L’inflation se stabilise à un haut niveau

L’inflation a atteint 6,2% sur un an en novembre en France, un chiffre identique à celui du mois d’octobre, a indiqué l’Insee.

L’inflation a atteint 6,2% sur un an en novembre en France, un chiffre identique à celui du mois d’octobre, a indiqué l’Insee.

Si dans certains secteurs, les effets de la guerre en Ukraine commencent à se dissiper. L’inflation sous-jacente demeure importante. Cette stabilisation de l’inflation, qui se maintient néanmoins à un niveau inédit depuis les années 1980, s’explique notamment par un ralentissement de la hausse des prix de l’énergie (+18,4% sur un an en novembre, après +19,1% en octobre).

Et ce « malgré la diminution des remises sur les carburants », qui sont passées mi-novembre de 30 à 10 centimes par litre, explique l’Insee. Dans le même temps, le prix des produits alimentaires n’a progressé que très modérément (+12,1% après +12% en octobre), détaille l’Institut national de la statistique et des études économiques. Les prix de la viande, des produits laitiers, des boissons et du pain ont progressé plus rapidement qu’en octobre, tandis que ceux des poissons, légumes et fruits frais ont grimpé plus lentement que le mois précédent.
 

Quelle croissance en France pour les prochaines années ?

Selon le directeur de la Banque de France, la croissance devrait reprendre significativement en 2024. Il prévoit une limitation de l’inflation à 2%.

Selon le directeur de la Banque de France, la croissance devrait reprendre significativement en 2024. Il prévoit une limitation de l’inflation à 2%.

La Banque de France publie ses prévisions pour les trois prochaines années, notamment sur la croissance et l’inflation. Son gouverneur, François Villeroy de Galhau, en a dévoilé les grands axes. Il n’a pas caché que l’année 2023 serait compliquée. Le pic de l’inflation devrait d’ailleurs survenir au début de l’année. Elle a atteint 6,2% sur un an en novembre, un chiffre toutefois stable par rapport au mois d’octobre. Mais le gouverneur de la Banque de France a également noté la « résilience » inespérée des économies européennes face à la crise.

La lutte contre l’inflation au détriment de la croissance ?
 

« Il y aura un ralentissement fort en 2023 », a-t-il prévenu, « mais on va échapper à un atterrissage brutal et ensuite on aura une reprise assez significative en 2024 et 2025 ». L’objectif affiché est de lutter avant tout contre l’inflation, « première préoccupation des Français », et de la ramener à 2% sur la période 2024-2025. François Villeroy de Galhau a également confirmé qu’il y aurait probablement plusieurs hausses de taux successives et plus rapprochées, mais aussi plus modérées, de l’ordre de 0,5 point. « Il ne faut pas spéculer sur le nombre de hausses »,
 

Taxe d’habitation sur les résidences secondaires : ces villes où elle flambe

Le nombre de villes appliquant une taxe d’habitation majorée pour les résidences secondaires a augmenté en 2022, de même que les taux appliqués.

Le nombre de villes appliquant une taxe d’habitation majorée pour les résidences secondaires a augmenté en 2022, de même que les taux appliqués.

En 2014, une nouvelle loi a permis d’appliquer une taxe d’habitation supplémentaire dans les « zones d’agglomération continue de plus de 50.000 habitants » où se loger est difficile. En 2021, 233 des 1.136 communes éligibles avaient actionné ce mécanisme. Elles étaient 255 en 2022, selon une note de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

 

Outre cette légère augmentation du nombre de villes concernées, le taux a parfois largement augmenté. Une réforme de 2017 accorde en effet la liberté aux collectivités de le fixer entre 5% et 60%, alors qu’il était fixé à 20% pour tous auparavant. Surtaxer au maximum a été le choix de plus de 28% des communes, soit 10 points de plus qu’en 2021.

Parmi elles, la plupart des grandes métropoles : Paris, Marseille, Lyon, Nice, Bordeaux. Mais aussi des stations balnéaires et autres petites villes attractives pour les touristes : Guérande (Loire-Atlantique), Mouans-Sartoux, Villefranche-sur-Mer, Valbonne (Alpes-Maritimes), Anglet, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). On relève aussi la présence de nombreuses communes de Haute-Savoie.

