Volatilité, taux, banques centrales, géopolitique : le plus dur est-il passé ?

Le plus dur semble passé pour de nombreux indices actions, en Europe, aux Etats-Unis mais également en Chine. Analyse d’Alexandre Bradez, analyste marché chez IG France.

22% de rebond pour le DAX, près de 20% pour le CAC40 et le Dow Jones en moins de 2 mois : le plus dur semble passé pour de nombreux indices actions, en Europe, aux Etats-Unis mais également en Chine. Analyse d’Alexandre Bradez, analyste marché chez IG France.

Les anticipations de ralentissement du resserrement monétaire de la Fed, des annonces en provenance de Chine et le ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis ont déclenché un rallye soutenu sur les principaux marchés après des mois de stress et de dégradation des multiples de valorisation. 

Après un Congrès du parti communiste qui avait effrayé les investisseurs et entraîné une accélération de la baisse des marchés domestiques, la situation a évolué depuis quelques semaines. Les autorités chinoises semblent vouloir stopper l’hémorragie sur leurs marchés financiers et attirer à nouveau les investisseurs étrangers. Possibles mesures d’assouplissement sanitaire dans les mois qui viennent malgré une nouvelle forte vague de Covid, réunion globalement positive entre le président américain et son homologue chinois au G20, qui sera elle-même suivie par d’autres réunions entre hauts responsables des deux pays, avancée des discussions concernant le listing des valeurs chinoises sur les marchés américains, facilitation de l’accès au marché obligataire chinois pour les investisseurs étrangers, et tout dernièrement, abaissement du ratio de réserve bancaire (RRR) par la banque centrale et annonce d’une ligne de crédit de 84 milliards$ pour une dizaine de développeurs immobiliers. Sans oublier les consignes données aux banques et fonds d’Etat de soutenir le marché actions domestique. 

Ce qui semble constituer un retour aux « affaires économiques » par les autorités, après une période très politique voire idéologique, a plu aux marchés. 

Le quatrième mois consécutif de repli de l’inflation globale aux Etats-Unis, mais surtout le repli de l’inflation core » après deux mois de rebond, ont également boosté l’appétit pour le risque des investisseurs avec une poursuite du rebond des marchés actions et une petite détente des taux souverains, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe.

Mais le rallye avait déjà commencé en octobre, avec certains petits signes de moindres tensions sur le marché du travail américain mais également par le biais de repli sur certains indices avancés d’activité, ou encore de composantes de prix à l’intérieur de ces indices, préparant ainsi les marchés à une bonne surprise sur les publications d’inflation.

Sur le plan géopolitique, il n’y a en revanche pas eu d’amélioration mais la douceur des températures, le niveau des stocks et une moindre consommation d’énergie dans le secteur industriel, ont tiré les cours du gaz naturel à la baisse : alors que les cours évoluaient à plus de 340€/MwH en août, ils sont brièvement tombés à moins de 90€/MwH fin octobre avant de rebondir un peu en novembre. De quoi entretenir les espoirs du marché de voir enfin apparaître le pic d’inflation en zone euro. 

La détente des marchés est tellement importante que la volatilité du DAX est retombée à 20, soit son plus bas niveau depuis…janvier ! C’est-à-dire avant l’invasion de l’Ukraine et la flambée des prix de l’énergie. Du côté des marchés américains, le VIX (volatilité du SP500) est également retombé à 20, son plus bas niveau en 3 mois. 

Cette baisse globale de la volatilité doublée d’un petit repli des taux obligataires est en train de détendre les conditions financières…et ce n’est surtout pas ce dont ont besoin les banques centrales en ce moment, car une détente trop marquée des conditions financières freine le retour de l’inflation vers l’objectif des 2%. 

La BCE est mécontente de cette situation et elle l’a clairement formulé par la voix d’Isabel Schnabel jeudi dernier : « Les attentes des marchés d’un pivot ont récemment joué contre nos efforts pour sortir de la politique monétaire accommodante ». 

Et ce n’est pas un hasard si les dernières déclarations des membres de la BCE ou de la Fed, même celles des colombes, sont apparues à nouveau plus agressives : les banques centrales ne veulent pas d’un assouplissement des conditions financières actuellement. 

Et c’est peut-être ça qui va pousser les marchés actions à consolider dans les semaines qui viennent, les banques centrales ne devraient pas « autoriser » les taux à se détendre plus fortement, ce qui pourrait freiner l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués et redonner quelques couleurs au dollar après sa chute récente (le Dollar Index a perdu près de 8% depuis son sommet annuel).

