour les propriétaires en location courte

Meublés de tourisme, chambres d’hôtes ou Airbnb : si vous louez un logement pour une courte durée, vous êtes souvent tenu de collecter la taxe de séjour pour le compte de votre commune. Un impératif fiscal encore trop méconnu, mais encadré et parfois délégué.

Meublés de tourisme, chambres d’hôtes ou Airbnb : si vous louez un logement pour une courte durée, vous êtes souvent tenu de collecter la taxe de séjour pour le compte de votre commune. Un impératif fiscal encore trop méconnu, mais encadré et parfois délégué.

Quelles locations sont concernées ?
La taxe de séjour est un impôt local instauré par près de 30 000 communes françaises, principalement à vocation touristique. Elle vise à financer les infrastructures liées à l’accueil des visiteurs, la protection du patrimoine et l’environnement. Son application concerne tous types d’hébergements touristiques : palaces, hôtels, résidences de tourisme, campings, ports de plaisance, mais aussi meublés de tourisme et chambres d’hôtes.
 

Dès lors que vous mettez un logement en location saisonnière ou de courte durée, vous devenez collecteur de la taxe de séjour auprès de vos locataires. Son montant dépend du type de bien loué, de son classement éventuel (étoiles), et de la localisation. Le tarif s’échelonne de 0,20 € à 4 € par nuit et par personne. Il peut être augmenté d’une taxe additionnelle départementale de 10 %.
 

Pour savoir si votre commune est concernée, consultez le site dédié du fisc : taxesejour.impots.gouv.fr.

Collecte, exonérations et plateformes intermédiaires
En tant que propriétaire, vous devez collecter la taxe de séjour avant le départ du locataire. Elle peut être :
• Incluse dans le prix de la location ;
• Demandée séparément à l’arrivée, avec mention obligatoire sur la facture.
Le revers de médaille : si le locataire refuse de payer ou part sans s’en acquitter, vous êtes redevable du montant. Il est toutefois possible d’être exonéré en déclarant l’incident à la mairie dans un délai de 8 jours.
Certains publics sont également exonérés de plein droit :
• Mineurs,
• Travailleurs saisonniers de la commune,
• Personnes relogées d’urgence ou temporairement.
 

Depuis 2015, la taxe s’applique aussi aux locations via plateformes numériques (Airbnb, Abritel, etc.). Dans ce cas, c’est souvent la plateforme elle-même qui collecte et reverse automatiquement la taxe à la commune, simplifiant la démarche pour les propriétaires.
 

Attention toutefois à bien vérifier que la collecte est effective et conforme. En l’absence d’accord entre la plateforme et la commune, c’est le loueur qui reste responsable.
 

Loi GENIUS : les stablecoins entrent dans l’ère stratégique

Adoptée par le Congrès américain en juillet 2025, la loi GENIUS redéfinit en profondeur l’écosystème des stablecoins. À travers un encadrement strict et une ambition géopolitique assumée, les États-Unis veulent faire du dollar numérique l’ossature de la finance mondiale de demain.

Adoptée par le Congrès américain en juillet 2025, la loi GENIUS redéfinit en profondeur l’écosystème des stablecoins. À travers un encadrement strict et une ambition géopolitique assumée, les États-Unis veulent faire du dollar numérique l’ossature de la finance mondiale de demain.

Des stablecoins sous contrôle souverain
Promulguée le 18 juillet 2025 par Donald Trump, la loi GENIUS (Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins) constitue une avancée majeure dans l’encadrement des actifs numériques stables. Ce texte bipartisan impose une garantie intégrale des stablecoins à parité 1:1 avec des réserves sûres : numéraire, bons du Trésor à court terme, fonds monétaires souverains. Il met également en place une supervision à plusieurs niveaux, en hiérarchisant les émetteurs selon leur impact systémique.
 

Les détenteurs de stablecoins sont désormais prioritaires en cas de faillite de l’émetteur, ce qui confère à ces actifs une protection réglementaire comparable à celle d’un produit bancaire. Il ne s’agit plus d’une innovation périphérique, mais d’une refonte complète du rôle des stablecoins dans l’économie numérique : instruments transparents, liquides, conformes… et sous contrôle étatique.
 