Davantage de propriétaires concernés par la surtaxe
 

Si près de la moitié des 255 communes ont fait le choix de ne pas augmenter le montant de la taxe au-delà de l’ancienne règle des 20%, une seule a décidé, depuis, de l’abaisser (Messimy, dans l’Ain, à 10%). Le nombre de propriétaires concernés par cette surtaxe pourrait prochainement exploser. En effet, le Budget 2023 a supprimé le plancher des 50.000 habitants. La liste des collectivités concernées doit encore être fixée par voie réglementaire, mais elle devrait passer de 1.136 à environ 5.000.

 

Ces villes où investir dans un studio qui s’autofinance

Meilleurs Agents propose un palmarès des villes dans lesquelles il est possible d’acheter un studio autofinancé avec moins de 20 000 euros d’apport.

Meilleurs Agents propose un palmarès des villes dans lesquelles il est possible d’acheter un studio autofinancé avec moins de 20 000 euros d’apport.
 

Investir dans un studio qui s’autofinance : mission quasi-impossible en 2022 ?
 

La hausse des taux d’intérêt couplée à celle des prix de l’immobilier mettent à mal l’investissement locatif. La preuve ? En dix-huit mois, le nombre de villes françaises dans lesquelles on peut acheter un studio autofinancé avec un faible apport (moins de 20 000 euros) a fondu comme neige au soleil. 
 

Meilleurs Agents, le leader de l’estimation immobilière en ligne, avait alors dressé un top 10 des grandes métropoles où on pouvait réaliser ce genre d’investissement gagnant. “Alors qu’en mai 2021, investir dans un studio qui s’autofinance avec un apport inférieur à 15 000 €  était encore envisageable dans une quinzaine de villes, cette opportunité ne se présente plus qu’à Limoges en 2022. En cause : un coût du crédit plus important, tiré par la remontée des taux, et des prix immobiliers élevés suite aux hausses successives observées ces dernières années”, constate Barbara Castillo Rico, responsable des études économiques chez Meilleurs Agents. 
 

Fin 2022, la situation est donc nettement plus compliquée. D’accord. Mais les bons plans existent toujours. Et comme on aime partager nos bons tuyaux (et qu’en plus, c’est bientôt Noël), on a décidé de vous les livrer dans cet article. Découvrez l’étude complète de Meilleurs Agents. 
 

Au pied du podium pour investir dans un studio qui s’autofinance : Clermont-Ferrand
 

Déjà présente dans le top 10 dévoilé en 2021, la capitale de l’Auvergne reste une valeur sûre. Comptez ici une enveloppe globale de 50 850 € pour acquérir un studio de 20 m2, comprenant un apport personnel de 18 852 €. Si l’immobilier clermontois a augmenté de près de 6% en un an, il reste relativement accessible avec des tarifs moyens de 2 263 €/m2 pour les appartements. Surtout, la demande locative est assez conséquente dans cette ville en plein essor, où près de 22% des ménages locataires habitent en studio. En outre, la part de logements vacants est plutôt faible (8%), ce qui limite les risques de ne pas louer votre studio. 
 

À la 3e place du palmarès Meilleurs Agents : Nancy
 

7e du classement en 2021, Nancy rafle cette année une place sur le podium ! La belle Lorraine doit notamment sa médaille de bronze à sa forte population étudiante (plus de 30%), qui constitue une demande solide pour les studios et réduit le risque de vacance locative. Notez toutefois que les prix immobiliers sont ici les plus élevés du palmarès (2 417€/m2 pour les appartements, soit une hausse de 3,3% en un an.) Conséquence : pour que votre studio s’autofinance, il vous faudra prévoir un apport de 17 192 €, soit près de 32% de l’investissement total (comptez un budget de 54 310 € pour un studio de 20 m2).
 