Le ralentissement économique mondial pourrait aussi favoriser une consolidation sur les marchés actions. Même s’il joue en faveur d’une détente des matières premières et donc des taux (ce que les marchés ont joué dans ce dernier rallye), il doit tout de même être intégré dans un risque global et notamment un risque pour les résultats des entreprises. 

Il est bon de rappeler que les indices d’activité PMI Composite ont basculé sous 50 (zone de contraction) en Europe mais aussi aux Etats-Unis, signe que le ralentissement économique est à l’œuvre. Le plus dur est probablement passé pour les marchés actions et obligataires, mais une poursuite de la tendance haussière sur ce rythme semble totalement impossible, des consolidations sont nécessaires dans les jours et les semaines à venir. Donc le fameux rallye de fin d’année est déjà probablement passé ! 
 

Hausse préoccupante des refus de prêts immobiliers

La hausse des refus de prêt contraint près de 10 % des vendeurs à republier des annonces de biens qu’ils croyaient vendu.

La hausse des refus de prêt contraint près de 10 % des vendeurs à republier des annonces de biens qu’ils croyaient vendu.

 

En novembre 2022, le taux de republication d’annonces sur PAP.fr s’établissait à 9,4 %, contre 4,6 % six mois plus tôt et 1,8 % en novembre 2021. Un indicateur stable sur les 10 dernières années, traditionnellement compris entre 1 et 2 % ! 

Les propriétaires concernés indiquent que si leur vente n’a pas abouti, c’est en raison d’un refus de prêt de leur acheteur. Un chiffre confirmé par un sondage exclusif réalisé pour la circonstance par PAP.fr auprès de 10 828 candidats à l’achat entre les 22 et 27 novembre 2022 puisque 9,8 % des acheteurs ont déclaré avoir fait l’objet d’un refus de prêt récemment. Des acheteurs qui témoignent que le financement devient une problématique centrale puisqu’ils sont 60,4 % à déclarer être inquiets à ce sujet.
 

9,8 % des acheteurs ont fait récemment l’objet d’un refus de prêt !
 

Parmi les raisons ayant conduit à un refus de prêt, les acheteurs concernés citent majoritairement un problème de taux d’usure : 62,1 %. Les autres motifs arrivent loin derrière : taux d’endettement trop élevé (30,5 %), situation professionnelle (21,7 %), apport personnel insuffisant (20,2 %).
Enfin, on note parallèlement que le Diagnostic de performance énergétique (DPE.), auquel les banques prêtent de plus en plus attention, a été un obstacle dans 3,3 % des cas.
 

Une situation qui touche tous les profils…
 

Les refus de prêts touchent tous les types de profils professionnels, y compris ceux qui pourraient sembler y échapper, à l’instar des salariés du privé en CDI qui représentent un peu plus d’un cas sur deux. Ainsi que toutes les tranches d’âges, avec un pic à 32 % chez les 40-49 ans !
Et pas uniquement les primo-accédants comme on pourrait le penser, puisqu’ils ne représentent que 37,1 % des cas.
 

Près d’un acheteur sur deux ayant fait l’objet d’un refus de prêt a modifié ses critères de recherche à la suite de ce refus
 

Les refus de prêts ont conduit un peu plus d’un acheteur sur deux (52,2 %) à modifier leurs critères de recherche. Quand le solde (47,8 %) mise sur une baisse des prix…
60,4 % de l’ensemble des acheteurs ayant recours au crédit indiquent être inquiets
La question du financement préoccupe tous les acheteurs, même ceux qui n’ont pas été confrontés à un refus de prêt puisque 60,4 % des acheteurs indiquent être inquiets à ce sujet. Parallèlement, 92 % des acheteurs anticipent une hausse des taux d’intérêt dans les prochains mois.
 

Un problème qui ne concerne pas un acheteur sur trois !
 

33,4 % des répondants envisagent un achat comptant, sans avoir à recourir au crédit. Ce qui a été rendu possible par la revente de leur bien initial avant de se lancer dans un achat, quitte à passer par la location le temps de trouver la perle rare. Une stratégie mise en œuvre notamment par les retraités (58,1 % des acheteurs au comptant sont retraités) qui ont pu épargner et qui se savent exclus du crédit. Mais cette solution (vendre avant de racheter) pourrait également aider des actifs qui auraient ainsi un profil plus favorable avec davantage d’apport personnel.
 

41,4 % des acheteurs tablent sur une baisse des prix dans les prochains mois
 

Interrogés sur la manière dont ils anticipent le marché, les acheteurs pensent majoritairement que les prix immobiliers vont baisser (41,4 %), quand 35,3 % parient sur une stabilité. Enfin, 23,4 % pensent que les prix vont continuer à monter.
 