« La loi GENIUS transforme les stablecoins en armes diplomatiques numériques », résume Dovile Silenskyte, directrice des actifs numériques chez WisdomTree. En complément, un décret est à l’étude pour autoriser les stablecoins comme support d’investissement dans les plans de retraite 401(k), renforçant leur ancrage dans les portefeuilles institutionnels.

Un levier monétaire et géopolitique assumé
L’effet macroéconomique est déjà visible. En contraignant les émetteurs à détenir des réserves massives en bons du Trésor américain, la loi stimule la demande structurelle pour la dette souveraine. À terme, cette mécanique pourrait comprimer les taux à court terme et bouleverser les arbitrages des marchés. Selon WisdomTree, les stablecoins pourraient absorber jusqu’à 4 000 milliards de dollars de bons du Trésor d’ici 2030, un niveau comparable aux achats des grands fonds hypothécaires.
 

Mais c’est surtout sur le plan international que les États-Unis marquent leur territoire. En rendant leurs standards incontournables, ils forcent les émetteurs étrangers à se conformer aux normes américaines ou à créer une entité régulée sur le sol US. Résultat : la régulation devient un instrument d’influence extraterritoriale.
 

Dans les pays en crise monétaire (Argentine, Turquie…), où les stablecoins jouent déjà un rôle de substitut au dollar, la loi GENIUS confère à cette domination informelle une portée officielle. Parallèlement, la loi CLARITY (encore en débat au Sénat) doit encadrer les plateformes crypto et la DeFi, complétant le dispositif législatif.
 

Les États-Unis prennent ainsi une longueur d’avance sur l’Europe, encore en phase d’ajustement avec le règlement MiCA. L’Asie, plus prudente, observe sans s’aligner pleinement.
 

Succession : les frais bancaires limités à un maximum de 850 euros

Le gouvernement met fin aux abus tarifaires sur les successions bancaires. Un décret paru en août 2025 instaure un plafond national de 850 € pour les frais prélevés par les banques sur les comptes des défunts. Cette mesure marque un tournant dans la protection des héritiers face à des pratiques opaques et inégales.

Le gouvernement met fin aux abus tarifaires sur les successions bancaires. Un décret paru en août 2025 instaure un plafond national de 850 € pour les frais prélevés par les banques sur les comptes des défunts. Cette mesure marque un tournant dans la protection des héritiers face à des pratiques opaques et inégales.

Un plafonnement attendu pour une justice tarifaire
Jusqu’ici, les banques facturaient librement les frais liés au traitement des successions, avec des montants très variables selon les établissements, allant de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros. Certaines grandes banques avaient même instauré des forfaits dépassant 1 000 € pour clôturer un compte ou transférer les fonds aux héritiers. Un flou tarifaire que le gouvernement a décidé de trancher par voie réglementaire.
 

Le décret du 14 août 2025, applicable à partir du 13 novembre prochain, plafonne désormais ces frais à 850 €, quel que soit le montant des avoirs détenus par le défunt. Ce plafond remplace la précédente limite de 1 % des sommes détenues, instaurée en 2022. Le texte prévoit en outre que ce seuil sera réévalué chaque année en fonction de l’inflation, afin de rester équitable dans le temps.
 

Pour Maxime Chipoy, président de MoneyVox, ce nouveau dispositif est « le dernier clou sur le cercueil des pratiques précédentes », mettant fin à une époque où les banques « avaient une totale liberté de tarification, entraînant d’incompréhensibles écarts de prix d’un établissement à l’autre ».

Petites successions exonérées, plafonnement généralisé
Au-delà du plafonnement global, le décret introduit un barème progressif selon la taille de la succession. D’ici la fin de l’année, trois régimes cohabiteront :
• Gratuité totale pour les petites successions, les successions simples et celles concernant les mineurs ;
• Plafonnement à 1 % des avoirs pour la majorité des cas ;
• Plafond absolu de 850 €, même si le 1 % dépasse ce montant.
Cette réforme bénéficie directement aux héritiers, souvent confrontés à des situations complexes dans un moment de fragilité. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large d’encadrement des frais bancaires, amorcé avec la limitation des frais d’incidents, la portabilité des comptes ou encore l’obligation de transparence tarifaire sur les relevés bancaires.
 