Pau reste à la deuxième place du classement 
 

Dans les Pyrénées-Atlantiques, Pau s’accroche à sa deuxième place (notre photo). Mais comme partout ailleurs, l’apport nécessaire à l’investissement d’un studio autofinancé a littéralement explosé. Il vous faudra désormais apporter un apport rondelet de 17 165 €, contre seulement 8 259 € en mai 2021 ! Car les prix immobiliers à Pau ont flambé : +34,3% en cinq ans, et près de 7% sur la seule année écoulée. Les appartements se négocient désormais en moyenne à 2 187 €/m2. Meilleurs Agents anticipe en outre une nouvelle hausse de 5% d’ici septembre 2023. La cité paloise présente malgré tout de belles opportunités d’investissement : le marché locatif y est notamment porté par une forte demande étudiante qui représente plus de 15% de sa population totale.  
 

Limoges, première ville pour investir dans un studio autofinancé 
 

Et la première ville de notre palmarès est… Limoges ! Comme en mai 2021, la capitale de la Haute-Vienne est LA ville dans laquelle vous pourrez réaliser un investissement locatif autofinancé et pas trop risqué. Ici, prévoyez un apport de 11 897 euros pour rentabiliser l’achat de votre studio de 20 m2. PC’est évidemment bien plus qu’il y a dix-huit mois (3 016 €) mais cela reste un très bon investissement. Surtout au regard des prix immobiliers qui sont toujours très attractifs (1 850 €/m2 en moyenne pour les appartements) et de la rentabilité locative élevée. À Limoges, les studios de 20 m2 se négocient 41 570 € (ce sont les moins chers de notre palmarès) et se louent plus de 300 €/mois (charges comprises). 
 

La cité limougeaude offre en plus de belles perspectives de plus-value puisque les prix immobiliers à Limoges ont bondi de plus de 46% en cinq ans (dont 8,7% lors des douze derniers mois). Ici aussi, Meilleurs Agents présage d’une nouvelle hausse de 5% des tarifs d’ici septembre 2023. Le risque de dépréciation de votre bien est donc très faible. “Limoges est l’exemple type d’une ville où les prix immobiliers demeurent attractifs malgré la tendance haussière et qui présente de belles opportunités pour les investisseurs à capital réduit, et ce en dépit de la hausse des taux”, analyse Barbara Castillo-Rico. 
 

Cheminées ou inserts : une plus-value immobilière ?

La cheminée donne à votre bien immobilier un certain cachet et vous permet de réaliser une plus-value immobilière à la revente.

La cheminée donne à votre bien immobilier un certain cachet et vous permet de réaliser une plus-value immobilière à la revente.

 

La plus-value immobilière correspond à la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition de votre bien immobilier. Les travaux de rénovation énergétique (aménagement des combles, isolation du toit, installation de panneaux solaires) sont bien connus des propriétaires souhaitant réaliser une plus-value sur leur bien immobilier. Cependant, ce n’est pas le seul moyen d’arriver à ce résultat. Et si disposer d’une cheminée impactait positivement la valeur de votre maison ? 
 

Une étude du Centre national de la recherche immobilière montre que l’installation d’un foyer augmente la valeur d’une maison de 12 % en moyenne. Et près de 70 % des agents immobiliers constatent la plus-value des maisons dotées d’un foyer. 
Il faut tout de même souligner que la cheminée à foyer ouvert d’antan n’a plus autant la côte auprès des acquéreurs d’équipement de chauffage au bois, compte tenu de ses faibles performances en matière de rendement thermique (environ 10 % de la chaleur du feu restituée). Votre plus-value risque d’être plus importante si vous investissez sur un équipement de type poêle à bois, insert, foyer fermé. 
 

Des économies d’énergie substantielles en prime 
 

En France, le chauffage représente environ 60 % de la consommation totale d’énergie des ménages. Autant choisir son mode de chauffage de façon avisée, pour faire des économies d’énergie. 
Le bois de chauffage plébiscité par un nombre grandissant de ménages reste l’énergie la plus économique, encore aujourd’hui. Selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) : « Un foyer qui se chauffe au bois dépense entre 48 et 78 €/MWh pour s’équiper, utiliser et entretenir un poêle, insert, ou chaudière à bûches et entre 73 et 103 €/MWh pour un système à granulés. À titre de comparaison, le coût pour un chauffage au gaz ou électrique se situe entre 84 et 154 €/MWh ».
 

En 2022, l’explosion des prix de l’énergie ajoute sans aucun doute un attrait supplémentaire pour les logements disposant d’un équipement de chauffage au bois. D’autant que le type d’énergie qui en résulte est plus respectueux de l’environnement.  
 