 

Méthodologie
 

Etude réalisée à partir des données issues :
• d’une enquête réalisée, entre le 22 et le 27 novembre 2022, via un questionnaire en ligne auprès de 10 828 personnes en recherche active d’un bien immobilier à l’achat sur PAP.fr
• des données de republication d’annonces de vente*, en novembre 2022, sur le site PAP.fr, dans un intervalle de 4 à 8 semaines après leur annulation comparées aux 11 mois précédents.
 

L’épargne des Français continue à gonfler

Selon les données de la Banque de France, au deuxième trimestre 2022, le flux trimestriel de placements des ménages s’établit à 53,0 milliards, en hausse de 21,5 milliards par rapport au trimestre précédent.

Selon les données de la Banque de France, au deuxième trimestre 2022, le flux trimestriel de placements des ménages s’établit à 53,0 milliards, en hausse de 21,5 milliards par rapport au trimestre précédent.

 

L’épargne investie en produits de taux augmente (26,5 milliards après 15,7 milliards au T1), tirée par les investissements en titres de créance détenus indirectement via des OPC (+8,0 milliards après- des cessions de -4,4 milliards). Les placements en produits de fonds propres progressent également (22,8 milliards après 12,0 milliards) en raison d’acquisitions d’actions cotées détenues directement et indirectement, après les cessions du trimestre précédent. 
 

Les premières données (encore partielles) couvrant les principaux placements financiers des ménages pour le troisième trimestre 2022 affichent un regain des flux de dépôts bancaires rémunérés (24,8 milliards contre 9,1 milliards au T2), notamment une collecte positive soutenue sur les livrets d’épargne réglementée (en particulier sur les livrets A), encouragée par le relèvement des taux de rémunération de ces produits d’épargne. Cette collecte est nettement supérieure à la décollecte observée sur les contrats d’assurance-vie en euros (-2,6 milliards après -3,4 milliards au T2). Par ailleurs, on note un ralentissement de la collecte nette en assurance-vie pour les supports en unités de compte (5,8 milliards après 11,7 milliards au T2).

 

En cumul sur quatre trimestres glissants, les flux de placements sont en légère hausse (153,9 milliards fin T2 après 150,9 milliards fin T1), en lien avec l’accélération des placements en produits de fonds propres. En particulier, les ménages ont acquis plus d’actions cotées et non cotées (26,7 milliards après 19,2 milliards, une part importante étant représentative d’investissements dans le patrimoine professionnel), et d’assurance-vie en unités de compte. 
 

En encours, la valeur des détentions recule de nouveau au deuxième trimestre en raison de l’impact de la baisse des cours boursiers sur les actions et l’assurance-vie.
 

Les cadeaux de Noël du gouvernement

Prime de Noël, prime anti-inflation, bonus réparation… voici les cadeaux de Noël du gouvernement pour les Français.

Prime de Noël, prime anti-inflation, bonus réparation… voici les cadeaux de Noël du gouvernement pour les Français.

 

Le gouvernement a annoncé une rallonge anti-inflation de 2,5 milliards d’euros qui viendra appuyer le financement d’un chèque énergie, de 100 à 200 euros par ménage, versé d’ici la fin de l’année. De plus, grâce à une prime comprise entre 50 et 200 euros, les Français qui se chauffent au bois pourront régler ladite facture.

Un bonus fera également son apparition le 15 décembre, pour que les Français puissent réparer leurs appareils électriques ou électroniques, afin que ces derniers durent plus longtemps et ne deviennent pas un déchet supplémentaire. Sur six ans, une enveloppe de 410 millions d’euros a été budgétée. Les particuliers pourront ainsi se rendre chez un réparateur agréé, labellisé « QualiRépar », pour obtenir une ristourne forfaitaire sur leur appareil endommagé. Une trentaine d’appareils est éligible : enceinte (20 euros), réfrigérateur/congélateur, tablette, téléphone portable (25 euros)…
 

Une prime, encore, de Noël cette fois-ci, sera versée le 15 décembre à 2,3 millions de ménages modestes Français, parmi les bénéficiaires du RSA. Fixé à 152,45 euros pour une personne seule, et à 320,14 euros pour un couple avec deux enfants, son montant n’a pas changé depuis 2009. 
 

 

Immobilier : le pouvoir locatif des Français est-il menacé ?

L’équipe scientifique de SeLoger a analysé le pouvoir locatif des Français et son évolution sur ces vingt dernières années.