Selon MoneyVox, la nouvelle réglementation devrait également favoriser la concurrence entre établissements : les banques ne pourront plus se différencier par des frais excessifs sur des services peu lisibles. En moyenne, près de 500 000 successions bancaires sont traitées chaque année en France, représentant un enjeu à la fois social et économique pour les familles.
 

PEA-PME : Évitez ces pièges pour préserver vos bénéfices fiscaux

Attention à la fausse impression de départ fiscal : un PEA ou un PEA-PME n’existe juridiquement qu’à partir de son premier versement. De nombreux épargnants, à l’image de « Monsieur A. », tombent dans le piège d’un contrat ouvert mais jamais alimenté, croyant à tort que l’horloge fiscale est enclenchée.

Attention à la fausse impression de départ fiscal : un PEA ou un PEA-PME n’existe juridiquement qu’à partir de son premier versement. De nombreux épargnants, à l’image de « Monsieur A. », tombent dans le piège d’un contrat ouvert mais jamais alimenté, croyant à tort que l’horloge fiscale est enclenchée.

Un plan sans versement n’a pas d’existence fiscale
Le PEA, comme sa déclinaison PEA-PME, permet d’investir dans des actions européennes tout en bénéficiant d’une exonération d’impôt sur les gains après cinq ans de détention. Seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) restent dus à terme. Mais ce régime attractif n’est effectif que si le plan est alimenté.
 

C’est ce que rappelle le médiateur de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) dans une note d’avril 2025, illustrée par le cas de Monsieur A. Ce dernier pensait avoir ouvert son PEA-PME en 2017, sur la base d’un contrat signé cette année-là. Mais lorsqu’il tente d’y verser 1 000 euros en 2024, sa banque l’informe que le plan n’est pas actif. Pourquoi ? Aucun versement n’avait été effectué. L’ouverture réelle du plan, et donc le démarrage du compteur fiscal des cinq ans, n’intervient qu’au premier dépôt, peu importe son montant.
 

Résultat : sept années perdues, et un avantage fiscal non activé. La banque propose un dédommagement partiel, que le client refuse, préférant saisir le médiateur.

Un premier versement indispensable pour « prendre date »
Ce cas n’est pas isolé. Trop de souscripteurs ignorent que la date de signature du contrat ne vaut pas date d’ouverture fiscale. Le Code monétaire et financier est pourtant clair : seule la date du premier versement effectif déclenche la reconnaissance juridique du plan.
 

Pour éviter ce malentendu, les professionnels recommandent de verser dès l’ouverture un montant symbolique, souvent qualifié de « dépôt pour mémoire ». Il peut s’agir de quelques dizaines d’euros, selon les distributeurs. Cette étape permet de « prendre date », et donc de sécuriser le bénéfice fiscal à terme.
 

Un plan signé mais jamais alimenté ne peut même pas être transféré vers un autre établissement. Il est considéré comme inexistant juridiquement, ce que certains conseillers eux-mêmes semblent parfois ignorer.
 

Chaque épargnant ne peut détenir qu’un seul PEA et un seul PEA-PME, avec deux compartiments : un compte espèces (pour les versements) et un compte-titres (pour les actions ou titres éligibles). Une bonne compréhension des règles d’ouverture est donc cruciale pour ne pas perdre des années de fiscalité avantageuse.
 

Immobilier : plus de biens, des prix stables… mais sous surveillance

Le marché immobilier français montre des signes de reprise en 2025. D’après le baromètre La Vigie de GoFlint, l’offre de logements en vente progresse fortement, notamment dans les grandes métropoles. Mais les prix, eux, restent globalement stables, tandis que les marges de négociation et les écarts énergétiques structurent les discussions.

Le marché immobilier français montre des signes de reprise en 2025. D’après le baromètre La Vigie de GoFlint, l’offre de logements en vente progresse fortement, notamment dans les grandes métropoles. Mais les prix, eux, restent globalement stables, tandis que les marges de négociation et les écarts énergétiques structurent les discussions.