Coupe du Monde : Quel impact sur la croissance ?

Contrairement à une intuition communément partagée, une victoire au football n’a pas d’impact économique significatif.

Contrairement à une intuition communément partagée, une victoire au football n’a pas d’impact économique significatif.

 

La consommation des ménages ne présente pas de pics spécifiques les trimestres correspondant à une victoire des Bleus. La dynamique de la consommation des ménages est principalement dictée par la conjoncture économique et le pouvoir d’achat.

La consommation des ménages ne réagit pas aux résultats du football

Les victoires des Bleus pourraient impacter l’économie via la consommation. Le raisonnement liant une victoire au football et l’économie passe par la consommation : les ménages dépensent plus dans les cafés et restaurants et en équipement du foyer (canapé, télévision). Il résulterait également d’une victoire sportive un optimisme généralisé qui pousserait les ménages à consommer plus.

Empiriquement, les résultats du football n’impactent pas significativement la consommation. Que ce soit sur les dépenses d’hébergement-restauration ou sur le poste « autres produits industriels » (qui intègre les dépenses d’ameublement et de téléviseurs), les victoires des Bleus ne semblent pas déterminer l’évolution de la consommation trimestrielle. Les victoires de 1998 (cas spécifique dans la mesure où la compétition était organisée en France), de 2000, la finale de 2006 ou la victoire de 2018 ne sont pas caractérisées par un bond notable de la consommation des ménages.

Pas d’impact économique notable

La consommation des ménages est principalement liée à la conjoncture économique globale et à l’évolution du pouvoir d’achat. La variation de la consommation pour des types de dépenses qui pourraient être influencées par le football, comme l’hébergement-restauration, suit principalement la conjoncture économique. Ainsi, de 1998 à 2000, lorsque la croissance était forte, la hausse de la consommation l’était aussi. À l’inverse, la crise économique de 2008-2009 a entraîné une forte contraction de la consommation pour l’hébergement-restauration, qui a tendance à sur-réagir aux variations du pouvoir d’achat à la hausse comme à la baisse. L’évolution du pouvoir d’achat est ainsi un déterminant beaucoup plus convaincant de la consommation des ménages que les résultats du football.

(source Asterès)
 

Les 5 chiffres clés du logement à fin novembre

Grâce à son outil Fil Résidentiel, Adéquation apporte des données exclusives illustrées par des indicateurs décisionnels en temps réel sur l’évolution des marchés en promotion immobilière, le locatif et l’ancien.

Grâce à son outil Fil Résidentiel, Adéquation apporte des données exclusives illustrées par des indicateurs décisionnels en temps réel sur l’évolution des marchés en promotion immobilière, le locatif et l’ancien.

 

87 400
C’est le volume, depuis le 1er janvier, des logements neufs nouvellement mis sur le marché à l’échelle nationale. Un volume inférieur de 12 000 logements par rapport à fin novembre 2021, et même inférieur de 25 000 logements à celui de novembre 2019.
 

+5%
Sur une année glissante, les prix de vente moyen en promotion immobilière enregistrent une progression qui ne faiblit pas, avec une tension exacerbée sur certains marchés comme le Franco-Genevois (+10%), Caen-la-Mer (+12%), Dijon Métropole (+12%) ou Var Esterel/Golfe de Saint Tropez (+15%), le record étant détenu par la CA du Pays Basque avec +21%.  
 

70%
C’est la proportion des agglomérations des principaux marchés français en promotion immobilière – la plupart en zone A/Abis et B1 – qui a enregistré depuis le 1er janvier moins de 50% de ventes à investisseurs. A l’échelle nationale, les ventes en investissement locatif n’ont représenté que 42% de l’activité, soit 5 points de moins qu’en 2021.
 

3,8%
C’est le rendement brut moyen observé en novembre 2022 sur le logement ancien, à l’échelle nationale, en baisse de 20 points de base par rapport à novembre 2021. Des valeurs néanmoins très hétérogènes, de 6,9% pour Saint Etienne Métropole à 2,4% pour le Bassin d’Arcachon.
 