L’équipe scientifique de SeLoger a analysé le pouvoir locatif des Français et son évolution sur ces vingt dernières années.

Inflation, augmentation de l’IRL (indice de référence des loyers) – temporairement plafonnée, jusqu’en 2023, à +3,5% – hausse des taux qui limite les possibilités d’accession à la propriété… Autant d’éléments qui pourraient influer sur le marché de la location. Comment cela se traduit-il concrètement pour 42,5% des Français qui sont locataires ?

Un pouvoir locatif qui se maintient…

En retraçant l’évolution du pouvoir locatif en France sur les vingt dernières années, l’étude permet de constater que celui-ci est actuellement au plus haut. Le pouvoir locatif a en effet fortement progressé sur les 8 dernières années. A titre de comparaison : en 2014, le revenu médian d’un ménage de deux personnes lui permettait de louer une surface de 68m² en moyenne. Au 1er novembre 2022, cette surface moyenne accessible (non meublée) est de 77m², soit +9m² depuis 2014.

En revanche, même si son évolution est en constante progression depuis 2014, “le pouvoir locatif moyen connaît une évolution bien moins forte depuis 1 an (+0,8%) et stagne autour de 77m2. Est-ce le signe d’un changement de dynamique ? Le pouvoir locatif pourrait-il baisser, entraînant une diminution du nombre de m² auquel pourraient prétendre les Français ? Il est encore trop tôt pour le dire” explique Barbara Castillo Rico, Responsable des études économiques de SeLoger. Mais certains signes retiennent l’attention.

…sur un marché qui se tend

Signal faible ou annonciateur de tensions sur le marché de la location ? “Le stock de biens à louer qui était en croissance depuis 2019, connaît désormais une baisse de -9,8% depuis un an”. précise Barbara Castillo Rico, Responsable des études économiques de SeLoger.

Sans présager d’une progression potentielle du nombre de locataires en France, il est important de souligner que la part de locataires en France (42,5%)* est relativement importante et au-dessus de la moyenne européenne (30,8%)*. Bien sûr ce taux recouvre des réalités différentes sur le territoire français avec d’un côté, une majorité de locataires de résidence principale en région parisienne (54%) et même 65% dans Paris intra-muros, et de l’autre côté du spectre, une part de locataires de seulement 20% dans les communes rurales*.

Un pouvoir locatif différent selon les villes. D’après l’étude menée par SeLoger sur les 50 plus grandes villes de France, les 3 villes avec le plus faible pouvoir locatif sont Roubaix (36m²), Paris (46m²), Nice(50m²). A l’inverse, le pouvoir locatif est, au-dessus de la moyenne nationale (77m²), avec des surfaces, non meublées, allant de 84m² à 93m² pour Bourges, Le Mans et Quimper.
 

Combien ça coûte d’être vieux en France ?

+ 6,83 %, C’est l’augmentation moyenne des produits et services pour bien vieillir à domicile par rapport à 2021.

+ 6,83 %, C’est l’augmentation moyenne des produits et services pour bien vieillir à domicile par rapport à 2021.

 

La France compte près de 15 millions de retraités et plus de 85 % d’entre eux souhaitent vieillir à domicile. Pour la troisième année consécutive, Retraite.com et la Silver Alliance ont établi le coût du bien vieillir à domicile lorsque l’on a 65 ans, 75 ans ou 85 ans.

 

Pour la troisième édition du baromètre Retraite.com / Silver Alliance, les variations de tarifs de 25 produits et services, tels que la mutuelle, l’aide à domicile, la livraison de repas, les frais de transport ou d’équipements nécessaires à la dépendance, ont été analysées pour établir le coût du bien vieillir chez soi, en dehors des dépenses contraintes (loyer, eau, électricité, alimentation). Pour chaque tranche d’âge, Retraite.com et la Silver Alliance ont étudié le prix des produits et des services, de l’entrée de gamme jusqu’au premium, afin de proposer un panier moyen pour chaque niveau de revenus. Pour ce faire, plus de 250 devis ont été analysés.

 

13 971 € par an, soit 1 164 € par mois (+ 6,83 %), c’est le coût moyen sur 30 ans qu’il faut prévoir pour vieillir dignement chez soi de 65 ans à plus de 85 ans, établi sur les 9 profils analysés. À titre de comparaison, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) estimait à 2 004 € le prix médian pour un mois en EHPAD en 2019.