Une offre qui explose dans les grandes agglomérations
Après une année 2024 marquée par une contraction de la demande, la dynamique semble inversée. Le baromètre La Vigie, publié par GoFlint en partenariat avec Casafari et Casam, analyse plus de 2,2 millions de biens mis en vente depuis janvier. Résultat : une hausse de 18 % du stock de biens disponibles au printemps 2025 par rapport à l’année précédente (+176 000 unités).
 

Les 20 départements les plus peuplés concentrent 46 % de l’offre, avec des hausses marquées en Loire-Atlantique, Gironde et Île-de-France (hors Paris). Le regain d’activité est notamment porté par un léger assouplissement des conditions de crédit observé en début d’année, même si la baisse des taux semble aujourd’hui en pause.
 

Sur le deuxième trimestre, 1,1 million de biens ont été recensés (+7,7 % en trois mois), tous segments confondus. Le détail des diagnostics énergétiques montre une progression homogène :
• +5,9 % de biens classés A-B
• +7,8 % pour les C-D-E
• +8,7 % pour les F-G
« La reprise reste fragile et dépendante des taux », tempère Mihai Gavriloiu, expert chez GoFlint. Il souligne que les marges de négociation s’établissent désormais entre 5,5 % et 7,5 %, en légère hausse. Un ajustement partiellement lié à la hausse des droits de mutation (DMTO), passée de 4,5 % à 5 % dans la majorité des départements.

Prix stables, écarts énergétiques persistants
Sur l’ensemble du territoire, les prix de l’immobilier n’ont progressé que de 0,4 % depuis janvier, et de 0,9 % entre mars et juin, tous types de logements confondus. Cette stabilité cache toutefois des disparités régionales. Sur les 40 plus grandes villes françaises, seules 14 affichent une hausse supérieure à 2 %, Paris en tête (+2,3 %). D’autres, comme Lyon, Nantes ou Bordeaux, stagnent malgré des taux redevenus plus attractifs.
 

Le DPE reste un facteur de valorisation majeur. Les biens classés F-G demeurent en moyenne 20 % moins chers que ceux notés A-B. Sur le premier semestre :
• Écart F-G vs A-B : -18 % pour les appartements (hors Paris)
• Écart F-G vs A-B : -35 % pour les maisons
• Écart moyen : 15,8 % soit 595 €/m²
 

Dans les grandes villes, les biens énergivores ont vu leurs prix progresser de 1,3 % (contre +0,6 % en moyenne), mais sans combler l’écart avec les logements performants. La hiérarchie des prix est stable :
• Top 3 des passoires les plus chères : Paris (10 821 €/m²), Boulogne (8 838 €/m²), Montreuil (6 171 €/m²)
• Flop 3 : Saint-Étienne (1 226 €/m²), Mulhouse (1 516 €/m²), Limoges (1 520 €/m²)
 

Enfin, la hausse des DMTO (frais de notaire), entrée en vigueur en avril, commence à peser sur les décisions d’achat. Un bien à 500 000 € coûte désormais 2 500 € de plus en taxes dans la majorité des départements, un facteur que les vendeurs commencent à intégrer dans leurs marges.
 

Optimisez votre gestion libre en assurance vie : nos conseils

La gestion libre permet à l’épargnant de piloter lui-même ses placements au sein de son contrat d’assurance vie. Ce mode de gestion offre une grande liberté, mais implique aussi des choix éclairés. Supports, arbitrages, options automatiques : tour d’horizon des règles du jeu.

La gestion libre permet à l’épargnant de piloter lui-même ses placements au sein de son contrat d’assurance vie. Ce mode de gestion offre une grande liberté, mais implique aussi des choix éclairés. Supports, arbitrages, options automatiques : tour d’horizon des règles du jeu.

Piloter soi-même ses investissements, avec discipline
Par défaut, les contrats d’assurance vie multisupports proposent la gestion libre. L’épargnant choisit les supports sur lesquels investir son épargne : fonds euros, unités de compte (UC), immobilier, ETF, voire parfois actions en direct. Il décide aussi du poids de chaque support, de la fréquence des arbitrages (transferts entre supports), et peut programmer certaines actions de manière automatique.
 