29
C’est le nombre de jours qui constitue la durée moyenne de commercialisation d’un logement locatif à l’échelle nationale en novembre 2022, soit 16 jours de moins qu’en novembre 2019. Signe d’une tension locative forte qui s’observe sur près des deux tiers des grandes agglomérations françaises, compte tenu d’une insuffisance de l’offre nouvelle, dont la faible alimentation est la conséquence de l’érosion des ventes à investisseurs sur le neuf depuis 2019.

 

 

Pouvoir d’achat : Combien vous coûte vraiment la fiscalité ?

En France, le pouvoir d’achat d’un ménage moyen est amputé de 4300 euros par an par la réglementation et la fiscalité.

En France, le pouvoir d’achat d’un ménage moyen est amputé de 4300 euros par an par la réglementation et la fiscalité.

 

L’Institut économique Molinari publie une étude disséquant des facteurs structurels alimentant les tensions autour du pouvoir d’achat en France. Cette étude analyse quatre familles de réglementations réduisant le pouvoir d’achat des ménages d’au moins 4 300 euros par an.
 

Logement : un surcoût annuel de 1 100 euros par ménage par rapport à l’Union européenne (UE)
 

La part du logement dans le budget des ménages est passé de 11 % en 1959 à près de 28 % en 2021. Si l’augmentation du coût du logement est un phénomène global, elle pèse plus largement sur les ménages hexagonaux. Se loger coûte 2,6 % du revenu en plus en France par rapport à la moyenne de l’Union européenne, soit un surcoût annuel de 1 100 € par ménage.
Acheter un logement devrait être de 20 à 40 % moins cher en France
 

La réglementation – et notamment les restrictions à l’usage du foncier – renchérit le coût du logement. Si le prix des logements avait évolué en France comme dans les États ayant des droits les plus souples, accéder à la propriété coûterait 20 à 40 % moins cher. Les acheteurs auraient économisé 61 milliards d’euros en 2019 et les locataires auraient bénéficié de cet effet indirectement.
Un droit des sols plus souple, tel que le connaissent nos voisins allemands, réduirait les inégalités matérielles et patrimoniales entre ménages. Il permettrait aussi aux locataires d’accéder à des logements moins chers. En période d’inflation, c’est un levier pour redonner du pouvoir d’achat.
 

Fiscalité sur les placements : un surcoût annuel de 600 euros par ménage par rapport à l’UE
 

Les impôts sur la consommation sont plus élevés en France (12,3 % du PIB en 2021) que dans l’UE (11,3 %). Le surcoût moyen est de 600 euros par an pour un ménage. Il est lié aux taxes sur les produits autres que la TVA. Elles renchérissent notamment l’énergie, l’immobilier, les assurances, les tabacs. Elles représentent 4,9 % du PIB en France, contre 3,9 % dans l’UE.
 

Un coût particulièrement élevé pour les automobilistes et fumeurs
 

La fiscalité sur les carburants est plus élevée que dans le reste de l’UE. Elle représente en moyenne 610 euros par an pour un automobiliste, dont 420 euros de TICPE et 80 euros de TVA sur la TICPE.
Le coût de la fiscalité sur le tabac représente 2 050 euros par an pour un fumeur moyen consommant 13 cigarettes par jour dont 1 640 euros de droit sur le tabac (DCT), 330 euros de TVA sur le DCT.

Fiscalité de production : un manque à gagner de 900 euros de pouvoir d’achat par salarié par rapport à la moyenne de l’UE
Il y avait en moyenne 2 675 euros d’impôts de production par salarié du secteur marchand en 2021. Ce niveau restait anormalement élevé vis-à-vis de l’UE (excès de 78 %) ou de l’Allemagne (excès de 145 %), en dépit de la baisse initiée en 2021 dans le cadre du plan France Relance.
L’étude montre que cette surfiscalité pénalise un salarié moyen de 900 euros par an, si l’on compare la France à l’UE. Vis-à-vis de l’Allemagne, l’incidence est encore plus significative, avec une perte de 1 700 euros de pouvoir d’achat par an.
Dans une économie ouverte, les entreprises sont rarement à même de reporter cette fiscalité sur leurs clients ou actionnaires. Aussi, la fiscalité de production est largement répercutée sur les salariés avec des rémunérations moins attractives, moins d’embauches et plus de destructions d’emplois.
L’impact négatif sur le pouvoir d’achat a été calculé avec 1 € d’impôt sur la production réduisant la masse salariale de 0,87 €, ratio obtenu à partir d’une analyse de la littérature économique attestant de l’incidence négative des impôts sur les sociétés sur les salaires.
 