 

« En 2030, un tiers de la population française aura plus de soixante ans. Dans un environnement parfois opaque sur les services et le budget à prévoir pour bien vieillir chez soi, notre étude, inédite en France, permet d’avoir une idée plus précise des coûts à appréhender à la retraite. Après deux ans de crise sanitaire et les scandales touchant le secteur des EHPAD en France, l’importance de s’équiper pour bien vivre dans son logement est plus que jamais d’actualité, d’autant que notre étude montre que cela coûte moins cher de vivre à domicile qu’en EHPAD lorsque son état de santé le permet », explique Ludovic Herschlikovitz, fondateur de Retraite.com.

 

Pour Benjamin Zimmer, Directeur de la Silver Alliance (collectif de 33 marques de la Silver économie) : « La hausse globale cette année est de 6,83 % sur les 9 profils. Cette inflation est donc légèrement supérieure à l’inflation générale qui est de 6,2 % selon les derniers chiffres publiés par l’INSEE au 15 novembre 2022. Cette hausse s’ajoute à celles déjà enregistrées depuis notre premier baromètre. En effet, entre le 1er janvier 2020 et le 1er janvier 2022, on constate une augmentation de 10,56 % du prix de l’ensemble des biens et des services pour bien vieillir à domicile. »

 

L’envolée des tarifs de l’énergie et des matières premières, ainsi que la revalorisation des salaires, ont engendré une augmentation des coûts pour les entreprises, qu’elles ont dû répercuter en partie sur les clients. De nombreux secteurs sont concernés : les transports, les services à la personne ou encore les équipements pour l’aménagement du domicile. Suite à la crise Covid, les mutuelles ont également fait peser une augmentation de plus de 5 % aux seniors sur un an.

 

« Cependant, certaines mesures prises par le gouvernement ont permis de limiter l’inflation sur certains produits. C’est le cas du bouclier tarifaire sur l’essence mis en place d’avril à mi-novembre 2022, ou encore du 100 % santé, mis en place en 2021, qui a permis aux entreprises commercialisant des appareils auditifs de ne pas augmenter leurs tarifs en 2022, après une année 2021 record », commente Ludovic Herschlikovitz.

Pour 2022, la hausse s’établit à 6,83 % par rapport à 2021 et à 10,56 % depuis 2020.

 

En 2022, ce coût mensuel s’établit par profil à :
• 646 € par mois pour les 65-75 ans (vs 583 € en 2021), soit + 10,83 % par rapport à 2021
• 827 € par mois pour les 75-85 ans (vs 748 € en 2021), soit + 10,5 % par rapport à 2021
• 2 020 € par mois pour les + 85 ans (vs 1 939 € en 2021), soit + 4 % par rapport à 2021

 

Entre 65 et 75 ans, les frais de transport (+ 24 %) et de santé (+ 5,11 %) restent les premiers postes de dépense et connaissent une forte hausse. Les 65-75 ans, encore très mobiles, pâtissent de la flambée des prix à la pompe. Le coût des services à domicile (+ 9,57 %), qui représentent leur troisième poste de dépense, augmente également.

 

Entre 75 ans et 85 ans, la santé reste encore le premier poste de dépense, avec des tarifs de mutuelles en hausse. L’âge avançant, les seniors ont tendance à diminuer leurs déplacements et ont de plus en plus de mal à accomplir certaines tâches du quotidien. Par conséquent, leurs frais de prestations de services à domicile (ménage, portage de repas…) sont plus élevés. Le matériel médical et de confort, tel que les cannes, fauteuils et autres produits d’aménagement intérieur, subit une hausse de 10 % liée notamment à l’augmentation des prix des matières premières, répercutée sur le consommateur. L’inflation globale de cette tranche d’âge s’élève à plus de 10 % par rapport à 2021.

 

Enfin à partir de 85 ans, la dépendance et l’accès à des soins d’accompagnement (services à domicile, garde de nuit) deviennent le premier poste de dépense. Les tarifs de certains services restent stables. C’est le cas des prothèses auditives, des abonnements de vidéosurveillance et de téléphonie ainsi que de l’aménagement de la salle de bain. À noter que le prix de ce dernier service s’est aligné en 2021 après l’arrêt de la prime Action Logement (aide financière de 5 000 € accordée sous conditions de ressources) qui avait fait augmenter les tarifs du marché.