Ce mode de gestion s’oppose à la gestion profilée (fondée sur des profils de risque) ou à la gestion déléguée (pilotée par un professionnel). Aujourd’hui, avec les plateformes en ligne, l’accès à la gestion libre est démocratisé, même s’il peut rester conditionné à un certain niveau d’épargne ou à l’intermédiation d’un conseiller indépendant.
L’un des critères clés réside dans le nombre et la qualité des supports disponibles. Certains contrats proposent seulement quelques fonds, d’autres plusieurs centaines : fonds en euros dynamiques, UC thématiques, SCPI, OPCI, trackers, private equity, produits structurés, fonds datés…

Arbitrages manuels ou automatisés : maîtriser les outils
Les arbitrages manuels sont généralement gratuits dans les contrats en ligne, mais peuvent être facturés (0,5 à 1 %) dans les contrats traditionnels. En parallèle, de nombreuses assurances vie intègrent désormais des options automatiques, activables sans frais :
• Limitation des pertes (stop-loss) : désinvestir automatiquement un support si sa valeur baisse au-delà d’un certain seuil.
• Sécurisation des plus-values (stop-win) : transférer les gains vers un support plus prudent.
• Investissement progressif : fractionner un versement vers les UC sur plusieurs mois pour lisser le prix d’achat.
• Dynamisation des intérêts : réinvestir les intérêts d’un fonds euro en UC.
• Rééquilibrage automatique : maintenir une allocation cible malgré les fluctuations de marché.
 

Ces outils facilitent une gestion semi-active, sans nécessité d’intervenir constamment. Mais attention : certaines options ne sont pas compatibles entre elles ou imposent des conditions minimales (montants d’investissement, seuils de variation, etc.).
 

Enfin, une bonne sélection de supports doit tenir compte du niveau de risque, des frais (notamment sur les UC), et de la diversification sectorielle ou géographique. Les assureurs proposent en général un outil de recherche intégré pour guider les choix.
 

Épargne : les comptes à terme défient les taux en baisse

Alors que la Banque centrale européenne poursuit l’assouplissement de sa politique monétaire, les comptes à terme voient leur rémunération s’éroder. Mais certains acteurs tirent leur épingle du jeu avec des taux fixes compétitifs sur des durées plus longues, offrant une alternative aux livrets réglementés sous tension.

Alors que la Banque centrale européenne poursuit l’assouplissement de sa politique monétaire, les comptes à terme voient leur rémunération s’éroder. Mais certains acteurs tirent leur épingle du jeu avec des taux fixes compétitifs sur des durées plus longues, offrant une alternative aux livrets réglementés sous tension.

Un rendement en repli… mais encore compétitif
Le recul des taux directeurs, confirmé début août par la BCE, commence à peser sur le rendement des comptes à terme (CAT), ces placements à capital garanti bloqués pendant une durée prédéfinie. Selon les données de la Banque de France, les nouveaux CAT de 2 ans ou moins affichaient un rendement moyen de 2,14 % en mai, contre 2,22 % en avril et 2,36 % en mars. La tendance baissière s’installe, reflétant l’ajustement des établissements aux anticipations de marché.
 

Pour autant, certains CAT conservent des taux nets supérieurs à ceux des livrets réglementés, notamment le Livret A, tombé à 1,70 % au 1er août. C’est le cas de Distingo Bank, filiale financière du groupe Stellantis, qui propose un compte à terme sur 12 mois à 2,35 % brut, soit 1,645 % net après la flat tax de 30 %. « Nous maintenons des taux compétitifs, car l’effort d’immobilisation de l’épargne mérite une rémunération stable », explique l’établissement à MoneyVox. Même position sur son CAT Green 10 mois, rémunéré à 2,30 % brut.

Des solutions longues durées au rendement renforcé
Pour obtenir un rendement supérieur, il faut accepter une durée de blocage plus longue. La fintech suédoise Klarna offre un CAT à 36 mois à 2,74 % brut (1,92 % net), et un CAT à 48 mois à 2,80 % brut, soit 1,96 % net, soit 0,26 point au-dessus du Livret A. De son côté, la fintech française Swaive aligne un taux fixe de 2,70 % brut sur 60 mois, soit 1,89 % net, pour des montants compris entre 5 000 € et 10 millions d’euros.
 