Retraites : un surcoût annuel de 1 700 euros par rapport à un système mixte
 

Les salariés sont particulièrement pénalisés s’agissant des retraites. Elles sont financées par des cotisations significatives (11 000 euros par an pour un salarié moyen) et leur pouvoir d’achat à la retraite va baisser compte tenu de la faiblesse de la natalité.
Les salariés sont moins bien lotis que les professions ayant systématisé les capitalisations collectives pour bonifier les retraites (fonctionnaires avec l’ERAFP, pharmaciens avec la CAVP), voire les financer intégralement (Banque de France, Sénat).
L’étude montre qu’un système de retraite mixte – avec 2/3 de répartition et 1/3 de capitalisation – permettrait de distribuer les même retraites en réduisant les cotisations de 28 à 22 % des salaires bruts. La situation actuelle représente une taxe implicite de l’ordre de 6 % des salaires bruts, soit un coût annuel de 1 700 euros nets d’impôts pour un salarié moyen. De façon alternative, un système mixte permettrait, à cotisation égale, de distribuer 29 % de retraite en plus.
 

Crédit immobilier : de nouvelles contraintes en vue ?

En relevant l’exigence de fonds propres au moment même où la France entre en récession, le Haut Conseil commet un contre-sens et invente un « coussin procyclique »

En relevant l’exigence de fonds propres au moment même où la France entre en récession, le Haut Conseil commet un contre-sens et invente un « coussin procyclique », selon Olivier Lendrevie, Président de Cafpi.

En préambule, le Haut Conseil a constaté le « dynamisme » du marché du crédit à l’habitat et le fait que les taux pratiqués par les banques remontent moins en France que chez nos voisins européens. Nous regrettons qu’il n’ait pas jugé utile de s’attarder sur le ralentissement brutal de la production de crédit dont témoignent les derniers chiffres de Crédit Logement (-37% sur 3 mois glissants) ni de se pencher sur les effets d’éviction massifs causés par les retards d’ajustement du taux d’usure en cette fin d’année. Ces effets viennent pourtant d’être relevés par une mission du FMI qui recommande de « considérer des modifications additionnelles (de la mise à jour plus dynamique du taux d’usure) pour permettre une transmission complète de la politique monétaire et empêcher que les emprunteurs marginaux soient injustement exclus de l’accès au crédit ».

Le Haut Conseil s’est ensuite félicité du respect par les banques des normes d’octroi de crédit qu’il leur impose depuis le 1er janvier 2022. A savoir, un taux d’endettement maximal de 35 % et une durée de crédit plafonnée à 25 ans.

Rappelons que les banques disposent d’une capacité à déroger à ces règles pour 20% des crédits qu’elles octroient. Sur ce point, le Haut Conseil observe que « des progrès sur l’affectation de cette flexibilité vers le financement des résidences principales et des primo-accédants restent cependant à faire ». En rappelant que la norme exige des banques qu’elles consacrent au moins 80% des crédits dérogatoires à des financements de résidences principales, dont au moins 30% à des emprunteurs primo-accédants, le Haut Conseil quitte le terrain de la supervision prudentielle pour entrer dans le domaine du rationnement politique du crédit.

Il est pourtant prévisible, lorsque l’on restreint autant la liberté de gestion des banques, qu’elles orientent leurs maigres capacités dérogatoires vers leurs meilleurs clients. Les jeunes et les ménages modestes sont ainsi les premières victimes de ces règles visant à protéger un système bancaire qui n’en avait pas besoin (le marché français du crédit à l’habitat est de très longue date l’un des plus sains ou monde, comme l’illustrent des taux de défaut extrêmement faibles). Ces normes, édictées sans concertation, ont pour effet de comprimer les capacités d’emprunt des ménages (les primo-accédants et les investisseurs locatifs étant particulièrement touchés) dans une période où la remontée des taux de crédit les pénalise déjà. Ainsi s’explique l’explosion des niveaux d’apport personnel, qui dépassent désormais 60 000€ en moyenne pour les primo-accédants. Nous appelons au contraire à l’assouplissement de ce carcan réglementaire afin de ne pas gripper durablement les parcours d’accès à la propriété et à l’investissement locatif.