 

Focus sur les aides de l’État pour accompagner la dépendance

Ce baromètre prend en compte les principales aides de l’État pour accompagner le vieillissement. Pour Benjamin Zimmer : « La couverture unique de notre système de santé permet aux plus fragiles d’être majoritairement pris en charge par la Sécurité Sociale pour des besoins de grande dépendance. En outre, la réforme 100 % santé, mise en place début 2020, marque la volonté des pouvoirs publics d’améliorer l’accès aux soins pour tous et de garantir une prise en charge totale de certaines prestations en dentaire, en optique et en aides auditives. L’État travaille à présent à financer l’aménagement du domicile avec la prime Adapt. ». Il poursuit : « cette étude apporte des éléments quantifiés qu’aucune autre étude n’a jamais révélés en France. Il s’agit là d’un travail important de collecte de données réalisé avec l’ensemble des marques de la Silver Alliance. »

« Cette étude, actualisée chaque année, permet de suivre les tendances tarifaires, technologiques et sociales afin d’apporter aux Français une mesure préventive du vieillissement », conclut le fondateur de Retraite.com.

 

Les principaux services en baisse ou stables par rapport à l’an passé
• Audition
• Abonnements (téléphonie, vidéo-surveillance)
• Clubs et associations 
• Garde de nuit à domicile
• Dépassement d’honoraires santé

 

Les principales hausses sur une année
• Mutuelle
• Transport (essence)
• Services à domicile (aide de jour, ménage, jardinage)
• Livraison de repas à domicile
• Emménagement / Déménagement
 

Défiscalisation : ces dispositifs pour réduire ses impôts

La défiscalisation englobe toutes les démarches visant à réduire les impôts des Français, le plus souvent l’impôt sur le revenu. Décryptage de Maxime Chipoy, président de MoneyVox.

En France, il existe diverses « niches fiscales ». La défiscalisation, au sens large, englobe toutes les démarches visant à réduire les impôts des Français, le plus souvent l’impôt sur le revenu. Décryptage de Maxime Chipoy, président de MoneyVox.

L’État prévoit en effet de multiples dispositifs de défiscalisation. Le principal objectif des pouvoirs publics est d’inciter les contribuables aisés à soutenir un secteur économique en contrepartie d’une fiscalité plus avantageuse. Il en va ainsi de l’investissement dans l’immobilier locatif en Pinel, d’un versement d’une partie de son revenu sur un Plan d’épargne retraite, de miser sur les PME via un FCPI ou encore de faire des dons aux œuvres caritatives.

Très souvent, une grande majorité de personnes ne pense pas à déclarer certaines dépenses permettant de réduire ses impôts. Bonne nouvelle pour les Français qui auraient omis de se pencher sur leurs dépenses telles que les frais kilométriques ou autres frais professionnels au printemps dernier, l’outil de correction de la DGFiP est en ligne sur impots.gouv.fr depuis le mois d’août et jusqu’au 14 décembre 2022.

« Chaque année, malgré les efforts réels d’information du Trésor Public, les Français oublient de déclarer beaucoup de dépenses qui pourraient leur permettre de réduire leurs impôts. Voire de recevoir un chèque, pour les non-imposables ! C’est typiquement le cas des dons aux associations, dont 2,4 milliards d’euros ne seraient pas déclarés, soit une économie ratée d’au moins 800 millions d’euros. Ou des frais de dépendance, qui permettent 1 100€ d’économies en moyenne. C’est d’autant plus dommage que les formalités à accomplir sont souvent très simples ! », déclare Maxime Chipoy, président de MoneyVox.

Toutefois, nombre de ces potentielles réductions d’impôt sont soumises à un plafonnement global, fixé à 10 000 euros de réductions d’impôt sur le revenu. Sauf exception, chaque foyer fiscal, quel que soit le nombre de personnes en son sein, est donc limité à 10 000 euros de réduction chaque année.
 

La politique chinoise du zéro-Covid a-t-elle atteint ses limites ?

La crise du Covid rend difficilement conciliable deux objectifs : d’un côté, contenir le virus ; de l’autre, préserver l’activité économique et la stabilité sociale. Analyse de Lazard Frères gestion.

 

La crise du Covid rend difficilement conciliable deux objectifs : d’un côté, contenir le virus ; de l’autre, préserver l’activité économique et la stabilité sociale. Analyse de Lazard Frères gestion.

 

Les dernières semaines ont vu un fort rebond des cas de Covid-19 en Chine. En moyenne, le pays a enregistré plus de 35 000 nouveaux cas par jour sur la semaine du 28 novembre, un rythme supérieur au pic du printemps dernier. Ce rebond de l’épidémie s’accompagne de nouvelles restrictions sanitaires qui sont désormais contestées par une partie de la population.

 

Cette situation illustre les limites de la politique du zéro-Covid. En effet, la grande contagiosité du variant Omicron rend difficilement conciliable deux objectifs : d’un côté, contenir le virus ; de l’autre, préserver l’activité économique et la stabilité sociale. L’abandon d’un des deux objectifs semble inévitable.