D’autres acteurs en ligne, comme Placement-Direct.fr ou Ramify, proposent des CAT à 2,60 % brut sur 2 à 5 ans, soit 1,82 % net. Ces offres s’adressent principalement aux épargnants ayant déjà saturé leurs livrets défiscalisés (Livret A, LDDS) et souhaitant sécuriser une épargne de précaution à taux garanti.
 

Attention néanmoins aux conditions de sortie anticipée. Chez Monabanq, aucun intérêt n’est versé si les fonds sont retirés au cours du premier trimestre. Chez Swaive, une pénalité de 25 % sur les intérêts acquis s’applique en cas de retrait avant l’échéance. Et dans la majorité des cas, le retrait total entraîne la clôture du CAT.
 

La rémunération moyenne des CAT reste nettement supérieure aux livrets bancaires classiques, selon la Banque de France (0,83 % en mai). Quant aux super-livrets en ligne affichant des taux promotionnels jusqu’à 4,50 %, ils ne durent souvent que trois mois, avant de chuter à des niveaux proches de zéro.
 

Livret A à un taux de 1,7 % : les Français prêts à bouger leur épargne

La baisse du Livret A à 1,7 % au 1er août 2025 agit comme un électrochoc. D’après une enquête Bricks.co réalisée en juillet auprès de 3 201 personnes, 73 % des Français comptent modifier leur stratégie d’épargne et 82 % se disent prêts à réallouer au moins une partie de leur Livret A vers des placements plus dynamiques. Un signal fort, qui interroge la place de ce totem financier dans les portefeuilles.

La baisse du Livret A à 1,7 % au 1er août 2025 agit comme un électrochoc. D’après une enquête Bricks.co réalisée en juillet auprès de 3 201 personnes, 73 % des Français comptent modifier leur stratégie d’épargne et 82 % se disent prêts à réallouer au moins une partie de leur Livret A vers des placements plus dynamiques. Un signal fort, qui interroge la place de ce totem financier dans les portefeuilles.

Un totem populaire fragilisé
La décision était attendue : 71 % des personnes interrogées savaient qu’une baisse du Livret A interviendrait cet été. Anticipée, elle n’en demeure pas moins mal acceptée. 77 % jugent la baisse à 1,7 % « inacceptable » (39 %) ou « décevante mais compréhensible » (38 %). Seule une minorité assume sa fidélité au livret pour sa sécurité (17 %) ou y voit un levier d’intérêt public (6 %).
 

Surtout, ce coup de rabot sur la rémunération bouscule les habitudes. 73 % des sondés disent vouloir changer de cap : 42 % vont chercher activement des alternatives et 31 % envisagent de retirer une partie des montants déposés. Les fidèles qui ne bougeront rien représentent 19 %, quand 8 % hésitent encore. Autrement dit, le Livret A, longtemps réflexe par défaut pour l’épargne de précaution, perd de sa superbe dès lors que la rémunération s’érode.
 

Le discours des épargnants laisse aussi apparaître une envie d’action au-delà des intentions : 79 % se disent prêts à investir autrement – 13 % ont déjà franchi le pas, 29 % y pensent « sérieusement » et 37 % pourraient se lancer « si le risque reste modéré ». À l’inverse, 21 % campent sur une préférence absolue pour la sécurité, quitte à renoncer au rendement. Ce clivage reflète une transition : le socle de trésorerie sécurisée ne disparaît pas, mais l’arbitrage rendement/risque remonte en haut de la pile.

Quelles alternatives séduisent vraiment ?
Lorsqu’on demande où iraient les flux, l’assurance vie s’impose en tête (52 % de citations), confirmant son statut de véhicule pivot pour marier poche sécurisée (fonds en euros) et diversification (unités de compte). Vient ensuite l’immobilier sous diverses formes : locatif/fractionné (43 %) et crowdfunding immobilier (31 %), signe d’un appétit pour des revenus potentiels récurrents et la tangibilité de l’actif. Les marchés financiers progressent aussi dans les esprits : 34 % se projettent vers la Bourse (ETF, actions), tandis que les SCPI séduisent 19 % des répondants. Les crypto-actifs restent marginalisés (10 %), rappelant que la recherche de rendement ne se traduit pas par une ruée vers le très risqué.
 