Enfin, le Haut Conseil a choisi de relever de 0,5% l’exigence de fonds propres réglementaires imposée aux banques au titre du « coussin contracyclique ». Les accords de Bâle III prévoient en effet que les autorités monétaires de chaque Etat puissent moduler le niveau de ce coussin en fonction du cycle économique. L’idée est d’accroître l’exigence de fonds propres quand l’économie se porte bien afin d’inciter les banques à ralentir leur production de crédit et accumuler du capital et, inversement, de réduire ce coussin en période de vaches maigres pour encourager les banques à déployer du capital sous forme de crédit. En relevant l’exigence de fonds propres au moment même où la France entre en récession, le Haut Conseil commet un contre-sens et invente un « coussin procyclique », prenant ainsi le risque d’aggraver la pénurie de crédit déjà bien engagée en matière de crédits immobiliers.
 

Bourse : Que faire après les décisions de la Banque Centrale Européenne ?

La BCE promet de continuer à augmenter ses taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. Analyse de Patrick Barbe, Head of European Investment Grade Fixed Income chez Neuberger Berman.

La BCE promet de continuer à augmenter ses taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. L’institution de Francfort prédit que la hausse des prix va rester au-dessus de son objectif de 2 % pendant trois ans et que la croissance en 2023 dans la zone euro ne sera que de 0,5 %. Analyse de Patrick Barbe, Head of European Investment Grade Fixed Income chez Neuberger Berman.

Comment pensez-vous que les investisseurs et les marchés vont réagir à la hausse du taux directeur de la BCE ?

La décision de la BCE de relever de 50 points de base son taux directeur était attendue. En fait, la surprise « hawkish » est venue de l’annonce de Mme Lagarde qui a indiqué qu’il faudrait s’attendre à une période de hausses régulières à l’avenir. Elle a expliqué que la BCE devrait en faire plus que la Fed, ce qui signifie que le taux directeur de la BCE pourrait potentiellement atteindre au moins 3%. Cette annonce devrait impacter tous les types d’obligations en euros à la baisse.

Que signifient les décisions prises par la BCE aujourd’hui pour l’inflation de la zone euro en 2023 ?

 

La décision et l’intention de la BCE de continuer à relever les taux devraient entraîner une baisse de l’activité et de la demande en euros, de sorte que nous pouvons nous attendre à ce que la croissance de l’euro en 2023 soit inférieure aux prévisions actuelles de la BCE, estimées à + 0,5 %. Cela devrait impliquer une inflation domestique plus faible, comme dans le secteur des services. Ainsi, nous nous attendons à ce que l’inflation de base, un objectif clé de la politique monétaire de la BCE, soit inférieure aux prévisions de la BCE (4,2%) pour l’année prochaine.

Comment ces mesures vont-elles affecter la stratégie d’investissement de Neuberger Berman à l’avenir ?

 

La récente chute des prix des matières premières a conduit les entreprises à devenir de moins en moins pessimistes, ce qui implique une croissance économique plus élevée au quatrième trimestre. La BCE a donc décidé d’ignorer le risque lié à l’activité et de se concentrer sur la lutte contre l’inflation. Nous devrions maintenir notre exposition prudente à la duration obligataire là où le rendement du Bund à 10 ans est inférieur à 2%. Cela confirme également notre surpondération du secteur financier.

Quelle décision vous semble la plus notable ? Laquelle vous paraît la plus marquante et pourquoi ?

 

La décision de réduire le portefeuille du programme d’achat d’actifs (APP) à partir de début mars 2023 est à noter. Cela signifie que la zone euro ne réinvestira pas un montant de 15 milliards d’euros par mois en moyenne, des paiements du principal des titres arrivant à échéance, et ce, jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2023.  Il s’agit d’un résultat important car le programme d’émission d’obligations d’État en euros va augmenter l’année prochaine, ce qui devrait peser sur les spreads des pays non « core », en particulier sur les échéances longues.