 

Le renforcement des restrictions au cours des dernières semaines montre que les autorités n’ont pas abandonné l’objectif de contenir le virus, même si les règles ont été assouplies. La poursuite de cet objectif se fait au détriment de l’activité économique et de la stabilité sociale. Maintenant que les restrictions sont contestées, le gouvernement va-t-il être contraint d’abandonner sa politique du zéro-Covid pour apaiser les tensions ? Cela semble prématuré étant donné que la population est faiblement immunisée, en particulier les plus âgés. De plus, le mouvement contestataire ne fait pas l’unanimité auprès de la population.

 

Les autorités chinoises devraient rester tiraillées, le temps d’augmenter le taux de vaccination et de rassurer la population sur le fait qu’un assouplissement des restrictions serait sans danger pour la santé, deux éléments qui constituent un préalable à la réouverture de l’économie chinoise. Vacciner les plus âgés fait partie des priorités du gouvernement, mais le rythme de la vaccination ne semble pour l’instant pas décoller. La politique du zéro-Covid n’est pas sans impact sur les marchés financiers : le recul des prix du pétrole en novembre est notamment lié à la perspective de nouvelles restrictions sanitaires en Chine, qui pourraient elles-mêmes peser sur la croissance mondiale. Inversement, les marchés actions ont interprété le message des autorités comme favorable à l’activité. 
 

Combien va coûter la hausse des péages ?

D’après Asterès, la hausse annoncée des péages de 4,75 % entraînera une hausse de dépenses annuelle moyenne de 6,4 € par ménage.

D’après Asterès, la hausse annoncée des péages de 4,75 % entraînera une hausse de dépenses annuelle moyenne de 6,4 € par ménage.

Selon les estimations d’Asterès, un ménage français a dépensé pour les péages autoroutiers 135 € en moyenne en 2022. Ces estimations sont basées sur les tableaux de dépenses annuelles moyennes par ménage en France selon le niveau de vie. Les données utilisées correspondent au poste « Autres dépenses de transport » qui incluent principalement les péages et le stationnement. 

 

La part des stationnements a été retirée pour ne conserver que les montants dépensés en péages. La hausse de 4,75 % des péages en février 2023 entraînerait une dépense supplémentaire annuelle de 2,9 € pour les 10 % des Français les plus modestes et de 17,8 € pour les 10 % les plus aisés. Rapportée au niveau de vie, la hausse est globalement comparable selon la catégorie de ménage, à 0,025 %.

 

Une division par deux de la marge des sociétés d’autoroute génèrerait un gain de pouvoir d’achat de 14 € par an et par ménage, et de 7 € pour la moitié des Français les plus modestes d’après les estimations d’Asterès. Les profits des sociétés autoroutières, réputés excessifs, sont régulièrement pointés du doigt. Asterès n’étudie pas dans la présente note le caractère excessif ou non des profits des sociétés autoroutières, débat complexe qui mériterait une étude approfondie, et se limite à estimer les gains de pouvoir d’achat à attendre d’une éventuelle contraction des marges des sociétés autoroutières.

 

En postulant arbitrairement, à titre d’illustration, que l’État décidait de réglementer les prix des péages et de les réduire jusqu’à diviser par deux la marge des sociétés autoroutières (estimations avant la hausse des tarifs attendue en 2023), il serait nécessaire de diminuer les prix des péages de 10 %. Une baisse du prix de 10 % des péages génèrerait un gain de pouvoir d’achat annuel d’environ 14 € par ménages, et d’environ 7 € pour la moitié des ménages les plus modestes.
 

SCPI : Quelles performances au 3ème trimestre ?

L’ASPIM et l’IEIF publient les statistiques de performances et d’investissements des fonds immobiliers non cotés au troisième trimestre 2022.

L’ASPIM et l’IEIF publient les statistiques de performances et d’investissements des fonds immobiliers non cotés au troisième trimestre 2022.

 

Sur les neuf premiers mois de l’année, les gérants de SCPI ont distribué des acomptes sur dividende en ligne avec leurs prévisions d’encaissement des loyers 2022 moins incertaines que celles de l’année précédente. En conséquence, les acomptes de dividendes versés pour le compte des trois premiers trimestres 2022 progressent en moyenne pondérée de la capitalisation de + 3,5 % par rapport à la même période de 2021. 

 

Rapporté au prix de référence au 1er janvier, le taux de distribution moyen servi par les SCPI, toutes catégories confondues, s’établit à 3,26 % sur les trois premiers trimestres 2022. Cette tendance permet d’anticiper un taux de distribution annuel proche de 2021 : autour de 4,50 % en moyenne pondérée.