S’agissant des montants, l’intention de bouger n’est pas symbolique. 49 % envisagent de réallouer au moins 30 % de leur Livret A ; 16 % déplaceraient plus de la moitié, et 12 % iraient jusqu’à tout transférer. À l’inverse, 18 % ne veulent rien réallouer. Ce gradient est précieux pour évaluer l’impact potentiel sur les encours réglementés : le flux sortant pourrait être significatif si l’intention se transformait en actes, d’autant que les ménages semblent mieux informés, comparent davantage et segmentent plus finement leur épargne (coussin de sécurité / projets / investissement long terme).
 

La perception d’avenir du Livret A reflète ce tournant. 21 % continuent de le voir comme un pilier incontournable ; 47 % jugent qu’il doit être réformé (méthode de calcul, plafond, modularité ?) ; 25 % le considèrent obsolète car « trop peu rentable ». Seuls 7 % ne se prononcent pas. Au fond, c’est moins l’outil que son positionnement qui est interrogé : livret de réserve très liquide et garanti — oui ; véhicule de performance — non.

Ce que cela change pour les conseillers (et pour les épargnants)
Pour les professionnels, la bascule annoncée appelle une ingénierie d’allocation plus lisible. Une trilogie s’impose :
1. Trésorerie de précaution (2 à 3 mois de dépenses incompressibles, plus selon les situations) maintenue sur des supports liquides et garantis ;
2. Épargne de projet (1–5 ans) orientée vers des solutions modérément risquées et fiscalement pertinentes ;
3. Investissement long terme (5–10 ans et plus) diversifié (ETF, fonds thématiques, pierre-papier) via des enveloppes adaptées (assurance vie, PEA, PER selon objectifs).
 

Côté particuliers, l’enquête montre que l’appétit de rendement progresse, mais à condition d’un cadre rassurant : frais compris, transparence sur les risques, horizon de placement clairement posé, et possibilité de versements programmés pour lisser les points d’entrée. Autant d’éléments qui expliquent la place centrale de l’assurance vie dans les réponses.
 

Reste une mise en garde méthodologique : le sondage est porté par un acteur positionné sur l’immobilier fractionné. Même s’il est conduit sur un panel large et pondéré, il capte aussi la sensibilité d’épargnants attirés par ce type d’offres. Pour passer de l’intention à l’exécution, il faudra confirmer ces tendances dans les flux observés cet automne (collecte des contrats vie, entrées sur ETF, souscriptions SCPI/crowdfunding). Surtout, la réussite de cette « réallocation 2025 » tiendra à la discipline (programmation, rééquilibrages) et à la cohérence risque-horizon de chaque portefeuille.
 

Assurance vie : un premier semestre 2025 marqué par des résultats spectaculaires

Avec 97,8 milliards d’euros versés au premier semestre 2025 et une collecte nette qui culmine à 26,6 milliards, l’assurance vie signe sa meilleure performance depuis 2010. Le mouvement, alimenté par le repli des placements de court terme et par des offres plus compétitives sur les fonds en euros, s’appuie aussi sur la résilience des unités de compte.

Avec 97,8 milliards d’euros versés au premier semestre 2025 et une collecte nette qui culmine à 26,6 milliards, l’assurance vie signe sa meilleure performance depuis 2010. Le mouvement, alimenté par le repli des placements de court terme et par des offres plus compétitives sur les fonds en euros, s’appuie aussi sur la résilience des unités de compte.

Pourquoi l’assurance vie reprend l’avantage
Le signal est net : en six mois, les ménages ont davantage versé qu’ils n’ont retiré, portant la collecte nette à 26,6 milliards d’euros, un sommet inédit depuis quinze ans. Sur le seul mois de juin, les cotisations atteignent 17,1 milliards ( +18 % vs juin 2024 ), confirmant une dynamique qui tranche avec l’année précédente, perturbée par les incertitudes politiques. 