 

Sur la base des valorisations des portefeuilles à la fin 2021, les prix de part de SCPI ont été revalorisés de + 1,5 % en moyenne pondérée depuis le début de l’année. Toutefois, cette évolution tient compte d’une importante revalorisation de prix de part d’une SCPI au troisième trimestre suite à son passage en capital variable. Sans tenir compte de cet événement particulier, l’évolution moyenne du prix des parts est ramenée à + 0,7 % sur les neuf premiers mois de l’année. Les expertises de fin 2022 devraient traduire les incertitudes du marché immobilier et ainsi atténuer cette progression.

 

Les moyennes du marché sont en adéquation avec l’indice EDHEC IEIF Immobilier France qui indique une performance globale de 4 % depuis le 31 décembre 2021. Au 30 septembre 2022, la capitalisation des SCPI atteint 86,8 milliards €. 

 

La performance des OPCI grand public pénalisée par la baisse des marchés financiers

 

La performance globale moyenne de l’ensemble des OPCI grand public s’établit à – 2,35 % sur les trois premiers trimestres 2022 (contre – 1,4 % au premier semestre). Une nouvelle chute des marchés financiers et un léger ajustement des valeurs d’expertises sont à l’origine de la dégradation de la performance des OPCI grand public au troisième trimestre. La valorisation des poches financière et de foncières cotées est en forte baisse depuis le début de l’année. En effet, l’indice IEIF REIT Europe, après avoir chuté de – 19 % au premier semestre, a enregistré un nouveau repli de – 17 % au troisième trimestre 2022.

 

La performance moyenne de l’ensemble des OPCI grand public est en adéquation avec l’indice IEIF OPCI Grand Public mensuel qui indique une performance globale de -2,32 % depuis le 31 décembre 2021.

Au 30 septembre 2022, l’actif net des OPCI grand public se monte à 20,6 milliards €.

 

Les sociétés civiles unités de compte immobilières ont délivré sur les trois premiers trimestres 2022 une performance globale de + 3,3 %. Au 30 septembre 2022, l’actif net des sociétés civiles unités de compte immobilières s’établissait à 23 milliards €.

 

Les investissements au troisième trimestre 2022

 

Au troisième trimestre 2022, les acquisitions immobilières des trois catégories de fonds accessibles par le grand public totalisent 4,1 milliards €. Dans le détail, les SCPI ont réalisé pour 3 milliards € d’acquisitions. Les sociétés civiles ont investi pour près de 650 millions € en immobilier direct, soit 58 % du total de leurs investissements au troisième trimestre (1,1 milliard €). Enfin, les acquisitions des OPCI grand public s’élèvent à environ 430 millions €.

 

Côté cessions, les trois catégories de fonds grand public ont arbitré pour 616 millions €. Les SCPI représentent environ les deux tiers des cessions en valeur. Les OPCI grand public représentent environ un tiers des cessions en valeur.

Les perspectives d’ajustement des valeurs de marché sur la dernière partie de l’année incitent actuellement les gérants à faire preuve d’une grande sélectivité sur le marché de l’investissement.

 

Par typologie d’actifs immobiliers

 

En termes de typologies d’actifs, les bureaux représentent 49 % des acquisitions réalisées au troisième trimestre 2022. Suivent ensuite les commerces (15 % des montants investis), le résidentiel (14 %, en incluant les résidences gérées) et la santé/éducation (9 %). Enfin, la logistique et les locaux d’activité captent 6 % des montants investis, l’hôtellerie et les loisirs 6 %.

 

Les cessions d’actifs au troisième trimestre concernent tout d’abord les bureaux (88 %) devant les commerces (7 %), le résidentiel (3 %), la santé et éducation (1 %) et les locaux mixtes (1 %).

 

Par localisation des actifs immobiliers

 

En termes de localisation, les investissements réalisés au troisième trimestre ont d’abord ciblé l’étranger (42 %) puis l’Ile-de-France (39 %, dont 6 % à Paris) et enfin les régions (19 %).

 

Hors de France, les Pays-Bas (9 %) devancent de peu le Royaume-Uni (8 %). Viennent ensuite l’Espagne (7 %), l’Italie (6 %), l’Allemagne (5 %) et l’Irlande (3 %). Les autres pays (notamment Luxembourg, Belgique, Europe de l’Est et du Nord) comptent pour un peu moins de 2 %. En ce qui concerne les cessions, les actifs arbitrés sont localisés pour 84 % en Ile-de-France (dont 17 % à Paris), 13 % en région et 4 % à l’étranger.