 

Selon France Assureurs, la collecte brute s’inscrit à 97,8 milliards au S1 (+5 % sur un an), preuve que l’assurance vie a retrouvé un avantage comparatif face aux placements de trésorerie.
 

Plusieurs ressorts se combinent. D’abord, la baisse des rémunérations de l’épargne de court terme, illustrée par la décrue du taux du Livret A à 1,7 % au 1er août 2025, diminue l’attrait des livrets et dépôts à terme. Ensuite, les fonds en euros ont regagné en compétitivité : le rendement net d’impôt redevient supérieur à celui des supports liquides, et les assureurs ont multiplié les campagnes promotionnelles sur les versements (taux boostés pouvant dépasser ponctuellement 4 % sous conditions de détention en unités de compte). Enfin, la propension élevée à épargner—alimentée par un environnement encore incertain—reste un moteur structurel : l’assurance vie capte à elle seule environ un tiers de l’épargne financière des ménages, et l’encours moyen par contrat avoisine 100 000 €.
 

La mécanique a fonctionné malgré un contexte de marché exigeant (volatilité actions, pivot monétaire encore graduel). Fait notable : les prestations (rachats et échéances) ont reculé sur la période, ce qui amplifie l’effet volume des versements. Les arbitrages se font moins au profit des dépôts à terme qu’en 2023-2024 : la courbe des taux s’aplatit, les banques normalisent leurs offres, et l’horizon de placement des ménages s’allonge de nouveau.

UC solides, fonds euros revigorés : un mix plus équilibré
Le rebond n’est pas monocorde. Côté souscriptions, la part des unités de compte (UC) se maintient à 38 % sur le semestre—un niveau élevé au regard des standards historiques—et grimpe à 41 % en juin. Signe que les épargnants acceptent un peu de risque pour dynamiser leur rendement de long terme (OPC actions, diversifiés, immobilier papier, ETF), tout en conservant une poche sécurisée. Pour autant, les fonds en euros ne sont pas en reste : leur collecte redevient positive et leur collecte brute progresse sur un an. La logique de « barbell » (sécurité + dynamisation) s’installe : la prime de liquidité retrouvée des euros et la visibilité qu’ils apportent se combinent avec des poches UC calibrées.
 

Ce rééquilibrage s’observe aussi dans les comportements de versement. Les flux récurrents (prélèvements programmés) montent en puissance, tandis que les tickets opportunistes profitent des périodes de faiblesse de marché. Les réseaux bancassurance poussent une ingénierie plus fine : bonus de rendement conditionnés à une proportion d’UC, contrats plus lisibles, gamme d’ETF à frais maîtrisés, et supports immobiliers rationalisés. Résultat : la diversification progresse sans effacer la demande de capital garanti—un compromis qui favorise la collecte.
 

Pour les professionnels, le message est double. D’un côté, la fenêtre d’attractivité des fonds euros reste ouverte tant que les livrets et DAT offrent des rémunérations modestes et que les obligations d’État se détendent. De l’autre, la pédagogie sur le risque demeure clé pour ancrer les UC : expliquer les cycles, lisser les points d’entrée, rappeler l’horizon de placement et la place du couple rendement/volatilité dans un patrimoine global.
 

La suite dépendra du calendrier monétaire et de la conjoncture. Une désinflation maîtrisée et un assouplissement graduel des taux soutiendraient mécaniquement la valeur des actifs obligataires, donc la performance des fonds euros (par revalorisation progressive des portefeuilles) tout en limitant l’érosion des rendements servis. À l’inverse, un regain d’inflation ou un choc de marché rallumerait la volatilité sur les UC et imposerait de resserrer la gestion du risque. Dans ce contexte, l’assurance vie confirme son statut de véhicule pivot : enveloppe fiscale souple, large spectre de supports, et ingénierie successorale qui continue de faire la différence.

Chiffres clés (France Assureurs) :
• 97,8 Mds€ de cotisations au S1 2025 ( +5 % vs S1 2024)
• 26,6 Mds€ de collecte nette (plus haut depuis 2010)
• 17,1 Mds€ en juin ( +18 % vs juin 2024)
• Part des UC : 38 % sur le semestre, 41 % en juin
• Capital moyen par contrat autour de 100 000 €